Six équipes sur John Tavares

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Gros dossier de l’été, le capitaine des Islanders de New-York, John Tavares devra prendre une décision à propos de son avenir dans la semaine qui vient. L’attaquant de 27 ans est agent libre sans restriction pour la première fois de sa carrière et il peut par conséquent choisir sa destination comme il l’entend. Il a réduit le nombre de prétendants à six équipes qui ont tenté de lui vendre leur mérite cette semaine. Qui sont-elles ?

 

Il est certain que les 30 autres Directeurs Généraux de la ligue ont passé un coup de fil à l’agent de Tavares ces dernières semaines. Même si l’espoir était mince, mieux vaut ne pas regretter. Et franchement, ne pas au moins s’enquérir du contrat demandé par le joueur serait une faute professionnelle pour évaluer le marché des superstars alors que plusieurs gros noms pourraient être libres l’an prochain à pareille date.

Montréal était annoncée par exemple sur les rangs depuis près d’un an compte tenu du déficit notoire de centre numéro un et de la masse salariale disponible chez les Habs. Peine perdue, les Canadiens font partie des éconduits par le clan Tavares.

 

Les critères de Tavares

Avec 621 points en 669 matchs de saison régulière, et 22 en 24 de séries, John Tavares est l’un des meilleurs joueurs de la ligue. Un peu enterré à Long Island comme l’était Steven Stamkos en Floride avant le renouveau de Tampa, Tavares n’a pas l’aura d’un Crosby ou du Toews par manque de palmarès. Médaillé d’or aux Jeux Olympiques, Tavares doit vivre avec les déboires managériaux des Islanders depuis le début de sa carrière mais voit (enfin) l’opportunité de changer d’air pour des pâturages plus prometteurs.

Les Islanders ont certes vu du changement dernièrement. Le DG Garth Snow et l’entraîneur Doug Weight ont pris la porte. Snow possède un historique de coups bizarres et souvent ratés long comme le bras et les fans ont accueilli la nouvelle avec joie. On s’imagine d’ailleurs que les patrons des Isles en ont peut-être touché un mot à Tavares, histoire de ne pas le mettre de travers si le joueur était attaché à Snow… On ne sait jamais. Sont arrivés Lou Lamoriello aux commandes et le vieux roublard a rameuté l’entraîneur champion en titre Barry Trotz. De quoi stabiliser les bureaux du club. Un club qui compte aussi sur de bons jeunes joueurs, à commencer par Matthew Barzal, deux excellents espoirs dans les buts et une très bonne draft cette année. Si un nouveau printemps sans playoffs a pu échauder Tavares, au moins le futur semble prometteur. Sans oublier un arena flambant neuf dans quelques années.

On connait la loyauté des joueurs de hockey. Quelle superstar a volontairement changé d’adresse un 1er juillet ? Zdeno Chara pourrait bien avoir été le dernier mais il n’avait alors pas encore l’envergure qu’on lui connaît. Stamkos a hésité puis est demeuré dans ses pénates. Olivier Ekman-Larsson a resigné avant l’heure. Tout semble indiquer que Drew Doughty restera à Los Angeles… Il faut aussi bien s’imaginer humainement que quitter le seul club que l’on a connu adulte, depuis une dizaine d’années, où l’on est le centre de l’attention, peut être difficile. Déraciner sa famille, se lancer dans l’inconnu n’est pas dans la nature humaine.

Pourtant, Tavares pourrait bien être tenté. La raison ? L’envie de gagner. La frustration semble avoir atteint un point de non-retour et le Canadien souhaite plus que tout soulever la coupe Stanley. Si sa future ville inclut une belle qualité de vie et un salaire généreux, Tavares semble plus ouvert que jamais à appeler les déménageurs ce mois de juillet.

 

Six finalistes

Six équipes ont finalement été conviées cette semaine à Los Angeles, dans les bureaux de l’agence représentant Tavares pour soumettre leur proposition : Islanders, Toronto, San José, Dallas, Tampa Bay et Boston. Promesse de résultats, contrat, projet à long terme… Les DGs et entraîneurs de ces clubs se sont déplacés dans leurs plus beaux costumes pour tenter de convaincre le joueur.

Les Islanders restent des candidats de premier plan, et conservent même un atout de taille, celui de pouvoir offrir une 8e année de contrat, contre 7 pour les autres. Les changements récents suffiront-ils ?

L’éléphant dans la salle et le soupirant évident est Toronto. Tavares est originaire de la région, c’est son club de cœur. Les Leafs sont évidemment sur une pente ascendante et tout leur prédit de multiples chances de remporter la coupe ces prochaines années. Mike Babcock a coaché Tavares avec le Team Canada, l’équipe est jeune… Comment les Leafs pourraient se le permettre financièrement ? Et bien, Tyler Bozak et James van Riemsdyk sortent des livres de compte cet été. Une idée soulevée a été de proposer un maxi contrat d’un an cette saison puis un suivant beaucoup plus clément par la suite alors qu’il faudra aussi payer les Matthews, Nylander, Gardiner… On sait que Toronto a même inclus une vidéo dans son speech de vente, chose assez commune il faut dire. Des oreilles attentives ont entendu que la glace avait été refaite en urgence à Toronto le temps d’un tournage, des personnalités y sont allées de leur petit message pour encourager le joueur à faire le bon choix… Ou comment en mettre plein la vue en somme.

L’autre candidat sérieux est San José. Les Sharks sont d’éternels outsiders pour le titre et possèdent les dollars pour payer Tavares. Le cœur de l’équipe est dans son prime et plusieurs jeunes montent en puissance. Tavares y connaît plusieurs coéquipiers de Team Canada. Joe Pavelski y a été de son petit texto d’encouragement… Le projet sportif semble peut-être moins solide que Toronto mais San José aura sans doute plus de dollars et le soleil de la Californie pour elle. Sans compter une division Pacifique moins relevée que l’Atlantique…

Dallas a les dollars, les stars (sic) dans la force de l’âge, une défense jeune et prometteuse et l’absence d’impôt sur le revenu au Texas (même si le rôle du taux d’imposition est un mythe bien véhiculé, il existe bien des combines pour réduire l’imposition au Canada par exemple et concurrencer des états sans impôts comme la Floride ou le Texas). Les Stars ont néanmoins un passé sportif récent assez chaotique. Le nouveau coach n’a aucune expérience en NHL, la division Centrale est un cauchemar…

Boston serait le dernier candidat sérieux. Prestige de la franchise, une ville unique en Amérique, une équipe prête à gagner maintenant, les dollars disponibles. Encore ici, Tavares y retrouverait des partenaires de Team Canada en Patrice Bergeron et Brad Marchand. Mais l’équipe est quand même vieillissante et il semble difficile de placer Boston au même rang que les candidats précédemment cités.

Enfin, la wild-card reste Tampa Bay. Nul besoin de présenter le projet sportif en cours, le soleil de la Floride, l’absence d’impôt… Ce qui semble inconcevable c’est d’imaginer le Lightning se permettre le contrat de Tavares. Et pourtant, si Tavares vient, Tyler Johnson et ses 5,5M$ risquent de partir. Braydon Coburn et Dan Girardi prennent à eux deux 7M$ en défense qui disparaissent dans un an… Pour un Tavares, on s’arrange… Et celui-ci accepterait-il moins de dollars (moins imposé aussi) pour gagner ?

 

Décision imminente

Chaque équipe a eu deux heures pour proposer son projet en personne et le clan Tavares prend désormais le temps de la réflexion. Il semblait à un moment que Nashville et St Louis allaient également pouvoir lui parler au téléphone mais cela ne semble désormais plus le cas.

Le 1er juillet est dimanche. Tic tac.

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