Après leur exploit majuscule mercredi contre Lausanne (7-4) qui leur ouvre les portes d’une qualification pour les huitièmes de finale de la CHL, les Brûleurs de Loups ont dû se déplacer vendredi à Cergy-Pontoise. L’enchaînement était difficile, la rencontre aussi puisque les Grenoblois ne l’ont emporté qu’aux tirs au but après avoir été menés 0-2. C’était la troisième rencontre consécutive en Ligue Magnus où les hommes de Per Hanberg ont dû aller jusqu’à l’épreuve des tirs au but (victoires contre Gap et Cergy, défaite contre Marseille). La semaine très chargée avec un troisième match ce dimanche face à l’équipe en forme du début de saison, les Aigles de Nice, actuellement troisièmes du classement.
Les Brûleurs de Loups ont appris une bonne nouvelle ce soir avec le feu vert pour le retour de deux blessés de longue date, Nicolas Deschamps et Adel Koudri, alors que François Beauchemin et Sacha Treille étaient rentrés contre Lausanne mercredi. En revanche Petter Birkheim, blessé contre Lausanne, est toujours absent, tout comme Alexandre Mallet. Ce match sera l’occasion de retrouver le manager et entraîneur-adjoint des Aigles, Jean-François Dufour, derrière le banc niçois mais aussi deux « anciens », sacrés l’année dernière avec les Brûleurs de Loups, Samuel Regis et Hugo Nogaretto. Après la titularisation de Stepanek à Cergy, Pintaric retrouve la cage grenobloise. Les Aigles s’étaient inclinés aux tirs au but il y a une semaine contre Rouen avant de gagner à Amiens mardi (5-3) puis de battre Briançon vendredi (5-2). Jules Lefebvre et Henry McKinney manquent à l’appel dans les rangs niçois.
Les deux équipes débutent sans prendre de gros risques avec des défenses bien positionnées. Alexis Shank ne se laisse pas surprendre par un tir en pivot de Boivin. Les Aigles travaillent bien en zone offensive mais ne parviennent pas à trouver de position de tir. Les Brûleurs de Loups se contentent de tirs lointains avec Rautanen. Morillon réplique avec un tir sur engagement. Les deux équipes se jaugent en ce début de match. Les Aigles contrôlent plutôt bien l’offensive grenobloise qui n’a pas eu beaucoup d’opportunités, leur pressing haut permet de maintenir le jeu en zone notre et de ramener le palet à l’offensive. Un tir bloqué involontairement par Cherkowski puis un lancer en angle fermé de Karlsson sont à peu près les seules chances de marquer dans un jeu globalement très fermé.
Les Brûleurs de Loups essaient de porter durablement le jeu en zone offensive, sans pour autant se montrer menaçants. Dans ces conditions, l’accélération de Treille qui déborde sur la droite, revient devant le slot avant de s’écrouler et… glisser involontairement le palet derrière la ligne paraît un petit miracle. Mais l’action sera longuement revue à la vidéo et le but sera refusé car Treille avait gêné les mouvements de Shank à l’intérieur du slot. Ce n’est que partie remise car quelques instants plus tard, Treille place une accélération côté droit et sert Beauchemin laissé sans marquage dont le tir à bout portant ne laisse aucune chance à Shank, gêné par l’écran de Boivin (1-0, 08’52).
Les Aigles essaient de se reprendre avec un tir de Nogaretto qui passe à quelques centimètres du poteau. De l’autre côté, Une belle action de Pontus Englund dans la zone offensive bute sur Shank. Les Brûleurs de Loups prennent petit à petit l’ascendant dans le jeu et multiplient les opportunités, dont une déviation de Treille et un tir de Crinon de la ligne bleue. Et finalement sur un tir d’Englund, Shank laisse un rebond dans l’axe que Boivin exploite pour pousser le palet derrière la ligne (2-0, 12’45). Un deuxième but qui donne vraiment le momentum aux Grenoblois dans, avec encore un palet laissé en retrait de Leclerc pour Dair mais cette fois Shank ferme la porte. Un tir du revers de près de Grossetête passe juste au-dessus de la cage.
Les attaques grenobloises se multiplient avec encore un tir de Boivin, repoussé de la jambière par Shank. Un palet gagné par Treille en zone neutre crée un revirement qui bénéficie à Boivin qui s’avance et tire… sur la barre transversale. Le 3-0 n’était pas loin ! Un tir de Rautanen repoussé dans l’axe par Shank aurait pu être le bis repetita du deuxième but mais cette fois Karlsson ne parvient pas à redresser le palet. Dans les ultimes secondes, un palet dévié du patin par Ruel aurait pu tromper Pintaric, ce qui n’est pas du goût de Treille, pénalisé pour une charge avec la crosse sur Ruel à dix secondes de la fin. Grenoble a globalement dominé après un début relativement équilibré mais le score aurait pu être plus lourd pour les Niçois, menés « seulement » de deux buts.
Les Aigles commencent donc la deuxième période en power-play mais dans la configuration du début de tiers, les Niçois ont du mal à installer le jeu dans la zone offensive pendant les deux minutes. Les deux équipes se retrouvent à 5 contre 5 sans que le score n’ait évolué. Pintaric connaît tout de même une chaude alerte sur le tour de cage réalisé par Proux qui sert Norgaretto donc le tir à bout portant devant le slot est bloqué par le portier slovène. Puis c’est au tour de Nobes de tirer en bonne position mais Pintaric repousse alors que Rommel tentait de prendre le rebond. Après un bon travail en zone offensive, Karlsson sert Englund dont le tir sur réception vient heurter le poteau niçois. Malgré la bonne période niçoise, les Grenoblois restent menaçants et capables de marquer à tout moment.
Le jeu est plus équilibré en zone neutre mais les Brûleurs de Loups sont très dangereux quand ils pressent à l’image d’une double tentative de Dair puis Bachelet qui manquent de peu d’aggraver le score. S’ensuit une grosse séquence d’occupation grenobloise dans la zone niçoise où Shank est plus sollicité. Grenoble maintient la pression avec un one timer pris par Dair sur une passe de Leclerc mais Shank bloque le palet sans laisser de rebond.
La concrétisation grenobloise tarde à venir à cinq contre cinq mais Roy fait trébucher Leclerc le long de la bande. Le jeu de puissance est installé par Beauchemin qui décale Binner dans l’axe lequel fixe la défense niçoise et surprend Shank en lucarne (3-0, 35’27). Le coup est dur pour les Niçois qui avaient plutôt bien défendu dans ce tiers jusqu’à présent mais qui craquent de nouveau quelques instants plus tard, à 5 contre 5 cette fois. Prissaint, laissé complètement seul dans la zone offensive, peut s’avancer vers la cage, se jouer de Shank et marquer dans une cage grande ouverte (4-0, 36’38).
Les Niçois sont à la peine mais ils continuent d’essayer de marquer à l’image d’une reprise de Cherkowski tout seul à côté de la cage grenobloise et parfaitement servi par Regis mais Pintaric vient fermer la porte au bon moment. La dernière minute est à l’avantage des Brûleurs de Loups qui mettent de nouveau la pression sur la cage avec Bachelet puis Prissaint qui sont en bonne position pour marquer mais Shank évite un cinquième but. L’écart est réalisé au tableau d’affichage pour Grenoble.
Il reste vingt minutes aux Aigles pour essayer de sauver l’honneur. Levesque décide de laisse Shank au repos au début de la troisième période et lance Isaac Charpentier devant la cage. Le back-up niçois connaît une entrée difficile puisqu’il fait trébucher Treille avec sa crosse en voulant effectuer un puckcheck. C’est une deuxième supériorité numérique pour les Brûleurs de Loups, tout aussi efficace que la précédente : Treille effectue une déviation en direction de Boivin qui d’un one timer transperce le malheureux Charpentier (5-0, 40’49). Deux sur deux pour Grenoble en supériorité et un score qui continue d’enfler inévitablement en faveur des locaux.
Nice a l’occasion de se relancer sur une pénalité concédée par Bachelet qui envoie le palet au-dessus du plexiglas. Le jeu est installé mais manque de vitesse de passe. Un tir de Nobes est bloqué par Pintaric faute d’un écran suffisant même si Larinmaa a tenté de dévier le palet. La pénalité est tuée assez facilement par Grenoble. Alors que les Brûleurs de Loups adoptent un posture plus défensive, les Aigles ont eux beaucoup de mal à menacer les cages gardées sereinement par Pintaric. Une passe transversale de Bachelet trouve un one timer de Leclerc mais Charpentier réalisé un arrêt réflexe pour éviter un nouveau but grenoblois. Il repousse aussi un tir du revers de Koudri. Les Isérois continuent de dérouler avec Englund qui s’avance, efface deux défenseurs pour finalement se heurter à Charpentier. Englund retente sa chance quelques instants plus tard mais une nouvelle fois Charpentier est présent. Pintaric doit rester vigilant pour repousser du bouclier une tentative de Rommel.
Le jeu s’équilibre dans les dix dernières minutes, le sort du match étant déjà scellé. Weigel et Mugnier s’accrochent dans la zone offensive et sont envoyés en prison simultanément. Le jeu continue à 5 contre 5 avec un gros lancer de Cirgues, repoussé par Pintaric. Dans la foulée, Rautanen est sanctionné pour une crosse haute sur Desgagnés. Le jeu de puissance niçois est cette fois bien installé, Johansson prend un tir bloqué par Pintaric. Ce dernier plonge sur un palet dangereux qui traînait dans le slot. Grossetête a lui une belle occasion de marquer en infériorité numérique sur une contre-attaque mais Charpentier bloque le palet.
De retour à cinq contre cinq, Boivin manque le cadre sur un one-timer en très bonne position. Englund accroche Mugnier, ce qui permet à Nice de bénéficier d’une dernière supériorité numérique pour terminer. Pintaric sort une belle mitaine pour bloquer un tir de Rommel. Mais finalement Nice réussit à sauver l’honneur sur un tir de Regis à la cage, dévié subtilement par Roy qui trompe Pintaric et le prive d’un blanchissage à trente secondes seulement de la fin du match (5-1, 59’30).
Les Brûleurs de Loups ont pris assez facilement la mesure de l’équipe surprise de ce début de championnat alors qu’un match plus serré était attendu. Le retour de blessure de quatre attaquants cette semaine a fait le plus grand bien, en particulier sous l’impulsion de la ligne Boivin-Beauchemin-Treille impliquée sur quatre des cinq buts grenoblois ce soir. L’efficacité a été au rendez-vous ce soir, avec notamment deux buts en supériorité numérique, ce qui a permis d’éviter les prolongations et les tirs au but alors que ce fut le cas lors des 3 derniers matchs de Ligue Magnus. La dynamique insufflée par la victoire retentissante contre Lausanne mercredi en CHL perdure. Pintaric est passé tout près d’un blanchissage, les Brûleurs de Loups repassent devant leurs adversaires du jour au classement et tous les signaux sont au vert avant un dernier défi majuscule mardi en CHL : le Sparta Prague. Un point de pris en République tchèque ou un résultat favorable dans les autres matchs pourrait permettre aux Brûleurs de Loups de réaliser un petit exploit seulement réalisé par Rouen jusqu’à présent : se qualifier pour la phase finale de la CHL ! Un beau défi en perspective !
Du côté de Nice, les Aigles tombent de haut après un début de saison quasi parfait traduit par une belle troisième place au classement. Pour la première fois de la saison, ils encaissent une défaite sévère, dépassés sur le plan défensif (avec notamment deux buts encaissés en infériorité) mais aussi un manque de percussion sur le plan offensif malgré un début de match pourtant intéressant. Alors simple accident de parcours ou les Aigles ont-ils atteint leurs limites ? Le prochain match vendredi prochain contre Bordeaux, un grosse cylindrée en difficulté depuis le début de saison, sera l’occasion de se reprendre.
Désignés meilleurs joueurs du match : Matija Pintaric (Grenoble) et Samuel Regis (Nice)
Commentaires d’après-match :
Edo Terglav (entraîneur-adjoint de Grenoble) : « C’était bien d’aller chercher 3 pts, on ne l’a pas fait depuis 3 matchs, contre une équipe de Nice confiante, qui est bien au classement, qui joue très bien. On voulait déjà avoir un bon début de match. Les premières vingt minutes, on a vraiment dominé, on a eu beaucoup de palets, beaucoup d’occasions, ça s’est encore un peu gâché en deuxième période, c’est un peu notre problème depuis quelques matchs, mais dans ces moments-là, on a été solides défensivement. Si on regarde la semaine, le côté très fort c’est notre jeu défensif, on n’a pas donné beaucoup de chances aujourd’hui, sur trois matchs, on a connu quelque chose de très très bien. On a retrouvé des joueurs aussi, un banc plus long, on a pu gérer un ou deux joueurs un peu plus que lors du dernier match, certains joueurs ont pu jouer un peu moins aujourd’hui et ça fait du bien aussi parce qu’on sait ce qui nous attend les prochains jours. Depuis une semaine, Nick [Deschamps] et Adel [Koudri] ont le feu vert mais physiquement on ne sentait pas qu’ils étaient prêts, et puis enchaîner les matchs, ce n’est pas très intelligent donc on a cherché le bon moment pour les mettre dans l’alignement et les mettre en forme dans le jeu. Prague, c’est le dernier match de CHL pour aller en play-offs contre une équipe qui vient de changer de staff il y a 4 jours, donc quelques changements… Ils viennent de gagner un gros match aujourd’hui, on sait à quoi nous attendre et on ne veut pas mettre trop de pression non plus, c’est un match comme tous les autres, c’est comme ça qu’on approche cette compétition-là et on va donner tout ce qu’on a pour ne pas avoir de regrets après. Dans une carrière, avoir cette opportunité-là, c’est top. Là il faut juste tout donner et avoir le bon état d’esprit. L’équipe est prête, physiquement, mentalement, même si on a joué beaucoup… Le championnat français est souvent moins bien vu que les autres championnats, les équipes souvent nous respectent moins mais on a prouvé même lors des premiers matchs perdus contre Zoug et Berne. Match après match, on était mieux, on a prouvé qu’on était capable de jouer dans cette CHL, on n’a pas juste gagné parce qu’on a eu de la chance, on a gagné parce que l’équipe a performé. C’est bien aussi de montrer que le hockey français, ça joue et qu’on a des joueurs qui sont capables de performer dans d’autres championnats que le championnat français. »
Nicolas Deschamps (attaquant de Grenoble) : « Ce sont des bonnes sensations, je suis content d’avoir joué un match avant le match de Prague qui s’en vient mardi. Le but était de se remettre un peu en jambes avec Adel et je pense qu’on a fait le boulot. Il y a certaines situations dans lesquelles il faut qu’on se mette dans le rythme, mais ça fait partie de la longue absence. Ça rajoute de la profondeur, de l’expérience dans l’équipe donc c’est un plus pour nous, je pense qu’on l’a montré ce soir : avec quatre lignes comme ça, on va être dur à battre. C’était un bon match d’équipe avant de jouer Prague. On a essayé de ne pas trop y penser avant, mais c’est sûr que là c’est la qualif, on espère livrer un bon match et passer au prochain tour. C’est sûr qu’on est pressé, on est à ça de passer donc il suffit d’aller chercher au moins un point et ça y est. Donc on se concentre pour gagner comme à chaque match et on va voir quel duel on aura avec eux. Tout le monde est prêt, les gars livrent des bons matchs jusqu’à présent en CHL donc pourquoi ne pas continuer là-dessus. Qui aurait cru qu’on aurait 3 victoires sur 5 en CHL à date ? Donc ça se passe super bien et il faut continuer comme ça. C’est David et Goliath à chaque match, nous on essaie de jouer compact, de jouer en équipe et de capitaliser sur leurs erreurs. Il y a plein de facteurs qui peuvent faire tourner le match mais si on reste dans notre système, je crois qu’on est une équipe assez de profondeur et qu’on peut leur faire mal. »

Grenoble – Nice 5-1 (2-0, 2-0, 1-1)
Dimanche 12 octobre 2025 à 18h15 à Pôle Sud. 4208 spectateurs.
Arbitres : Frédéric Peurière et Alexandre Bourreau assistés de Thiefen Biot et Éric Briolat
Pénalités : Grenoble 10’ (2’, 0’, 8’), Nice 6’ (0’, 2’, 4’)
Tirs : Grenoble 36 (17, 6, 13), Nice 31 (8, 12, 11)
Engagements : Grenoble 25 (7, 9, 9), Nice 32 (6, 13, 13)
Évolution du score :
1-0 à 08’52” : Beauchemin assisté de Treille et Rautanen
2-0 à 12’45” : Boivin assisté de Englund et Binner
3-0 à 35’27” : Binner assisté de Beauchemin et Boivin (sup. num.)
4-0 à 36’38” : Prissaint assisté de Koudri et Deschamps
5-0 à 40’49” : Boivin assisté de Treille et Beauchemin (sup. num.)
5-1 à 59’30” : Roy assisté de Regis et Mugnier (sup. num.)
Grenoble
Attaquants :
Christophe Boivin – François Beauchemin – Sacha Treille (C, 2’)
Martin Karlsson – Fredric Weigel (2’) – Kamil Sadlocha
Guillaume Leclerc – Matias Bachelet (2’) – Aurélien Dair
Nicolas Deschamps (A) – Adel Koudri – Valentin Grossetête
Défenseurs :
Alexis Binner – Pontus Englund (2’)
Juho Rautanen (2’) – Antoine Fertin
Pierre Crinon (A) – Axel Prissaint
Gardien :
Matija Pintarič
Remplaçant : Cebald Debiak (G). Absents : Jakub Štěpánek, Théo Gueurif (surnuméraires), Petter Birkheim, Alexandre Mallet (blessés).
Nice
Attaquants :
Charles-Antoine Roy (A) (2’) – Robin Johansson – Mathieu Desgagnés
Jesper Larinmaa – Henrik Rommel – Loïc Coulaud [puis Ruel]
Jordan Mugnier (2’) – Teemu Loizeau – Nicolas Ruel (C) [puis Coulaud]
Hugo Proux – Hugo Nogaretto – Nicholas Cherkowski
Défenseurs :
Samuel Regis (A) – Valentin Coffy
Colin Morillon – Yoan Salvé
Louis Cirgues – Adam Nobes
Gardien :
Alexis Shank puis Isaac Charpentier à 40’00”
Absents : Jules Lefebvre, Henry McKinney.

















































