Pour son retour à domicile après son titre de champion de France 2025-2026, Bordeaux retrouve Anglet pour le deuxième acte d’un double affrontement de préparation. Quelques jours plus tôt, l’Hormadi s’est imposé 3-2 sur sa glace.
Cette fois, Bordeaux prend sa revanche. Mais plus que le résultat, cette rencontre révèle surtout deux visages des Boxers.
Bordeaux impose son rythme
Dès les premières minutes, Bordeaux montre une volonté claire : empêcher Anglet de développer facilement son jeu. Le forecheck bordelais pose rapidement des problèmes à l’Hormadi, notamment sur les côtés. La pression constante exercée sur le porteur du palet complique la sortie de zone d’Anglet, qui peine à établir un jeu propre.
Cette pression défensive n’est pas une fin en soi : elle alimente directement le jeu offensif des Boxers, qui transforment chaque récupération en possession prolongée plutôt qu’en simple dégagement. À l’inverse, Bordeaux semble beaucoup plus à l’aise dans l’utilisation du palet. Les passes sont rapides et précises, permettant aux Boxers de progresser à travers le dispositif défensif angloy plutôt que de simplement chercher à gagner du terrain.
Le premier but illustre bien cette maîtrise. Après une séquence de trois passes, Bordeaux trouve l’ouverture à la 5e minute par l’intermédiaire de Santerno, servi par Giroux. Mais la différence entre les deux équipes ne se situe pas uniquement au tableau d’affichage : Anglet peut obtenir des tirs, mais Bordeaux limite leur dangerosité. Les visiteurs parviennent rarement à transformer une première tentative en pression prolongée devant le but ; les rebonds et les deuxièmes opportunités sont peu nombreux. Autrement dit, obtenir un tir n’est pas forcément synonyme de créer une véritable occasion.
Anglet commence à trouver des solutions
Le deuxième tiers montre toutefois qu’Anglet peut s’adapter. L’Hormadi commence à mieux déplacer le palet et à trouver des espaces dans la structure bordelaise. Lorsque les visiteurs réussissent à faire circuler le palet suffisamment rapidement pour contourner la pression des Boxers, ils parviennent davantage à mettre des tirs sur la cage. À la 8e minute, une belle passe vers l’avant permet notamment de trouver un joueur angloy en bonne position, même si la tentative est finalement bloquée.
Anglet parvient à atteindre la zone offensive, mais peine davantage à y rester. Bordeaux continue à exercer une pression importante et, lorsque l’Hormadi ne parvient pas à sortir proprement son palet de sa zone défensive, les Boxers peuvent immédiatement reprendre le contrôle. C’est exactement ce qui se produit sur le deuxième but : Anglet ne réussit pas à dégager efficacement le palet, et Bordeaux en profite pour multiplier les passes et conserver la possession jusqu’à ce que Morin trouve l’ouverture à la 16e minute. Ce but résume assez bien la première partie de la rencontre : les Boxers ne se contentent pas de récupérer le palet, ils savent ensuite quoi en faire.
Le troisième tiers change le scénario
Avec deux buts d’avance, Bordeaux semble avoir pris le contrôle de la rencontre. Mais le troisième tiers présente une autre réalité. Les pénalités commencent à donner à Anglet des occasions supplémentaires de revenir dans le match. Bordeaux reste capable de faire circuler le palet en supériorité numérique et de contrôler certaines séquences, mais son avantage commence progressivement à paraître moins sûr.
Anglet, de son côté, n’a plus besoin de dominer complètement la rencontre. Il lui suffit de trouver une ouverture. Cette ouverture vient d’une pénalité de Loïc Farnier pour accrochage. Rydqvist, laissé suffisamment libre pour recevoir le palet et réduire l’écart à la 16e minute. 2-1. Et soudain, le match n’est plus le même. Pendant une grande partie de la rencontre, Bordeaux semble capable de gérer la pression. Mais ce but donne à Anglet quelque chose qu’il lui manquait jusque-là : la possibilité de croire réellement à un retour.
Les dernières minutes le confirment. Anglet pousse, Bordeaux doit défendre son avantage et le retrait du gardien angloy dans les dernières secondes permet à l’Hormadi de terminer la rencontre avec le palet dans la zone bordelaise. Le score, lui, ne bouge plus.
Un enseignement intéressant pour Bordeaux
Il serait excessif de tirer de grandes conclusions d’un seul match de préparation. Les automatismes sont encore en construction et l’objectif d’une rencontre de pré-saison n’est pas nécessairement de jouer quarante ou soixante minutes comme en compétition officielle. Mais cette rencontre offre malgré tout un enseignement intéressant.
Pendant une grande partie du match, Bordeaux montre ce qui peut faire sa force : une défense capable de perturber la construction adverse, une bonne maîtrise du palet et la capacité à transformer une récupération en possession durable. Anglet montre cependant la façon dont cette maîtrise peut être remise en question : en déplaçant plus rapidement le palet, en trouvant les espaces et surtout en profitant des occasions offertes par les pénalités bordelaises.
Le troisième tiers rappelle donc une évidence du hockey : contrôler une rencontre n’est pas forcément la même chose que la fermer. Pour les Boxers, champions de France en titre et engagés dans une nouvelle saison qui s’annonce chargée, c’est peut-être l’un des enseignements les plus utiles de cette soirée de préparation.
Bordeaux – Anglet 2-1 (1-0, 1-0, 0-1)
Dimanche 23 août 2026 à la patinoire Mériadeck.
Pénalités : Bordeaux 12′ (4′, 4′, 4′) ; Anglet 10′ (2′, 4′, 4′).
Évolution du score :
1-0 à 04’25” : Santerno assisté de Giroux
2-0 à 35’39” : Morin assisté de Santerno
2-1 à 55’09” : Rydqvist assisté de Forsmark (sup. num.)
Boxers de Bordeaux
Attaquants :
Tommy Giroux – Pierre-Olivier Morin – Luke Santerno (2′)
Enzo Carry (4′) – Félix Girard (2′) – Quentin Tomasino
Baptiste Bruche – Kaylian Leborgne (2′) – Steven Fournier
Loïc Farnier (2′) – Julien Guillaume – Tom Guidoux
Défenseurs :
Jules Boscq – Jérémy Ouellet Beaudry
Ulysse Tournier – Jarod Hilderman
Kevin Dusseau – Aina Benjamin Rambelo
Gardien :
Quentin Papillon puis Gaëtan Richard à 30′
Absents : Maxim Lamarche (opération des varices), Yvan Mongo.
Anglet Hormadi
Attaquants :
Fabien Kazarine – Caden Brown (2′) – Julien Munoz
Owen Pederson – Aleksei Polodyan – Filip Forsmark
Hugo Baron – Raphaël Chauvel – Johanès Avonde
Défenseurs :
Jesper Solomon Frisell – Hampus Rydqvist
Andrius Kulbis-Marino (2′) – Arnaud Faure (4′)
Xavier Alexandre Jean-Louis – Alexis Dogémont
Gardiens :
Jason Grande puis Raphaël Garnier à 30′
Absents : Samuel Rousseau, Nikita Jevpalovs (blessés).







































