Même si elle a été menée au score par la Roumanie après un tiers-temps contre le cours du jeu (0-1), la Pologne a maîtrisé ses nerfs pour l’emporter largement (6-2) et composter son billet pour l’élite mondiale. Il ne reste donc plus qu’un billet à disputer entre les deux relégués de l’an passé, la Grande-Bretagne et l’Italie. Sur l’impression laissée jusqu’ici, les Britanniques sont clairement favoris car les Transalpins ont livré des prestations médiocres.
Phil Pietroniro prend le premier lancer… de la zone neutre. Après des années passées à défendre en élite, l’Italie manifeste des intentions plus offensives avec son nouvel entraîneur Mike Keenan, ancien coach redouté de toute la NHL. Ivan Deluca se procure une occasion dans le slot mais Ben Bowns ne se laisse pas surprendre. Le problème, c’est que l’ex-Mulhousien Pietroniro prend aussi la première pénalité (accrocher). En seulement 13 secondes, les Britanniques déploient une combinaison et Brett Perlini reprend en cage ouverte une passe transversale de Mike Hammond (0-1).
Les Britanniques sont poussés par leur public, mais Daniel Mantenuto part en contre-attaque pour un tir dévié du bouclier par Bowns. Pendant une pénalité différée (contre Neilson pour coup de genou), l’Italie parvient à égaliser sur un lancer de Thomas Larkin dévié par le capitaine local Jonathan Phillips (1-1). La poussée britannique reprend, avec Hammond en chef de file. McNally part en prison pour un accrochage, mais cette fois l’Italie résiste en infériorité numérique et y réussit même un breakaway de Mantenuto, qui échoue encore devant Bowns.
Le deuxième tiers-temps débute comme, le premier, par un tir de Pietroniro. Mais sur la contre-attaque, Robert Dowd sort le palet du coin pour Cade Neilson qui feinte la passe vers Hammond et opte en fait pour le tir entre les jambières de Justin Fazio (1-2). Le temps fort britannique se poursuit avec une nouvelle occasion de Neilson, mais une erreur de concentration permet à Alex Petan de conclure une contre-attaque entre les bottes de Dowd (2-2). L’Italie reprend brièvement l’ascendant, mais se rate sur une relance. Tommaso Traversa est contré par Ollie Betteridge et Mike Hammond peut s’avancer vers Fazio, le feinter et le battre du revers (2-3).
Le jeu ne cesse alors d’aller une cage à l’autre et cette configuration ouverte sied aux Italiens. Daniel Glira égalise de nouveau après un débordement de Frigo sur l’aile gauche (3-3, photo plus haut). Mais la réplique britannique arrive une minute plus tard à la faveur d’une pénalité différée (charge avec la crosse d’Insam), avec Hammond à la passe et Perlini à la reprise comme sur le prelier but (3-4, photo ci-dessous).
Ce score nul ne suffit pas à l’Italie, qui doit gagner dans le temps réglementaire pour dépasser son adversaire au classement. Elle imprime donc le rythme en troisième période. Mais dorénavant, les Britanniques se sont mis en configuration défensive. Ils ne laissent qu’une grosse occasion, un tour de cage de Daniel Tedesco suivi d’un tir de fulgurant de Petan, mais Bowns s’est parfaitement remis en position et s’interpose. Mike Keenan n’a plus le choix, il sort son gardien. Neilson marque en cage vide et les scènes de liesse commencent dans la patinoire de Nottingham.
Même si elle n’a rien lâché dans ce dernier match, il est difficile pour l’Italie de se satisfaire de cette troisième place en Division I A. Si on décompte l’absence de la Russie et du Bélarus, elle égale le plus mauvais classement de son histoire (2015). Elle a pourtant intégré des naturalisés, optant pour un compromis sans que ce soit un apport massif. Ils n’ont vraiment pas été convaincants. On pouvait excuser les faibles pourcentages d’arrêt du gardien Justin Fazio au plus haut niveau mondial, mais même en D1A, il finit dernier du tournoi avec 84,1 d’arrêts. Brandon McNally, que Keenan a peut-être sélectionné par son habitude d’avoir un « tough guy » dans son effectif, a été un poids mort et est resté sur le banc après quarante minutes.
Pour autant, la défense, qui ne compte qu’un seul naturalisé (Phil Pietroniro) et est censée être un point fort sur le papier après trois joueurs de DEL, a aussi beaucoup déçu, souvent battue en patinage. Ce point vaut aussi pour le capitaine aux grosses mises en échec Thomas Larkin, élu meilleur défenseur du tournoi dans son pays natal (il est né à Londres d’une mère italienne) après son hat-trick lors de la première journée. Les jeunes Italiens peinent toujours à se développer et finissent invariablement par plafonner. Beaucoup de joueurs azzurri ont paru hors de forme, en comparaison avec des Britanniques plus vifs.
Quelques mois après l’annonce de l’arrivée de Mike Keenan, et trois ans avant le rendez-vous olympique de Milan et Cortina, on peut se demander si ce coup médiatique n’est pas déjà un flop. Le vieux coach canadien connaît encore mal les joueurs, et les emploie peut-être mal (Petan au centre). Il connaît aussi bien moins le hockey international que ses vis-à-vis comme Peter Russell. Tactiquement, il semble très passif sur le banc et ce sont toujours ses adjoint donne les consignes. Ce qui a fait la célébrité d’Iron Mike – son management à la cravache – a-t-il encore le moindre effet dans un contexte moderne avec des joueurs déjà trop nerveux et sujets aux pénalités idiotes ?
Désignés joueurs du match : Luca Frigo pour l’Italie et Mike Hammond pour la Grande-Bretagne.
Commentaires d’après-match :
Peter Russell (entraîneur de la Grande-Bretagne) : « Nous sommes venus ici pour gagner cinq rencontres et nous l’avons fait. C’était plus dur [qu’en 2018] parce que les gens pensaient que nous le ferions, les attentes étaient différentes. Mais le faire à la maison, voir chacun sur la glace maintenant avec sa famille, c’est génial. »
Robert Dowd (attaquant de la Grande-Bretagne) : « C’était un match amusant à jouer. Les deux équipes étaient là pour jouer, c’était équilibré. Je pense que nous avons eu l’avantage en possession, nous étions dominants par moments. Mais l’Italie a su marquer de gros buts au bon moment pour tenir tout au long du match. »
Thomas Larkin (défenseur de l’Italie) : « Les équipes qui méritaient de monter montent, le résultat est juste. Les Britanniques ont joué fort en zone défensive, nous avons peut-être eu un peu trop de respect au début. La déception est énorme, on doit regarder en nous-mêmes et évaluer dans les prochains jours ce que nous avons fait. Nous avons fait plein de bonnes choses, mais ça n’a pas suffi. Nous devons être intelligents et ne pas prendre de pénalités stupides. C’est un problème simple à résoudre, nous n’avons pas correctement exploité les unités spéciales dans ce tournoi. »
photos : IIHF
Italie – Grande-Bretagne 3-5 (1-1, 2-3, 0-1)
Vendredi 5 mai 2023 à 19h30 à la Motorpoint Arena de Nottingham. 5538 spectateurs.
Arbitrage de Cedric Borga (SUI) et Killian Hinterdobler (ALL) assistés de Norbert Muzsik (HON) et Anders Nyquist (SUE).
Pénalités : Italie 6′ (4′, 2′, 0′) ; Grande-Bretagne 0′ (0′, 0′, 0′).
Tirs : Italie 22 (6, 9, 7) ; Grande-Bretagne 23 (9, 11, 3).
Évolution du score :
0-1 à 05’40 : Perlini assisté de Hammond et Mosey (sup. num.)
1-1 à 11’21 : Larkin assisté de Tedesco
1-2 à 20’59 : Neilson assisté de Dowd
2-2 à 24’34 : Petan
2-3 à 28’43 : Hammond assisté de Betteridge
3-3 à 34’29 : Glira assisté de Frigo et Mantenuto
3-4 à 35’57 : Perlini assisté de Hammond et Kirk
3-5 à 57’50 : Neilson assisté de Kirk (cage vide)
Italie
Attaquants :
Ivan DeLuca (-1) – Alex Petan (A, -1) – Daniel Tedesco
Luca Frigo (+1) – Daniel Mantenuto (2′) – Marco Zanetti
Pascal Brunner (+1) – Dante Hannoun (+1) – Angelo Miceli (+1)
Brandon McNally (2′) – Tommaso Traversa (-1) – Michele Marchetti (-1)
Défenseurs :
Peter Spornberger (2′) – Thomas Larkin (C, -1)
Alex Trivellato (A, -2) – Phil Pietroniro (-1)
Daniel Glira (+1) – Enrico Miglioranzi (+1)
Marco Insam
Gardien :
Justin Fazio [sorti de 57’19 à 57’50]
Remplaçants : Damian Clara (G), Gregorio Gios.
Grande-Bretagne
Attaquants :
Liam Kirk (+2) – Brett Perlini (+2) – Mike Hammond (+3)
Ollie Betteridge – Cade Neilson (+1) – Robert Dowd (A)
Josh Waller (-1) – Ben Lake (-1) – Johnny Curran (-1)
Robert Lachowicz – Matthew Myers – Jonathan Phillips (C, -1)
Défenseurs :
Nathanal Harbert (+1) – Mike Richardson (A)
Ben O’Connor (-1) – Evan Mosey
Sam Ruopp – David Phillips
Josh Tetlow (+1) – Sam Jones
Gardien :
Ben Bowns
Remplaçant : Jackson Whistle (G).