Les deux voisins s’affrontent avec des ambitions bien différentes. La Biélorussie est sorti complètement sonnée de sa déroute contre la France dans un match très important pour le maintien. Il va falloir se remobiliser pour la suite du tournoi, mais l’adversaire du jour n’est pas le plus facile pour cela.
La Russie, championne olympique, a gagné ses deux premiers matchs 7-0, et continue son parcours en bas de tableau avant d’affronter enfin des oppositions plus ambitieuses. Shestyorkin débute dans les cages. Dave Lewis choisit son troisième gardien, Vitali Trus : il est le plus âgé des trois (29 ans) mais est titularisé pour la première fois même s’il était déjà présent dans le groupe l’an passé à Paris.
On sent que la Biélorussie manque rapidement de solutions. Acculée dans son propre camp, elle n’arrive que rarement à dégager le palet et ne foule même pas la glace dans la zone offensive. Pourtant, elle tient le choc quelques minutes. Il faut attendre 5’27 pour que l’inéluctable se produise : Dadonov sert Datsyuk, qui contourne la cage et glisse le palet du revers le long du poteau avant que la jambière de Trus ne soit là (0-1).
#BLRvsRUS A little wrap about magic by @russiahockey Captain @Datsyuk13. Russia's nicely on their way to another 7-0 win. #IIHFWorlds pic.twitter.com/n764q2M7SG
— IIHF (@IIHFHockey) May 7, 2018
Derrière, attaque-défense. La Russie tourne autour de la défense comme un requin autour de sa proie, épuisant son adversaire et cherchant la meilleure position de tir. Sans grande réussite dans ce premier tiers cependant. Une pénalité de Falkovski permet d’entraîner le jeu de puissance. Datsyuk, décalé au cercle gauche, voit son tir percuter le poteau et rouler le long de la ligne… mais hors du cadre. La Biélorussie s’en sort et continue à limiter les chances de marquer en verrouillant l’accès aux abords de la cage.
La Russie s’endort sur ses lauriers et manque de se faire piéger dans la dernière minute. Une rare incursion biélorussie libère Sharangovich, qui voit son tir frapper le métal. Le rebond revient sur Vorobei, qui reprend en force mais Shestyorkin sort le palet, grâce à un déplacement rapide. Il n’y a donc qu’un petit but à la pause, et la Russie a joué avec fort peu d’intensité.
À force de roupiller, la Russie laisse des espaces. À la reprise, Platt intercepte une relance et, d’une passe bien ajustée, trouve Sharangovich qui se présente seul face au gardien. Shestyorkin gagne son duel, le palet revient de derrière le but au ras du poteau et est dégagé devant un filet déserté. Sharangovich reçoit dans la foulée une deuxième chance, mais, cette fois, le portier russe ne laisse aucun rebond…
La Russie, empruntée, reste malgré tout une puissance bien supérieure. Sur sa première vraie accélération, Barabanov envoie le palet dans le slot où Maxim Shalunov reprend à une vitesse extra-terrestre à bout portant (0-2).
La partie tourne alors court. À sa main, la Russie accélère. Barabanov passe en force derrière la cage, et replace le palet dans le slot où Kablukov surgit en déséquilibre (0-3).
Ce but casse les reins de la Biélorussie. Désormais, le palet reste dans leur camp et ils se contentent de défendre, plutôt bien d’ailleurs puisque le compteur de tirs ne grimpe pas très vite. Il reste 1’30 lorsque le vétéran Denisov est puni. La Russie tourne trop le palet, laissant passer des positions de tirs. Donc, elle s’en remet à son joueur le plus expérimenté. Datsyuk prend ses responsabilités et, du cercle gauche, enlève la toile d’araignée du but de Trus (0-4). De quoi aborder le dernier tiers avec tranquillité…
Le dernier tiers est une formalité. Il ne se passe pas grand chose, mais une fulgurance russe accentue l’écart. Zaitsev lance au but et Mamin dévie superbement (0-5). Puis, un contre mené par Kaprizov se finit en lancer précis en hauteur (0-6).
Le seul intérêt du match consiste à savoir si la Russie enchaînera un troisième 7-0 consécutif. La Biélorussie va résister aux attaques russes et priver leur adversaire de ce petit plaisir statistique.
Comme prévu, la marche était bien trop haute pour la Biélorussie. Ce n’est presque pas la même division, de toute façon, dans un groupe A plus ou moins coupé en deux. La Biélorussie sait bien que tout se jouera samedi contre l’Autriche. La Russie, pour sa part, en a fini avec ses matchs « faciles ». Le niveau de difficulté devrait rapidement monter…
Désignés joueurs du match : Yegor Sharangovich (Biélorussie) et Pavel Datsyuk (Russie).
Commentaires d’après-match
Vitali Trus (gardien du Bélarus) : « Oui, j’en ai pris un de moins (que la France et l’Autriche). Mais j’aurais pu mieux joué avec un peu de chance. J’ai essayé au premier tiers, je me suis battu, et en deuxième période j’ai pris des buts de près. Nous avons laissé deux joueurs dans notre enclave, comme dans un jardin d’enfants. Après ça, à 0-3, le match était fini. Il semble que les Russes ont une combinaison travaillée. Deux joueurs bloquent ma vue, et Datsyuk lance au but. Je n’ai pas vu le moment de son tir à deux reprises. L’un a frappé la barre et l’autre a fini dans les filets. »
Biélorussie – Russie 0-6 (0-1, 0-3, 0-2)
Lundi 7 mai 2018, 16h15. Roral Arena de Copenhague. 6360 spectateurs.
Arbitrage de Mikko Kaukokari (FIN) et Mikael Sjoqvist (SUE) assistés de Mirosval Lhotsky (TCH) et Dustin McCrank (CAN)
Pénalités : Biélorussie 4′ (2′, 2′, 0′), Russie 2′ (0′, 0′, 2′)
Tirs : Biélorussie 18 (4, 6, 8), Russie 27 (12, 10, 5).
Récapitulatif du score
0-1 à 05’27 : Datsyuk assisté de Dadonov
0-2 à 25’55 : Shalunov assisté de Barabanov et Kablukov
0-3 à 29’25 : Kablukov assisté de Barabanov et Tryamkin
0-4 à 39’26 : Datsyuk assisté de Khafizullin et Shalunov (sup. num.)
0-5 à 45’16 : Mamin assisté de Zaitsev
0-6 à 47’37 : Kaprizov assisté de Datsyuk et Dadonov
Biélorussie
Attaquants
Geoff Platt – Yegor Sharangovich – Charles Linglet
Sergei Drozd (-4) – Aleksandr Kitarov (A, -3) – Aleksandr Materukhin (-1)
Artur Gavrus – Pavel Razvadovski – Artyom Demkov (-1)
Maksim Sushko (-1) – Yevgeni Kovyrshin (-2) – Aleksandr Pavlovich (C, -3)
Défenseurs
Yevgeni Lisovets (-2) – Kristian Khenkel (-2)
Dmitri Korobov (A, 2′) – Pavel Vorobei
Vladimir Denisov (2′, -2) – Roman Dyukov
Nikita Ustinenko (-1) – Stepan Falkovski (-1)
Gardien :
Vitali Trus
Remplaçant : Mikhail Karnaukhov (G). Réservistes : Ivan Kulbakov (G), Artyom Levsha, Artyom Kisly (A)
Russie
Attaquants
Kirill Kaprizov – Pavel Datsyuk (C, +2) – Yevgeni Dadonov (A, +2)
Mikhail Grigorenko – Artyom Anisimov – Pavel Buchnevich
Maxim Mamin (+1) – Sergei Andronov (A, +1) – Ilya Mikheyev (+1)
Aleksandr Barabanov (+2) – Ilya Kablukov (+2) – Maksim Shalunov (+2)
Défenseurs
Vladislav Gavrikov (+2) – Bogdan Kiselevich (+1)
Nikita Nesterov (+2) – Nikita Zaitsev (+2)
Nikita Tryamkin (+1) – Dinar Khafizullin (2′, +1)
Yegor Yakovlev (+1)
Gardien :
Igor Shestyorkin
Remplaçant : Vasili Koshechkin (G).