Si la CHL avait lancé de manière encourageante la saison de Bordeaux, la situation s’est compliquée depuis. Les Boxers ont payé un lourd tribut aux absences avec un calendrier serré et sont un peu à la peine en Ligue Magnus. Malgré le renfort récent de Niks Feņenko, ils n’alignent ce soir que cinq défenseurs et ont tout juste quatre lignes offensives, la quatrième comprenant deux joueurs à peine revenus de blessure (Julien Guillaume et Luke Santerno).
Le rêve de qualification ne paraît plus vraiment à l’ordre du jour face à Pardubice et ses 20 millions d’euros de budget. L’effectif tchèque est bardé d’internationaux même s’il accorde une pause à l’inoxydable meneur offensif Roman Červenka… qui a encore inscrit 17 points en 9 journées de championnat.
C’est Gaëtan Richard qui a l’honneur – redoutable – de sa première titularisation en CHL car Papillon n’est pas à 100% Les champions tchèques alignent aussi « seulement » leur deuxième gardien… sauf qu’il s’agit quand même de Malcolm Subban. Le frère de P.K. compte quand même 87 parties de NHL, pas beaucoup moins que Gaëtan Richard (109)… en Ligue Magnus.
On est donc agréablement surpris de voir Bordeaux sortir de la brume – qui voile un peu la glace – et jouer crânement son jeu. Le compteur de tirs est équilibré après dix minutes (6 dont 4 cadrés de chaque côté) et le lancer le plus dangereux est même celui de Jérémy Beaudry, un slap puissant à sa façon depuis le cercle droit.
Hormis une contre-attaque de Jan Mandát, la première occasion tchèque notable attend plus de treize minutes avec une poussée de la quatrième ligne et une passe en retrait pour Patrik Poulíček dans l’enclave. Elle est suivie de la seconde pause publicitaire… et de l’ouverture du score. Un but magnifique, puisque Loïc Farnier pivote pour frapper du revers en plein vol une rondelle envoyée dans l’enclave qui a ricoché (1-0).
Arrivé de Färjestad cet été pour rejoindre l’armada du champion tchèque, David Tomášek dribble en un contre un Kévin Dusseau qui l’accroche pour l’empêcher de tirer. Le meilleur avantage numérique d’Extraliga (41% d’efficacité !) entre en scène, mais l’autre champion du monde 2024 rapatrié par Pardubice à l’intersaison, l’ex-Davosien Matěj Stránský, rate un contrôle et laisse les Bordelais partir à 2 contre 1. Farnier offre une passe parfaite à Pierre-Olivier Morin (2-0, photo ci-dessous). Un but en infériorité d’autant plus savoureux qu’il annule la pénalité selon les règles de la CHL !
On s’attend à ce que Filip Pešán secoue un peu ses hommes dans le vestiaire, et ils se procurent la première occasion du deuxième tiers-temps par Vladimír Sobotka, dont le tir est paré du masque par Richard. Bordeaux repasse à l’attaque mais se fait prendre à revers par un 3 contre 2 : Jiří Smejkal centre pour le défenseur Daniel Gazda seul dans l’enclave mais Gaëtan Richard fait l’arrêt en se penchant en avant !
Après cinq minutes, le joker letton Feņenko se fait contrer dans sa relance par la crosse d’Oleksii Yevtiekhov. Le capitaine de l’équipe junior d’Ukraine l’an passé se voit ainsi offrir une échappée face à Gaëtan Richard… qui descend de nouveau en grand écart en avançant le buste pour une parade de la mitaine !
Si Pardubice est dangereux en contre-attaque, c’est parce que c’est Bordeaux qui continue de produire du jeu. Baptiste Bruche dribble et passe en retrait à Loïc Farnier dont le tir face à cage manque un peu de puissance pour tromper Subban. Mais la domination change radicalement après la mi-match. Les blancs prennent le dessus.
Boscq retient la crosse de Stránský qui déborde sur l’aile gauche (34’36”). Les Tchèques mettent près d’une minute à s’installer. Ensuite, Gaëtan Richard est vif sur le premier arrêt, mais son style pourrait le rendre vulnérable car il met du temps à se relever et à se replacer. Les blancs ne savent pas en profiter et Smejkal tarde trop à profiter de loin de la cage ouverte. La pénalité est donc tuée.
À deux minutes de la seconde pause, David Tomášek vient se placer face au but au milieu de trois Bordelais et dévier à bout portant le centre de Kelemen au moment où la jambière de Richard déplace la cage. M. Rauline indique très vite le but, validé après une longue consultation vidéo (2-1). Une réduction du score logique.
Le troisième tiers reprend mieux pour Bordeaux avec un cinglage de Jan Košťálek sur Santerno. Le public réclame même une double supériorité numérique quand le défenseur international slovaque Peter Čerešňák accroche Enzo Carry dans le coin, mais les arbitres ne bronchent pas. Les nombreuses tentatives échouent pendant ces deux premières minutes bordelaises en jeu de puissance.
Les Boxers montrent toujours les crocs et sur une attaque rapide à 3 contre 2, Kaylian Leborgne a un rebond à deux mètres de la cage, mais Malcolm Subban signe un arrêt-clé. Dans la minute qui suit, de l’autre côté de la patinoire, un lancer frappe le plexi et Jáchym Kondelík marque en tour de cage face à un Gaëtan Richard au sol et pas replacé… mais qui a l’excuse d’un contact avec Yevtiekhov. Les images doivent trancher, encore faut-il les avoir… « Faites passer la machine pendant qu’on n’a pas la connexion », déclarent les arbitres à la table de marque, ce qui explique le temps pris. L’Ukrainien a été poussé et renversé dans la peinture bleue par Beaudry, le but est donc valable (2-2).
Les longues pauses techniques n’aident pas les Bordelais à arrêter le cours défavorable de la soirée, car ils se précipitent un peu trop. Lukáš Sedlák intercepte une relance à la ligne bleue alors que le centre local Steven Fournier est déjà montré très haut. L’international tchèque monte seul dans l’enclave, reçoit la passe en retrait parfaite de Jan Mandát et tire dans la lucarne droite (2-3).
Dans les dernières secondes d’une pénalité de Fournier, Vladimír Sobotka vient s’infiltrer dans le slot et hériter d’un palet en retrait de Jiří Smejkal pour donner une assise définitive au succès tchèque (2-4). Olivier Dimet ne perd pas espoir et sort son gardien, mais cela n’aboutira qu’à un dernier but en cage vide de l’international slovaque Miloš Kelemen (2-5).
Bordeaux est encore passé près de l’exploit avant de craquer sur la fin. Pour se consoler de cette frustration : même en cas de victoire dans le temps réglementaire, les 7 points qui « passaient » l’an dernier n’auraient probablement pas suffi à se qualifier. La marche est très haute cette année parce que les grandes nations n’ont laissé que des miettes, même si les Norvégiens de Storhamar peuvent se qualifier une seconde année de suite après leur belle victoire en prolongation sur la glace de Tappara (ils termineront la phase de poules contre Graz qui compte toujours 0 point). Pour Bordeaux, le dernier match sera autrement plus difficile, avec un déplacement à Göteborg chez le champion d’Europe.
Commentaires d’après-match :
Olivier Dimet (entraîneur de Bordeaux) : « Déçu, naturellement, parce que je pense que les gars ont un fait un gros effort ce soir. On savait qu’en face de nous il y avait une très grosse équipe de Pardubice, on mène au score à la fin du 2 donc bien entendu on espérait. On voulait offrir un gros match à notre public, c’est fait même si le résultat n’est pas au bout. En tout cas j’ai aimé la manière dont on a joué, et comment on s’est présenté. C’était bien de prendre du plaisir, de voir passer une des meilleures équipes européennes avec des joueurs qui ont joué en NHL. C’était une chance pour nous, il ne fallait pas qu’on ait de regrets, il fallait qu’on joue notre jeu en étant décomplexés. C’est ce qu’on a fait au premier tiers-temps. On va aller à Frölunda sans complexe pour essayer de rafler une victoire. »
Filip Pešán (entraîneur de Pardubice) : « Nous avons eu un mauvais départ, les conditions étaient mauvaises. Nous n’étions pas dans le match au début, heureusement nous avons trouvé un moyen de gagner. Ils étaient rapides. Nous ne fixons pas d’objectifs dans la compétition, nous voulions sortir des poules, ce qui est fait. Nous voulons gagner chaque match, donc bien sûr nous voulons réussir en play-offs. »
Bordeaux – Pardubice 2-5 (2-0, 0-1, 0-4)
Mercredi 7 octobre 2026 à 20h15 à Mériadeck. 3500 spectateurs.
Arbitres : Jérémy Rauline et Julien Peyre (FRA) assistés de Quentin Ugolini et Pierre Mercier-Landry (FRA).
Pénalités : Bordeaux 6’ (2’, 2’, 2’) ; Pardubice 2’ (0’, 0’, 2’).
Tirs cadrés : Bordeaux 24 (8, 6, 10) ; Pardubice 35 (10, 16, 9).
Évolution du score :
1-0 à 13’38” : Farnier
2-0 à 17’13” : Morin assisté de Farnier et Feņenko (inf. num.)
2-1 à 37’53” : Tomášek assisté de Kelemen et Stránský
2-2 à 47’32” : Kondelík assisté de Sobotka et Yevtiekhov
2-3 à 48’12” : Sedlák assisté de Mandát
2-4 à 53’30” : Sobotka assisté de Smejkal et Tourigny (sup. num.)
2-5 à 58’52” : Kelemen assisté de Sedlák et Čerešňák (cage vide)
Boxers de Bordeaux
Attaquants :
Tommy Giroux – Pierre-Olivier Morin (+1) – Loïc Farnier (+1)
Enzo Carry (-1) – Steven Fournier (-1) – Baptiste Bruche (-1)
Tom Guidoux (-2) – Kaylian Leborgne (-2) – Quentin Tomasino (-3)
Aïna Rambelo – Julien Guillaume (A) – Luke Santerno
Défenseurs :
Kévin Dusseau (C, -1, 2’) – Maxim Lamarche (A, -3)
Jules Boscq (-1, 2’) – Jéremy Beaudry (+1)
Niks Feņenko
Gardien :
Gaëtan Richard [sorti de 58’40” à 58’52”]
Remplaçant : Quentin Papillon (G). Absents : Ulysse Tournier, Jarod Hilderman, Félix Girard, Yvan Mongo (blessés)
Dynamo Pardubice
Attaquants :
Miloš Kelemen (+2) – Vladimír Sobotka (+1) – Jáchym Kondelík
Jiří Smejkal – David Tomášek (-1) – Matěj Stránský (-1)
Matúš Válek – Lukáš Sedlák (C, +1) – Jan Mandát (A, +2)
Oleksii Yevtiekhov (+1) – Patrik Poulíček – Tomáš Vondráček
Défenseurs :
Tomáš Dvořák (+1) – Peter Čerešňák (A, +2)
Miguël Tourigny (+1) – Jan Košťálek
Ondřej Mikliš (+1) – Daniel Gazda (+1)
Ondřej Chabada (-1)
Gardien :
Malcolm-Jamaal Subban
Remplaçant : Roman Will (G). Absents : John Ludvig (genou), Martin Kaut (bas du corps), Roman Červenka (repos), Tomáš Nosek (repos), Jakub Lauko.









































