Avec l’intégration des stars des Capitals de Washington, l’équipe de Russie s’avance dans sa composition définitive. Elle fait saliver a priori avec ses trios Gusev-Malkin-Kucherov et Ovechkin-Kuznetsov-Dadonov. Le premier test au complet pour cette attaque étoilée, c’est la malheureuse Finlande qui aborde le championnat du monde avec de parfaits anonymes, son plus faible effectif du siècle avec des défections à foison.
Mais le hockey sur glace ne se joue pas sur le papier. Ce qu’on observe vite sur la glace, ce sont des joueurs russes qui essaient de faire la différence individuellement. Les Finlandais, qui connaissent parfaitement leurs limites, sont des modèles de discipline. Ils se montrent dangereux en contre-attaque. Nikita Nesterov prend rapidement la première pénalité du match. et Harri Pesonen expose à lui seul les limites des défenseurs russes : il s’offre un grand point sur Artyom Zub avant de centrer… pour la déviation de Khafizullin contre son camp. La Finlande aurait même pu inscrire d’autres buts, mais les Russes se montrent dangereux en fin de premier tiers, avec de bons arrêts de Kevin Lankinen.
S’agissait-il simplement d’un petit temps de mise en route pour la Sbornaïa ? Non. La suite du match est du même acabit. Le jeu simple des Finlandais leur permet de bonnes séquences offensives installées, alors que les Russes ont énormément de difficulté à réussir des sorties de zone propre. La ligne d’Ovechkin et Kuznetsov se retrouve souvent pressée dans sa zone à défendre.
La seule réaction russe est la frustration. Si Evgeni Malkin avait fait un « Grand Chelem » mercredi en coûtant trois buts en six minutes de pénalité (dont un 2’+2′), Nikita Kucherov, le meilleur marqueur de la saison NHL, l’imite en prenant lui aussi trois pénalités… qui ne coûtent « que » deux buts. Deux buts passablement identiques d’ailleurs, des lancers de la bleue qui entrent à mi-hauteur, côté mitaine de Georgiev. Mais si le gardien des Rangers a l’excuse du trafic sur le but de Mikko Lehtonen, il avait la vue totalement dégagée sur le tir d’Oliwer Kaski. De quoi se demander si Sorokin ne ferait pas un meilleur numéro 2 derrière Vasilyevski et s’il sera aligné demain.
De manière générale, ceux qui ont passé ce match en tribunes (dont Barabanov et Mikheev qui avaient brillé l’an passé) pourrait voir leur cote relancée. On pensait que Vorobyov avait aligné son équipe-type en attaque, mais les joueurs chargés de l’infériorité numérique n’ont guère brillé avec un taux de réussite de… 25%. Telegin était présent sur les trois buts encaissés, deux avec Grigorenko et un avec Plotnikov.
Quand aux lignes à vocation offensive, on a vu le staff russe tester d’autres combinaisons en cours de match. En particulier, Artyom Anisimov a remplacé sur la première ligne un Evgeny Malkin en panne de confiance après une saison difficile. « Geno » n’arrivait pas à s’intégrer au sein de la complicité née dans l’enfance entre les deux Nikita (Kucherov et Gusev) et pourrait peut-être retrouver ses qualités collectives sur un trio moins exposé avec des joueurs prêts à un jeu plus direct (Grigorenko et Kaprizov).
L’autre expérimentation notable est d’avoir vu une seconde unité de powerplay avec cinq attaquants (Ovechkin-Kuznetsov-Grigorenko-Kaprizov-Kovalchuk), l’idée maîtresse étant ici qu’Ilya Kovalchuk, placé à la ligne bleue, puisse servir en tant que droitier les fameux one-timers d’Ovechkin dans le cercle gauche. L’unique but russe a été marqué par cette unité très spéciale, avec même un sixième attaquant (Anisimov), lorsque la Russie a sorti son gardien en fin de match pour jouer à 6 contre 5. C’est une passe transversale classique d’Evgeni Kuznetsov qui a servi Ovechkin dans son « bureau », pour un slap dans le haut du filet. La Russie termine néanmoins ce match avec plus de questions que de réponses. L’optimisme est en revanche venu en Finlande où l’on commence à croire en cette équipe.
Commentaires d’après-match :
Ilya Vorobyov (entraîneur de la Russie) : « Nous ne sommes pas satisfaits, nous devrons nous améliorer de jour en joue. Nous travaillons actuellement la condition physique, mais l’approche du championnat du monde devra être différente. Il faut que les gars s’habituent aux règles IIHF, les arbitres sont plus stricts. Vous avez vu qu’au deuxième et au deuxième tiers-temps, les combinaisons ont changé plusieurs fois. Nous continuons de réfléchir. »
Russie – Finlande 1-3 (0-1, 0-1, 1-1)
Samedi 4 mai 2019 à 14h00 à la DRFG Arena de Brno. 7132 spectateurs.
Arbitrage d’Antonin Jerabek et Vladimir Pešina (TCH) assistés de Daniel Hynek et Jiri Svoboda (TCH).
Pénalités : Russie 8′ (2′, 2′, 4′) ; Finlande 8′ (2′, 4′, 2′).
Tirs : Russie 22 (10, 7, 5) ; Finlande 29 (9, 10, 10).
Évolution du score :
0-1 à 05’00 : Pesonen (sup. num.)
0-1 à 30’27 : Lehtonen assisté de Rajala et Kakko (sup. num.)
0-3 à 45’51 : Kaski assisté de Manninen et Ojamäki (sup. num.)
1-3 à 59’09 : Ovechkin assisté de Kuznetsov et Anisimov
Russie
Attaquants :
Nikita Gusev – Evgeny Malkin (A) – Nikita Kucherov (6′)
Aleksandr Ovechkin (A, +1) – Evgeni Kuznetsov (+1) – Evgeny Dadonov
Mikhail Grigorenko (+1) – Artyom Anisimov (+1) – Kirill Kaprizov (+1)
Ilya Kovalchuk (C, +1) – Sergei Andronov – Sergei Plotnikov
Ivan Telegin
Défenseurs :
Mikhail Sergachyov – Nikita Nesterov (2′)
Dmitri Orlov – Nikita Zaïtsev
Dinar Khafizullin – Artyom Zub
Aleksandr Elesin
Gardien :
Aleksandar Georgiev [sorti de 58’19 à 59’09 puis de 59’33 à 60’00]
Remplaçant : Ilya Sorokin (G). En réserve : Andrei Vasilevskiy (G), Ilya Lyubushkin, Bogdan Kiselevich, Artem Blazhievsky (D), Aleksandr Kadeikin, Aleksandr Barabanov, Ilya Mikheyev (A).
Finlande
Attaquants :
Toni Rajala (2′) – Arttu Ruotsalainen (2′) – Kaapo Kakko
Harri Pesonen (-1) – Sakari Manninen – Kristian Kuusela
Joel Kiviranta – Eetu Luostarinen – Niko Ojamäki
Jere Sallinen (A, -1) – Juhani Tyrväinen (2′) – Marko Anttila (C)
Défenseurs :
Mikko Lehtonen (A, -1) – Miika Koivisto
Tony Sund – Henri Jokiharju
Niko Mikkola – Oliwer Kaski (-1, 2′)
Petteri Lindbohm (-1) – Juuso Vainio
Gardien :
Kevin Lankinen
Remplaçant : Eetu Laurikainen (G). En réserve : Jussi Olkinuora (G), Otto Leskinen (D), Arttu Ilomäki, Veli-Matti Savinainen, Joonas Nättinen, Juho Lammikko (A).