La Suisse est toujours invaincue dans le tournoi – l’une des quatre seules équipes, avec le Canada, la Suède et la Finlande. Les deux pays nordiques s’affrontent ce soir à Tampere, et les Suisses vont pour leur part tenter de prolonger leur série face à un adversaire compliqué, la Slovaquie.
Le chiffre du jour, c’est 119 : le nombre de matchs en Mondial élite d’Andres Ambühl. Le Suisse éclipse ainsi Udo Kiessling dans le livre des records.
Il faut attendre seulement vingt secondes pour que les officiels n’utilisent leur sifflet. Christoph Bertschy est sanctionné pour un faire trébucher, mais les Slovaques ne vont pas en profiter. Ils se font piéger plein axe par un dégagement et la vitesse de Denis Malgin, lancé par Pius Suter. La star de Zürich rattrape le palet à temps pour asséner un slap à bout portant (1-0).
Le jeu de puissance ne convertit pas, et la vitesse helvète manque de fonctionner une deuxième fois. Adam Huska repousse l’infiltration de Calvin Thurkauf. La Suisse mène le jeu et bénéficie d’une obstruction de Mário Grman. Les occasions se font rares sur cet avantage numérique. Le défenseur se rattrape de sa faute un peu plus tard avec un tir entre les jambes d’un défenseur pour menacer Leonardo Genoni.
À mi-tiers, une mise au jeu dans la zone slovaque renverse la table. Le palet est gagné par les joueurs à la double-croix, et une longue passe est déviée dans la neutre par Adam Liška, qui envoie Róbert Lántoši en un-contre-un contre Jonas Siegenthaler, qu’il prend de vitesse. Il protège bien son palet et repique vers la cage. Genoni fait l’arrêt mais perd complètement le palet de vue. Pas Miloš Roman, plus prompt que la défense pour le pousser dans le but vide (1-1). En revanche, les joueurs de Craig Ramsay n’exploitent pas une pénalité pour accrochage de Tobias Geisser juste après.
La rencontre s’équilibre par la suite, avec peu de chances de marquer. Huska ferme la porte sur un tir de Christian Marti au cercle gauche, et les deux équipes rentrent au vestiaire sur ce 1-1.
Le deuxième tiers repart sur des bases similaires : un jeu d’échecs. Les deux défenses couvrent bien par leur jeu à la crosse et limitent les chances de marquer. La Suisse va finalement débloquer son compteur sur un travail de Tristan Scherwey le long de la bande. Il parvient à remettre le disque vers Dominik Egli, qui expédie une volée puissante depuis la ligne bleue, déviée en route (2-1). Egli inscrit son premier but au Mondial, et ses coéquipiers s’assurent de récupérer la rondelle bien accrochée dans le filet slovaque…
Un incident vient couper le match après cinq minutes : un contact violent entre un joueur slovaque et un juge de ligne. L’officiel refuse la civière, mais sort tout de même du match, laissant ses collègues arbitrer à trois.
La Slovaquie est la première à s’en remettre. Le bon travail dans le coin de Tatar, relayé par Krištof, libère Slafkovský qui, au cercle droit, lance un tir puissant à travers Genoni (2-2). C’est le premier but en Mondial élite pour le prodige particulièrement suivi par les recruteurs NHL.
Juraj Slafkovsky with a snipe.🎯#SUISVK #IIHFWorlds pic.twitter.com/vCNfWcrd4C
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La Suisse perd-elle ses nerfs ? Siegenthaler se retrouve sur le banc des punis pour faire trébucher. La défense ne cède pas un pouce de terrain et Genoni n’est pas inquiété.
La rencontre devient rugueuse, avec des duels très accrochés. Timo Meier en fait les frais, puni pour crosse haute, mais Lántoši le suit moins d’une minute plus tard avec un faire trébucher. À quatre contre quatre, Michael Fora tente un tour de cage qui n’est pas repris par ses coéquipiers. Tomáš Tatar s’essaie à un beau slalom de son côté, et le palet lui échappe. Dans la foulée, Janis Moser commet un accrochage, ce qui provoque un rare quatre-contre-trois. La Slovaquie ne parvient pas à se mettre en position. Pire, alors que Slafkovský tente un renversement à la bleue, il est contré par la crosse de Pius Suter. Le palet file dans la neutre… pile au moment où Timo Meier sort de prison. Bien à l’heure, l’ailier de San José n’en demandait pas tant, se présente seul devant Huska et le fusille en hauteur pour un nouveau « Timo Time » (3-2).
Timo Meier straight from the penalty box.💥 @SwissIceHockey @MeierTimo @SanJoseSharks#SUISVK #IIHFWorlds pic.twitter.com/D1lCOOzu04
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Et cela se gâte côté slovaque, avec un coup de sifflet contre Grman, qui a fait trébucher Hischier. Les ennuis slovaques ne sont pas finis. Douze secondes après le retour de Grman, le banc cafouille son changement et est pris pour surnombre. La Suisse n’en profite pas… et concède même à son tour un surnombre !
Les sifflets fonctionnent bien à quatre arbitres – le juge de ligne remplaçant est entré sur la glace – et Bertschy est puni pour cinglage lors de son échec-avant. Un 5-contre-3 s’annonce et le staff slovaque pose son temps mort. Fora gagne un temps précieux en attaque, puis Slafkovský manque le cadre et les deux équipes rentrent aux vestiaires sur ce score de 3-2 en faveur de la Nati, à l’issue d’un deuxième tiers très peu joué à cinq contre cinq.
La Suisse contrôle le match, avec seulement deux tirs concédés en deuxième tiers malgré son indiscipline. Mais c’est peut-être tenter le diable que de concéder un deuxième surnombre dans le match après trois minutes de jeu ! Mais la Slovaquie n’arrive pas à s’installer ni à se montrer menaçante.
Comme souvent dans ces cas-là, les joueurs de Ramsay se font punir. Une longue passe envoie Nico Hischier seul avec deux défenseurs trop espacés. Le capitaine suisse des Devils du New Jersey se présente seul devant Huska et glisse délicatement le palet ras glace (4-2).
Nico Hischier between the legs.🚨 @SwissIceHockey @nicohischier @NJDevils#SUISVK #IIHFWorlds pic.twitter.com/bSiEVl1MVW
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La Suisse déroule. Janis Moser envoie une mine de la bleue et Huska doit intervenir de la plaque. La Suisse déroule… mais manque de chance à dix minutes de la fin. Adam Sýkora travaille derrière la cage et donne dans le coin à l’ancien joueur de Ligue Magnus Samuel Takáč. Ce dernier centre fort devant le but et le palet vient frapper le patin d’un défenseur, piégeant Genoni (4-3).
Il y a le feu dans la foulée : Tatar, oublié au deuxième poteau, rate une chance en or avec Genoni mal placé. La Suisse manque elle le coche avec un trois contre un et un lancer hors cadre.
À 6’27 du terme, une sévère mises en échec sèche Adam Liška, qui reste au sol avant d’être aidé pour rentrer au banc. Les arbitres décident de consulter la vidéo. Ils sanctionnent Michael Fora d’une pénalité majeure pour coup de genou, assortie d’une méconduite pour le match.
Une décision qui chauffe public comme joueurs. Le jeu de puissance slovaque de cinq minutes débute à peine qu’une échauffourée éclate près du but de Genoni, et Siegenthaler prend deux minutes pour dureté.
La Slovaquie multiplie alors les mauvais choix dans ses passes, déclinant des positions de tirs intéressantes, avant de sortir de la zone sur un tir hors cadre. Siegenthaler revient au jeu, et la défense suisse tient toujours. Scherwey se sacrifie au bloc, un geste qui lui vaut des remerciements appuyés de ses coéquipiers au premier arrêt de jeu.
On adore l'esprit d'équipe des Suisses, qui célèbrent ce tir bloqué comme si il s'agissait d'un but! 💪 pic.twitter.com/6iPocQBk3J
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Il reste 2’45 et des miettes de supériorité. Ramsay sort son gardien. Le jeu slovaque manque encore de précision alors qu’une passe transversale avait ouvert une bonne position de tir. L’agacement slovaque transparaît sur un coup de sifflet un peu rapide des arbitres lors d’une action dans le slot : ils avaient perdu le disque des yeux, et il venait de sortir à l’opposée…
La Slovaquie concède même un retard de jeu, trop fébrile dans son installation sur la mise au jeu en attaque ! Des hésitations sur le rôle de chacun qui coûtent une supériorité à 1’30 de la sirène… La Slovaquie ressort son gardien. Pius Suter trouve le poteau, puis ses coéquipiers récoltent le palet et terminent le travail par Herzog (5-3).
La Suisse enchaîne donc une quatrième victoire en autant de matchs. Dominatrice au compteur de tirs et solide défensivement, la Nati se sera fait peur par une indiscipline chronique. Il aura fallu beaucoup de sacrifices défensifs pour tenir une équipe slovaque peu inspirée. Les joueurs de Craig Ramsay pourront regretter leurs occasions manquées, mais ils se seront montré bien peu menaçants avec autant d’avantages numériques. Du gâchis, et toujours seulement trois points au compteur. La course aux quarts passera par des succès contre l’Italie et le Kazakhstan, avant une possible « finale » contre le Danemark…
Désignés joueurs du match : Miloš Roman (Slovaquie) et Nico Hischier (Suisse)
Commentaires d’après-match :
Patrick Fischer (entraîneur de la Suisse) : « Nous sommes très bien partis, nous étions prêts et peut-être même surmotivés, encaissant une pénalité tout de suite. Nous avons marqué en infériorité et nous nous sommes procuré d’autres occasions, les Slovaques ont eu du mal avec notre tempo pendant 20 minutes. À 5 contre 5, notre forechecking les a mis en difficultés, mais nous leur avons donné de l’air avec des pénalités, dont quelques-unes étaient discutables. Mais cette victoire nous donne une énergie incroyable. On est dos au mur en double infériorité à cinq minutes de la fin. Mes deux meilleurs penaltykillers manquent, l’un au vestiaire [NDLR : Fora], l’autre sur le banc des pénalités [Siegenthaler]. Mes joueurs se sont quand même jetés devant les tirs et Leo [Genoni] a fermé la porte. »
Timo Meier (attaquant de la Suisse) : « Je savais que je n’aurais pas beaucoup de temps de jeu avec toutes ces pénalités et que si j’avais une chance je devrais la saisir. J’ai eu de la réussite avec le timing. Ce n’était pas un but typique de Timo, je ne suis pas spécialiste des breakaways, mais j’ai tiré vite. Pour moi ça dépend de la forme du jour, elle était bonne aujourd’hui. Nous avons pris trop de pénalités idiotes, on ne pourra plus se permettre de le refaire dans un tel tournoi. »
Craig Ramsay (entraîneur de la Slovaquie) : « Je dois prendre cette défaite sur moi, je n’ai pas assez préparé mon équipe pour rivaliser avec la vitesse des Suisses. Après tant d’années, nous avons trouvé une équipe qui nous a dépassés avec son tempo. Dans les nombreux powerplays il nous manque un sniper qui veut marquer un but à tout prix. Nous n’étions pas assez bon devant les deux cages, Genoni a vu trop de tirs et nous étions trop peu présents dans le slot pour convertir un rebond. »
Suisse – Slovaquie 5-3 (1-1, 2-1, 2-1)
Championnats du monde élite 2022.
Mercredi 18 mai 2022, 20h20. Helsingin jäähälli, 2504 spectateurs.
Arbitres : Andris Ansons (LET) et Jake Rekucki (USA) assistés de Jake Davis (USA) et Hannu Sormunen (FIN) remplacé par Josef Spur (TCH)
Pénalités : Suisse 43′ (4′, 10′, 4’+25′), Slovaquie 10′ (2′, 6′, 2′)
Tirs : Suisse 30 (17, 7, 6), Slovaquie 16 (6, 2, 8)
Récapitulatif du score
1-0 à 00’52 : Malgin assisté de Suter (inf. num.)
1-1 à 10’33 : Roman assisté de Lántoši et Liška
2-1 à 23’56 : Egli assisté de Scherwey et Bertschy
2-2 à 25’32 : Slafkovský assisté de Krištof et Tatar
3-2 à 32’59 : Meier assisté de Suter
4-2 à 45’44 : Hischier assisté de Marti
4-3 à 49’07 : Takáč assisté de Sýkora et Grman
5-3 à 59’36 : Herzog assisté de Malgin et Suter (cage vide)
Suisse (4′ pour surnombre)
Attaquants
Timo Meier (2′, +1) – Nico Hischier (C) – Philipp Kurashev
Denis Malgin – Pius Suter (+1) – Dario Simion (-1)
Andres Ambühl (A, -1) – Enzo Corvi (-1) – Fabrice Herzog (-1)
Calvin Thürkauf (+1) – Christoph Bertschy (4′, +1) – Tristan Scherwey (+1)
Défenseurs
Dean Kukan (-1) – Jonas Siegenthaler (4′, -1)
Michael Fora (A, 25′, +1) – Janis Moser (2′, +1)
Tobias Geisser (2′, -1) – Andrea Glauser (-1)
Christian Marti (+2) – Dominik Egli (+2)
Gardien :
Leonardo Genoni
Remplaçant : Reto Berra
Slovaquie (2′ pour surnombre et 2′ pour retard de jeu)
Attaquants :
Tomáš Tatar (C, -1) – Michal Krištof (A, -1) – Kristián Pospíšil (-1)
Juraj Slafkovský (-1) – Jakub Minarik (-1) – Pavol Regenda (-1)
Adam Liška (+1) – Miloš Roman (+1) – Róbert Lántoši (2′, +1)
Adam Sýkora – Alex Tamáši – Samuel Takáč (+1)
Mário Lunter (-2)
Défenseurs :
Peter Čerešňák (A) – Martin Fehérváry (+1)
Mislav Rosandić (-1) – Mário Grman (4′)
Michal Ivan – Šimon Nemec
Adam Jánošík
Gardien :
Adam Huska
Remplaçant : Matěj Tomek (G). Réservistes : Patrik Rybár (G), Daniel Gachulinec (D)