Les Lions de Wasquehal organisent à nouveau le carré final de Division 3, onze ans après une première place d’un podium qu’ils n’avaient pu atteindre en 2024, cumulant alors les défaites en terres dijonnaises. Pour atteindre l’objectif d’une remontée immédiate en Division 2, il leur faut croiser le fer avec des Boucaniers de Toulon nullement
Les Varois, qualifiés en quinzième position à l’issue de la première phase, auraient pu traverser la France dès les huitièmes de finale, terminant à égalité de points avec Gap, pourtant vainqueur du dernier match sur la Rade en prolongations. Ils ont connu des déplacements plus courts, à Avignon puis à Nîmes, mais ils n’ont pas manqué de sang-froid lors du quart de finale face à des Krokos rattrapés à l’aller dans les dix dernières minutes et vaincus au retour à cinq secondes de la fin par un filet victorieux de Kevin Richard. Comme la réserve caennaise, leur passé à ce niveau est très fourni, la dernière expérience du Hockey Club de l’Aire Toulonnaise se soldant en 2019 par une quatrième place, loin du titre glané en 2010 par le trio Merbah – Autran – Anaïs, présent ce soir sous les ordres du manager général Richard Brodeur, lui aussi champion sur la glace à l’époque.
Chez les locaux, l’inconnue tenait en la présence du défenseur Matteo Toneatto, exclu lors du dernier match, et finalement aligné au contraire de son partenaire de l’arrière Marc-Antoine Herbet, en attente d’un heureux événement. L’entraîneur-joueur François Piquet ayant toujours le bras en écharpe, après avoir manqué le carré final 2015 pour cause de blessure ligamentaire, il a fait appel au Belge Thibault Verschaeve sur le second duo. Les hommes du coach polonais Jacek Szopinski doivent eux se passer pour un soir de leur buteur O’Brian Brodeur, suspendu, et présent en tenue civile auprès du staff varois. Les deux formations investissent une glace où dans l’après-midi la réserve de Briançon a devancé d’une courte tête son homologue de Caen (2-1).
Les Nordistes arborent une tenue rappelant celle des Oiers d’Edmonton, de quoi inspirer les flèches lettones lors de l’infériorité créée par un coup de genou de Diedrichs avant la fin de la première minute, et facilement effacée car la relance adverse est alors perfectible. Le bâton de Tristan Mareschal ne sert ainsi qu’une fois, peu avant le retour du banni. De l’autre côté, lancé plein axe par Clef, Polakovs trébuche et emporte Matej Dubravsky dans son élan (photo ci-dessous). Les Boucaniers font preuve d’abnégation et de puissance dans les duels, épargnant leur Slovaque : l’essai de Zaprivoda est contré, celui de Clef excentré et de loin Toneatto trouve le casque du portier.
Alors que le vétéran russe Kuzkin et ses 47 ans se fraient un chemin dans le territoire nordiste, Otto Polakovs subit un coup de sifflet. Le jeu de puissance varois s’installe plus facilement, Autran de volée a l’occasion de faire passer un frisson, cependant trop seul car le contrôle du patin de Martin-Jaubert se transforme en dégagement interdit. Zaprivoda transmet dans son dos au revenant Polakovs, dont l’accélération met à mal le bloc toulonnais, sans pour autant faire mouche, le numéro 9 étant même bousculé par Kuzkin. Le palet remis en jeu, il se venge sur Thao Martin-Jaubert sous les yeux d’un arbitre impitoyable. La faute sifflée à l’encontre de Brodeur dans la continuité de l’action a au moins le mérite de tempérer un public courroucé. La tension est vite de retour, car les interventions physiques et les arrêts de jeu agrémentés de discussions se succèdent, les sanctions n’étant pas à l’avantage de Métropolitains gênés par un opposant avide de tenter sa chance dès la ligne bleue franchie. Otto Polakovs râle après avoir été freiné devant le banc des Boucaniers, tout comme Aurélien Zajac dans les secondes suivantes. Entre deux échanges de palabres, Autran parvient à lancer vers un Mareschal concentré, mais une charge incorrecte de Thomm oblige les Lions à terminer la période en infériorité, non sans que leur gardien n’ait fermé la porte à Kevin Richard.
La reprise du jeu est pour le moins cocasse : deux Toulonnais se percutent… mais voient leur partenaire Willy Autran partir sur la gauche, sans pouvoir toutefois profiter des espaces. Dans la continuité Polakovs s’échappe sur la droite, d’où un défenseur le contrarie également. Wasquehal gâche une occasion à trois contre un, ce qui n’empêche pas sa montée en puissance. Polakovs percute une deuxième fois un Dubravsky pris d’assaut, notamment par Alekss Simanovičs. La défense, pressée par l’énergique Berquet, concède deux dégagements interdits de suite, et voit les vagues se succéder (neuf tirs en moins de cinq minutes). Elle ne ménage pas ses efforts pour réparer un rare impair de son gardien, car Aurélien Zajac ne peut profiter d’une sortie ratée. Toulon subit mais passe près de l’ouverture de la marque sur son deuxième tir de la période, Mareschal s’interpose devant Yann Arrighi trouvé face à la cage.
Dubravsky continue pour sa part le show devant Polakovs, vainqueur d’un duel dans le coin pour combiner avec Zaprivoda et prendre le temps de feinter, en vain, son ultime adversaire. Le gardien n’est nullement surpris quand Lagrise essaie de contourner sa cage, ni par un lancer de Thomm dès l’engagement et une reprise sans contrôle de Simanovičs. La faute de Nathan Thomm en zone offensive peut lui donner du répit, d’autant que le capitaine Joris Fougera allume la mèche de l’attaque massive. Cependant ses arrières s’illustrent encore par leur repli défensif, les infériorités numériques étant souvent l’occasion pour les Lions de trouver des failles dont raffolent des attaquants en manque de réussite. La domination reprend pour la fin de tiers : Aleksandrs Zaprivoda rate le cadre, Matteo Toneatto voit son slap dévié, Polakovs est déjoué par un réflexe de la mitaine alors qu’il croyait au but (35’21″). Les Nordistes bénéficient même de leur première supériorité car Jeffrey Sidoit commet une charge trop appuyée au pressing, 37 secondes avant un faire-trébucher de Yann Arrighi sur Adamczak. La reprise instantanée de Polakovs est bien lue par Dubravsky, solide lorsque Zaprivoda s’avance et bien placé pour fermer la porte à Simanovičs, qui avait pris soin de le fixer.
La pause n’affecte pas la détermination wasquehalienne. Dès l’engagement, Aleksandrs Zaprivoda transperce le dispositif toulonnais. Le palet rôde autour de la cage et ressort vers Mattéo Toneatto à la bleue pour un lancer victorieux qui surprend Dubravsky (1-0 à 40’19″). Soulagement de courte durée car les Boucaniers sont dangereux à leur tour, le rebond du tir de Harivel est repoussé sur Sidoit, pressé par un défenseur. Posté derrière le but, Arrighi isole son arrière Krivochtchekov, qui bute sur Mareschal, encore bien présent sur une contre-attaque Quattrini – Merbah. Hervé Marivel a lui l’occasion de rétablir l’égalité. Mareschal est solide, mais une échauffourée s’ensuit entre Jean-Baptiste et Sidoit, à l’issue de laquelle ce dernier est exclu (50’25″). Coup de semonce sur la tête des Varois, obligés de courir après une rondelle qui transite entre les crosses de Lions prudents. Alekss Simanovičs temporise dans la neutre, pour accélérer soudainement, une énième crosse adverse contrecarre ses plans, et lorsqu’il réédite un raid solitaire Dubravsky se rappelle à son bon souvenir, étant secouru par ailleurs par sa défense lorsqu’Adamczak convoite un rebond.
En position de dernier défenseur, ce dernier est ensuite accroché par Kevin Richard qui dans la confusion dispose de l’opportunité de rétablir la parité. Hélas pour eux, il s’agissait de la dernière chance de Toulonnais à nouveau sanctionnés sur une crosse haute de Merbah. Les discussions et le temps-mort demandé par leur banc rallongent d’autant plus la soirée. Aidé du poteau droit face à Zaprivoda, le brillant portier voit la pénalité tuée et ses équipiers tenter de repartir de l’avant. Toutefois Erwan Jean-Baptiste ferme l’entrée de la zone, remonte le palet sur la droite et clôt les espoirs d’adversaires en manque de ressources sur la fin de rencontre (2-0 à 56’50″). Dans une rencontre tendue, Wasquehal a su prendre la mesure d’un adversaire accrocheur porté par un dernier rempart auteur d’une quarantaine d’arrêts, pour prendre provisoirement la tête du carré final.

Wasquehal – Toulon 2-0 (0-0, 0-0, 2-0)
Vendredi 8 mai 2026 à 20h00 à la patinoire Serge Charles. 400 spectateurs.
Arbitres : Julien Le Monnier assisté de Tristan Le Roy et Mathieu Albrespy-Chery.
Pénalités : Wasquehal 16′ (10, 2’, 4’), Toulon 37’ (2’, 4′, 6’+5’+20’).
Tirs : Wasquehal 44 (10, 25, 9), Toulon 31 (14, 8, 9).
Évolution du score :
1-0 à 40’19″ : Toneatto assisté de Polakovs
2-0 à 56’50″ : Jean-Baptiste
Wasquehal
Attaquants :
Aleksandrs Zaprivoda – Otto Polakovs – Lucas Clef
Martin Lagrise (A) – Aurélien Zajac – Hamish Diedrichs
Raphaël Berquet – Yaïno Adamczak (A) – Nathan Thomm
Défenseurs :
Alekss Simanovičs – Matteo Toneatto (C)
Erwan Jean-Baptiste – Thibault Verschaeve.
Gardien :
Tristan Mareschal
Remplaçants : Aymeric Denis (G), Quentin Zimmermann, Ilyes Dauvergne. Absents : François Piquet (épaule), Marc-Antoine Herbet.
Toulon
Attaquants :
Emmanuel Anaïs – Steven Brodeur – Kevin Richard
Jeffrey Sidoit – Hervé Harivel – Louis Siraudin
Yann Arrighi – Valérian Quattrini – Thomas Merbah (A)
Thao Martin-Jaubert
Défenseurs :
Joris Fougera (C) – Willy Autran (A)
Maxence Dautemer – Thibault Geffroy
Alexei Kuzkin – Miroslav Krivochtchekov
Gardien :
Matej Dubravsky
Remplaçants : Jason Gibson (G), Matéo Diez, Nathan Chamard, Nolann Chamard. Absent : O’Brian Brodeur (suspendu).










































