Deux mois après les Jeux olympiques de Milan-Cortina, l’équipe de France féminine a rendez-vous dès dimanche avec sa deuxième compétition de la saison, le Mondial Division 1A de Budapest. Un tournoi qui s’annonce relevé comme jamais. En voici la présentation.
Hongrie, Norvège, Italie, Chine, Slovaquie et France, le niveau s’annonce particulièrement homogène. La tâche s’annonce d’autant plus difficile qu’il n’y a désormais plus qu’un seul ticket en jeu pour la promotion en élite mondiale, contrairement aux deux sésames des années précédentes. Une disposition prise par l’IIHF qui prônait pourtant, il n’y a pas si longtemps, le renouvellement en top division, afin que le maximum de programmes puissent y goûter. La fédération internationale a finalement changé son fusil d’épaule… même si dans son dernier article de présentation, il était mentionné deux équipes promouvables en élite, ce qui a semé la confusion ! Une coquille du rédacteur qui n’honore pas le suivi des féminines, trop souvent laissées au second plan. Seule la victoire de ce tournoi permettra de rejoindre les dix meilleures nations en 2027.
Les six formations sont réunies à Budapest pour un Mondial qui débute ce dimanche… le jour des élections législatives en Hongrie, une élection particulièrement scrutée en Europe, dans un climat d’extrême tension puisque le fantasque Viktor Orbán pourrait perdre les rênes du pays, pour la première fois depuis 2010.

A la croisée des chemins
Avec quatre revers en quatre matchs, les Bleues n’ont pu éviter la dernière place du Tournoi olympique, elles sont toutefois parvenues à sauver l’honneur lors du dernier match en arrachant un point à l’Allemagne. Cette première présence aux JO a en tout cas permis d’engranger de l’expérience alors que la présence de la sélection féminine est évidemment assurée pour les Jeux olympiques des Alpes françaises en 2030. La sélection tricolore a d’ailleurs pris les teintes d’une formation vouée à préparer le long terme. À Budapest, cette équipe de France sera en effet à la croisée des chemins. Capitaine depuis bientôt quatre ans, Lore Baudrit disputera, à 34 ans, son dernier tournoi, et ce alors qu’elle vient tout juste de passer la barre symbolique des 250 sélections. Elle n’est que la deuxième joueuse de l’histoire de l’équipe de France à atteindre ce seuil, après Virginie Bouetz-Andrieu. Anaé Simon, qui a disputé les trois derniers championnats du mondes en plus des JO, a d’ores et déjà rangé les patins.
Aucune surprise chez les trois gardiennes convoquées : Violette Pianel Couriaut, Margaux Mameri et Alice Philbert. La titulaire Philbert, qui a disputé les quatre rencontres aux Jeux olympiques, était particulièrement à son avantage avec 93,3% d’arrêts. En revanche, dans les lignes, plusieurs jeunes éléments font leur apparition, afin de combler certaines absences. Présentes aux JO, Léa Villiot en défense, Jade Barbirati et Sehana Galbrun en attaque ont déclaré forfait. La défenseure de Neuchâtel Clara Piazzon n’était pas bien loin d’y participer à ce tournoi olympique, elle garnira la défense à Budapest pour son premier championnat du monde. Le staff avait surpris avec la présence d’Anaïs Peyne-Dingival au Mondial D1A en 2025, retenue sans tournoi avec les Bleues au préalable, il récidive avec les sélections de Jade Bernoussi et Maëli Moussier qui honoreront leur première sélection aux Mondiaux. Marleen Origlio avait quant à elle disputé le tournoi d’Albertville en août dernier. En tout cas, l’arrivée dans le groupe bleu de Bernoussi (18 ans), Moussier (17 ans), Origlio (19 ans) en plus de Piazzon (20 ans), Peyne Dingival (18 ans) et Clémence Boudin (17 ans) marque un virage important dans l’optique du nouveau cycle olympique 2026-2030.

Quand bien même l’alignement a ouvert ses portes à de jeunes éléments, l’ambition demeure de rejoindre l’élite mondiale, ce que n’était pas parvenue à faire la France lors des deux dernières éditions du Mondial D1A. Elle espère atteindre cet objectif ardu avec ses têtes d’affiche Chloé Aurard-Bushee, Clara Rozier et Estelle Duvin. Évincée par Boston et la PWHL, Aurard a dû rebondir sur un laps de temps très court. À Zurich, elle n’aura disputé que 9 matchs, saison régulière et playoffs, avec tout de même 8 points à la clef, mais l’aventure du ZSC s’est terminée dès les quarts de finale.
Duvin et Rozier, même si elles ont été encore prolifiques, n’ont pas pu conserver le titre suisse avec Berne. Frustrées en club mais fortes de l’expérience olympique, les Bleues seront revanchardes pour une nouvelle tentative de montée en top division. Une victoire contre la Chine et une défaite aux tirs au but contre la Norvège ont précédé ce championnat du monde. Place à la rude compétition avec 5 matchs en 6 jours.
Un parcours du combattant pour un ticket en élite
Le programme s’annonce tout de même corsé, et ce dès le début du Mondial puisque la France affrontera d’entrée les deux équipes reléguées de l’élite mondiale l’année dernière : la Hongrie et la Norvège. À domicile, les Hongroises espèrent réaliser la même performance qu’en 2024 : remporter le tournoi un an après avoir été éjecté de l’élite. La coach Delaney Collins disposera de ses meilleurs éléments, dont la gardienne Anikó Nemeth, la défenseure Lotti Odnoga, les attaquantes Emma Kreisz, Madeline Leidt, Regina Metzler et la pépite de 16 ans Réka Hiezl qui a fini troisième meilleure marqueuse… du championnat américain U19. Adversaires réguliers depuis plusieurs saisons, Françaises et Hongroises se sont rencontrées à trois reprises en 2025-2026, avec deux victoires tricolores. Mais la Hongrie a remporté les deux derniers de ses quatre tournois cette saison.
La Norvège a également fait l’aller-retour en élite mondiale, et elle compte y retourner aussi. Dans une interview, son sélectionneur, André Lysenstøen, estimait qu’il s’agit d’une des meilleures équipes de Norvège de l’histoire, rien que ça. Au point d’éprouver des difficultés à constituer son équipe au regard de la forte concurrence qui règne dans la sélection. Mathea Fischer, Millie Rose Sirum et Emilie Kruse Johansen, qui jouent toutes trois en Suède, sont encore plus affûtées. D’ailleurs cette saison, 16 joueuses norvégiennes ont évolué en élite suédoise, un record. Cette cohorte tentera de mener une équipe qui a eu un bilan plus que mitigé cette saison, avec deux victoires pour six défaites, dont un cinglant revers 5-0 contre la Slovaquie en match préparatoire de ce championnat du monde.

Rarement une équipe promue n’aura été aussi attendue. L’Italie retrouve le deuxième échelon mondial pour la première fois depuis 2019 après avoir écrasé toute concurrence en Division 1B en 2025. Depuis des mois avec l’émergence de nombreux talents, on savait les Azzurre prêtes pour leurs Jeux olympiques, elles ont atteint l’objectif du quart de finale avec brio. L’envie est forcément de capitaliser sur le tremplin olympique mais quelques embûches se sont ajoutées sur leur chemin. L’entraîneur Éric Bouchard et son adjoint Pier-Alexandre Poulin, qui ont des obligations en LHJMQ, ont cédé leur place, l’autre adjoint Alex Tremblay prend la relève. Des incertitudes entouraient également les deux meilleures joueuses de l’équipe, la défenseure Nadia Mattivi et l’attaquante Kristin Della Rovere, qui ont récemment rejoint la PWHL. En accord avec leur club, Montréal et Toronto, elles ont été libérées pour ce Mondial et sont arrivées à Budapest jeudi. Cette formation azzurra est une copie conforme de la sélection olympique et visera une montée en élite en dépit de son statut de promu, ce qu’était parvenue à faire la Chine en 2023.
La France disputera son cinquième match contre la Chine, une équipe que les Françaises ont battue il y a un an mais à l’issue des tirs au but, et dernièrement en match préparatoire sur le score de 3-2 avec un but gagnant de Lore Baudrit. Même si elles ont côtoyé l’élite mondiale en 2024, les Chinoises devront avant tout éviter la relégation, qui l’avait menacée en 2025. Le Championnat d’Asie, désormais programmé chaque année, constitue une bonne mise en jambes, la Chine a une fois de plus fini deuxième derrière le Japon. Si la gardienne Guimin Lai a été la révélation de l’équipe dans cette compétition, élue meilleure gardienne, les filets devraient être confiés à Jiahui « Grace » Zhan qui avait fait très bonne figure au Mondial D1A 2025 à domicile, elle a obtenu des statistiques honorables pour sa première vraie saison en NCAA. Elle sera forcément très sollicitée durant le tournoi à venir dans une équipe qui semble malgré tout en deçà de ses autres concurrents.
Enfin, samedi 18 avril, les Bleues achèveront leur championnat du monde contre la Slovaquie. Les Slovaques ont d’ailleurs battu la France au Mondial D1A 2025, avant de s’imposer de nouveau quelques mois plus tard à la Deutschland Cup. La France a eu le dernier mot en obtenant sa revanche en décembre au Tournoi de Dunkerque. Cette semaine, les joueuses de Miroslav Mosnár ont écrasé la Norvège 5-0, avant de battre 4-1 l’équipe masculine du HOBA Bratislava. La Slovaquie affiche désormais bon nombre de jeunes talents, dont évidemment les deux flèches Ema Tóthová et Nela Lopušanová (toutes deux 18 ans), dont l’arrivée en NCAA la saison prochaine risque bien de marquer les esprits, et qui pèsent désormais beaucoup sur les résultats de l’équipe. La jeune gardienne Livia Debnarová est aussi devenu un point fort amené à durer. Après avoir échoué d’un souffle pour la promotion en élite l’année dernière, la jeune Slovaquie aura donc les moyens de jouer encore les trouble-fêtes, et pour un moment.
Le Calendrier de l’équipe de France :
Dimanche 12 avril – 19h30 : France – Hongrie
Lundi 13 avril – 16h00 : Norvège – France
Mercredi 15 avril – 19h30 : Italie – France
Vendredi 17 avril – 12h30 : France – Chine
Samedi 18 avril – 16h00 : Slovaquie – France







































