Les équipes nord-américaines sont toujours plus prenables au début des championnats du monde quand elles viennent de se rassembler. C’est d’autant plus vrai cette année car elles n’ont pas pu organiser de match de préparation cette année en raison de la bulle sanitaire de cinq jours à respecter. Le Canada a perdu hier contre la Lettonie, et les États-Unis ont un premier match très difficile contre la Finlande championne du monde. Mais celle-ci a réduit sa préparation à deux semaines par le Covid-19, loin des six semaines qui avaient permis à Jukka Jalonen de former son groupe avant le titre 2019.
Faut-il craindre une lente montée en rythme ? Absolument pas. Si ces deux équipes ont un mot d’ordre, c’est « intensité ». Elles se lancent à fond dans une première période animée et très disputée. Ce sont des formations bâties sans vedettes qui tirent la couverture : l’avantage est que les quatre lignes jouent avec un temps de jeu similaire, ce qui n’avait pas été le cas avec les États-Unis certaines années, voire avec la Finlande sous Marjamäki. Le tempo élevé se maintient donc sans temps mort. Les deux équipes ne concèdent pas d’espaces, il n’y a donc pas de position de but imparable, ni même d’action vraiment spectaculaire. Mais c’est un jeu très direct où on tire à la cage dès que possible. On joue vite vers l’avant, et vite aussi au repli défensif.
Lorsque Saku Mäenalanen reçoit un long palet de contre-attaque en deuxième période, on voit ainsi Matt Tennyson se dépouiller pour revenir à sa hauteur. Puisque l’angle du but se ferme, Mäenalanen se retourne et sert à la ligne bleue Atte Ohtamaa… dont le lancer est dévié par la crosse du malchanceux Brian Boyle (1-0). Matt Roy prend ensuite la première pénalité pour un cross-check. Juste après la fin de la supériorité numérique, Teemu Turunen réussit à mettre dans le vent Tennyson d’un joli mouvement technique, mais Zac Jones compense en faisant barrage avec rudesse. Les arbitres laissent pratiquer un jeu physique qui colle bien à ce type de match.
Un rebond met pour la première fois le feu à la cage finlandaise : Mikael Seppäla se jette sur Blackwell mais le but est alors grand ouvert pour Kevin Labanc qui a le palet à côté de la cage. Le héros de 2019 Marko Anttila l’accroche juste ce qu’il faut pour commettre une « faute (très) utile ». Ses coéquipiers tuent cette pénalité. Les États-Unis obtiennent une seconde grosse occasion quand, sur un tir finlandais arrêté par le gardien américain Cal Petersen, Jason Robertson récupère le palet et envoie aussitôt Conor Garland en breakaway. L’attaquant des Coyotes feinte à gauche, mais son revers est repoussé par le haut de la botte d’Olkinuora.
Les Finlandais marquent encore un but de raccroc par leur travail de chiffonniers : Iiro Pakarinen travaille dans le slot pour gêner le gardien puis prendre le rebond, mais c’est Cal Petersen qui ramène le palet vers ses propres filets d’un mouvement malheureux de la jambière (2-0, image de gauche). Une pénalité de Ville Pokka relance toutefois le match 25 secondes plus tard. En avantage numérique, Jason Robertson réclame une longue passe de Christian Wolanin, réussit à la contrôler dans les airs avec sa palette d’un geste absolument magnifique, et parvient à propulser le palet sous les bottes d’Olkinuora (2-1). On comprend sur cette action de classe – et sur l’ensemble de son match – pourquoi Robertson s’est invité dans la course pour menacer le trophée Calder de Kaprizov.
Après avoir plutôt dominé les deux premiers-temps, la Finlande subit le jeu en troisième période, mais elle semble très bien s’en accommoder. Même ainsi, la meilleure occasion est encore un tir en angle d’Arttu Ruotsalainen dévié de peu par le haut de l’épaule de Cal Petersen. Il n’est dorénavant plus question de répartition équitable du temps : Jack Capuano favorise sa première ligne Robertson-Moore-Garland et compte sur elle pour renverser la partie. Mais leur créativité et leur talent n’inquiètent pas un système défensif finlandais bien en place. Techniquement assez doué lui aussi, Tage Thompson se crée la dernière bonne situation à trois minutes de la fin, mais Juho Olkinuora capte son tir dans sa mitaine. Jack Capuano sort son gardien pour jouer à six en ajoutant à son premier trio Labanc en soutien à la bleue et Abdelkader dans le slot, mais sans le moindre effet.
Une victoire à la finlandaise, portée par un travail collectif de tous les instants et par ses besogneux de quatrième ligne emmenés par le géant Anttila. L’affrontement entre Canadiens et Américains demain soir promet beaucoup maintenant que les deux représentants nord-américains ont tous les deux perdu leur premier match.
Désignés joueurs du match : Jussi Olkinuora pour la Finlande et Jason Robertson pour les États-Unis.
Finlande – États-Unis 2-1 (0-0, 2-1, 0-0)
Samedi 22 mai 2021 à 16h15 à l’Arena Riga. Huis clos.
Arbitres : Antonín Jeřábek (TCH) et Peter Stano (SVK) assistés de Daniel Hynek et Jiří Ondráček (TCH)
Pénalités : Finlande 4′ (0′, 4′, 0′) ; États-Unis 2′ (0′, 2′, 0′).
Tirs : Finlande 29 (10, 14, 5) ; États-Unis 30 (8, 8, 14).
Évolution du score :
1-0 à 26’54 : Ohtamaa assisté de Mäenalanen et Anttila
2-0 à 35’41 : Pakarinen assisté de Pokka et Määttä
2-1 à 38’01 : Robertson assisté de Wolanin (sup. num.)
Finlande
Attaquants :
Teemu Turunen – Arttu Ruotsalainen – Jere Karjalainen
Jere Innala – Petri Kontiola (A, +1) – Iiro Pakarinen (+1)
Jere Sallinen – Mikael Ruohomaa – Anton Lundell (+1)
Saku Mäenalanen (+1) – Hannes Björninen (+1) – Marko Anttila (C, +1, 2′)
Défenseurs :
Atte Ohtamaa (A, +1) – Oliwer Kaski (+1)
Olli Määttä (+1) – Ville Pokka (+1, 2′)
Petteri Lindbohm – Tony Sund
Mikael Seppälä – Mika Koivisto
Gardien :
Jussi Olkinuora
Remplaçant : Harri Säteri (G). En réserve : Janne Juvonen (G), Kim Nousiainen, Axel Rindell (D), Niko Ojamäki, Peter Tiivola, Valtteri Puustinen (A).
États-Unis
Attaquants :
Jason Robertson – Trevor Moore – Conor Garland
Eric Robinson – Colin Blackwell (A) – Kevin Labanc
Ryan Donato (-1) – Kevin Rooney – Tage Thompson (-1)
Brian Boyle (-1) – Matti Beniers (-2) – Justin Abdelkader (C, -1)
Sasha Chmelevski [quatre attaquants se relaient sur la 4e ligne]
Défenseurs
Christian Wolanin – Matt Roy (A, -1, 2′)
Zac Jones – Matt Tennyson (-2)
Matt Hellickson – Adam Clendening (-1)
Chris Wideman
Gardien :
Cal Petersen [sorti à 58’14]
Remplaçant : Jake Oettinger (G). En réserve : Anthony Stolarz (G), Ryan Shea, Connor Mackey (D), Jack Drury (A).