Les chiffres sont parlants. Berlin est à 22% d’efficience sur 81 tirs alors que Mannheim n’a conclu que 6,2% de ses 77 lancers ! Cette fois les Adler sont au dos au mur. Il leur faut concrétiser leurs actions. On sait également que conclure une série est le plus dur. Mais du côté de Berlin, l’efficacité en play-off est devenue une marque fabrique locale.
Les Adler vont pouvoir s’appuyer sur leur défenseur offensif Leon Gawanke qui compte 2 buts et 9 passes décisives. Nicholas Mattinen demeure le meilleur buteur de l’équipe en séries éliminatoires avec 6 buts. À Berlin, Ty Ronning et Liam Kirk sont les deux meilleurs marqueurs des séries éliminatoires avec 18 points : 7 buts et 11 assists pour Ronning, l’inverse pour le Britannique.
Les Eisbären sont privés de leur défenseur international Kai Wissmann, suspendu 3 matchs après sa charge à la tête de Maximilian Heim, lui aussi absent.
Sur la glace, Dallas Eakins a procédé à deux changements majeurs ce soir avec le retour de Tobias Fohrler en défense et le choix de Johan Mattsson pour garder les filets. Et le gardien suédois est déjà en action sur l’échappée de Ty Ronning (0’55). Matthias Plachta s’échappe, côté droit et place un tir puissant qui frappe le plastron de Jonas Stettmer. Les Lancaster évacue, en urgence le rebond (1’22).
Le match est déterminant et Mannheim joue sérieux et très appliqué, bien plus précis que ce que l’on a pu voir lors des matchs précédents. Les joueurs de Dallas Eakins continuent leur pressing en zone offensive mais le gardien Jonas Stettmer tient le choc. Si Mannheim n’a pas concrétisé la pénalité de Jonas Müller pour cinglage, c’est au tour de Berlin d’obtenir l’opportunité après le cinglage de Lukas Kälble. Johna Mattsson fait un double arrêt devant un jeu de billard dans le slot, puis dévie le puck avec son bouclier. Clairement, le portier suédois est prêt et bien en place.
On sent Berlin difficulté pour traverser le rideau défensif face une équipe très mobile et rapide défensivement. Tobias Fohrler a la vista pour exécuter un poke-check qui coupe la passe (11’03). Les deux équipes sont hermétiques et la tension monte encore d’un cran. Adam Smith et John Gilmour s’essuient les gants au visage. Mannheim maintient le jeu en zone offensive et Berlin doit subir pendant un bon moment. Les opportunités sont rares et sur un rare contre il faut un patin mannheimois pour dévier la passe devant le gardien et dévier le danger. En fin de période, Marcel Noebels est seul devant Mattsson et pousse le palet mais se retrouve dans les jambières du portier. À noter, la juste passe de Andreas Eder qui a permis de trouver un espace libre (19’26). Pour la première fois de cette série, on sent que Berlin ne peut pas exercer son jeu rapide et que Mannheim a les moyens de bloquer son adversaire.
En deuxième période, Hayden Shaw pénalise son équipe pour un coup porté et un missile de Les Lancaster décante la situation (1-0). Le jeu prend plus de vitesse et on assiste à une séquence d’attaque-défense. Les revirements se succèdent et les combats de conquête de palet sont limite violents. Personne ne veut lâcher, on assiste à un défi sensationnel ! Le jeu d’erreurs profite aux Berlinois car Plachta se rate et provoque une contre-attaque. Liam Kirk, seul, place le palet entre les jambes de Mattsson (2-0).
Les Eisbären ont fait le break, mais Mannheim reprend l’offensive. Adam Smith offre une opportunité que Nico Mattinen ne laisse pas passer en décochant un tir qui transperce le trafic (2-1).
Nico Mattinen, en rage de vaincre, harangue ses coéquipiers et l’équipe repart de l’avant. Marcel Noebels a une opportunité de relancer son équipe avec un tir qui passe au ras de la barre (35’00). On se dirige vers la fin de la période et Matthias Plachta accroche son adversaire. C’est de nouveau Marcel Noebels qui reprend un palet venu de derrière la cage (38’52). Le danger continue et Johan Mattsson ferme la cage en plaquant son patin contre le poteau (39’32). On est à bout de souffle pour la pause.
Au troisième tiers, Leo Pföderl ne se rend pas compte que la palette de sa crosse est cassée et, en lâchant le bâton, est pénalisé pour matériel incorrect. Pas le temps d’en profiter car Anthony Greco le rejoint. Au retour en supériorité, Alex Ehl décoche un tir qui rebondit sur la crosse de Jonas Mûller et percute la bouche du défenseur berlinois. Il s’effondre au sol de douleur et voit le sang inonder la glace. Après la phase de power-play, Müller est de retour.
Les Eisbären veulent faire le break et Vikingstad déborde en envoyant un revers bien placé (3-1). Le public est à l’unisson et pousse son équipe pour la victoire finale après une pénalité de retard de jeu de Plachta.
Passé ce moment de supériorité, Markus Niemeläinen frappe violemment de John Gilmour. Les arbitres évaluent la situation à la vidéo et sifflent 2’+2’. Tom Kühnhackl décoche le premier tir et provoque un rebond dangereux (51’35). Un tir va frapper la barre, la tension monte d’un cran. Sur une ultime pression, Plachta passe devant la cage et Zach Solow pousse le palet en cage ouverte (3-2).
Mannheim est relancé et continue sur sa lancée, même après la séquence d’unité spéciale. Jonas Stettmer est en ultra tension et sauve la situation avec un double arrêt (55’33). Et ça continue avec un mitraillage de la cage berlinoise. Luke Esposito part en solo à pleine vitesse mais son revers passe au-dessus de l’équerre. Si le kop de supporters continue de chanter sans cesse, c’est l’angoisse pour nombre de spectateurs, loin d’être rassurés par le petit but d’avance. Stettmer multiplie les arrêts décisifs.
À force de vouloir d’aller trop vite, les Adler sont sanctionnés par les hors-jeux. Mannheim remonte le palet en trois passes, et arrivé devant la cage, le puck rebondit sur Leo Pföderl, dans une forêt de joueurs. À l’arrachée, Alex Ehl envoie le palet au fond. C’est l’hystérie des joueurs de Mannheim. L’arbitre confirme le but après vidéo (3-3).
Mannheim finit en force et donne tout ! Nico Mattinen s’extrait de la défense berlinoise et dévie le puck, à plein vitesse, et fait passer le palet entre les jambes du gardien… à la dernière seconde ! Le public est catastrophé ! Mais l’arbitre à un doute et reviens vers la vidéo. Le but est annulé car le palet est entré en moins d’une seconde après le buzzer ! La tension est ultime et il faut la pause pour reposer les esprits avant la mort subite.
Berlin revient avec une nouvelle fraîcheur et crée le danger en zone offensive. Les revirements se succèdent et Andreas Eder profite d’une passe de Gilmour mal ajustée. Johan Mattsson détourne (62’20). Et ça insiste avec un tir puissant de Yannick Veilleux (65’38). La pression est ultime sur chaque duel mais Berlin se crée un nouveau temps fort. Cette tempête passée, un tir de Nico Mattinen est capté d’une mitaine solide par Stettmer (70’17). Même si les Eisbären dominent, les inquiétudes persistent dans le public. C’est alors qu’on assiste à une séquence où le jeu se referme, s’appuyant sur des défenses solides. Le jeu se fige pendant un bon moment. La toute fin de mort subite est animée par deux tirs dangereux de Berlin dont Wiederer qui trouve le poteau.
Il faut en venir à une deuxième période de mort subite. Vikingstad fait le shoot en pivot, du revers, devant la cage de Mattsson (81’10). Lors d’une bataille dans la bande gagnée par les blancs, le tir rebondit dans le petit filet et Stettmer n’arrive pas à geler la rondelle. Luke Esposito, libre, envoie le palet dans les filets (3-4, photo ci-dessous). C’est l’explosion pour les Mannheimer.
On a assisté à un fantastique duel et Mannheim a enfin montré ses pleins potentiels. Les deux équipes ont fait véritablement jeu égal. Mais il faut souligner que les pénalités ont été déterminantes dans cette partie. Dimanche, à domicile, Berlin peut être sacré.
Réactions d’après match :
Serge Aubin (entraîneur de Berlin) : « Nous ne pouvons que nous en prendre qu’à nous-mêmes pour cette défaite. Nous menions de deux buts. La pénalité inutile en zone offensive a ensuite changé le cours du match. En prolongation, la fatigue joue aussi un rôle, et le résultat peut basculer d’un côté comme de l’autre. Malheureusement, cela n’a pas suffi. Nous étions loin de notre meilleur niveau et nous pouvons faire beaucoup mieux. Nous allons maintenant récupérer et, espérons-le, décrocher la victoire décisive dimanche à Mannheim. »
Freddy Tiffels (attaquant de Berlin) : « Mannheim a su profiter d’un avantage numérique en fin de match et a également eu un peu de chance d’égaliser. Nous avons relativement bien joué en prolongation. Cependant, un seul tir peut être décisif en prolongation. Nous allons maintenant analyser le match et repartir à l’attaque dimanche. »
Johan Mattsson (gardien de Mannheim) : « Bien sûr, c’est formidable d’avoir gagné ce match. Je suis content de la façon dont nous sommes restés soudés et avons trouvé le moyen de renverser la situation. C’était un match décisif pour nous, et notre performance en dit long sur notre caractère. »
Luke Esposito (attaquant de Mannheim) : « Je suis vraiment fier de toute l’équipe. On forme un super groupe, toute l’année et même en cette fin de saison. On était menés 1-3 dans un match décisif. On a changé quelques trucs et ça a payé. »
Dallas Eakins (entraîneur de Mannheim) : « Je suis très fier de la capacité de mes joueurs à remonter la pente. Aucune équipe allemande n’avait jamais réussi à combler un retard de 0-3 en séries éliminatoires. Nous voulions absolument prolonger notre saison, et nous y sommes parvenus grâce à cette victoire en prolongation. Mais vous avez pu constater à quel point les prolongations peuvent être serrées. Berlin a touché le poteau, et peu après, nous avons marqué le but de la victoire. »
Berlin – Mannheim 3-4 après prolongations (0-0, 2-1, 1-2, 0-0, 0-1)
Jeudi 30 avril 2026 à 19h30 à l’Uber Arena. 14 200 spectateurs
Arbitres : Andris Ansons (LET) et Sean MacFarlane (USA) assistés de Patrick Laguzov et Dominic Kontny
Pénalités : Berlin 10’ (2’, 2’, 6’, 0’) ; Mannheim 10’ (2’, 4’, 4’, 0’)
Tirs : Berlin 37 (11, 12, 5, 9) ; Mannheim 50 (8, 12, 20, 10)
Évolution du score
1-0 à 22’09” : Lancaster assisté de Reinke et Noebels (sup. num.)
2-0 à 27’26” : Kirk assisté de Vikingstad
2-1 à 31’46” : Mattinen assisté de Plachta et Kühhackl (sup. num.)
3-1 à 46’51” : Vikingstad assisté de Lancaster et Déa
3-2 à 52’49” : Solow assisté de Plachta et Esposito (sup. num.)
3-3 à 56’59” : Ehl assisté de Bennett et Solow
3-4 à 83’45” : Esposito assisté de Plachta et Kühhackl
Eisbären Berlin
Attaquants :
Frederik Tiffels (-1) – Jean Sébastien Déa (+1) – Ty Ronning (-1)
Marcel Noebels – Andreas Eder – Liam Kirk (+1)
Yannick Veilleux (+2) – Markus Vikingstad (+2) – Leonhard Pföderl (2’, -2)
Manuel Wiederer (-2), Erik Hördler
Défenseurs :
Jonas Müller (2’) – Mitch Reinke
Markus Niemeläinen (4’) – Adam Smith (2’)
Erik Mik (-2) – Les Lancaster (+1)
Gardien :
Jonas Stettmer
Remplaçants : Lennart Neisse (G), Moritz Kretzschmar (D), Lennard Nieleck (A). Absents : Jake Hildebrand (G, jambe), Kai Wissmann (suspendu), Korbinian Geibel (opéré de l’épaule), Blaine Byron (jambe), Patrick Khodorenko (genou), Lean Bergmann (genou).
Adler Mannheim
Attaquants :
Marc Michaelis – Kristian Reichel (-2) – Alexander Ehl
Tom Kühnhackl – Luke Esposito – Matthias Plachta (4’)
Kris Bennett (+1) – Zach Solow (+1) – Anthony Greco (2’)
Yannick Proske [2 présences]
Défenseurs :
Lukas Kälble (2’, +1) – Leon Gawanke
Dan Renouf (-1) – Nicolas Mattinen (-1)
John Gilmour – Tobias Fohrler
Hayden Shaw (2’, +1)
Gardien :
Johan Mattsson
Remplaçants : Maximilian Franzreb (G), Max Calce (A). Absents : Justin Schütz et Kevin Bicker (blessés à la jambe), Maximilian Heim (commotion), William Worge Kreü, Brendan O’Donnell, Alexander Ruuttu et Samuel Soramies (surnuméraires).









































