Pour la Division 1, Meudon est un club « jeune ». Jeune dans la division, mais jeune surtout par son effectif. Les Meudonnais entament leur quatrième année en deuxième division française. « Mais ce qui change beaucoup par rapport à l’an passée, c’est la moyenne d’âge, nous glisse Kévin Arrault, l’entraîneur principal. On est passé d’une des équipes les plus âgées de la ligue à l’une des plus jeunes. » Par rapport à l’année dernière, les Franciliens ont effectivement perdu deux ans de moyenne d’âge, passant d’une moyenne de 26,8 ans à 24,2 ans. Sixième effectif le plus jeune de Division 1, Meudon a gagné huit places au classement de l’âge moyen,.
Le club veut en faire l’une de ses forces, en intégrant des joueurs en formation au sein du groupe tout au long de la saison, comme lors du match de préparation face à Nantes (défaite 1-7). « On a eu 8 matchs en 20 jours (18 exactement, ndlr), c’est aussi une volonté de notre part d’intégrer des jeunes dans ce process » affirme Arrault.
Le capitaine Yoanne Lacheny, 34 ans, prend à cœur son rôle de joueur d’expérience. « C’est une expérience assez sympa, acquiesce celui qui est passé par Gap, Nice ou Cergy-Pontoise en Ligue Magnus. Les jeunes sont demandeurs cette année, c’est bien. Parfois, certains ne le sont pas du tout, mais cette année ce n’est pas le cas, donc c’est intéressant. »
Pas d’inquiétude après les matchs de préparation
Lorsque l’on regarde le résultat des rencontres de pré-saison, les victoires ne sont pas nombreuses. Les Comètes ne comptent en effet que deux victoires (contre Caen 2-3 aux tirs au but, contre Nantes 3-4), pour six défaites (5-3 à Tours, 2-1 contre Dunkerque, 4-5 face à Caen, 1-7 contre Nantes, et deux défaites dans la double confrontation avec Valenciennes, 2-5 et 5-0).
De là à s’inquiéter ? « C’est anecdotique, c’est de la prépa, écarte Arrault. Ce n’était pas notre objectif de finir avec le plus de victoires possible. On n’est jamais satisfait, c’est sûr, parce qu’on reste des compétiteurs. Ce n’est jamais plaisant de perdre. On se prépare à chaque fois à gagner. Il n’y a rien d’amical dans la préparation. On tire des leçons, on met le doigt sur certains aspects, et c’est ce qui va nous permettre de nous améliorer » ajoute le coach.
De son côté, Lacheny veut également retenir du positif de cette préparation : « On a vu un peu tous les scénarios. Des blessures, on a joué avec les jeunes, on a mis le troisième gardien… Je pense qu’on a fait une très bonne préparation bien qu’on n’ait que deux victoires. »

Gros turnover durant l’intersaison
Avec 17 départs et 11 recrues, le club a connu une intersaison quelque peu… mouvementée. « On a renouvelé l’équipe à plus de 50% », confie Anthony Kodyjasz, l’assistant coach. Si trois joueurs français sont arrivés, les huit autres sont étrangers (5 Suédois et 3 Canadiens). « On a recruté ces joueurs en fonction de notre identité, de notre philosophie de jeu, de l’identité du club aussi, décrit Kévin Arrault. On veut des joueurs qui ont du caractère, qui sont prêts à travailler fort sur chaque match. C’est pour cela qu’on a décidé de jouer contre des clubs de D1, des opposants directs. Ça nous a permis de jauger les recrues. On attend certaines qualités de leur part. » En ce sens, un mot ressort : « la vitesse. Énormément de vitesse, avance Lacheny. Les nouveaux joueurs sont aussi très calmes, très professionnels sur la glace. Ce sont peut-être des choses qui nous ont manqué l’année dernière. »
Il n’y a pas que les résultats qui vont compter ; la vie et l’ambiance du groupe vont être tout autant primordiales. « Une saison de hockey n’est pas un long fleuve tranquille, c’est un marathon, même si c’est bien de prendre des points rapidement. Il faut savoir gérer ça, et c’est notre rôle, affirme Arrault. Pour manager un bon groupe, il faut aussi que celui-ci vive bien ensemble. » De ce côté, tout à l’air de se passer pour le mieux, d’après Yoanne Lacheny. « L’intégration se passe bien. Tout le monde est content d’être là, tout le monde a le sourire. La communication se passe en anglais. Après, on apprend un peu le français à certains étrangers, même s’il n’est pas très bon (sourire). »
Les objectifs de saison ? « Aller le plus haut possible »
Même si le club ne compte pas une longue expérience dans cette division, le staff n’a pas froid aux yeux et veut viser haut. « Le plus haut possible, souligne Kodyjasz. On n’a pas fixé d’objectifs à proprement dit. Ce qui a été la volonté du président pour stimuler le groupe, c’est d’être champion de France. Quand on est compétiteur, on veut aller le plus haut possible et être champion. » Avant tout, il faudra faire « match par match », explique Arrault. « On ne démarre pas une saison pour se dire qu’on veut jouer la relégation ou juste un tour de play-offs. On veut jouer pour être champions. Si on doit parler d’ambition, oui, elle est haute. Est-ce qu’elle est atteignable ? Ça, on le verra au fur et à mesure de la saison. Mais au vu de la saison passée et des deux précédentes, ce qu’on est capable de jouer, c’est un top 4. On est capable d’aller jouer un quart de finale au cinquième match, d’aller chercher une demi-finale. »

Premier tour de Coupe de France, à Orléans : « Il ne va pas falloir arriver la fleur au fusil »
Pour ouvrir le bal de leur saison 2026-2027, les Comètes se déplacent ce soir à Orléans (dans le Loiret), pour y affronter les Renards, équipe de troisième division française. « On attend un match complet, sérieux, avec beaucoup d’implication. Surtout ne pas tomber dans le piège de sous-estimer l’adversaire parce qu’il y a une division d’écart », avance Anthony Kodyjasz. « Ça va être un match difficile,plussoie Lacheny. La plus petite équipe veut toujours battre l’autre qui joue une division au-dessus. Ça va être un match intéressant, parce qu’il ne va pas falloir arriver la fleur au fusil. Il faudra être prêt physiquement, mentalement, et ne pas se dire qu’on va gagner la gueule ouverte », ajoute le capitaine meudonnais.
Pas le droit à l’erreur donc, pour ce premier match de la saison, qui représenterait peut-être l’opportunité d’aller titiller les meilleures équipes françaises en cas de qualification. « C’est à nous d’être à la hauteur de nos standards, et de respecter l’adversaire. Peu importe le résultat, il faut le respecter. Et la finalité, c’est qu’on veut tous passer ce tour de coupe. Nous, les clubs de Division 1, on a tous en tête la belle histoire de Caen l’an dernier (éliminé en demi-finale par Grenoble 3-6). On se dit à chaque fois, « Pourquoi pas nous ? » Ce sont des matchs secs, donc pourquoi pas nous ? »
Illustration de Soran Ighilkrim
































