Hockey Archives vous a fait vivre cet été une nouvelle rétrospective complète d’un moment-clé du hockey international, en l’occurrence le premier Mondial à 16 équipes en 1998, avec une présentation du tournoi riche en anecdotes, puis un focus sur les trajectoires croisées de la France et de la Suisse.
Revoyons dans ce dernier volet de la rétro les autres temps forts.
Complots annoncés de « source sûre »
La nouvelle formule en poules de 4 augmentait les calculs par rapport aux poules de 6 qui existaient auparavant, et on ne tarde pas à en voir les effets, du moins dans la perception médiatique et les discours. Les théories du complot avaient déjà débuté au premier tour. Le Bélarus, qui avait arrangé un match nul opportun au Kazakhstan aux qualifications olympiques un an plus tôt, pensait que les autres pays réagiraient comme lui et magouilleraient un résultat, en l’occurrence que Tchèques et Allemands s’entendraient sur l’unique résultat (2-4) qui les qualifieraient à ses dépens. Les « sources sûres », anonymes bien sûr, annonçaient même le montant du pot-de-vin versé, 500 000 francs suisses ! Qu’est-il alors advenu ? Une véritable démonstration !
Au deuxième tour, la qualification en demi-finales se joue aussi en poules de 4. Si les quarts de finale sont aujourd’hui la grande journée d’un championnat du monde, celle qui façonne les destins, cette formule obligeait à de la comptabilité. Dans une des poules, aucune discussion lors d’un Suède-Canada on ne peut plus clair.

Ce soupçon levé, les journalistes russes « ripostent » en mettant à leur tour en cause le résultat de Suisse-Slovaquie. Les staffs de ces deux pays leur répondront vertement : « Accepter une collusion, c’est vous couvrir de boue pour le reste de votre vie, déshonorer vos enfants, votre mère. » Mais dans une culture qui s’est habituée à la corruption quotidienne, c’était difficile à entendre…
Naufrages de gros paquebots
Ce Mondial restera celui où les États-Unis se sont retrouvés comparés au « Titanic », versés en poule de maintien avec l’Allemagne. Dans le registre complotiste, il se disait même que l’IIHF changerait les règles pour sauver le soldat US. Son président René Fasel avait engendré cette rumeur par des propos ambigus, il fut obligé de démentir dos au mur.
Les Allemands, après avoir été punis d’un vol (involontaire) de culottes la veille, furent les premiers à connaître leur sort après un match épique face à l’Italie qui inaugurait aussitôt l’heure des règlements de compte…
Le soir venu, un match de la peur opposait la jeune Lettonie et l’aigle américain déplumé. Le perdant devrait repasser par des qualifications à l’automne pour rester dans l’élite…
La course aux médailles
Après son Mondial exceptionnel, la Suisse s’arrête au sommet du Mont-Blanc, selon la métaphore de David Aebischer après le match pour le bronze.
Le titre se joue en deux rencontres sans cumul des scores, une formule foireuse qui conduit à la finale la plus fermée de l’histoire entre deux équipes pourtant talentueuses, surtout la Suède avec Peter Forsberg et Mats Sundin qui joue « gagne-petit » contre la Finlande : match 1, match 2, 120 minutes de hockey pour… 1 but. On est à l’époque où la NHL est le domaine des gardiens et de l’anti-spectacle, et on parle même de « mort de hockey ».
































