La Norvège ne mérite pas d’être dernière de sa poule, mais elle l’est. Les performances honorables ne suffisent pas, il faut des points. Elle doit battre la Hongrie dans le temps réglementaire pour rester dans l’élite mondiale, où elle est remontée il y a 20 ans.
Les Hongrois pourraient se maintenir même en cas de défaite, si le Kazakhstan ne prend pas de point face à la Suisse demain. Mais ce n’est pas ce qu’ils veulent. Ils ne veulent pas être gagne-petit, ils veulent jouer à 100%, sachant que s’ils prennent un point ils peuvent même laisser deux équipes derrière eux dans leur poule et finir douzièmes des championnats du monde, ce qui serait un immense pas en avant d’un seul coup.
Avec deux dégagements du précieux Henrik Nilsson – préservé hier de la débâcle 0-10 face à la Suisse – la Hongrie tue une pénalité précoce de Gabor Tornyai, qui retient Eskild Bakke Olsen. Elle arrive à équilibrer le jeu au complet, mais pèche par gourmandise : on a trop souvent vu dans ce tournoi ces pertes de palet en zone offensive de la première ligne hongroise, et plus précisément de János Hári. Il est contré par Noah Steen, qui fonce aussitôt vers le but adverse, reçoit la passe en profondeur de Brandsegg-Nygård et fusille Bence Balizs côté mitaine (0-1).
La vitesse de Noah Steen (20 ans et déjà décoré d’un « A » sur son maillot) s’avère aussi très utile en infériorité… mais cela ne peut pas être le cas quand c’est lui-même qui part en prison, pour une crosse haute en zone offensive. Néanmoins, les Hongrois n’arrivent jamais alors à installer leur jeu de puissance, comme une réminiscence de certains hommes en bleu plus tôt dans l’après-midi à Stockholm… Les promus sont rappelés à leurs limites offensives (4 tirs en 20 minutes), ce qui rend le but encaissé en contre d’autant plus fatal.
La Norvège a identifié les faiblesses hongroises. Dès le début de la deuxième période, on la voit attendre avec le palet derrière sa cage, comme si elle voulait forcer un pressing – qui ne viendra pas – pour mieux prendre son adversaire à revers. Mais la Hongrie ne tombe pas dans la piège, elle garde sa structure et son plan de jeu. Le match reste donc fermé, paralysé par l’enjeu. Les duels physiques sont intenses en revanche. Michael Brandsegg-Nygård, après avoir récupéré le palet par une grosse mise en échec, sert encore Noah Steen devant le but : poteau !
Les blancs contrôlent la situation… sauf leur discipline. Sander Hurrød charge Mihalik dans le dos contre la bande : Erdély, Galló et Vincze attaquent tous trois le slot sans arriver à pousser ce palet traînant dans une forêt de joueurs.
Andreas Martinsen écarte du bras le jeune Szongoth devant le but hongrois, un geste de rudesse qui lui vaut aussi deux minutes. Les rouges n’entrent en zone que pour les dernières secondes de la pénalité, mais elles sont intenses. Milán Horváth décale dans le cercle droit Bence Horváth pour une reprise de volée qui frappe le poteau opposé ! La contre-attaque est immédiate, Lilleberg se présente seul face à Balizs… qui lui enlève le palet d’un beau poke-check. Un moment d’ascenseur émotionnel avant que le jeu ne retourne à ses duels dans les coins.
Le troisième tiers-temps est à peine commencé que le capitaine hongrois Csanád Erdély retient Patrick Elvsveen dans un duel. Pendant cette infériorité numérique, Milán Horváth, l’ancien défenseur de Briançon, sauve son camp en réussissant à soulever la crosse de Jacob Berglund qui a hérité d’un rebond avec la cage grande ouverte.
La Norvège crée non seulement plus de jeu offensif, mais aussi plus de contre-attaques. Le rapide Noah Steen passe devant Gabor Tornyai comme un courant d’air en zone neutre pour arriver encore seul sur Bence Balizs, qui fait cette fois l’arrêt en fermant les bottes. Eskild Bakke Olsen décale aussi Thomas Olsen dans un 2 contre 1 d’école, sauvé par le bon déplacement de Balizs.
Même si les quinze premières minutes du troisième tiers sont à sens unique (12 tirs norvégiens à 1), le score n’a pas bougé, pas même pendant une pénalité de Nagy. Les blancs n’arrivent en effet pas à tuer le match. Håvard Salsten en est le symbole quand il perd le palet en arrivant seul face au but.
La Hongrie peut donc toujours y croire… surtout si un coup de sifflet tombe du ciel. Un surnombre norvégien est sifflé à cinq minutes de la fin. Les Scandinaves peuvent trembler. Il y a un lancer, un. Mais quel lancer ! La reprise du haut des cercles de Vilmos Galló est vraiment puissante, mais Tobias Normann étend la jambe droite pour un arrêt-réflexe décisif. Un arrêt synonyme de maintien dans l’élite mondiale. La Norvège travaille ensuite excellemment pour conserver le palet, puis bloquer héroïquement les tirs (trois fois pour le héros du jour Noah Steen !) quand la Hongrie peut enfin sortir son gardien pour jouer à 6 contre 5 dans la dernière minute. Normann ne verra aucun autre tir…
Tobias Johansson souffle de soulagement. Les nerfs de l’entraîneur suédois auront été usés jusqu’au bout, la Hongrie s’est battue jusqu’au bout. Elle a livré une dernière prestation très digne… mais devra attendre que la Suisse lui envoie elle-même l’invitation pour le Mondial 2026 de Zurich et Fribourg.
Désignés joueurs du match : Csanád Erdély pour la Hongrie et Tobias Normann pour la Norvège.
Trois meilleurs Hongrois du tournoi : Bence Balizs, János Hári et Henrik Nilsson.
Trois meilleurs Norvégiens du tournoi : Stian Solberg, Emil Lilleberg et Martin Rønnild.
Commentaires d’après-match :
Noah Steen (attaquant de la Norvège) : « C’est si important pour le hockey norvégien. Maintenant, c’est tellement de soulagement. Je suis vraiment fatigué et vraiment heureux que nous puissions continuer à jouer au niveau auquel nous appartenons. C’est vraiment agréable de pouvoir aider l’équipe et le pays, c’est ce que j’essaie de faire chaque jour. J’ai eu quelques grosses occasions dans ce tournoi et c’est vraiment bien d’avoir pu mettre celle-ci au fond. Nous avons pu garder cette avance pendant le reste du match, c’est dur dans un match aussi serré, cela montre la culture qu’il y a dans ce vestiaire. »
Hongrie – Norvège 0-1 (0-1, 0-0, 0-0)
Lundi 19 mai 2025 à 20h20 au Jyske Bank Boxen de Herning. 2808 spectateurs.
Arbitres : Andris Ansons (LET) et Mike Langin (CAN) assistés d’Oto Durmis (SVK) et Patrick Laguzov (ALL).
Pénalités : Hongrie 8’ (4’, 0’, 4’) ; Norvège 12’ (6’, 4’, 2’).
Tirs : Hongrie 17 (4, 11, 2) ; Norvège 25 (5, 6, 14).
Évolution du score :
0-1 à 06’28” : Steen assisté de Brandsegg-Nygård
Hongrie
Attaquants :
Csanád Erdély (C, -1, 2’) – János Hári (A, -1) – Vilmos Galló (-1)
Bence Horváth – Domán Szongoth – István Terbócs (A)
András Mihalik – Krisztián Nagy (2’) – Kristóf Papp
Péter Vincze – Kristof Németh – Ferenc Laskawy (2’)
Ákos Mihály
Défenseurs :
Milán Horváth – Henrik Nilsson
Zsombor Garát (-1) – Gabor Tornyai (2’)
Bence Szabó – Tamás Ortenszky (-1)
Simon Szathmary [4 présences]
Gardien :
Bence Bálizs [sorti à 59’00”]
Remplaçant : Dominik Horváth (G). En réserve : Ádám Vay (G), Zétény Hadobás (D), Gergő Ambrus (A, palet dans le visage hier).
Norvège (2’ pour surnombre)
Attaquants :
Patrick Elvsveen – Håvard Østrem Salsten – Martin Rønnild (2’)
Andreas Martinsen (A, 2’) – Eirik Salsten – Jacob Berglund
Noah Steen (A, +1, 2’) – Petter Vesterheim (+1) – Michael Brandsegg-Nygård (+1)
Eskild Bakke Olsen – Markus Vikingstad – Thomas Olsen
Martin Johnsen
Défenseurs :
Emil Lilleberg (C, +1) – Sander Vold Engebråten
Stian Solberg (2’) – Isak Hansen
Max Krogdahl (+1) – Sander Hurrød (2’)
Gardien :
Tobias Normann
Remplaçants : Jonas Arntzen (G), Simen Andre Edvardsen (A). En réserve : Mathias Schjerpen Arnkværn (G), Jonas Myhre, Adrian Saxrud-Danielsen (D). Blessés : Johannes Johannesen (D, remplacé par Sander Hurrød), Thomas Berg Paulsen (A, remplacé par Martin Johnsen).