Premier derby du sud-ouest cette saison, et des trajectoires un peu différentes pour le moment. Malgré une défaite 7-5 à Cergy ce week-end, Bordeaux confirme un bon début de saison avec notamment des victoires marquantes à Rouen et Angers, tandis qu’Anglet est englué en toute fin de classement avec autant de défaites que de matchs joués, et des remous en coulisses. Effectif restreint, distensions avec la présidence du club, et résultats en berne, l’Hormadi n’est pas au mieux avant de se déplacer à Mériadeck, où ils réussissent malgré tout bien habituellement.
Derby de vents contraires
On l’a dit, les Angloys ne se déplacent pas en Gironde sous les meilleurs auspices. 7 défaites en autant de matchs, et beaucoup de buts encaissés, à l’heure de rencontrer justement une équipe dont l’offensive est une satisfaction de ce début de saison.
Avec un seul gardien sur la feuille de match (le junior Maxime Loubier), les Basques attendent impatiemment que leur nouvelle recrue canadienne Matthew Robson soit apte et qualifiée. En attendant, l’équipe tente de faire le dos rond, dans un contexte tourmenté tant administrativement que dans l’aspect sportif, par ailleurs « pas prioritaire » pour la direction du club.
Ceci étant, les joueurs et le staff, eux, entament la rencontre, déterminés. Clément Fouquerel s’emploie rapidement, et à plusieurs reprises, face à la première ligne visiteuse, et cela donne le ton d’une partie que les Bordelais démarrent doucement, du moins dans les toutes premières minutes.
Ils réagissent toutefois, et à la suite de quelques escarmouches signées Aina Rambelo ou Loïk Poudrier, c’est Peter Valier qui sonne la charge sur une accélération côté gauche. Thomas Decock l’accroche et part sur le banc de pénalités. Il ne faut pas longtemps pour que le jeu de puissance se mette en place, et que Marc-André Levesque ne tente sa chance à la bleue. Peter Valier dévie devant la cage et ouvre la marque au bout de presque quatre minutes.
Pourtant, Anglet ne semble pas disposé à s’écrouler. Même si Hunter Warner allume une mèche que Maxime Loubier contrôle en deux temps, notamment par un plongeon suite à un rebond, Bordeaux et son adversaire du soir offrent un match équilibré, et tactiquement… débraillé.
Une crosse haute de Julien Guillaume amène une supériorité numérique à l’Hormadi, mais Arthur Larroque trouve Clément Fouquerel, tout comme Nicolas Arrossamena et Thomas Decock qui combinent bien mais tombent sur un Fouquy bien rentré dans son match. Fabien Colotti, en contre, rappelle les vert et blanc à l’ordre, tout comme Axel Prissaint. La pénalité est tuée, et le duo Karri Forsblom / Julien Guillaume nous offre une occasion qui se termine par le numéro 13 bordelais allongé sur la glace, réclamant un faire trébucher aux arbitres, qui ne bronchent pas.
Les deux équipes se rendent coups pour coups, et Hunter Warner vient amuser la galerie avec une charge, plutôt correcte mais assez puissante, qui explose le plexiglas derrière la cage. Pas de bobos basques, mais cinq minutes seront nécessaires pour que le matériel soit remplacé, et le ménage effectué sur la glace.
Anglet persiste sur l’engagement, et Thomas Decock, décidément en vue dans ce début de match, nous gratifie d’une très belle transversale, qui trouve Anton Vasilyev. Clément Fouquerel et sa botte veillent, tout comme sur le tir de Matyas Zelinger à la bleue.
Olivier Dimet le dira d’ailleurs en après match, son équipe est coupée en deux, avec beaucoup trop d’espace entre les lignes. Marc-André Levesque alerte Maxime Loubier, et c’est au tour de Niklas Salo de montrer son talent à Mériadeck. Petit mais tellement vif et malin, le Finlandais fait tournoyer la défense basque et se montre insaisissable, comme l’excellent Aleksey Polodyan en face d’ailleurs.
Le premier tiers se termine, Bordeaux mène 1-0 mais avec une marge de manœuvre réduite, malgré presque le double de tirs cadrés. Anglet reste à l’affût de la moindre erreur locale.
Le break
Même physionomie pour redémarrer le second acte, avec une pression initiale des visiteurs, et des Boxers qui réagissent. Nikita Jevpalovs teste Maxime Loubier par trois fois, puis ce sera au tour de Levesque ou de Bastien Lemaître de s’employer.
Le match manque un peu parfois d’intensité, et les Angloys sont toujours à portée. Pour autant, les Boxers continuent d’aller de l’avant et prennent l’ascendant au fur et à mesure que la partie avance. Avant la mi-match, Niklas Salo et Julien Guillaume se présentent quasiment seuls face à l’infortuné Loubier, qui oblige pourtant Guillaume à s’y reprendre à deux fois avant d’inscrire le deuxième but bordelais de la soirée.
Mathieu Pons sonne la rébellion des siens par une frappe de la ligne bleue, juste au-dessus. Sur l’action suivante, un tir bordelais bien stoppé par le portier de l’Hormadi, amène Hunter Warner à guetter un éventuel rebond laissé par Loubier. Un peu trop près du gardien au goût d’Olivier Dame-Malka qui commence à brasser le défenseur américain des Boxers. Les deux énergumènes terminent leur conversation en prison pour dureté.
Anglet ne démérite pas, et ne lâche pas le match. Une crosse haute de Fabien Colotti met les Basques à 4 contre 3. Thomas Decock, Aleksey Polodyan, ou encore Olivier Dame-Malka gardent Clément Fouquerel chaud sans convertir leurs chances.
À l’inverse c’est Maxime Legault qui trouve l’équerre peu après, tout comme Axel Prissaint dans les secondes suivantes dans un angle fermé. L’ancien défenseur gapençais convertit quand même sa chance suivante sous le bras de Maxime Loubier, aggravant la marque à 3-0.
Ça commence à devenir dur pour Anglet, qui accuse le coup et a même perdu Hugo Baron dans la bataille. Hunter Warner retente sa chance, suivi par une double occasion pour Kevin Spinozzi et Karri Forsblom, mais Maxime Loubier s’interpose.
Niklas Salo continue son œuvre dans l’échec-avant, et parvient à passer à peu près partout, en évitant même les charges de ses adversaires en passant entre eux et la bande. Anglet est au bord de la rupture totale, et Nicolas Arrossamena est sanctionné d’un retard de jeu. C’est bientôt la fin de ce second tiers, et on tente de subsister côté basque.
Hunter Warner et Olivier Dame Malka continuent leur explication du soir, après une frappe stoppée par Maxime Loubier, l’Américano-Bordelais se retrouve enchevêtré sur le gardien adverse, sans réelle malice, sauf qu’aucun des deux ne peut se dégager. L’ex défenseur international français décide alors de dé-socler volontairement la cage de son portier pour arrêter le jeu, sans conséquence auprès du corps arbitral.
Le deuxième tiers s’achève sur ce score sans appel de 3-0 pour Bordeaux qui a tiré 19 fois au but contre 8 tentatives adverses. Pour autant, sur la première moitié du match, Anglet n’était pas si loin malgré la domination bordelaise, et un scénario différent aurait pu arriver avec un peu moins de réussite d’un côté, et un peu plus de l’autre.
L’estocade
On ne va pas faire durer le suspense plus longtemps, le troisième tiers a plutôt été un calvaire pour Anglet. Et il n’a pas fallu bien longtemps pour que ça se matérialise par un quatrième but. D’entrée, sur une frappe lointaine, Marc-André Levesque trouve la déviation de Fabien Colotti, pour le 4-0.
Massimo Carozza et Maxime Legault se connectent superbement mais cela termine sur le portier adverse, et c’est par la suite Nicolas Arrossamena qui fait de même avec Clément Fouquerel. La défense bordelaise s’applique sur le repli, comme sur cette action de Polodyan avec Fabien Kazarine, qui aurait pu faire mouche sans ce retour bienvenu de l’arrière-garde locale.
La quatrième ligne bordelaise, moins en vue offensivement jusque-là, travaille en revanche beaucoup. Pression positive qui termine par une occasion pour Enzo Carry sur le portier. La ligne Jevpalovs-Colotti-Valier est par contre brillante. Une combinaison donne une nouvelle chance à Peter Valier qui est un peu trop court. Idem entre Karri Forsblom et Niklas Salo qui se trouvent bien, mais le palet file au-dessus.
Sur le contre, Lionel Tarantino demande un faire trébucher non sifflé par les officiels, pas comme le cinglage indiqué contre Thomas Decock à sept minutes de la sirène. Bordeaux repart à l’offensive, avec Kevin Spinozzi, puis Nikita Jevpalovs sur Maxime Loubier.
S’ensuit un échange entre Loïk Poudrier, Karri Forsblom et Maxime Legault, conclu par le premier cité dans un but vide, battant un portier basque laissé à l’abandon. 5-0 et la note est salée pour Anglet.
Olivier Dimet en profite pour donner des minutes au jeune Mattéo Mahieu en défense. Pas immense par la taille mais robuste, le jeune défenseur ne semble pas impressionné, et colle même un déboulé sur la gauche de la glace sur sa deuxième présence. Sa troisième rotation le verra même seul dans l’axe, devant le but adverse, mais peut-être tout surpris de se retrouver aussi seul et bien placé, il rate le cadre.
Anglet donne du fil à retordre à trois reprises à Clément Fouquerel qui doit mériter ce qu’il vise à ce moment du match, le blanchissage. Plusieurs arrêts en fin de match lui permettent d’y penser plus que sérieusement.
La fin du match sera animée par un dernier accrochage entre Anton Vasilyev et Enzo Carry, entre frustration de la tournure du match chez le premier, contre déception de ne pas jouer un peu plus pour l’autre. En partant seul sur le côté droit, Carry se voit volontairement retenu par le numéro 69 visiteur, le Bordelais se rebiffe et son vis-à-vis démarre alors une empoignade qui se termine par terre. Les deux joueurs écopent de pénalités inhérentes à ce genre d’accrochage, et le Russe sort même de la glace un brin provocateur, en saluant une foule conspuante.
La supériorité numérique qui en découle profite à Kevin Spinozzi qui ajoute un sixième but de loin, faisant boire aux Angloys le calice jusqu’à la lie. Clément Fouquerel obtient son blanchissage, et Bordeaux enregistre une nette victoire, qui ravit une patinoire bruyante et animée en ce mardi soir.
Commentaires d’après-match
Olivier Dimet (entraîneur de Bordeaux) : « C’est la victoire que j’attendais. On sait qu’un derby, faut le gagner, et ce soir on le gagne 6-0, c’est propre, même si on aurait pu faire mieux sur la manière. Il faut reconnaître qu’Anglet était diminué, avec un début de saison compliqué. On va se satisfaire des 3 points, mais la prestation est en demi-teinte sur l’ensemble du match. Même si les conditions n’étaient pas faciles avec une glace très mauvaise ce soir, une fatigue d’un déplacement à Cergy où on est rentrés à 3 heures du matin hier. Sans trouver d’excuses, j’aurais aimé voir un match plus complet du début jusqu’à la fin. […] J’ai trouvé qu’on était un peu lourds sur le premier tiers, que l’on ne bougeait pas trop les pieds, que les relances étaient lentes et qu’il y avait un gap trop important entre nos avants et nos arrières. Au début du deuxième, c’est Fouquy qui nous tient dans le match, ça ne faisait que 1-0, ils auraient pu égaliser. Et derrière, nous marquons sur un contre, donc on peut s’estimer chanceux. Au troisième tiers, on a pris les devants, on a vu de belles phases de jeu, mais c’est ce que j’aurais aimé voir sur 60 minutes. »
Bordeaux – Anglet 6-0 (1-0, 2-0, 3-0)
Mardi 4 octobre à 20h15 à la patinoire Mériadeck. 2962 spectateurs.
Arbitres : Laurent Garbay et Nicolas Crégut assistés de Guillaume Barthe et Johan Fauvel
Pénalités : Bordeaux 15′ (2′, 6, 7), Anglet 8’ (2, 2, 4).
Tirs : Bordeaux 46 (16, 19, 11), Anglet 22 (9, 8, 5).
Évolution du score :
1-0 à 03’42 : Valier assisté de Levesque et Spinozzi (sup. num.)
2-0 à 27’43 : Guillaume assisté de Salo et Forsblom
3-0 à 33’18 : Prissaint assisté de Poudrier et Levesque
4-0 à 40’29 : Colotti assisté de levesque et Jevpalovs
5-0 à 54’26 : Poudrier assisté de Legault et Forsblom (sup. num.)
6-0 à 59’44 : Spinozzi assisté de Boscq et Carozza (sup. num.)
Bordeaux
Attaquants :
Nikita Jevpalovs – Fabien Colotti – Peter Valier
Niklas Salo – Karri Forsblom – Julien Guillaume
Massimo Carozza – Maxime Legault – Loïk Poudrier
Louis Vitou – Enzo Carry – Aina Rambelo
Défenseurs :
Axel Prissaint – Marc-André Levesque
Kevin Spinozzi – Bastien Lemaitre
Jules Boscq – Hunter Warner
Matteo Mahieu
Gardien :
Clément Fouquerel
Remplaçant : Gaëtan Richard (G). Absents : Alexandre Mulle (genou), Esteban Ragot, Vince Tartari (rotation)
Anglet
Attaquants :
Victor Ranger – Alexey Polodyan – Fabien Kazarine
Thomas Decock – Nicolas Arrossamena – Anton Vasilev
Hugo Baron – Lionel Tarantino – Robin Lamboley
Théo Frémond – Théo Larroque – Nolan Lussault
Défenseurs :
Charles Schmitt – Matias Zelinger
Arthur Larroque – Mathieu Pons
Michal Gutwald – Olivier Dame-Malka
Gardien :
Maxime Loubier
Absents : Matthew Robson (G, pas qualifié), Julien Gaubert (G, jeune papa dans la soirée), Bastien Zago (épaule), Alexander Nikulin (cheville).