S’il y a bien une équipe qui a rassuré lors de son entrée dans la compétition, c’est le Canada. Auteurs d’une prestation solide, les hommes de Willie Desjardins ont disposé de la Suisse (5-1) et ont rappelé à tous les observateurs qu’il faudra compter sur eux dans la course aux médailles. De leur côté, les Tchèques ont dû batailler pour se défaire de la Corée du Sud (2-1). Le vainqueur de ce match prendra une belle option sur la première place du groupe A.
Dans les deux équipes, un léger roulement a lieu dans les effectifs. Chez les Canadiens, Karl Stollery et Quinton Howden sont déséquipés tandis que Stefan Elliott et Brandon Kozun les remplacent. Côté tchèque, Michal Vondrka et Ondřej Vitásek sont remplacés par Dominik Kubalík (qui intègre immédiatement la première ligne) et Tomáš Kundrátek. Dans les buts, pas de changement : Ben Scrivens pour le Canada et Pavel Francouz pour la Tchéquie débutent.
Le Canada rentre bien mieux dans la partie que son adversaire et obtient très rapidement un premier avantage numérique pour un cinglage du débutant Kubalik. Peu de temps suffit pour que les joueurs de Willie Desjardins trouvent le fond des filets. Linden Vey profite de la passivité de la boîte tchèque pour s’avancer jusqu’au cercle des mises au jeu puis adresse une passe puissante vers Mason Raymond, lui aussi étrangement libre de ses mouvements devant le gardien adverse. Il glisse alors la rondelle entre les bottes de Pavel Francouz (1-0). La passivité défensive tchèque permet donc aux Canadiens de prendre l’avantage.
Mais les joueurs de l’Unifolié n’ont pas l’occasion de profiter de l’avantage psychologique puisque Derek Roy est chassé quelques instants plus tard. Si les Tchèques n’en profitent pas pour marquer, ils touchent tout de même le poteau. Martin Erat, laissé seul devant le but, défie Ben Scrivens celui-ci repousse mais ne peut pas bloquer le rebond prit par Lukáš Radil. Le poteau vient alors le sauver. L’action n’est pas finie et le portier tchèque doit s’employer pour frustrer Jiří Sekáč de la mitaine. Le Canada tue la pénalité mais commet des erreurs dans sa propre zone. Après un premier revirement, le palet et mis à la cage par les Tchèques. Celui est bloqué mais rebondit au-dessus de la palette de Chris Lee qui voulait dégager. Dominik Kubalík s’en saisit alors et trompe Scrivens qui avait mal bouché l’angle du côté rapproché (1-1).
Après ce but, les Tchèques vont dominer pendant une longue période. Cette domination est ponctuée par une bonne chance de Roman Červenka, profitant encore d’une erreur adverse. Cette bonne période prend fin avec la pénalité concédée par Jakub Nakládal. En infériorité numérique, les Tchèques sont extrêmement gênés par le joueur canadien constamment présent devant le but, en particulier lorsqu’il s’agit de René Bourque. Pavel Francouz sauve les siens à plusieurs reprises, mais il ne peut rien quand Bourque se saisit du retour du lancer de Maxim Noreau à une seconde de la fin du désavantage numérique (2-1). La fin de tiers est dominée par les Canadiens, mais plus rien ne sera marqué malgré une dernière chaleur causée par un lancer de Rob Klinkhammer.
Dès l’entame de la seconde période, les Tchèques profitent de leur première opportunité pour égaliser. Roman Horák et Michal Řepík s’échangent le palet derrière le but avant de remettre dans l’enclave à Michal Birner. L’attaquant ne parvient pas à reprendre, mais Michal Jordán, arrivé en soutien, trouve la lucarne grâce à un tir très précis (2-2). Le jeu est très rythmé et chaque erreur coûte cher. Tomáš Mertl récupère un palet en zone offensive, mais Scrivens s’interpose de la mitaine. René Bourque fait de même de l’autre côté de la patinoire, mais Pavel Francouz bloque son lancer.
Petit à petit, les Canadiens se mettent à dominer la rencontre et la cage de Francouz est assaillie. Pourtant, ni Kozun devant le but, ni Ebbett d’un tir frappé, ni Bourque d’un tir en pivot ne parviennent à tromper la vigilance du portier tchèque. En face, la seule occasion notable est à mettre à l’actif de Jakub Nakládal, mais Scrivens empêche le défenseur tchèque de faire mouche.
Une pénalité concédée par Cody Goloubef interrompt le temps fort canadien. Mais les joueurs nord-américains bloquent la plupart des lancers tchèques et seul un festival solitaire de Martin Ruzicka inquiète réellement Ben Scrivens. De retour à 5 contre 5, les Canadiens reprennent leur marche en avant. Ils sont même aidés par deux pénalités. Mais, même à 5 contre 3, ils ne trouvent pas la faille. Ainsi, malgré une grosse domination canadienne, les deux équipes rentrent aux vestiaires sur ce score de 2-2.
Comme lors de la deuxième période, la première occasion du troisième acte est tchèque mais, ce coup-ci, Ben Scrivens s’interpose devant le lancer de Birner. Ebbett répond instantanément, mais son lancer en se retournant n’est pas cadré. Les Tchèques vont mieux et réussissent à mettre plus de palets à la cage. Petr Koukal passe proche d’en profiter en se saisissant d’un retour de lancer, mais Scrivens reste solide. La plus belle occasion de ce début de période est à mettre à l’actif du Canada. Brandon Kozun initie une entrée de zone à 3 contre 1. Il passe en retrait à Goloubef qui lui remet immédiatement la rondelle. Le but est alors grand ouvert devant Kozun, mais il ne parvient pas à rediriger efficacement le palet vers le filet. Quelques instants plus tard, Gilbert Brûlé est alerté dans le dos des défenseurs mais il préfère prendre sa chance à mi-distance plutôt que d’aller défier le gardien.
Le Canada semble remettre la main sur le match, mais Derek Roy est chassé pour avoir fait trébucher. Si les Tchèques ne profitent pas de la supériorité numérique, celle-ci les remet dans le match. De retour à 5 contre 5, Lukáš Radil tente un tir sur réception depuis l’enclave, mais Scrivens bloque de la jambière. À 7 minutes de la fin du match, les Tchèques commettent la pire faute possible : un surnombre. Heureusement pour eux, le Canada ne profite pas de cette opportunité en or. La fin de match est tendue et aucune des deux défenses ne craque malgré un dernier tir de Jiří Sekác repoussé par la barre transversale. La sirène retentit, le match s’en va donc en prolongation.
La période de prolongation est, comme très souvent, extrêmement décousue. Le jeu va d’un but à l’autre, mais les attaquants manquent de mordant dans le dernier geste. La plus belle occasion est pour Mat Robinson. Le défenseur canadien part en échappée mais est rattrapé au tout dernier moment par Petr Koukal. La séance de tirs au but décidera donc du vainqueur de la rencontre.
Pour cette fusillade, 5 joueurs de chaque équipe sont appelés à tirer. Le Canada commence, mais Maxim Lapierre ne marque pas. Martin Růžička n’a pas plus de réussite. Grâce à deux superbes manœuvres, Wojtech Wolski et Petr Koukal trouvent tout le fond des filets. Les premiers centres de chaque équipe sont alors désignés pour tirer en troisième. Derek Roy rate alors que Jan Kovář glisse la rondelle entre les jambes de Scrivens. Les quatrièmes tireurs ne marquent pas, le cinquième tireur canadien n’a donc pas le droit à l’erreur. Maxim Noreau est désigné, il s’élance, trompe Francouz en lui glissant la rondelle entre les jambes mais son tir est finalement stoppé par le poteau. La République Tchèque s’impose donc au bout du suspense et prend une grande option sur la qualification en quarts de finale.
Dominateurs la majeure partie de la rencontre, les Canadiens n’ont pas réussi à convertir leurs temps forts. En face, les Tchèques se sont montrés très réalistes, très appliqués et ont profité de chaque erreur des Canadiens pour rester ou revenir dans la rencontre. À l’avenir, les joueurs de Willie Desjardins devront limiter ces erreurs pour pouvoir lutter pour la médaille d’or. Au delà du résultat final, ce premier choc de la compétition entre deux équipes du top 6 mondial a réellement tenu toutes ses promesses. Intensité, vitesse, suspense, tous les éléments étaient réunis au cours de ce match.
Avec cette victoire, la République Tchèque n’a besoin que d’une victoire en prolongation contre la Suisse pour se qualifier en quarts de finale. Pour le Canada, rien n’est perdu. Avec le point glané dans cette défaite, ils sont désormais bien en course pour obtenir le ticket qualificatif réservé à la meilleure équipe ayant terminé deuxième de sa poule.
Commentaires d’après match
Dominik Kubalík (attaquant de la République Tchèque) : « Ce premier match aux Jeux olympiques est certainement l’un des meilleurs de ma carrière. Ce ne fut pas parfait avec une faute à ma première présence. Je suis content que nous ayons réussi à gagner. Le palet a sauté sur la crosse du défenseur et m’est revenu dessus, j’ai essayé de le lever en voyant le gardien bas. Je suis content d’avoir marqué, mais je ne pense pas que je devais le faire à tout prix. Nous sommes ici en équipe. »
Jan Kovář (attaquant de la République Tchèque) : « Il y avait plus d’émotions que contre la Corée. Quand on affronte le Canada, on est toujours plus motivé. J’ai regardé le gardien bouger face aux deux précédents tireurs. J’ai vu un espace entre les bottes et je l’ai utilisé. Je voulais ralentir, mais je devais faire le premier mouvement, et là, j’ai vu le trou. »
Canada – République Tchèque 2-3 aux tirs au but (2-1, 0-1, 0-0, 0-0, 0-1)
Samedi 17 février 2018 à 12h10 au Centre hockey Gangneung. 6731 spectateurs.
Arbitrage de Roman Gofman (RUS) et Anssi Salonen (FIN) assistés de Gleb Lazarev (RUS) et Judson Ritter (USA).
Pénalités : Canada 6′ (2′, 2′, 2′, 0′), République Tchèque 10′ (4′, 4′, 2′, 0′).
Tirs : Canada 33 (12, 13, 7, 3), République Tchèque 20 (6, 5, 6, 3).
Évolution du score :
1-0 à 01’13 : Raymond assisté de Vey et Gragnani (sup. num.)
1-1 à 06’52 : Kubalík
2-1 à 13’30 : Bourque assisté de Noreau et Brûlé (sup. num.)
2-2 à 20’25 : Jordán assisté de Birner et Horák
Tirs au but :
Canada : Lapierre (arrêté), Wolski (réussi), Roy (arrêté), Bourque (arrêté), Noreau (poteau).
République Tchèque : Růžička (arrêté), Koukal (réussi), Kovář (réussi), Červenka (arrêté).
Canada
Attaquants :
René Bourque (A, -2) – Derek Roy (4′, -1) – Gilbert Brûlé (-2)
Wojtek Wolski – Andrew Ebbett (A) – Brandon Kozun
Mason Raymond – Chris Kelly (C, -1) – Christian Thomas
Rob Klinkhammer – Eric O’Dell – Maxim Lapierre
Linden Vey
Défenseurs :
Chris Lee (-2) – Mat Robinson (-2)
Chay Genoway – Maxim Noreau
Marc-André Gragnani – Cody Goloubef (4′)
Stefan Elliott
Gardien :
Ben Scrivens
Remplaçant : Kevin Poulin (G). En réserve : Justin Peters (G), Karl Stollery, Quinton Howden.
République Tchèque (2′ pour surnombre)
Attaquants :
Dominik Kubalík (2′, +1) – Jan Kovář (A, +1) – Martin Erat (C, +1)
Roman Červenka – Tomáš Mertl – Martin Růžička
Jirí Sekác – Petr Koukal – Lukáš Radil
Michal Birner (+1) – Roman Horák (+1) – Michal Řepík (+1)
Tomáš Zohorna
Défenseurs :
Adam Polášek – Jakub Nakládal (2′)
Jan Kolář (A, 2′) – Vojtech Mozík
Michal Jordán (2′, +2) – Tomas Kundratek (+2)
Ondřej Němec
Gardien :
Pavel Francouz
Remplaçant : Dominik Furch (G). En réserve : Patrik Bartošák (G), Ondřej Vitásek, Michal Vondrka