États-Unis - Finlande (JO 2010, demi-finale)

Aucune équipe ne mérite ça

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Ce midi, heure de Vancouver, était prévu un match de hockey. Une demi-finale olympique, même. On n'en verra pourtant qu'un tiers. Personne n'était préparé à une telle débâcle de l'équipe qui avait statistiquement ce matin la meilleure défense du tournoi...

La Finlande domine les deux premières minutes, jusqu'à un renvoi totalement anodin dans l'axe des Américains. Les défenseurs finlandais ne le prennent pas au sérieux (Lepistö décide d'aller au banc) et laissent Phil Kessel foncer à sa poursuite du palet, sachant que de toute façon Miikka Kiprusoff est le premier dessus. Le problème, c'est que le gardien finlandais rate son dégagement et passe directement à... Ryan Malone, qui n'a qu'à viser la cage vide (1-0).

Dustin Brown a toujours comme occupation favorite de provoquer des fautes adverses : deux Finlandais partent en prison parce qu'ils ont voulu le mettre en échec, Niskala pour obstruction et Lydman pour charge contre la bande. Deux pénalités... qui coûtent deux buts. Tout d'abord, après un lancer de Rafalski, Paul Stastny conquiert le palet près de la cage et décale parfaitement Zach Parisé. Et dans un second temps, Kiprusoff semble moyennement en position sur une passe croisée en retrait de Pavelski pour Erik Johnson qui marque dans le haut du filet (3-0).

L'entraîneur finlandais Jukka Jalonen utilise son temps mort mais ne semble vouloir changer de gardien. Il n'aura pas le choix car Patrick Kane prend son propre rebond au nez et à la barbe de Niskala et marque du revers (4-0). Avec quatre buts encaissés en sept tirs, Kiprusoff en a assez et se dirige de lui-même vers le banc pour réclamer son changement.

NISKALA_Janne-2009-7805Niklas Bäckström est donc obligé de se lever. On ne sait pas dans quelle mesure le gardien de Minnesota est heureux de rentrer en jeu, en tout cas il concède un tir ouvert de Kane, à mi-hauteur côté plaque, puis un tir du poignet en lucarne de Stastny, sur passe en retrait de Langenbrunner (6-0). Ce dernier but a pour origine une grossière erreur de Sami Salo, qui perd le palet dans sa zone face au forechecking de Parisé, alors qu'il avait le temps pour le sortir. Le naufrage défensif atteint un niveau inimaginable.

Les Finlandais vont-ils montrer autre chose dans les deux périodes restantes ? En tout cas, Jarkko Ruutu ne montre pas de cerveau. Il en devient comique à se jeter sur le gardien adverse au sol et à s'accrocher à lui comme un enfant qui ne veut pas qu'on le sorte de son lit. Sa pénalité est sans conséquence, mais sa méconduite de dix minutes permet à Jarkko Immonen de rentrer en jeu à sa place et de tirer... sur le poteau.

C'est l'autre problème de la Finlande : l'efficacité offensive. Le désastre des gardiens et de la défense au premier tiers-temps a détourné l'attention de cette disette en attaque. Les hommes de Jukka Jalonen ont inscrit deux buts, dont un en cage vide, depuis deux matchs, et presque trois.

C'est un peu le test du troisième tiers-temps : les Finlandais peuvent-ils marquer ? Ryan Miller, comme souvent dans ce tournoi, arrête tout. Mais à neuf minutes de la fin, les Américains titillent l'envie de leurs adversaires en faisant rentrer leur deuxième gardien Tim Thomas, pour lui permettre de jouer dans ce tournoi. Mais pour que la Finlande mette un but, il faut surtout une pénalité d'Erik Johnson, plus une dose de chance : le lancer de la gauche d'Antti Miettinen est dévié par la jambe de Jack Johnson (6-1).

Cette fin de match n'était qu'une formalité dépassionnée, puisque le match était terminé après le tiers-temps le plus catastrophique de l'histoire de la Finlande : dépassée en patinage, battue dans tous les duels, elle a sombré corps et âme et ne s'est jamais remise de la relance ratée de Miikka Kiprusoff. Tous ses défenseurs, sans exception, ont été victimes de la panique généralisée qui s'est alors installée.

La relation conflictuelle entre Kiprusoff et l'équipe nationale s'est peut-être achevée là, et on peut être sûr que ses nombreux détracteurs vont se déchaîner au pays. Compte tenu de la prestation des deux gardiens dans ce match, on peut se demander si le MVP des précédents Jeux olympiques, Antero Niitymäki, ne va pas entrer dans les cages dans le match pour la troisième place. Après une telle gifle, il doit être dur de se remotiver pour le bronze, mais les Finlandais en sont capables, ne serait-ce que pour offrir de dignes adieux olympiques à Teemu Selänne.

Les Américains, eux, ont emmaganisé le plein de confiance, ce qui doit faire du bien à certains joueurs dans le doute. Patrick Kane, en difficulté depuis le début du tournoi, volait sur la glace, comme ses coéquipiers. Le mental des États-Unis est au beau fixe, et Ryan Miller s'est même épargné d'encaisser un but. Il arrivera donc en finale avec deux quasi-blanchissages qui font suite à une grosse performance contre le Canada... qu'ils rêvent de retrouver en finale.

Commentaires d'après-match

Teemu Selänne (attaquant de la Finlande) : "Ils ont deux rebonds favorables, ça fait 2-0, puis deux erreurs, et ça fait 4-0, bientôt 6-0. À ce moment-là, on souhaite être au curling et pouvoir se serrer la main sans avoir à continuer le jeu. À ce niveau il est impossible de remonter un tel écart."

 

États-Unis - Finlande 6-1 (6-0, 0-0, 0-1)
Vendredi 26 février 2010 à 12h00 à la Canada Hockey Place de Vancouver. 17602 spectateurs.
Arbitrage de Daniel O'Halloran (CAN) et Marcus Vinnerborg (SUE) assistés de Petr Blümel (TCH) et Shane Heyer (USA).
Pénalités : États-Unis 6' (2', 0', 4'), Finlande 20' (4', 2'+10', 4').
Tirs : États-Unis 25 (7+6, 9, 3), Finlande 25 (4, 7, 7+7).
Engagements : États-Unis 34 (14, 8, 12), Finlande 28 (8, 9, 11).

Évolution du score :
1-0 à 02'04" : Malone
2-0 à 06'22" : Parisé assisté de Stastny et Rafalski (sup. num.)
3-0 à 08'36" : E. Johnson assisté de Pavelski et Malone (sup. num.)
4-0 à 10'08" : Kane
5-0 à 12'31" : Kane assisté de Rafalski
6-0 à 12'46" : Stastny assisté de Langenbrunner et Parisé
6-1 à 54'46" : Miettinen assisté de Lepistö (sup. num.)


États-Unis

Gardien : Ryan Miller puis Tim Thomas à 48'29".

Défenseurs : Ryan Suter - Brian Rafalski (A) ; Tim Gleason - Erik Johnson ; Brooks Orpik - Jack Johnson ; Ryan Whitney.

Attaquants : Dustin Brown - Ryan Kesler - Patrick Kane ; Zach Parisé (A) - Paul Stastny - Jamie Langenbrunner (C) ; Phil Kessel - Joe Pavelski - Ryan Malone ; Chris Drury - David Backes - Ryan Callahan ; Bobby Ryan.

Absent : Jonathan Quick (G).

Finlande

Gardien : Miikka Kiprusoff puis Niklas Bäckström à 10'08".

Défenseurs : Kimmo Timonen (A) - Sami Salo ; Janne Niskala puis Lasse Kukkonen à 20'00" - Sami Lepistö ; Toni Lydman - Joni Pitkänen.

Attaquants : Jere Lehtinen - Saku Koivu (C) - Teemu Selänne (A) ; Valtteri Filppula - Mikko Koivu - Tuomo Ruutu ; Niklas Hagman - Niko Kapanen - Antti Miettinen ; Ville Peltonen - Olli Jokinen - Jarkko Ruutu [puis Jarkko Immonen de 27'52" à 39'52"].

Absent : Antero Niitymäki (G).