Vainqueur du premier match, battu seulement aux tirs au but le lendemain, Bordeaux sort encore grandi des deux premières rencontres chez le favori Grenoble. Après avoir balayé Rouen, plus rien ne semble arrêter les Boxers qui abordent deux parties cruciales à domicile avec l’objectif de se rapprocher du premier titre de champion de France de son histoire.
Même diminués par les blessures de quatre attaquants, les Brûleurs de Loups n’en gardent pas moins une précieuse expérience des grands rendez-vous. À une victoire partout, ils ont certes perdu l’avantage de la glace, mais comptent bien le récupérer pendant ces deux parties en Gironde.
Bordeaux se procure le premier tir, du cercle droit par Quentin Tomasino. Les offensives des Boxers se succèdent. Prissaint doit bloquer une action de Morin sur une transition rapide de Giroux. Après trois minutes de jeu, déjà, Pintaric doit s’incliner sur un lancer en lucarne de Jérémy Beaudry qui concrétise ce bon début de match (1-0).
Le match est bien lancé et la finale tient ses promesses. Même en avance, les Boxers conservent l’initiative du jeu, mais ils restent sous la menace des projections rapides de Grenoble. Au quart d’heure de jeu, François Beauchemin centre ainsi pour Guillaume Leclerc dans l’axe mais la déviation à bout portant est repoussée par Quentin Papillon.
Mais alors que les contre-attaques grenobloises paraissent de plus en plus tranchantes, Bordeaux s’installe en zone offensive à 6 contre 5 pendant une pénalité différée de trente secondes. Tommy Giroux décale Pierre-Olivier Morin qui a un angle fermé sur la droite. Mais son tir dans les bottes de Pintaric provoque un rebond devant le but, où Mathieu Pompei a été laissé totalement seul face à une cage à moitié vide (2-0).

Le premier joueur à s’asseoir en prison ce soir est Craig Puffer, venu chatouiller de la crosse le gant de Pintaric dès le début du deuxième tiers-temps. Les Grenoblois font longtemps circuler le palet en avantage numérique, mais sans efficacité dans le dernier geste, à l’instar d’Aurélien Dair qui manque le cadre après avoir été bien servi dans le slot par Beauchemin depuis la bleue. Bordeaux revient à cinq et Quentin Tomasino frappe le poteau.
Un avertissement sans frais… mais la facture est présentée dans la minute qui suit. Baptiste Bruche intercepte une courte passe de Rudy Matima, se retrouve près du but et fait une passe abandon du revers pour Loïk Poudrier qui enfonce un peu plus le clou (3-0).
À la mi-match, Quentin Papillon n’a eu que 8 arrêts à effectuer. Mais il ne perd pas sa vigilance pour autant. Peu après, il s’offre un spectaculaire arrêt-mitaine sur un one-timer à mi-distance de Beauchemin. Deux minutes plus tard, une passe contré devant la cage atterrit sur Hugo Nogaretto qui reprend la rondelle comme elle vient avec un instinct de jeune buteur : son tir croisé à mi-hauteur fait résonner le poteau. Papillon ne pouvait rien faire et a eu la chance avec lui sur cette action.
Un jeune Grenoblois peut néanmoins en cacher un autre. Valentin Grossetête signe un exploit individuel : il reçoit le palet en milieu de glace, déshabille Maxim Lamarche d’un dribble qui donnera des cauchemars au Québécois cette nuit, puis évite le retour de Dusseau pour tirer côté plaque de Papillon (3-1). Les Brûleurs de Loups poussent sur leur lancée mais, après quelques minutes de souffrance, Bordeaux met fin à leur temps fort. Pour clore ce deuxième tiers, Morin s’écroule sur une charge avec la crosse du hors-la-loi le plus recherché de l’Ouest (Pierre Crinon). Il prend deux minutes pour simulation et les deux joueurs partent en prison pour des pénalités qui s’annulent.
Grenoble attaque fort au troisième tiers, bien entendu. Mais sur une action anodine, à 1 contre 4 en zone offensive, Kaylian Leborgne tire derrière le défenseur (Treille) puis prend deux fois son propre rebond pour finir par tromper Pintaric (4-1, photo ci-dessus). Dans la manière – très passive – comme dans l’effet sur le score, ce but est une douche froide pour les Brûleurs de Loups.
Le match est complètement relancé deux minutes plus tard quand Kevin Dusseau prend une pénalité majeure pour une charge incorrecte qui laisse Matima sonné. Cinq minutes pleines s’annoncent pour le meilleur jeu de puissance de la ligue. Il en faut moins d’une à Christophe Boivin pour ajuster la mire depuis le cercle droit sur un rebond détourné par un patin (4-2). Il en reste donc quatre. Leborgne vole le palet à Kulbis-Marino mais n’arrive pas à conclure avec Farnier. Une occasion regrettée quand une séquence de passes rapides est conclue face au but par un joli tir en lucarne de Sacha Treille (4-3). Une mauvaise décision de Julien Guillaume en sortie de zone remet en difficulté des Bordelais qui ont encaissé deux buts pendant cette pénalité et auraient très bien pu en encaisse trois… Leur avance a fondu comme neige au soleil sur un coup de sifflet.
Grenoble n’arrive toutefois pas à garder cet élan à 5 contre 5. C’est au contraire Bordeaux qui place quelques banderilles. Et le vent tourne de nouveau. Alors qu’il se relève d’un premier choc, Kevin Dusseau prend l’épaule de Grossetête dans la tête et reste à son tour groggy. Le défenseur grenoblois prend son à son tour cinq minutes de prison alors qu’il reste… 5’21” à jouer.
Autant dire que Bordeaux n’a plus qu’à gérer cette situation redevenue idéale. Ce n’est pas totalement réussi sur la concentration défensive : Boivin, qui attend une longue passe à la ligne bleue, voit le palet sauter sur sa crosse. Il s’agit aussi de ne pas prendre une pénalité offensive, ce que fait Beaudry en sautant sur Pintaric pendant que Leborgne a un palet de but. Il a de la chance que Prissaint vienne venger son gardien… et annule la pénalité. Une mauvaise initiative du défenseur, car Grenoble reste en infériorité et gâche une chance de revenir. Terglav sort son gardien et une crosse haute sur Leclerc échappe aux arbitres à dix secondes de la fin.
Les Boxers gardent donc une petite marge après une fin de match plus compliquée qu’elle n’aurait pu l’être. Ils ont très bien négocié leur début de partie et ont finalement su conserver leur avance jusqu’à la fin. Leur victoire est logique même si l’accouchement s’est fait dans la douleur. Bordeaux continue sa course en tête dans la série, mais Grenoble ne lâche toujours rien et est prêt à remettre les pendules à l’heure demain soir dans une finale qui est loin d’être finie.
Désignés joueurs du match : Jérémy Beaudry pour Bordeaux et Valentin Grossetête pour Grenoble.
Bordeaux – Grenoble 4-3 (2-0, 1-1, 1-2)
Mardi 14 avril 2026 à 20h30 à Mériadeck. 3029 spectateurs.
Arbitres : Cyril Debuche et Julien Peyre assistés de Nicolas Constantineau et Joffrey Yssembourg.
Pénalités : Bordeaux 11′ (0′, 4′, 2′+5′) ; Grenoble 9′ (0′, 2′, 2′+5′)
Tirs : Bordeaux 27 (12, 7, 8) ; Grenoble 23 (4, 11, 8)
Évolution du score :
1-0 à 03’18” : Beaudry assisté de Boscq
2-0 à 18’23” : Pompei assisté de Morin et Boscq
3-0 à 24’02” : Poudrier assisté de Bruche
3-1 à 34’27” : Grossetête
4-1 à 44’07” : Leborgne
4-2 à 47’11” : Boivin assisté de Dair et Beauchemin (sup. num.)
4-3 à 48’41” : Treille assisté de Beauchemin et Boivin (sup. num.)
Bordeaux
Attaquants :
Craig Puffer (+2, 2’) – Loik Poudrier (C, +2) – Baptiste Bruche (+1)
Tommy Giroux – Pierre-Olivier Morin (2’) – Quentin Tomasino
Kaylian Leborgne (+1) – William Pelletier (+1) – Mathieu Pompei (+2)
Aina Rambelo – Julien Guillaume (A) – Loïc Farnier (+1)
Arrières :
Kevin Dusseau (A, -1, 5’) – Maxim Lamarche (-1)
Jules Boscq (+3) – Jeremy Beaudry (+2, 2’)
Jakub Kindl (+1) – Nicholas Pageau (+2)
Gardien :
Quentin Papillon [sorti de 17’52” à 18’23”]
Remplaçants : Ewan Barrier (G), Tom Guidoux. Absents : Alex Dubeau (G, étranger surnuméraire), Enzo Carry (blessé au bras), Ulysse Tournier (surnuméraire).
Grenoble
Attaquants :
Christophe Boivin (-2) – François Beauchemin (-1) – Guillaume Leclerc (-1)
Sacha Treille (C, -1) – Adel Koudri (-2) – Martin Karlsson (-2)
Valentin Grossetête (+1, 5’) – Nicolas Deschamps (A, +1) – Aurélien Dair (+1)
Maxime Toukmatchev (-1) – Hugo Nogaretto (-1) – Rudy Matima (-1)
Défenseurs :
Nolan Zajac – Andrius Kulbis-Marino (+1)
Antoine Fertin (-1) – Pontus Englund (-1)
Juho Rautanen (-2) – Axel Prissaint (-2, 2’)
Pierre Crinon (-1, 2’)
Gardien :
Matija Pintarič [sorti de 59’31” à 60’00”]
Remplaçant : Cebald Debiak (G). Absents : Jakub Štěpánek (G, surnuméraire), Théo Gueurif (commotion), Matias Bachelet (épaule), Fredric Weigel (blessé à la cuisse par un coup de patin), Alexandre Mallet (blessé)












































