La Suède a réussi son entrée dans le tournoi et espère enchaîner un deuxième match. Patrik Hersley, malade, cède sa place à Rasmus Dahlin : on se dit que le futur numéro 1 de la draft NHL va ajouter un peu d’attractivité à la Tre Kronor, mais dans les faits, le plus jeune olympien de l’histoire suédoise (17 ans) ne fera que quelques présences.
L’Allemagne fait tourner son effectif avec Timo Pielmeier dans les cages. La Suède change aussi de gardien, et après le blanchissage de Fasth contre la Norvège, Jhonas Enroth fait son entrée.
La première occasion du match est un tir dangereux de Felix Schütz, repoussé par les bottes d’Enroth. La contre-attaque suédoise est alors fulgurante : Patrik Zackrisson trouve l’intervalle en zone neutre entre Hördler et Macek pour envoyer Viktor Stålberg en échappée dans leur dos. L’ailier de Zoug bat Pielmeier bat côté plaque et ouvre le score après exactement deux minutes de jeu.
L’Allemagne a l’occasion de répliquer lorsque Lindholm fait un croche-pied à Plachta. Un tir croisé de Dominik Kahun à mi-hauteur ricoche alors sur le poteau. Un tir de la bleue du néo-défenseur Yannic Seidenberg (150e sélection) passe juste à l’extérieur du filet. La partie est en fin de compte très équilibrée, mais le but d’écart initial fait la différence.
La Suède met la pression dans la zone offensive dès le coup d’envoi de la deuxième période : lancer d’Ahnelöv sur la barre transversale et faute de Seidenberg sur Omark. Sur l’air de la danse des canards qui plaît tant aux supporters allemands, leur équipe passe cette infériorité numérique sans encombres. Compacts et agressifs quand il le faut sur le porteur du palet, les Suédois sont tout aussi compétents pour tuer une pénalité pour crosse haute de Bertilsson. L’Allemagne n’est pas vernie non plus puisqu’un lancer de la ligne bleue de Moritz Müller heurte également la transversale, avant de retomber devant la ligne.
À cause de son patinage passif, Ehrhoff est dépassé par Stålberg et le fait trébucher. L’orfèvre Linus Omark continue de distribuer le jeu en avantage numérique, mais ses coéquipiers n’en profitent pas. Les Allemands perdent toutefois Fauser, rentré aux vestiaires après avoir pris un palet dans le corps.
Le banc de la prison continue de chauffer car Plachta donne un coup de crosse à Kronwall. La Suède n’arrive même plus à s’installer, et quand elle attaque enfin, Lindholm est sanctionné pour avoir retenu la crosse de son défenseur. Stålberg coince ensuite sa crosse dans les jambes de Hager sur la ligne rouge centrale, faute bête qui laisse les Scandinaves à 3 contre 5 pendant plus d’une minute ! Ils coupent bien le milieu et laissent des lancers d’angle : celui de Brooks Macek fait résonner le poteau.
Fransson fait trébucher Reimer qui avait de l’élan en zone neutre et l’Allemagne finit la période en avantage numérique. Les deux équipes savent faire bloc en défense : c’est tout ce qu’on retiendra de cette deuxième période hachée par les pénalités et pauvre en termes de construction du jeu.
Rien de nouveau sous le soleil du troisième tiers-temps. La scoumoune poursuit toujours l’Allemagne avec un quatrième son métallique, un poteau de Felix Schütz. Les Suédois jouent de manière physique et ne laissent pas d’espace, neutralisant son adversaire avec un jeu presque… germanique.
À 58’26 », une longue relance de Sinan Akdag lance David Wolf derrière Bertilsson : l’ailier de Mannheim bute sur le gardien mais obtient une pénalité sifflée contre le défenseur. Marco Sturm utilise alors son temps mort et sort son gardien pour engager à 6 contre 4. La lutte pour le palet est âpre et les Allemands n’arrivent à aucun moment à se dépêtrer de leurs adversaires. Une seule fois, Schütz reçoit le palet devant le gardien après une interception de la main ratée d’Ahnelöv, mais ses deux tirs du revers sont parés par Jhonas Enroth. Sur une ultime interception de Stålberg, Anton Lander rate la cage vide depuis le rond central, sans importance car la sirène retentit quatre secondes plus tard.
Deuxième victoire pour la Suède, deuxième blanchissage. On pourrait parler de performance défensive, mais les quatre poteaux ou transversales la relativisent. La Tre Kronor a certes su verrouiller après avoir mené au score, mais le match a été ennuyeux avec peu de mobilité et de qualité technique. Omark semble une lueur dans le désert. L’Allemagne aurait franchement mérité un point. La Suède inquiète offensivement, au point que Peter Forsberg – reconverti en expert pour la télévision – a fait la leçon à l’entraîneur national Rikard Grönborg en lui intimant de travailler le powerplay. Le derby face à la Finlande sera un vrai test pour cette équipe.
Commentaires d’après-match
Marco Sturm (entraîneur de l’Allemagne) : « Il nous a manqué une portion de chance. Nous avons eu les occasions, je ne sais combien de poteaux. C’était le deuxième meilleur match de mon mandat après la victoire contre la Lettonie à Riga [NDLR : en qualification olympique]. Nous avons joué un très bon hockey dans les trois zones et nous avons rivalisé tactiquement. Malheureusement, nous n’avons pas été payés. C’est parfois le cas en sport. Nous devons prendre le positif et montrer la même passion sur la glace contre la Norvège. »
Suède – Allemagne 1-0 (1-0, 0-0, 0-0)
Vendredi 16 février 2018 à 21h10 au Centre de hockey Kwandong. 3077 spectateurs.
Arbitrage de Timothy Mayer (USA) et Konstantin Olenin (RUS) assistés de Roman Kaderli (SUI) et Nathan Vanoosten (CAN).
Pénalités : Suède 10′ (2′, 8′, 0′), Allemagne 6′ (0′, 6′, 0′).
Tirs : Suède 26 (9, 9, 8), Allemagne 28 (7, 12, 9).
Évolution du score :
1-0 à 02’00 : Stålberg assisté de Zackrisson et Bergström
Suède
Attaquants :
Oscar Möller – Pär Lindholm (4′) – Joakim Lindström
Frederik Pettersson – Joel Lundqvist (C) – Dick Axelsson
Dennis Everberg – Anton Lander – Linus Omark
Alexander Bergström (+1) – Patrik Zackrisson (+1) – Viktor Stålberg (+1, 2′)
Carl Klingberg
Défenseurs :
Jonas Ahnelöv – Erik Gustafsson (A, 2′)
Staffan Kronwall (A) – Simon Bertilsson
Mikael Wikstrand (+1) – Johan Fransson (+1, 2′)
Rasmus Dahlin
Gardien :
Jhonas Enroth
Remplaçant : Viktor Fasth (G). En réserve : Magnus Hellberg (G), Patrik Hersley, John Norman.
Allemagne
Attaquants :
Yasin Ehliz – Dominik Kahun – Patrick Reimer
David Wolf – Marcel Goc (C) – Mathias Plachta (2′)
Felix Schütz (-1) – Patrick Hager (-1) – Brooks Macek (-1)
Marcus Kink (A) – Gerrit Fauser – Frank Mauer
Marcel Noebels
Défenseurs :
Yannic Seidenberg (2′) – Moritz Müller
Christian Ehrhoff (A, 2′) – Daryl Boyle
Frank Hördler (-1) – Sinan Akdag (-1)
Björn Krupp
Gardien :
Timo Pielmeier [sorti à 58’26 »]
Remplaçant : Dennis Endras (G). En réserve : Danny aus den Birken (G), Jonas Müller, Leonhard Pföderl.