Les fédérations de Suède et de Finlande ont fait savoir que les hockeyeurs qui signeraient un contrat en KHL ne seraient plus sélectionnables en équipe nationale. En plus, de nombreux étrangers étaient partis après l’invasion russe en Ukraine, et avant que les play-offs ne s’achèvent. La fédération russe (FHR) en avait profité pour militer pour une réduction de 5 à 3 étrangers, en vain.
La KHL restera telle quelle. Aucun changement de formule ou de composition, sinon la perte des clubs occidentaux. Une proposition avait été émise pour passer à deux groupes de niveau, une élite à 12 équipes puis une deuxième division plus élargie. Elle émanait d’un conseil comprenant des vétérans de l’ancien championnat soviétique, qui y voyaient un meilleur modèle qu’une ligue expansionniste. Mais elle a également été rejetée. Dans un monde bouleversé par les conséquences de l’agression russe, la KHL ne veut rien changer.
Voici le premier de nos trois volets du bilan KHL 2021/22, consacré aux équipes éliminées des play-offs, qui ont donc fini leur saison… mi-janvier quand tout a été arrêté.
Torpedo Nijni Novgorod (17e) : le Professeur débutera
Meilleure équipe parmi les éliminés des play-offs, le Torpedo Nijni Novgorod aurait pu être frustré de ne pas avoir pu défendre ses chances : la KHL a anticipé le début de la trêve olympique, du fait de la recrudescence des cas de Covid-19, avant de décider que la saison ne reprendrait pas. Mais à la vérité, les observateurs avaient déjà considéré que le sort du Torpedo était soldé. Il avait un calendrier plus difficile que son concurrent majeur Minsk (qui devait avoir 6 matches à domicile pour finir). L’entraîneur David Nemirovsky y croyait encore, mais il était peut-être le seul.
L’attaque devait être le point fort de l’équipe, elle ne l’a pas été. L’énorme déception est venue de Marek Hrivik, le capitaine de l’équipe nationale de Slovaquie, qui a connu beaucoup de mauvais matches. De manière générale, le recrutement venu de Suède n’a pas été convaincant (Daniel Zaar et le défenseur Theodor Lennström) et le premier trio Agostino-Miele-Zhafyarov a manqué de soutien.
Le Canado-Russe David Nemirovsky a annoncé lui-même, fin mars, qu’il l’avait appris depuis plus d’un mois qu’on ne compterait plus sur lui. Si le club était si discret sur le changement de coach même si la saison était finie, c’est parce que le successeur désigné était encore sous contrat avec la fédération. Il s’agit en effet d’Igor Larionov : l’ancien « Professeur » célèbre pour sa lettre ouverte vilipendant Tikhonov et les méthodes du hockey soviétique avait longtemps été réticent à travailler en Russie, mais cela ne semble lui poser de scrupules. Il connaîtra sa première expérience à la tête d’un club professionnel.
Avtomobilist Ekaterinbourg (18e) : les pêcheurs sont rentrés bredouilles
Viré de la NHL après des accusations de racisme, Bill Peters avait gagné un surnom en KHL : les entraîneurs de l’Avtomobilist étaient surnommés les « pêcheurs » au sein du club. C’est à cause de leurs habitudes de lève-tôt : le Canadien obligeait son staff à être à la patinoire dès 7h30 du matin. Ce zèle se manifestait par le visionnage de matches à longueur de journée, mais il était moins actif pour régler les problèmes d’un vestiaire divisé où Pavel Datsyuk jouait un rôle clivant. Le surnom, plutôt admiratif la première saison, était donc employé de manière de plus en plus ironique…
En début de saison, l’équipe d’Ekaterinbourg ne faisait illusion que par sa réussite en supériorité numérique, où le talent individuel des joueurs-phares faisait la différence. Mais la défense – sans le gardien blessé Jakub Kovář pour la sauver – était en lambeaux. L’arrivée d’un assistant-coach supplémentaire pour la défense, Igor Ulanov, annonçait une réorganisation. Il se murmurait déjà que Nikolai Zavarukhin, devenu « adjoint » surnuméraire, était destiné à remplacer Peters. C’est bien ce qui arriva le 30 novembre, après une défaite contre… le Sibir d’Andrei Martemyanov : un sacré pied-de-nez car c’est cet entraîneur qui avait conduit l’Avtomobilist à sa meilleure saison avant d’être viré pour installer Peters.
L’équipe d’Ekaterinbourg, huitième et donc en position de dernière qualifiée à l’Est au moment du changement de coach, semblait se remettre en ordre de marche pour être à même de perturber les adversaires mieux classés en play-offs. Zavarukhin mit en place une tactique plus défensive. Anatoli Golyshev, frustré que ni lui ni son jeune fils (à cause d’un entraîneur malade dans le cas de l’enfant) n’aient beaucoup joué dans leur expérience nord-américaine, rentrait au club et redonnait des solutions offensives.
Toute la KHL pensait que l’équipe finirait par remonter… mais elle fut envoyée en quarantaine par le Covid-19. Lorsqu’elle revint au jeu, la trêve olympique fut avancée. Stéphane Da Costa, diminué depuis des semaines par une pubalgie, décida d’arrêter sa saison (son traitement médical en Allemagne est payé par le club et le Français honorera donc la seconde année de son contrat). Le calendrier paraissait impossible à boucler et la KHL décréta la fin anticipée de la saison régulière. L’Avtomobilist, alors dixième à l’Est, espéra un temps la mise en place de pré-playoffs pour donner leur chance aux équipes sous la barre (comme en NHL en 2020) mais l’idée fut abandonnée. Par rapport aux moyens de chaque club, le bilan de l’équipe est assurément le plus gros gâchis de la saison.
Amur Khabarovsk (19e) : l’impérialiste voudrait s’emparer de la KHL
Membre du Parti Libéral-Démocrate de Russie (un des partis d’opposition autorisée qui n’est ni libéral ni démocrate mais ultra-nationaliste), Mikhaïl Degtyaryov ne manque pas d’idées. En ligne avec les positions impérialistes de son parti, il avait introduit en 2016 à la Douma une proposition de loi pour remplacer l’actuel drapeau russe par l’ancien drapeau noir-jaune-blanc de l’Empire Russe. Nommé gouverneur du kraï de Khabarovsk en septembre 2021 (le précédent gouverneur avait été arrêté et renvoyé à Moscou depuis un an), Degtyaryov a eu une idée pour s’attirer la sympathie de la population locale contestatrice : promettre que le club de hockey serait champion en 2026 !
Disons-le tout de suite : il a plus de chance de rétablir le drapeau impérial ! En quatorze années de KHL, l’Amur n’a atteint les playoffs que deux fois. Pendant 10 de ces 14 saisons, ce club instable a changé d’entraîneur en cours de championnat. Cette saison, Vladimir Vorobyov a été remplacé par Mikhaïl Kravets dès le mois de septembre, après seulement 7 matches (6 défaites). Vorobyov n’était présent sur le banc que dans 5 des 7 rencontres, car il était parti pour l’enterrement de son père, après avoir déjà perdu sa mère à l’intersaison. On n’a pas encore tout dit sur la gestion inhumaine du club. Comme le coach avait droit par le contrat à l’intégralité de son salaire annuel en cas de licenciement à l’initiative de l’employeur, on ne l’a pas officiellement viré. Il est venu pendant une semaine aux horaires de bureau, sans avoir rien à faire, avant que l’on invente une faute grave.
Même si l’Amur paie des salaires élevés (pour faire venir les joueurs jusqu’en Extrême-Orient), le fait qu’il s’arrange souvent pour ne pas les payer se sait en Russie. Peu attractif, le club s’appuie année après année sur des hockeyeurs envoyés par l’agent tchèque Robert Spalenka. Ils ont souvent porté l’équipe. Pas cette année. Le recrutement du gardien au lourd passé Patrik Bartošák n’a rien apporté : c’est pendant qu’il était blessé que l’Amur a connu ses meilleurs résultats. Evgeni Alikin étant performant depuis maintenant trois ans (toujours plus de 92% d’arrêts), était-il vraiment besoin de lui imposer un concurrent étranger ?
Vityaz Podolsk (20e) : le club du meilleur recruteur déménage
Le Vityaz, lui, ne dépend pas d’une filière unique et sélectionne soigneusement des étrangers de toutes origines. Le manager Igor Varitsky a toutefois fait ses meilleures trouvailles en Finlande, et il a maintenant la réputation d’être le meilleur recruteur de toute la KHL ! Il faut dire qu’il a eu la main heureuse avec Niko Ojamäki : l’homme n’était certes plus un inconnu, champion et vice-champion du monde avec la Finlande (et désormais champion olympique même s’il a perdu sa place de titulaire au cours de ces JO en Chine), mais il n’avait jamais explosé les compteurs et restait sur une piètre saison à 5 buts à Linköping pour sa première année hors de son pays.
Autant dire qu’Ojamäki a dépassé toutes les attentes. Avec 29 buts, il a battu le record pour un Finlandais en KHL (que détenait le joueur majeur de l’équipe nationale Hartikainen). Avec son compatriote Miro Aaltonen et le Canadien Daniel Audette, sans oublier le défenseur international Valtteri Kemiläinen, ils ont porté la première ligne et surtout le jeu de puissance.
Le problème est que ça n’a pas suffi. L’entraîneur Yuri Babenko, réputé bon pédagogue et tacticien lors de son travail d’adjoint au sein des équipes nationales juniors de Russie, se plaignait régulièrement de la différence de rendement entre sa première ligne et les autres. Lorsque l’attaquant letton Miks Indrasis a été retiré du premier trio pour essayer de renforcer le deuxième, le malheureux a traîné sa peine et passé 13 matches sans mettre un but avant d’être envoyé à Vladivostok.
Le contrat de Babenko, qui débutait comme entraîneur-chef, n’a pas été prolongé, mais un changement plus grave se profile. Les dirigeants de la patinoire de Balashikha perdront cet été leur club résident provisoire, l’Avangard en exil qui retournera dans sa Sibérie originelle. Ils ont donc contacté le Vityaz pour occuper leur bâtiment moderne et fonctionnel. Ce club était mécontent des relations avec la patinoire de Podolsk, parce qu’il avait financé des travaux de sa poche (réduction de la taille de la glace imposée par la KHL, rénovation des vestiaires et cube au plafond) mais payait toujours un loyer élevé. C’est donc l’intégralité du club, y compris les équipes de jeunes, qui va quitter Podolsk – ville de 30 000 habitants à 35 km de Moscou – s’installer à Balashikha, en proche banlieue de la capitale.
Dinamo Riga (21e) : un club décrié à l’existence devenue impossible
Par son recrutement estival, le Dinamo Riga avait donné l’impression de vouloir être plus compétitif. Il avait en particulier embauché en tandem le duo d’Ässät, le passeur Peter Tiivola et le buteur supposé Sebastian Wännström. « Supposé », car Wennström, testé sur plusieurs lignes, a mis 1 seul but et à peine 8 tirs cadrés en 10 matches avant d’être renvoyé. Seul le premier trio a vraiment eu des performances stables, et la surprise fut d’y trouver Nikolajs Jelisejevs : ce joueur anonyme, prêté depuis deux saisons dans le modeste championnat letton, avait marqué 4 buts en 66 matches de KHL jusqu’ici. Cette saison, il en a mis 13 en 29 matches, preuve de l’importance du temps de jeu contextualisé dans la lecture des statistiques. Révélation inattendue, Jelisejevs en a profité pour gagner sa place en équipe de Lettonie.
L’autre signe de l’ambition retrouvée était l’arrivée de Sergei Zubov comme entraîneur. Mais il a démissionné en octobre pour « raisons familiales », alors qu’il était alors en relations compliquées avec la FHR : non retenu pour encadrer l’équipe olympique, à sa grande frustration, il a dirigé l’équipe nationale junior puis une Sbornaïa désormais tenue à l’écart des grandes compétitions internationales. C’est Vladimir Krikunov qui l’a remplacé. Au lieu de se reposer dans sa maison à Jurmala (la plus célèbre station balnéaire de Lettonie), il est sorti une énième fois de sa retraite à 71 ans. Peut-être comptait-il sur la trêve olympique pour mettre en place ses séances de préparation physique réputées insoutenables, mais malheureusement pour lui, la saison régulière s’est arrêtée avant.
C’est l’existence même du Dinamo Riga en KHL qui s’est arrêtée. Le club est accusé depuis sa re-création d’être un projet géopolitique de la Russie, avec des dirigeants et sponsors liés à l’industrie du gaz (qui dépend entièrement des importations russes en Lettonie). L’invasion russe en Ukraine a rendu cette situation intenable. Le Dinamo n’a résisté que quelques jours à la pression ministérielle et médiatique. Cet héritier d’un club glorieux de l’époque soviétique (et dont la dénomination est elle-même soviétique) ne peut plus éveiller de nostalgie quand la vue des chars et des missiles évoque un expansionnisme agressif dont les Baltes ont peur. La Lettonie ne veut plus qu’un club sportif participe à un championnat hors Union Européenne. Un nouveau projet existe car un club letton veut s’inscrire en Mestis (la deuxième division finlandaise) mais la valeur ajoutée sportive est plus faible. C’est peut-être une occasion perdue de développer le championnat national de Lettonie.
HK Sotchi (22e) : des hockeyeurs virés pour avoir refusé une bagarre
L’effectif de Sotchi était un des plus faibles de la KHL et ne le prédestinait guère à de grands résultats. L’entraîneur Evgeny Stavrovsky avait donc mis en place un système plutôt défensif et assez cohérent, mais il manquait un peu de poigne dans le management. Sa première expérience en KHL a tourné court : mi-octobre, il a été remplacé par un entraîneur totalement différent, un meneur d’hommes qui fait énormément parler de lui, en bien ou en mal, une médiatisation recherchée dans la ville touristique des bords de la Mer Noire.
Cet entraîneur, c’est Andrei Nazarov, qui n’avait plus trouvé de travail depuis trois ans, et pensait-on à jamais après tant de polémiques (dernière en date, ses accusations menaçant la carrière NHL d’Artemi Panarin qui s’était fait connaître pour ses propos critiques sur la politique russe). Nazarov a très vite fait du Nazarov : aligner ses trois joueurs les plus rugueux (dont un défenseur) au coup d’envoi sur le « premier trio offensif » contre l’Avangard. En lisant la composition de départ, son homologue Bob Hartley n’a pas non plus envoyé sa première ligne car il a compris de quoi il retournait : une bagarre générale organisée à la première seconde d’un match. Le pire, c’est que ça a fonctionné ! Sotchi a perdu cette rencontre mais gagné les trois suivantes (dont deux aux tirs au but) pour quitter la dernière place de sa conférence.
Privée de six blessés, l’équipe suivait à fond les consignes très simples du coach : patiner, presser et s’engager à fond dans les duels. Mais la méthode Nazarov a atteint ses limites. S’ils étaient prêts à s’investir physiquement et émotionnellement, tous les hockeyeurs ne l’étaient pas pour des guignolades de combat sur patins. Deux mois après la bagarre arrangée, deux des joueurs utilisés par Nazarov pour jouer les gros bras, l‘arrière Viktor Baldaev et l’ancien enforcer J.C. Lipon, ont refusé de se prêter à une nouvelle mascarade du même type contre le Spartak. Ils ont donc pris la porte.
Admiral Vladivostok (23e) : l’équipe qui enterrerait tout entraîneur
Après avoir été contraint à une saison blanche pour réorienter le budget régional vers la gestion de la pandémie, l’Admiral Vladivostok s’est réinscrit en KHL. Il a pourtant été mis à l’amende en octobre par la ligue quand celle-ci s’est aperçue qu’il n’avait pas respecté une condition majeure du règlement : le plancher salarial de 315 millions de roubles.
Ayant souvent eu des problèmes de financement, l’Admiral n’inspire pas confiance. Quand il a viré ses entraîneurs Aleksandr Andrievsky et Viktor Aleksandrov en novembre, le club n’a pas voulu payer les indemnités qui leur étaient dues par contrat et les a renégociées à la baisse. Un contrat, ceci dit, ça fonctionne dans les deux sens. Quand Leonids Tambijevs a annoncé au Saryarka Karaganda la veille d’un tour de Coupe Continentale qu’il les quitterait à la fin du week-end, les dirigeants du club du championnat du Kazakhstan se sont estomaqués et ont demandé qu’il respecte le Code du Travail dans ce pays : préavis d’un mois et paiement d’une indemnité compensatoire de rupture. Tambijevs refusait catégoriquement. Avec un entraîneur, le Saryarka ne pouvait pas bloquer le transfert international comme pour un joueur.
L’Admiral a donc dû attendre deux semaines que Tambijevs règle la situation. Dans cet intervalle, l’entraîneur intérimaire Oleg Gorbenko a eu le temps de se faire connaître en terminant la conférence de presse après la défaite contre Sotchi (2-8) par la phrase « Il me semble que cette équipe peut enterrer n’importe quel coach ». Le club a fait couper la phrase de la vidéo officielle… mais elle avait déjà circulé sur les réseaux sociaux. Leonids Tambijevs est un entraîneur aux méthodes dures qui ne se laisse pas enterrer mais donne plutôt le premier coup de pelle. Il a vite imposé son autorité à coups d’entraînements supplémentaires et exigé de ses hommes qu’ils patinent sans poser de questions. Il a fait le ménage dans l’effectif et a surtout pu compter sur les performances du gardien Nikita Serebryakov (qui avait jadis fait une grève pour quitter le club qui le retenait mais qui est revenu après un passage moyen au Torpedo).
Kunlun Red Star (24e) : l’objectif était ailleurs
Si l’Admiral a quitté la dernière place du classement, c’est surtout parce que Kunlun y était condamné. L’équipe chinoise se fichait totalement du classement, son objectif de la saison était de figurer dignement aux Jeux olympiques.
Le plan initial, qui avait été accusé de fausser la compétition, était que tous les joueurs « chinois » – ou plutôt sélectionnés en équipe de Chine pour utiliser des termes plus exacts – partent dès Noël pour un camp d’entraînement olympique, afin qu’ils respectent une quarantaine sanitaire. Vingt autres joueurs auraient alors été recrutés à leur place pour jouer les matches du Kunlun Red Star prévus au calendrier de la KHL.
Les dirigeants du club ont réussi à faire abandonner ce plan aux autorités chinoises : en plus de coûter cher, il aurait surtout comporté le risque que l’équipe se ridiculise aux JO – ce qu’il fallait à tout prix éviter – après un mois sans compétition. Il n’y a donc qu’un seul Kunlun, qui se confond avec l’équipe de Chine, puisque les joueurs non sélectionnables – même avec la grande mansuétude de l’IIHF – comme le gardien Aleksandr Lazushin ont été écartés en décembre.
Kunlun a respecté la KHL, et la KHL a déroulé le tapis rouge devant Kunlun. La ligue a même décalé une suspension contre Brandon Yip pour qu’elle n’ait pas lieu pendant les deux matches banals de saison régulière en novembre que l’IIHF avait identifiés comme des « tests » pour vérifier la compétitivité d’une équipe de Chine olympique. Cette loi d’exception a agacé pas mal de Russes, mais elle traduit les intérêts convergents entre la Russie et la Chine dont l’alliance pourrait se renforcer à cause du contexte géopolitique.
Après un tournoi olympique honorable, l’équipe de Chine 100 % Kunlun a obtenu sans difficulté sa montée en division 1 B mondiale. Y figurera-t-elle avec le même effectif ? Les Chinois sont encore trop faibles pour ce niveau et les Nord-Américains naturalisés qui ont accepté de jouer en Russie pour la Chine sont en contradiction flagrante avec la politique étrangère de leurs pays. Mais ces derniers font beaucoup moins de cas de la morale de leur employeur que les Suédois et les Finlandais.