Lettons et Autrichiens ont prévu les programmes les plus copieux pour préparer les championnats du monde : six semaines de camp et 8 rencontres internationales. Le but est de maintenir – ou remettre – les joueurs dans le rythme international. Après la déception des Jeux Olympiques de Milan, on attendait que la Lettonie présente à ses nombreux supporters – toujours aussi enthousiastes – un nouveau cycle sans ses vétérans.
Mais, même s’il n’y a plus qu’un club autrichien encore qualifié en demi-finale de l’ICEHL (Graz), c’est bien l’Autriche qui s’est déplacée avec l’équipe la plus jeune : un seul joueur vient d’avoir 30 ans (Antonitsch) et on recense trois juniors dont la pépite Paul Sintschnig qui vient de fêter ses 17 ans. Inversement, autour du capitaine de 34 ans Ralfs Freibergs, on ne voit qu’une nouvelle tête (Daniel Andersons) et que des joueurs passés seniors depuis au moins deux ans.
C’est le cas de Rodžers Bukarts (21 ans), le troisième frère qui peut prolonger la tradition familiale quand ses frangins semblent en bout de course. En recevant une passe dans sa zone, le gamin de 21 ans ne voit pas venir une mise en échec adverse et rentre prématurément aux vestiaires. Les Lettons sont bousculés par le pressing adverse. Dans la minute qui suit, Dominick Hackl intercepte une sortie de zone ratée et remet le palet vers le but pour la déviation de Maximilian Rebernig (0-1).
Il ne faut que 17 secondes au deuxième tiers-temps pour que Benjamin Nissner profite des errements défensifs locaux (0-2). Le gardien balte Mareks Mitens – qui n’avait retrouvé un club en Slovaquie qu’en décembre – en est à 2 buts en 5 tirs… et le pire reste à venir pour lui. Il sort derrière la cage mais un rebond capricieux du plexi ramène la rondelle à Luca Erne face à une cage complètement vide (0-3).
Mitens se rattrape toutefois en arrêtant un breakaway, et c’est le signal du réveil letton. Le quatrième trio composé de trois centres montre la voie : ils savent qu’ils peuvent beaucoup intervertir leurs positions et Kārlis Ozoliņš vient se placer devant le but pour dévier le tir de Bogdans Hodass (1-3). Pendant une pénalité de Sollinger, la Lettonie marque même sur son point faible, le jeu en avantage numérique, car Gļebs Prohorenkovs reprend en cage grande ouverte la passe de Kristaps Skrastiņš (2-3, photo ci-dessous). Trois minutes plus tard, Deniss Smirnovs file en contre-attaque et égalise au-dessus de la mitaine de Florian Vorauer (3-3).
Cette belle remontée – 3 buts en 6 minutes – est gâchée par deux pénalités à 35 secondes d’intervalle de Hodass et Freibergs. À 5 contre 3, Lucas Thaler soigne sa précision de tir pour le but gagnant (3-4). La Lettonie remet de l’énergie au dernier tiers, mais manque de maîtrise technique. Oskars Lapinskis manque notamment une cage à moitié ouverte pendant une pénalité différée.
Deux numéros sur un même maillot !
Il y avait quelque chose qui cloche dans cette équipe de Lettonie, à l’image du maillot de Bogdan Hodass : il s’est retrouvé avec le numéro 44 dans le dos et sur la manche gauche… mais le numéro 43 sur la manche droite ! Doit-on donc l’appeler « quarante-trois et demi » ? Les responsables du matériel ont promis de corriger cette grossière erreur de flocage avant le second match.
C’est surtout sur la glace que les Baltes doivent une revanche, tant pour leurs dix mille spectateurs que pour les téléspectateurs car chaque match est suivi en direct. Titularisé un second soir de suite, Mareks Mitens, qui était troisième gardien au dernier Mondial, se rachète. Comme hier, il a encaissé un but dès la neuvième minute (un rebond de Jan Schertzer sur une contre-attaque à 2 contre 2), mais ce but a été invalidé pour une obstruction sur le gardien. Aidé aussi par un poteau sur une échppée de Nissner au troisième tiers, Mitens pourra ainsi finir avec un blanchissage, avec seulement 14 tirs concédés.
L’efficacité offensive des Baltes reste néanmoins perfectible. Il faut attendre 50 minutes pour voir un but chanceux : le tir non cadré de Gustavs Ozoliņš a frappé le fond de la balustrade et Oskars Lapinskis a profité du rebond. Victorieuse par la plus petite des marges (1-0), la Lettonie prendra ensuite confiance en gagnant la prolongation d’entraînement (la passe de Rodžers Bukarts offre une cage ouverte à Ruller) puis l’exercice tout aussi officieux des tirs au but (2-1 grâce à Kārlis Ozoliņš entre les bottes du gardien et Skrastiņš sous la barre).
La Lettonie sera rejointe d’ici la semaine prochaine par six renforts : le gardien Kristers Gudļevskis, les défenseurs Kristaps Zīle, Artūrs Andžāns et Miks Tumānovs ainsi que les attaquants Oskars Batņa et Toms Andersons.
Commentaires après le match 1 :
Harijs Vītoliņš (entraîneur de la Lettonie) : « On a clairement constaté qu’une grande partie de l’équipe manquait de qualité. La faible qualité des passes et des réceptions nous a empêchés de concrétiser nos occasions. Il y avait de bonnes idées, mais nous n’arrivions pas à recevoir la passe, puis à la contrôler. Les Autrichiens évoluent tous dans leur propre championnat, nous dans des championnats différents. Il faut s’habituer au rythme, entrer dans le match… Mareks [Mitens] n’a pas joué depuis longtemps et se retrouve tout de suite au niveau international. Il nous a maintenus dans le match, mais s’est raté sur le troisième but. Ça arrive. On dit aux gardiens que si le palet longe la vitre, il ne faut pas essayer de l’arrêter. C’est l’expérience qui s’accumule. […] Ce n’est pas un stade où j’attends d’un joueur qu’il progresse en deux semaines. Il doit faire ses preuves chaque jour. »
Roger Bader (entraîneur de l’Autriche) : « Mon équipe a livré une performance fantastique. C’est dommage que personne en Autriche ne l’ait vue. Nous avons joué à quatre lignes tout au long du match, avec un excellent effort collectif et un gardien impeccable. Ce fut un match rapide et équilibré. Demain, nous nous attendons à une ambiance survoltée, car la patinoire devrait afficher complet avec 10 000 spectateurs. Nous voulons impressionner à nouveau et franchir un nouveau cap. »
Commentaires après le match 2 :
Harijs Vītoliņš (entraîneur de la Lettonie) : « C’est toujours agréable de gagner, mais la qualité doit être améliorée. Il y avait suffisamment d’occasions pour faire encore mieux. Il faut se convaincre d’être un peu égoïste. Il faut saisir ces opportunités, ne pas se préoccuper uniquement du jeu collectif. Sinon, il y aura forcément des passes imprécises à la fin et une occasion franche vous sera passée sous le nez. »
Roger Bader (entraîneur de l’Autriche) : « Les deux équipes alignaient de nombreux jeunes joueurs et le rythme était très soutenu. Ces deux matchs auront été bénéfiques pour nous comme pour les Lettons. Je suis très satisfait de la semaine dans son ensemble. Les joueurs ont acquis une expérience précieuse et ont réalisé de belles performances. »
Match 1
Lettonie – Autriche 3-4 (0-1, 3-3, 0-0)
Mercredi 8 avril 2026 à 19h30 à l’Arēna Rīga. 8642 spectateurs.
Arbitres : Dāvis Zunde et Uldis Bušs assistés de Renārs Davidonis et Toms Mencis (LET).
Pénalités : Lettonie 4’ (0’, 4’, 0’) ; Autriche 6’ (0’, 4’, 2’).
Tirs : Lettonie 26 (10, 10, 6) ; Autriche 14 (4, 7, 3).
Évolution du score :
0-1 à 08’12” : Rebernig assisté de Hackl
0-2 à 20’17” : Nissner assisté de Thaler et Wolf
0-3 à 28’16” : Erne assisté d’Antonitsch et Kragl
1-3 à 29’44” : K. Ozoliņš assisté de Hodass et D. Andersons
2-3 à 32’46” : Prohorenkovs assisté de Skrastiņš et A. Bergmanis (sup. num.)
3-3 à 35’54” : Smirnovs assisté de Krastenbergs
3-4 à 38’03” : Thaler assisté de Nissner et Wolf (double sup. num.)
Match 2
Lettonie – Autriche 1-0 (0-0, 0-0, 1-0)
Jeudi 9 avril 2026 à 19h30 à l’Arēna Rīga. 9032 spectateurs.
Arbitres : Agris Ozoliņš et Māris Locāns assistés de Renārs Davidonis et Edgars Ārinieks (LET).
Pénalités : Lettonie 4’ (0’, 4’, 0’) ; Autriche 6’ (6’, 0’, 0’).
Tirs : Lettonie 30 (11, 4, 15) ; Autriche 14 (3, 4, 7).
Évolution du score :
1-0 à 50’12” : Lapinskis assisté de G. Ozoliņš
Composition des équipes
Lettonie
Attaquants :
Renārs Krastenbergs (A, -1) – Deniss Smirnovs (A, -2) – Oskars Lapinskis (-1, 2′) [puis Skrastiņš au match 2]
Rihards Melnalksnis (+1) – Klāvs Veinbergs – Kristaps Skrastiņš (+1) [puis Lapinskis au match 2]
Rodžers Bukarts (-1) – Gļebs Prohorenkovs (+1) – Raimonds Vītoliņš (-1)
Dāniels Andersons (+1) – Karlis Ozoliņš (+1) – Rainers Rullers (+1)
Défenseurs :
Arvils Bergmanis (2′) – Ralfs Freibergs (C, 2′)
Bogdans Hodass (+1, 2′) – Sandis Smons (+1)
Kristofers Bindulis (-1) – Nauris Sējējs
Gustavs Ozoliņš – Rihards Simanovičs (-1)
Gardien : Mareks Mitens [sorti à 58’17”]
Remplaçant : Bruno Brūveris puis au match 2 Nils Roberts Mauriņš.
Autriche (2′ pour surnombre)
Attaquants :
Maximilian Rebernig (+2, 2′) – Benjamin Nissner (A, +1) – Lucas Thaler
Felix Koschek (-1) puis au match 2 Elias Wallenta (2′) – Leon Wallner (-1) – Henrik Neubauer
Sam Antonitsch – Ian Scherzer – Luca Erne
Paul Sintschnig (2′) – Jonathan Oschgan (2′) – David Waschnig
Défenseurs :
Ramon Schnetzer (A, +1) – Bernd Wolf (C, +1)
Dominic Hackl (-2) – Niklas Würschl (-2)
Gerd Kragl (+1) – Philipp Wimmer (+1)
Thomas Klassek (-1) – Patrick Söllinger (2′)
Gardien : Florian Vorauer puis au match 2 Sebastian Wraneschitz [sorti à 57’54”]
Remplaçant : Sebastian Wraneschitz puis au match 2 Benedikt Oschgan.













































