Nous vous proposons la saison 2024-2025 commentée de la SDHL et du championnat suédois féminin. Et la ligue féminine a rendu un verdict sans précédent.
Depuis une décennie, Luleå faisait office de club modèle en matière de développement féminin. Les moyens mis en œuvre ont permis de prendre, pendant des années, une avance considérable sur les autres clubs, pas seulement en Suède mais dans toute l’Europe. Et de fait cela s’est vu au niveau des performances. Avant cette saison 2024-2025, Luleå avait remporté sept des neuf dernières saisons régulières, et mis la main sur sept des huit derniers titres décernés par la SDHL. Une vraie dynastie.
Mais l’essor du sport féminin, qui n’est pas un effet de mode mais bien un progrès logique, a finalement effrité la suprématie du LHF. L’arrivée de la PWHL, qui a fait l’effet d’une bombe dans le milieu, a attiré les convoitises. A l’été dernier, Luleå perdait cinq éléments majeurs pour la grande ligue féminine : Anna Kjellbin, Dominika Lásková, Daniela Pejšová, Ronja Savolainen et Noora Tulus. Luleå est clairement le club le plus impacté depuis l’avènement de la PWHL.
Luleå a vu aussi un appétit grandissant d’autres clubs, dont évidemment Frölunda. Le club de Göteborg a lancé un nouveau programme féminin en 2022, acquis une promotion en élite en 2023… et célébré le titre suprême en 2025 ! Les hautes ambitions mises en application par un effectif talentueux a permis cet incroyable couronnement. Les grands clubs ont souvent été pointés du doigt pour leur manque d’implication chez les féminines. Frölunda a démontré qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire.
Les joueuses de Luleå ne sont plus en position de force, et d’autres équipes veulent désormais leur part du gâteau. L’ironie de l’histoire, c’est que leur suprématie s’est brisée alors même que l’équipe masculine de Luleå est devenue championne de Suède, comblant ainsi une attente qui durait depuis 1996 !
L’équilibre des forces et une hiérarchie bousculée ont redéfini une ligue élite féminine qui a abordé un nouveau cycle. La Suède abrite, derrière la PWHL, la meilleure ligue chez les féminines, et tient un rôle pionnier dans bien des secteurs.
On pense évidemment à l’introduction des mises en échec – sauf pour les situations « nord-sud » avec deux joueuses aux trajectoires opposées – qui ont d’abord été expérimentées, avant de recueillir l’enthousiasme des spectateurs, des dirigeants et surtout des joueuses elles-mêmes. Le seul « serrage » toléré officiellement par l’IIHF dans ses compétitions, encore aujourd’hui, semble désormais d’un autre temps. La PWHL, à la demande de ses joueuses, a d’entrée introduit un jeu plus physique, et la Suède a dernièrement été suivie par la Norvège et la Suisse. Dès la saison prochaine, et cela concerne quelques joueuses de l’équipe de France, la Postfinance Women’s League suisse tolérera à son tour les contacts. Il est donc temps pour l’IIHF de plancher sur ce sujet, d’en finir avec le jugement subjectif des arbitres pour des règles concrètes, et de développer une harmonisation pour tous les pays.
Avec une PWHL qui va accueillir deux nouvelles équipes à Vancouver et Seattle, encore davantage de joueuses européennes tenteront l’aventure en Amérique du Nord. Pour autant, la SDHL n’a pas encore de souci à se faire et restera le meilleur championnat en Europe, et donc la meilleure alternative en dehors de la grande ligue. La ligue suisse voit de grands clubs désormais investir davantage mais elle part de loin. Quant à la Finlande, elle s’est contentée depuis trop longtemps d’une ligue finalement encore très amateure, le HIFK était le seul club du pays à attribuer une rémunération saisonnière à ses joueuses (bientôt suivi par le HPK). L’Aurora Liiga fonctionnera à partir de la saison prochaine sur une base de licences… que le HIFK refusait de rejoindre. Son président Alexander Sneen critiquait les conditions de licence en élite, le manque de financement de la fédération et des collectivités, et une déficience en matière de marketing de la part de la ligue. Il envisageait une participation en Mestis féminine. Malgré les désaccords, le grand club d’Helsinki sera bien de l’Aurora Liiga 2025-2026.
En attendant, découvrez la saison commentée du championnat suédois féminin 2024-2025 ici.