L’analyse de la semaine: le point sur les 31 équipes

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Chaque semaine sur Hockey Archives nous analyserons en détail les performances d’une équipe… mais toujours pas cette fois-ci. Aucune équipe n’a encore joué 10 rencontres, aussi allons-nous prendre le temps de faire un rapide état des lieux pour chacune d’entre-elles.

Il est déjà possible de voir que de jours en jours, les équipes se rapprochent de la normalité historique, aussi bien en termes de jeu produit (ici les buts anticipés) et surtout de la réussite (l’indice PDO). La moitié des franchises se retrouvent désormais dans le rectangle vert où finissent toutes les équipes depuis 10 ans. C’est bon signe. Cela signifie que les effets d’artifice d’un début en fanfare/catastrophique se dissipent et on y verra bientôt beaucoup plus clair sur les forces en présence.

Division Métropolitaine

New jersey connait un début de saison quasi idyllique pour une équipe qui devrait être en reconstruction. En réalité, le renouveau est surtout offensif, où les nouveaux venus font beaucoup de bien. Aux côtés de Taylor Hall (9 points en 8 matchs), Will Butcher, Nico Hischier et Jesper Bratt ont vite trouvé leurs marques en NHL. La possession est faible mais l’attaque maximise ses opportunités, quitte à ouvrir les vannes en défense. De ce côté-ci, Corey Schneider tenait la baraque jusqu’à sa blessure. Ce beau départ ne durera certainement pas, mais New Jersey parait plus avancé que prévu.

Pittsburgh est deuxième de la division mais doit-on s’inquiéter ? Quatre de leurs cinq victoires ont été acquises par un but d’écart et les Pens ont été corrigé deux fois (10-0 contre Chicago et 7-1 contre Tampa Bay). Le gros point noir est la défense, la pire de la ligue pour les tentatives de tirs accordées et 30e pour les buts anticipés contre. C’était déjà le cas l’an dernier mais l’attaque ne compense pas pour l’instant comme dans le passé. Pittsburgh joue un jeu dangereux, surtout que les gardiens sont à la peine, signant le pire taux d’arrêts de la ligue. Antti Niemi a même été soumis au ballottage ce lundi.

Philadelphie démarre bien… mais attention au retour de bâton. Les résultats des Flyers sont largement boostés par le meilleur taux d’arrêts de la ligue (surtout dû à Michael Neuvirth) et le 3e PDO au total. Les stars offensives sont toutes sur un nuage qui ne pourra durer, surtout que l’équipe ne se crée, comme l’an passé, que peu d’occasions en attaque. La baraque est plus solide derrière mais rien d’exceptionnel. Qu’importe, les Flyers construisent tranquillement autour des jeunes.

Columbus est l’une des valeurs sûres de ce début de saison. 3e taux de possession et 2e pour les buts anticipés, les Jackets sont solides devants et derrière. Seul Dallas accorde moins de tentatives de tirs à l’adversaire et, en plus, Bobrovsky tient la route sans être en surchauffe. Que les Jackets n’aient plus besoin de leur gardien pour gagner est un très bon signe pour eux.

Les NY Islanders font mieux que prévu. L’équipe mise surtout sur la qualité, en attaque comme en défense et les gardiens font un gros travail à 5 contre 5. De quoi, peut-être, lutter pour une Wild Card si cela continue.

Washington inquiète. Ovechkin Backstrom et Kuznetsov avaient enflammé la ligue en début de saison mais, depuis, c’est le retour à la normale. Car tous les indicateurs de jeu sont dans le rouge. La perte de Justin Williams et Marcus Johansson, deux bons joueurs de palet, fait mal. La blessure de Matt Niskanen encore plus. La ligne bleue des Caps est bien jeune et les trous paraissent.

Carolina continue de connaître les mêmes travers. Le jeu de possession demeure solide, 6e de la ligue, mais l’attaque peine à se créer des chances de qualité et la réussite (ou le talent) n’est toujours pas au rendez-vous. La défense se positionne, elle, fermement dans le top5 de la ligue mais le gardien Scott Darling fait piètre figure. Résultat des comptes, 3 victoires et 3 défaites. À voir si Darling redresse la barre.

Les NY Rangers ne sont tout simplement pas au rendez-vous. La cause principale est une attaque famélique, 27e pour les tentatives obtenues. Et si les attaquants des Rangers avaient l’habitude de capitaliser sans pitié ces dernières années, la réussite les fuit pour l’instant. Alain Vigneault jongle constamment avec ses trios sans trouver de solution. La défense revampée ne parvient pas à tenir l’adversaire à distance et Lundqvist semble malheureusement confirmer son déclin.

 

Division Atlantique

Tampa Bay connait exactement le départ souhaité par ses dirigeants après la déception de la saison dernière. Mais attention à la mauvaise surprise. Les succès du Lightning doivent beaucoup (trop) à son duo de feu Kucherov-Stamkos. Les deux caracolent en tête des pointeurs de la ligue avec 18 et 16 points en 9 matchs. Leur trio et celui de Yanni Gourde dominent mais le reste de l’effectif est à la peine. Défensivement, les largesses sont nombreuses et Tampa fait pâle figure au 25e rang de la ligue pour les buts anticipés. Par vraiment le CV d’un futur champion. Le PDO de 104.9 (2e de la ligue) va finir par retomber et personne ne s’attend à ce que Stamkos connaisse une saison de 160 points… Mais John Cooper a largement le temps d’apporter les modifications nécessaires et les points en banque sont tout bénéfice.

Toronto vrai prétendant ? Il est bien trop tôt pour en parler mais les Leafs font peur. 5e pour la possession comme pour les buts anticipés, aucune autre attaque ne se crée autant de chances de marquer dans la ligue. La défense est toujours poreuse mais cela importe peu vu le feu d’artifice offensif. Et si celui-ci va sans doute se calmer un peu avec le temps, Andersen devrait, en contrepartie, fournir un meilleur travail dans les cages au fur et à mesure de la saison.

Ottawa, le « système » continue de fonctionner. 21e attaque et 29e défense pour les tentatives de tirs, la troupe de Guy Boucher fait à peine mieux en termes de qualité. La trappe mise en place pour couper les jambes de l’adversaire en zone neutre n’est pas des plus attrayantes pour le spectateur mais a au moins le mérite de ralentir l’adversaire. Ottawa s’en remet tout de même à la belle réussite aux tirs de ses attaquants, qui ont passé 6 buts à Calgary et Edmonton, mais qui ne durera pas. Même si Karlsson est revenu, et fait des miracles, les Senators continuent de jouer à la roulette russe avec leur destin.

Détroit confirme que la saison sera longue. Le jeu est pauvre, 28e pour les buts anticipés. Mike Green a beau avoir 11 points, cette équipe n’a pour ainsi dire qu’un seul trio valable. Au moins les jeunes Anthony Mantha et Martin Frk confirment leur potentiel.

Boston n’est pas épargné par les blessures. Le chef d’orchestre Patrice Bergeron a enfin joué la semaine dernière mais Tukka Rask a subi une commotion. Collectivement, les Bruins ont visiblement reculé d’un cran cette saison, surtout offensivement. À voir si l’absence de Bergeron en était la cause ou si le mal est plus profond.

Florida surprend mais cela est surtout l’affaire de 3 joueurs. Le trio de Barkov – Dadonov – Huberdeau est un rouleau compresseur sur la glace et une forteresse défensive propre à annihiler les meilleurs trios adverses. Vincent Trocheck engrange les points en attaque mais subit la plupart du temps le jeu. Le manque de profondeur des Panthers explique certainement en partie leur fiche moyenne et Luongo en arrache dans les buts.

Buffalo semble toujours loin du compte et ce n’est pas une surprise. Aucune équipe ne tire aussi peu au but que les Sabres, qui sont, au bout du compte, dernier de la ligue pour les buts anticipés. Les leaders en attaque, Eichel, Kane, Pominville et O’Reilly ont beau marquer, l’équipe subit le jeu soir après soir. Et les performances médiocres des gardiens n’arrangent rien. L’année sera longue pour les Sabres.

Montréal est dans un sale pétrin. Les quatre premiers matchs avaient été un mélange de matchs maitrisés gâchés par une malchance incroyable, mais les quatre suivant, dont un triptyque en Californie qui ne pouvait pas plus mal tomber, ont mis à mal une équipe déjà chancelante faute de victoire. Après 8 rencontres, Montréal est une équipe qui gagne la bataille de la quantité mais perd celle de la qualité. Pas dans des proportions inquiétantes mais son PDO pitoyable de 91.5 rend tout succès impossible. Le palet finira bien par rouler du bon côté, les buts contre son camp arrêteront de pleuvoir et Carey Price prouvera qu’il n’est pas le pire gardien de la NHL mais le temps est compté pour les Habs. Le retard concédé est déjà important et le retour au Centre Bell pour trois matchs cette semaine est déjà une question de vie ou de mort.

 

Division Centrale

St Louis fait du Mike Yeo tout craché. Les Blues laissent le palet à l’adversaire (20e possession de la ligue) mais construisent leur jeu à partir d’une forteresse défensive. St Louis est, de loin, la défense la plus étanche pour les buts anticipés contre. Ajoutez à cela un départ canon des gardiens Jake Allen et Carter Hutton et les Blues rognent point après point. Mais lorsque les cerbères seront revenus à un niveau normal, le PDO de 103.8 va redescendre et on verra alors à quel point les Blues peuvent rivaliser dans cette division.

Chicago répète la même recette que la saison passée, à savoir un départ canon mais trompeur. La volée 10-1 infligée à Pittsburgh est une parfaite illustration. Les Pens jouaient un deuxième match en deux soirs et avaient voyagé dans la nuit, tout en alignant Antti Niemi dans les buts pour commencer… Dans le jeu, les Hawks viennent à un pauvre 24e rang pour les buts anticipés et peuvent remercier Corey Crawford qui sauve une nouvelle fois les meubles, et des tireurs bien vernis. Le PDO de Chicago est toujours le meilleur de la ligue à 105.9 mais imaginez qu’il était à 115 il y a quelques jours! Le club redescend rapidement sur terre et attention à l’atterrissage. Jonathan Toews a retrouvé du plaisir avec Brandon Saad mais la défensive est un véritable chantier à ciel ouvert.

Dallas est une autre bonne surprise de ce début d’année. Avec tous les mouvements de l’été, il ne pouvait en être autrement… Ken Hitchcock a immédiatement imposé sa patte défensive sur le club et personne n’accorde moins de tentatives de tirs dans la ligue. Il fait confiance au jeune Esa Lindell aux côtés de John Klingberg et Marc Methot se balade ici et là. Le décrié Julius Honka a enfin sa chance dans un rôle limité et Ben Bishop fait du bon travail dans les cages. D’autant plus que l’attaque n’est pas en reste. Collectivement, les Stars font forte impression, au-delà des attentes, et si la domination a été stérile un petit moment, les efforts payent leur fruit avec quatre victoires consécutives.

Nashville survit aux blessures. Les Preds, qui doivent faire sans Ryan Ellis, ont également dû jouer sans Roman Josi. Qu’importe, Subban et Ekholm ont fait le boulot. Défensivement, c’est efficace et Rinne joue bien. L’attaque a plus de mal à transformer sa possession en chances dangereuses mais ce problème est bien connu de l’équipe.

Winnipeg et les attentes déçues. La saison est encore très jeune mais nous mettions en garde cet été dans ces pages sur les faux espoirs suscités par les Jets. Ils sont 29e de la ligue pour la possession et 27e pour les buts anticipés. L’attaque, surtout, est anémique, seuls Buffalo et le Wild tirent moins au filet que les Jets, ce n’est pourtant pas faute de posséder une somme de talents impressionnants dans le top6. Comme l’an passé, le système de jeu est plus que problématique et aucune solution visible n’a été apportée.

Colorado avait bien débuté mais redescend déjà de son nuage. Les Avs ne semblent pas aussi terribles que l’an passé mais appartiennent quand même au dernier tiers de la ligue. Varlamov joue du très bon hockey mais le talent manque en profondeur.

Minnesota s’accroche, en dépit des blessures. Niederreiter, Parise, entre autres, manquent à l’appel et Dubnyk n’est pas franchement convaincant pour l’instant. Pire taux de possession de la ligue, le Wild tente, comme l’an passé, de compenser par un contrôle ultra rigoureux des chances adverses. Cela fonctionne plus ou moins pour le moment. Si Dubnyk retrouve son niveau, Minnesota pourra repartir de l’avant.

 

Division Pacifique

Los Angeles est de retour en haut du classement, mais la recette a changé. Le nouveau coach John Stevens a redonné du mordant à une attaque inefficace mais cela l’a aussi contraint à desserrer la légendaire muraille défensive de Daryl Sutter. L’époque des Kings rouleau compresseur méthodique est révolue et cette édition-ci a davantage de fun en elle. Ceci est symbolisé par le grand écart entre la seconde attaque de la ligue mais la pire défense pour les buts anticipés. En bref, ça canarde de partout et si la balance est pour l’instant positive, le début de saison de Jonathan Quick y est pour beaucoup. L.A a le 4e PDO de la ligue et il faut s’attendre à ce que les tireurs ralentissent également.

Vegas a 6 victoires et une seule défaite ! Qui l’eut cru? Réponse : la NHL qui a concocté aux Knights un calendrier aux petits oignons. En 8 matchs, Vegas n’a joué que deux équipes ayant participé aux séries l’an passé : Boston et St Louis, pas vraiment des superpuissances. Et cela pourrait même continuer alors que d’ici la mi-novembre, seul Toronto fait vraiment peur parmi les adversaires de la nouvelle franchise. De quoi susciter un peu d’espoir pour les partisans dans le désert car le jeu est bien pauvre. Avec seulement 42% des buts anticipés (30e de la ligue), Vegas doit depuis le départ son salut à ses gardiens, même si ceux-ci tombent au combat les uns après les autres. Les choses devraient rapidement se corser pour les coéquipiers de Bellemare.

Vancouver bénéficie également d’un calendrier très clément. Depuis l’ouverture de la saison contre Edmonton, les Canucks ont affronté deux fois Ottawa, Winnipeg, Calgary, Boston, Buffalo et Détroit… De quoi engranger quelques victoires. Le nouveau coach Travis Green mise sur un jeu au ralenti, faute de pouvoir compter sur suffisamment de talent devant, mais ce qui permet de limiter la casse derrière. Vancouver est ainsi, de loin, l’équipe avec laquelle il se passe le moins de chose sur la glace… À voir le résultat face à des équipes d’un niveau supérieur.

San Jose n’est pas fini. Annoncés chaque saison sur le déclin, les Sharks produisent l’un des plus beaux jeu de ce début de saison. Meilleur taux de possession de la ligue, la défense est étanche et l’attaque incisive. Ralentis au début par une réussite en berne (ils ont encore le 28e PDO de la ligue à 94.7), la situation se normalise doucement et les victoires arrivent.

Calgary, ou l’autre déception canadienne programmée avec Winnipeg. La recette est malheureusement identique à l’an dernier. Backlund – Tkachuk – Frolik font du très bon travail, sans compter la paire Giordano-Hamilton, mais le reste de l’équipe tire la langue. Gaudreau et Monahan gardent à peine la tête hors de l’eau mais défensivement c’est toujours aussi risqué. Deux des quatre victoires sont le fruit d’un blanchissage et une autre a été arrachée aux Kings en prolongation. Pas de quoi soulever grand enthousiasme pour l’instant. Et Jagr est blessé…

Anaheim et son infirmerie. Lindholm revient au jeu mais Cam Fowler l’y remplace. Sans Vatanen, après le départ de Theodore, cela fait beaucoup de trous et seul Pittsburgh accorde plus de tentatives de tirs dans la ligue. Heureusement que John Gibson réalise un très bon début de saison mais Anaheim prend du retard sans que Randy Carlyle ne s’ajuste. Peut-il seulement ? Ce n’est pas vraiment dans son ADN de coach.

Edmonton, déception ? Oui et non. Les Oilers jouent essentiellement de malchance avec la pire réussite aux tirs de la ligue et le 29e PDO. Dans l’ensemble, les Oilers font plutôt bonne impression, offensivement et défensivement, au point d’avoir le meilleur taux de buts anticipés de la ligue ! Les résultats devraient donc suivre dès que la puck roulera dans le bon sens et que Talbot jouera à son niveau. Cependant, à y regarder de plus près, on constate encore une équipe à deux vitesses, avec et sans McDavid. Celui-ci est sur une autre planète, et avec lui sur la glace les Oilers semblent inarrêtables. Mais sans lui le résultat est bien moins flatteur et tous les doutes sur le manque de profondeur de l’équipe ressurgissent.

Arizona, seule équipe sans victoire… Les Coyotes souhaitaient pourtant passer la marche avant mais c’est bien difficile. Raanta a été blessé mais ses premiers matchs étaient désastreux. La défense est un gruyère et l’attaque encore inefficace. Clayton Keller a beau épater avec ses 8 points en 8 matchs, cela semble encore une saison de défaites pour les Yotes.

 

 

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