Second match de la seconde journée avec deux équipes revanchardes sur la glace.

Mais dès l’entame de la partie, ce sont les Islandais qui mettent la pression dans le camp chinois. Ces derniers n’ont que trop rarement l’occasion de porter le palet au-delà de la ligne médiane et Shengrong Xia est fortement mis à contribution. Il ne faudra qu’un peu plus de trois minutes aux Faucons pour ouvrir le score : Helgason, de sa zone défensive, envoie une longue diagonale à Alengård qui déborde et trouve joliment Johann Leifsson, seul dans l’axe, qui ajuste de près le portier chinois (1-0, 03’28 »).

Là où les Espagnols avaient mis 56′ pour faire le break la veille, les Islandais n’auront mis que 12′ pour y parvenir et ainsi s’offrir logiquement une suite plus tranquille. Sauf que la logique et le sport, ça fait souvent deux, voire même trois… Ou pour être exact, dans le cas présent, ça fait huit, comme le nombre de secondes nécessaires aux Chinois pour revenir dans la partie. Ils seront bien aidés en cela par Sigurbergsson qui sur un lancer peu puissant et très excentré de Tianxiang Xia est très mal collé à son poteau et laisse rentrer le palet (2-1, 12’35 »).
Pour le moment, il ne s’agit que d’une péripétie et les Islandais repartent à l’assaut du but des blancs. Et si Andri Mikaelsson rate par trois fois l’occasion de redonner un avantage plus net aux Faucons, c’est Johann Leifsson qui va y parvenir, s’offrant un doublé sur un lancer à mi-hauteur qui trompe un Shengrong Xia peu inspiré (3-1, 17’41 »). Autre acteur de la partie peu inspiré, le portier islandais Sigurbergsson qui, mal placé, laisse un trou suffisamment important à sa droite pour que Ziyang Zhu y glisse le palet (3-2, 19’40 »). Alors qu’ils ont eu la quasi-totale maîtrise du jeu pendant cette période, les Islandais ne rejoignent le vestiaire qu’avec une petite unité d’avance.

Une tentative en Islande, une tentative au second échelon, et voilà le premier Islandais à débarquer en France. À l’été 2012, Évry s’associe avec le rival de Viry et l’entente essonnienne ambitionne de jouer les premiers rôles en D2. Voulant s’assurer d’une concurrence dans les buts, le coach Sébastien Roujon enrôle Dennis aux côtés de Julien Roullier. Mais très vite, les résultats ne seront pas à la hauteur des attentes, et si les deux portiers alternent dans les buts, c’est Roullier qui va finalement prendre le dessus sur le portier islandais. Au final, Hedström n’aura foulé les glaces françaises qu’à cinq reprises pour une seule victoire, acquise 3-1 aux dépends de Compiègne. Fin février, avant même la fin de la saison régulière, Hedström rentre en Suède, n’ayant plus joué depuis plusieurs rencontres. Depuis lors, il alterne les passages entre le quatrième et le cinquième niveau suédois tout en étant le portier de l’équipe nationale. Mais depuis quelques temps, un portier plus jeune et qui joue lui aussi en Suède, Snorri Sigurbergsson, joue lui aussi la carte de la concurrence.

Trois buts d’avance, les Islandais ont désormais une marge suffisante et cinq buts encaissés, c’est de trop pour le banc chinois qui sort Shengrong Xia pour laisser entrer Zehao Sun. C’est la première apparition en Mondial sénior pour le jeune Sun, 20 ans, dont le physique diffère totalement de son coéquipier puisqu’il affiche tout juste 40 kilos de moins sur la balance, autant dire que le style n’est pas non plus le même. Au final, les quatre gardiens auront foulé la glace alors qu’on en est pas encore à la mi-match !
Et de ces modifications « portuaires », ce sont les Chinois qui vont en profiter le mieux. Sur un palet mal dégagé par la défense nordique, Cheng Zhang opère un lancer instantané de la bleue qui trompe un Hedström potentiellement gêné par le trafic dans sa zone (5-3, 28’00 »). Ce but redonne des ailes aux Asiatiques. Alors que leurs unités spéciales étaient totalement transparentes depuis le début du mondial, voilà que, comme par magie, ils se créent des occasions dangereuses en supériorité numérique par Tianxiang Xia, de près ou Mingxi Yang, de loin. Le momentum est désormais passé dans le camp des Chinois qui concrétisent leurs velléités offensives. Auteur d’un bon match de bonne facture jusque-là (surtout si on le compare avec celui de la veille), Robert Pålsson manque sa passe latéral à l’entrée de sa propre zone offensive ; Cheng Zhang intercepte, s’avance et loge le palet sous la barre transversale de Dennis Hedström (5-4, 35’32 »). Une nouvelle fois incapables de tenir le score, les Islandais se retrouvent avec un petit but d’avance. Pire encore, quelques secondes après le but, ils se retrouvent à court d’un homme, mais Peng Ji (qui n’était pas monté sur la glace de la période) voit son tir contré au dernier moment et passer de peu au-dessus du but.

Dès l’âge de dix ans, il se fait remarquer lors d’un tournoi international à Ottawa. C’est la première fois que des équipes chinoises (Harbin, club de Ziyang et Qiqihar, autre place forte du hockey chinois) participaient à ce tournoi et le petit Ziyang et sa crosse en bois se fait remarquer par sa vitesse de déplacement et son sens du but. Il ne cessera jamais de s’adonner à sa passion intégrant depuis le réputé « Harbin Institute of Physical Education » où il se spécialise bien sûr dans l’enseignement du hockey sur glace. Double champion du monde de D3 en U18 et U20, il participe la saison passée au titre de D2B des séniors en marquant 4 points dont 3 buts et se retrouve logiquement dans le groupe pour Jaca. Placé sur la troisième ligne, celle des « gamins », il inscrit ce soir son premier but de la compétition. Un joueur à suivre donc pour la Chine qui va s’ouvrir prochainement à la puissante KHL (NDLR : la franchise chinoise de KHL a annoncé depuis qu’elle ferait appel à 40% de joueurs chinois dans son effectif).
Du coup, l’enjeu est nettement remonté d’un cran lorsque démarre la troisième période. Plus que la médaille un temps espérée, les Islandais en viennent à s’inquiéter pour leur maintien. La tension monte aussi d’un cran, et si les Chinois sont peu adeptes de la mise en échec, c’est peut-être parce qu’ils ne maîtrisent pas bien cet art-là : Xijun Cui charge ainsi dans le dos et contre la bande Alengård, offrant ainsi deux minutes de supériorité stérile aux Islandais. Puis ce sera au tour de Johann Leifsson, auteur d’un doublé, de rejoindre le banc des pénalités pour un cinglage évident. Ainsi à court d’un homme, les Faucons vont profiter d’une belle interception de Pålsson à la neutre qui lance Emil Alengård qui, à la suite d’un joli « move », glisse la rondelle derrière la ligne de but (6-4, 44’08 »). Pour le buteur, c’est la joie de redonner un peu d’air aux siens, mais pour le passeur, la joie n’est pas moindre d’enfin rééquilibrer la balance après tous ses malheurs depuis deux jours.

Dominants dans le jeu, les Islandais auront à chaque fois été victimes de relâchements coupables qui auront permis à des Dragons pourtant timorés d’espérer accrocher un résultat favorable. De ce match vient peut-être de se décider le nom du relégué, mais nous ne sommes sans doute pas au bout de nos surprises.
Islande – Chine 7-4 (3-2, 2-2, 2-0)
Dimanche 10 avril 2016 à 16h30 au Pabellón de Hielo de Jaca. 250 spectateurs.
Arbitrage de Yuriy Oskirko (RUS) assisté de Sergio Biec (ESP) et Daniel Hynek (TCH).
Pénalités : Islande 14′ (2′, 4′, 8′), Chine 14′ (4′, 2′, 8′).
Tirs : Islande 47 (15, 14, 18), Chine 21 (6, 7, 8).
Évolution du score
1-0 à 03’28 » : Leifsson assisté d’Alengård et Helgason
2-0 à 12’27 » : Andresson assisté de Gudnason et Sigrunarson
2-1 à 12’35 » : T. Xia assisté de Chen
3-1 à 17’41 » : Leifsson
3-2 à 19’40 » : Zhu assisté de C. Zhang et Yang
4-2 à 20’12 » : Sigurdarson assisté de Sigurdsson et Jonsson
5-2 à 24’03 » : R. Hedström assisté de Helgason et Jonsson (sup. num.)
5-3 à 28’00 » : Yang
5-4 à 35’32 » : C. Zhang
6-4 à 44’08 » : Alengård assisté de Pålsson (inf. num.)
7-4 à 58’34 » : Sigurdarson assisté de Sigurdsson (sup. num.)
Islande
Attaquants :
Andri Mikaelsson – Björn Sigurdarson – Rob Sigurdsson (A)
Robin Hedström – Emil Alengård (A) – Johann Leifsson
Hafthor Sigrunarson – Ulfar Andresson – Falur Gudnason
Jonas Breki Magnusson – Bjarki Johannesson – Hjalti Johannsson
Défenseurs :
Ingvar Jonsson (C) – Ingthor Arnason
Robert Pålsson – Andri Helgason
Orri Blondal – Ingolfur Eliasson
Bergur Einarsson
Gardien :
Snorri Sigurbergsson puis Dennis Hedström à 20’00 »
Chine
Attaquants :
Xijun Cui – Chongwei Wang (C) – Hao Zhang (A)
Ling Chen (A) – Peng Ji puis Jiachang Bao à 20’00 » – Tianxiang Xia
Ziyang Zhu – Zesen Zhang – Cheng Zhang
Hengnan Lu – Jiachang Bao puis Peng Ji à 20’00 » – Hang Li
Défenseurs :
Qing Liu – Zhengyu Li
Mingxi Yang – Tianyu Hu
Jiaqi Zhang – Chao Wen
Jiasiteng Wu – Tianyi Guang
Gardien :
Shengrong Xia puis Zehao Sun à 24’03 »







































