Comme tous les ans, HockeyArchives vous propose désormais la saison commentée de la PWHL, la ligue professionnelle de hockey féminin à l’appétit grandissant. Profitons en d’ailleurs pour faire le point sur les manœuvres qui continuent de façonner une ligue toujours plus ambitieuse.
La PWHL, qui compte trois saisons à son actif, poursuit ses métamorphoses. La saison 2026-2027 sera marquée par l’arrivée de quatre équipes supplémentaires, soit douze au total. Autrement dit, la ligue professionnelle féminine a doublé son nombre d’équipes depuis la première saison lancée en 2024 avec les six équipes originales. Après Vancouver et Seattle, ce sont Détroit, Hamilton, Las Vegas et San José qui vont donc rejoindre le circuit.
Nouvelle expansion en PWHL et quête de visibilité
Détroit bénéficiait d’une position stratégique forte, il ne faisait aucun doute que la cité du Michigan allait rejoindre la PWHL tôt ou tard. Hamilton, qui avait accueilli 16 000 spectateurs en début d’année, a pris le dessus sur les candidatures canadiennes. En revanche, personne ne s’attendait à voir débarquer San José et Vegas. Ces deux villes n’ont accueilli aucun match du Takeover Tour – la tournée sur glace neutre – en trois saisons.
En mettant un pied en Californie et au Nevada, la PWHL aspire à plusieurs choses. Désenclaver Seattle et Vancouver, contraints à de longs déplacements lors de leur première saison, était une priorité. Cela permet aussi de renforcer sa position aux États-Unis alors que le marché canadien lui était déjà acquis. De fait, cela excluait des marchés candidats comme Québec ou Halifax. L’objectif est de bénéficier d’un diffuseur national aux USA, ce qui fait défaut à la ligue depuis le début. Le réseau ION a retransmis plusieurs rencontres, l’affrontement entre Montréal et New York à Détroit fin mars, puis les finales de la Coupe Walter en mai. Le nouvel accord de six ans entre ION et la WNBA donne de l’appétit à la PWHL qui veut augmenter sa visibilité sur le territoire américain.
Quatre équipes supplémentaires, cela signifie une centaine de joueuses de plus sur le circuit. Pour autant, n’allez pas croire que le réservoir va s’épuiser et le niveau baisser. La draft 2026 proposait un plateau exceptionnel, avec plusieurs joueuses d’expansion prêtes à rejoindre les douze formations.

Un nouveau processus d’expansion en six phases s’est déroulé, avec en point d’orgue la draft qui s’est tenue le 17 juin à Détroit, l’une des nouvelles villes de la PWHL. Vancouver avait remporté le Gold Plan à l’issue de la saison – l’équipe qui a engrangé le plus de points une fois éliminée. Si Seattle a été maintenu pour le deuxième choix, les équipes d’expansion ont été positionnées au troisième, quatrième, cinquième et sixième rang. New York, qui avait terminé à la troisième place du Gold Plan, a donc été rétrogradé alors que lors de la saison précédente, les deux équipes d’expansion avaient choisi aux derniers rangs. Un coup dur pour les Sirens qui n’ont pas été épargnées par le processus d’expansion en perdant sa gardienne titulaire Kayle Osborne mais aussi Anne Cherkowski, Maddi Wheeler, Taylor Girard et Kristin O’Neill. Preuve que les alignements sont une nouvelle fois bouleversés par le processus d’expansion.
La persévérance récompensée pour le hockey français
Première formation à choisir, les Vancouver Goldeneyes ont logiquement jeté leur dévolu sur Caroline Harvey, promise à la pole position depuis des mois. « KK » a été la première joueuse à entendre son nom à la draft 2026… seulement quelques heures après avoir été élue meilleure joueuse de l’année par l’IIHF ! Quelle journée ! Les États-Unis ont d’ailleurs fait un carton plein au repêchage avec cinq Américaines sélectionnées aux cinq premiers rangs (Abbey Murphy, Tessa Janecke, Laila Edwards, Lacey Eden), neuf aux onze premiers rangs. Seule joueuse de l’équipe de France à avoir candidaté à la draft, Gabrielle de Serres n’a hélas pas été retenue.

Mais l’équipe de France n’a pas tout perdu. Ne pouvant plus intégrer le pool du repêchage, Alice Philbert était agente libre et conservait l’espoir de rejoindre la grande ligue. La gardienne des Bleues a finalement obtenu un contrat de deux ans de la part de Détroit. C’est une belle récompense pour Philbert qui, après des essais infructueux à Montréal, conservait son objectif de rejoindre les meilleures, elle qui a connu une saison remarquable, aux Jeux olympiques de Milan-Cortina (93,3% d’arrêts) et au Mondial D1A de Budapest (93,9%). Ce contrat de deux ans lui assure une place parmi une escouade qui compte entre autres Cayla Barnes, Hannah Bilka, Daryl Watts ou la star des stars, Hilary Knight.
La Victoire victorieuse mais boudée aux trophées
Par ailleurs, les trophées PWHL ont été décernés la veille du repêchage. Les votes ont été collectés auprès des médias nord-américains (à hauteur de 50%), des managers et entraîneurs des équipes, des diffuseurs et des représentants de l’association des joueuses.
Kelly Pannek a logiquement été élue meilleure attaquante après avoir mené la ligue aux buts (16) et aux points (33). Une performance remarquable pour la joueuse du Minnesota Frost qui a été plus productive que lors de ses deux premières saisons réunies.

Hormis Pannek, ces trophées ont nettement récompensé Boston. La gardienne du Fleet Aerin Frankel, qui a conclu plus d’un tiers de ses matchs de saison régulière d’un blanchissage, a été sacrée meilleure gardienne et meilleure joueuse de la PWHL. Megan Keller, sa collègue de ligne Haley Winn et Kris Sparre ont respectivement obtenu les trophées de meilleure défenseure, meilleure recrue et meilleur entraîneur. Sophie Jaques (Vancouver) et Taylor Heise (Minnesota) ont été citées sur l’équipe-étoile avec les nommées.
Le fait d’encenser une équipe qui a fini deuxième de saison régulière mais qui a échoué dès les demi-finales a tout de même beaucoup surpris. On pense à Montréal, vainqueur de la saison régulière et sacré pour la première fois, se contentant du titre de meilleure joueuse des playoffs décerné à Marie-Philip Poulin.






































