
Viry peut donc éviter la poule de maintien, mais pour cela il est impératif de remporter ce derby au déroulement souvent imprévisible, comme l’a montré le match aller, un sommet de hourra-hockey.
De l’eau a coulé sur les ponts depuis, car les deux rivaux laissent beaucoup moins d’espaces sur la petite glace viroise. Ils se regroupent mieux en défense, et ce sont donc les pénalités qui provoquent les occasions. Lemoine et Kodyjasz sont sanctionnés pour des fautes en zone offensive, mais les Jets résistent quarante secondes à trois contre cinq, grâce au travail défensif de Kerneis puis à une interception de Gautron. Ils sont en plus grand danger encore pendant une phase de quatre contre quatre, à laquelle ils survivent par des sauvetages sur la ligne de Guillaume Jeannette et du gardien Geoffroy Marcon, en grand écart face à Nicolas Pousset servi seul dans le slot par Gordon.
C’est au tour d’Évry de jouer à trois après un cinglage sifflé contre le gardien Vincent Vancayseele (pour n’avoir pas enlevé sa crosse de la trajectoire de Marouillat qui coupait devant lui) et un surnombre. Le palet circule très vite, trop vite pour la défense : deux palets rasants détournés par le patin du gardien, deux reprises manquées au second poteau, et finalement Karl Gilbert contrôle du patin un palet parti à côté de la cage pour le replacer dans l’angle ouvert (1-0, 10’34 »).

C’est toute la difficulté d’arbitrer un match où les deux premiers buts de chaque équipe vont découler de pénalités discutables. Premier moment étrange quand Guillaume Jeannette et Romain Danton se regardent l’un l’autre en voyant l’arbitre tendre le bras en leur direction. Ils n’ont pas compris lequel des deux avait été pénalisé. Il s’agissait du Virois, et Évry prend l’avantage en 2 contre 1 par un tir rasant de Romain Gentilleau (1-2, 29’06 »). Second questionnement quand Yvan Kerneis serre Loïc Morette contre la bande pour lui glisser quelques mots. Une échauffourée éclate, au cours de laquelle, contrairement à la précédente, c’est un Évryen, Gentilleau, qui prend deux minutes de plus. Viry égalise par un rebond côté gauche de Kevin Dugas (2-2, 30’40 »).
Le match bascule alors en dix secondes : Viry attaque sur l’engagement et Karl Gilbert marque côté droit (3-2, 30’50 »). Burto est encore pénalisé pour un cinglage, et Mickaël Marouillat dévie en l’air un tir de la bleue de Kevin Dugas (4-2, 31’56 »). Le trou pourrait être fait, mais Évry revient par un tir en angle de Gordon qui passe entre les jambes écartées de Marcon (4-3, 32’33 »). Réminiscence du match aller, alors que les gardiens ont paru bien plus dans leur match cette fois ?
On pourrait le penser quand Vincent Vancayseele se fait une grosse frayeur alors que son équipe est en supériorité numérique : il relâche un tir de Gilbert, mais le palet reste devant la ligne. Énorme occasion pour Évry cette fois avec un tir sur le poteau puis un rebond de Gordon qui passe sous Marcon mais est sauvé sur la ligne par Rauline.

La marge de deux buts de Viry-Châtillon reste à la merci des pénalités. Les Jets jouent à quatre sans voir le bout du tunnel. Au moment de revenir au complet, Marcon bouge sa cage dans un déplacement, et sur l’engagement, un tir de Gordon s’infiltre sous ses bottes (5-4, 49’18 »). Évry force pour égaliser et travaille dans les coins en zone offensive… mais Kevin Dugas a un contre favorable, s’échappe et conclut du revers entre les bottes du gardien (6-4, 51’56 »).
Ce trou-ci est définitif. Une pénalité d’Alexis Niverd permet à Mickaël Marouillat de placer un superbe tir sous la barre depuis le cercle droit (7-4, 53’50 »). La chance ne sourira pas à Évry ce soir, preuve en est le poteau qui repousse une dernière tentative de Milan Sejna.
Viry revient à la huitième place, et peut faire un pas important vers les play-offs la semaine prochaine en match en retard contre Toulon. Si les Jets ont souvent eu la réputation d’une équipe patineuse à la jeunesse imprévisible, ils ont maintenant adopté un cadre de jeu qui convient bien mieux à leurs qualités actuelles, moins fondées sur la vitesse que sur l’expérience et le sens du jeu d’éléments comme Guillaume Jeannette ou Kevin Dugas.
Commentaires d’après-match
Olivier Monneau (entraîneur de Viry-Châtillon) : « On minimise pas mal les erreurs individuelles, on joue plus en bloc. Il y a beaucoup plus de rigueur, beaucoup plus de discipline. Que ce soit un derby ou pas, il fallait les deux points. On s’est posé les vraies et bonnes questions, mais les conclusions se tireront après la saison. Maintenant, il faut qu’on avance. On n’a plus droit de se relâcher, à chaque match, à chaque entraînement. »
Viry-Châtillon – Évry 7-4 (1-0, 3-3, 3-1)
Samedi 12 février 2011 à 20h30 à la patinoire des Lacs. 300 spectateurs.
Arbitrage de Frédéric Barré et Nicolas Lobry.
Pénalités : Viry 60′ (6′, 16’+10′, 8’+10’+10), Évry 36′ (6′, 14’+10′, 6′).
Tirs : Viry 31 (11, 10, 10), Évry 34 (10, 12, 12).
Évolution du score :
1-0 à 10’34 » : Gilbert assisté de Cohen et Denis (sup. num.)
1-1 à 25’53 » : Gordon assisté de Y. Morette (sup. num.)
1-2 à 29’06 » : Gentilleau (sup. num.)
2-2 à 30’40 » : Dugas assisté de Delecour et Marouillat (sup. num.)
3-2 à 30’50 » : Gilbert assisté de Dugas et Kerneis
4-2 à 31’56 » : Dugas assisté de Gilbert (sup. num.)
4-3 à 32’33 » : Gordon
5-3 à 44’22 » : Kerneis assisté de Gilbert (sup. num.)
5-4 à 49’18 » : Gordon assisté de Ledoux et Sejna (sup. num.)
6-4 à 51’56 » : Dugas
7-4 à 53’50 » : Marouillat assisté de Layne (sup. num.)
Viry-Châtillon
Gardien : Geoffroy Marcon.
Défenseurs : Yvan Kerneis (C) – Guillaume Jeanette ; Romain Costes [remplacé par Benjamin Aubry de 23’42 » à 33’42 »] – David Layne ; Hugo Delecour.
Attaquants : Kévin Dugas (A) – Karl Gilbert – Mickaël Denis (A) ; Antoine Cohen – Mickaël Marouillat – Anthony Kodyjasz ; Loïc Lemoine – Alexis Gautron – Gautier Rauline.
Remplaçants : Nicolas Cargou (G), Éric Blossier, Thomas Beaulieu. Absents : Giovanni Lelièvre (luxation de l’épaule), Felix Chougui (aux États-Unis pour raisons professionnelles).
Évry
Gardien : Vincent Vancayseele puis à 40’00 » Julien Roullier [sorti à 59’29 »].
Défenseurs : Nicolas Pousset (A) – Alexandre Devaux (A) ; Alexis Niverd (A) – Yann Morette ; Milan Sejna.
Attaquants : Harond Litim – Kévin Ledoux (C) – Dan Gordon ; Matt Burto – Romain Gentilleau – Loïc Morette ; Arnaud Niverd (palet dans le visage) puis à 16’03 » Mohamed Benyahia – Romain Danton – Victor Peduzzi.
Remplaçant : Yann Thiébauld.









































