Dans un match qui était tout sauf une revanche du quart de finale de coupe de France remporté par Grenoble ici sur les bords de Seine, la semaine dernière, la rencontre opposait plutôt deux équipes en recherche de dynamique, aux objectifs propres au championnat, plus calculateurs.
Après un début de saison réussi, la suite a été compliquée après la trêve internationale pour les Rouennais (3 défaites en 6 matches). Grenoble aussi cherche du rythme, parfois ordinaire en championnat, puis stérile en Coupe continentale. Le ménage grenoblois qui a suivi la contre-performance européenne n’a pas encore totalement porté ses fruits en ligue Magnus (défaite à Nice).
Néanmoins, c’est un choc de haut de tableau sur l’île Lacroix puisqu’au coup d’envoi, les Normands, leaders, affrontaient des Isérois en 3e position. De plus, les deux équipes sont les deux derniers finalistes de la coupe Magnus. Tous les ingrédients étaient donc réunis pour que le spectacle soit au rendez-vous ! Le plaisir faisant partie du spectacle, les partisans de la troupe autochtone pourront dire qu’il l’a été.
Les Dragons ont rempli leur mission. Éreintés à cause d’un banc très court (7 absents dont 4 titulaires), à bout de souffle dès la mi-match, les coéquipiers d’un Matija Pintaric déterminant (46 arrêts) ont su capitaliser sur leurs supériorités avec un réalisme qui a bluffé leurs adversaires handicapés par 4 absents, avant de tenir avec caractère, aux forceps, puisqu’ils n’avaient plus d’énergie.
Les champions de France ont plié mais ont surtout fait preuve d’un terrible effort pour ne jamais paniquer, ni craquer, même lorsque Grenoble est revenu à un but à moins de 3 minutes du terme. Ils ont tenu en réalité parce que l’édifice combatif savamment orchestré par Fabrice Lhenry et Anthony Guttig est entré dans les têtes iséroises. Le RHE a aussi gagné psychologiquement. Désormais, face aux Dragons, les Brûleurs de Loups de l’ère Jacques Reboh restent sur sept défaites d’affilée en ligue Magnus.
Avec une combativité à toute épreuve, les Rouennais ont assommé le GMH en moins de 15 minutes entre la fin du premier tiers et la mi-match, portés par un Quentin Tomasino en état de grâce. Le jeune Rouennais a eu une réussite prépondérante, présent sur les trois premiers filets avec deux buts et une assistance inscrits. Cette adresse face à la cage était bienvenue, tant les noir et jaune ont dans un premier temps peiné à exister offensivement. Trois chances des locaux seulement en 15 minutes alors que dans le même temps, les visiteurs pouvaient en dénombrer 7, plus du double !
Les Normands se sont montrés plus précis dans les moments clés. Les Rouennais ont pris la tête en supériorité d’un tir balayé en haut du cercle gauche en jeu installé (Tomasino 1-0 à 17’46) pour ne jamais la lâcher. Le jeune ailier droit a doublé la marque moins de deux minutes plus tard en déviant au premier poteau un palet mis à la cage par Bedin sur une attaque surnuméraire (2-0 à 18’54).
Le rapport de force ainsi enclenché a tourné en faveur des patineurs seino-marins dans le deuxième tiers. Les Brûleurs de Loups, terriblement refroidis, ont été moins entreprenants dans le vingt du milieu (5 occasions), même en jouant deux powerplays. Néanmoins, lors du premier, un but de Sacha Treille (24’07) n’a pas été validé. Les Grenoblois semblaient frustrés par leur incapacité à trouver des solutions, à l’image d’un Brent Aubin exclu pour une charge à la tête de Perret (28’58).
L’opportunisme des Rouennais n’a pas laissé passer l’occasion d’endormir l’ogre dauphinois. Loïc Lampérier a saisi un rebond abandonné sur une autre lancer de Tomasino (3-0 à 29’09). À partir de leur troisième but, usés physiquement, les Normands auront plus de difficultés a se projeter en attaque. Matija Pintaric, lui, a conservé toutes ses aptitudes de la première moitié de match et il a continué à faire échec aux Isérois Treille (33’28), Bachelet (34’47) photo ci-dessous, F.Dair (37’32) et Deschamps (38’38) pourront en témoigner.
Au début du troisième, les Grenoblois, désabusés, sont revenus sur la glace sans plus de solutions, voire avec moins. Ils n’ont pas été capable d’exploiter rapidement la faiblesse énergétique de leurs hôtes et reprendre le momentum qui pouvait les faire renverser la table. Ce sont même les Dragons qui infligent le coup de grâce. Sur un nouveau contre surnuméraire causé par une perte de palet de Crinon en zone offensive, Kytnar offre un duel à Vigners face à Stepanek. à l’apport définitivement modique ce soir, le gardien ne lira pas du tout la feinte du Letton (4-0 à 49’52, photo ci-dessous)
Enlisés, les hommes de Dufour vont croire simplement avoir sauver l’honneur en avantage d’un homme, via Rouhiainen. En haut d’un carré statique de fatigue trop replié, l’arrière finlandais, à qui on a laissé du temps pour s’avancer, trouve facilement un filet (4-1 à 52’45). Quand, devant Pintaric, Lyubimov dévie un lancer presque anodin de la bleue de Rouhiainen (4-2 à 54’28), les Grenoblois recouvrent des intentions qu’ils avaient nettement abandonnées. Ils inscrivent alors un troisième but. Nicolas Deschamps a dévié un lancer de Hardy pris à cause (ou grâce ?) au marquage inexistant de l’ailier droit rouennais (4-3 à 57’21).
La conviction grenobloise ne sera pas assez forte face à la résilience rouennaise qui elle terminera le travail. Résistants, puisant dans des ressources inespérées, les hommes de Fabrice Lhenry, au terme d’un effort d’équipe assez impressionnant, assomment définitivement les joueurs adverses, malgré une infériorité couplé au remplacement de Stepanek par un attaquant. Un effort remarquable, crispant mais finalement exaltant pour la foule présente à Péchalat.
Rouen – Grenoble 4-3 (2-0, 1-0, 1-3)
Mardi 5 décembre 2023 à 20h15 à la patinoire Nathalie Pechalat. 3279 spectateurs.
Arbitres : MM. Peyre et Barbez assistés de MM. Douchy et Fauvel.
Pénalités : Rouen 8’ (0’, 4’, 4’) ; Grenoble 29′ (4’, 5’+20’, 0’)
Tirs cadrés : Rouen 34 (12, 13, 5) ; Grenoble 49 (13, 17, 16)
Supériorités : Rouen 2/3, Grenoble 1/4
Évolution du score :
1-0 à 17’06 : Tomasino assisté de Kytnar et Kristensen (sup. num.)
2-0 à 18’54 : Tomasino assisté de Bedin et Chakiachvili
3-0 à 29’09 : Lampérier assisté de Tomasino et Perron (sup. num.)
4-0 à 49’52 : Vigners assisté de Kytnar et Lampérier
4-1 à 52’45 : Rouhiainen assisté de Lyubimov et Lavoie (sup. num.)
4-2 à 54’28 : Lyubimov assisté de Rouhiainen et Fleury
4-3 à 57’21 : Hardy assisté de Deschamps et Rouhiainen
Rouen
Attaquants :
Loïc Lampérier (C) – Milan Kytnar – Rolands Vigners
Anthony Rech – Francis Perron – Alexandre Mallet
Joris Bedin – Jordan Hervé – Quentin Tomasino
Vincent Nesa – Tommy Perret
Arrières :
Florian Chakiachvili (A) – Emil Kristensen
Dylan Yeo (A) – Kristaps Sotnieks
Matteo Perdrix
Gardien :
Matija Pintaric
Remplaçant : Tonin Caubet (G). Absents : Fiorenzo Villard et Antoine Addamo (équipe de France U20), Noa Goncalves Nivelais, Enzo Cantagallo, Sacha Guimond et Marcel Hascak (blessés) et Antonin Honejsek (départ).
Grenoble
Attaquants :
Sacha Treille (C) – Alexandre Lavoie – Aurélien Dair
Roman Lyubimov – Nicolas Deschamps (A) – Damien Fleury (A)
Loïc Farnier – Mattias Bachelet – Brent Aubin
Flavian Dair – Timothé Quattrone – Julien Munoz
Arrières :
Pierre Crinon – Jere Rouhiainen
Kyle Hardy – Maxim Lamarche
[Crinon] – Samuel Régis
Antoine Fertin – [Rouhiainen]
Gardien :
Jakub Stepanek [sorti de 58’51 à 60’00]
Remplaçant : Raphaël Garnier (G). Absents : Jonathan Racine, Lucien Onno, Adel Koudri, Charles Schmitt (blessés), Zakary Daneau (départ à Chambéry) et Markus Søberg (départ).

















































