Après les traditionnels tests estivaux, les Bleues avaient posé leurs valises la semaine dernière à Füssen, au centre d’entraînement national du hockey allemand, pour lancer leur saison 2026-2027.
Ce lancement se conjuguait aux débuts de la Coupe d’Europe des Nations féminine, et dont l’Allemagne était la première étape. Comme nous le rappelions précédemment, l’IIHF avait annoncé à l’automne 2025 une toute nouvelle compétition, un Championnat d’Europe prévu en avril 2027. Dans une publication mardi dernier, l’IIHF a révélé de légers détails sur le projet : le lancement finalement de la Coupe d’Europe des Nations (ECN), calqué sur le format masculin créé il y a un an et qui s’étalera sur toute la saison avec un tour final à six en avril.
Pour autant, cette mise au point de la fédération internationale, après dix mois de silence, demeure tardive et particulièrement nébuleuse. De belles formules décrivent certes une belle initiative, mais tout cela manque de détails et de rigueur.
Pour l’heure, on sait que le tournoi de Füssen était l’un des deux groupes de quatre de l’ECN de ce mois d’août, l’autre réunissant la Slovaquie, les Pays-Bas, l’Italie et l’Autriche. Au mois d’octobre et de novembre, deux autres groupes seront organisés en Roumanie et en Pologne.
Huit pays ont commencé à participer à la Coupe d’Europe des Nations, ce premier tour est donc censé s’étaler d’août à novembre. Un deuxième est prévu en février avant la phase finale d’avril. Mais quid des modalités de qualification et des équipes participantes ? Les quatre meilleures équipes européennes (Suède, Finlande, Tchéquie, Suisse) poursuivent leur Euro Hockey Tour cette saison, un tournoi en Tchéquie est d’ailleurs prévu en avril, sont-elles exclues de cet ECN ? En tout cas, on est loin du Championnat d’Europe promis, et qui avait fait les beaux jours du hockey international dans les années 90.

Du flou mais une prise de saison réelle pour les Tricolores avec une toute nouvelle capitaine : à 29 ans, Estelle Duvin succède notamment à Christine Duchamp, Deborah Iszraelewicz, Nolwenn Rousselle, Marion Allemoz, et bien sûr la récente retraitée Lore Baudrit. Clara Rozier et Sophie Leclerc ont été désignées assistantes-capitaines.
Une (courte) défaite en ouverture
La première rencontre se disputait ce jeudi, d’entrée contre l’Allemagne. Les deux équipes s’étaient affrontées lors des Jeux olympiques de Milan, un match perdu par la France à l’issue de la prolongation (1-2).
D’ailleurs, la Frauen Mannschaft avait des airs d’équipe olympique puisque la sélection composée par le coach Jeff MacLeod affichait 21 olympiennes sur 25 joueuses. La gardienne star de la Frauen Mannschaft Sandra Abstreiter n’était toutefois pas alignée contre les Françaises, une absence au profit de la jeune Chiara Schultes. La néo-gardienne de Détroit Alice Philbert a défendu la cage tricolore.

Les Bleues ont bien débuté et c’est logiquement que Manon Le Scodan, profitant d’une mauvaise relance adverse, a ouvert le score à la 10e minute. Luisa Welcke, pourtant bien servie par sa sœur jumelle Lilli, et Franziska Feldmeier, seule en échappée, ont manqué de réussite. Lilli Welcke, pourtant en déséquilibre, est parvenue à égaliser à 1’07 de la pause (1-1).
L’Allemagne a ensuite pris les devants à la 26e minute, Philbert ne pouvant repousser un lancer à bout portant de Celina Haider (2-1). L’équipe de MacLeod est ensuite parvenue à faire le break avant la deuxième pause : une splendide et longue passe de Hanna Weichenhain est arrivée jusqu’à Luisa Welcke, qui a battu du revers la gardienne des Bleues (3-1).
En troisième période, une mauvaise passe de Feldmeier a atterri dans la crosse de Clara Rozier, devant le but, qui a réduit le score à la 48e minute (3-2). Mais malgré une dernière supériorité numérique, et les filets désertés par Alice Philbert à plusieurs minutes de la fin, la France n’a pas réussi à inverser la tendance et s’est inclinée lors de ce match d’ouverture.
Réaction contre la Hongrie
Après sa défaite inaugurale jeudi, la France a disputé sa deuxième rencontre vendredi contre la Hongrie, qui avait surclassé la Norvège 8-0 la veille. C’était la plus large victoire des Hongroises de ces cinq dernières années. Une jeune équipe de Hongrie d’ailleurs puisque l’entraîneuse chef Delaney Collins avait convoqué treize joueuses nées en 2007 ou après.
La Hongrie s’est montrée particulièrement dominante en première période avec plusieurs occasions, notamment Emma Kreisz, Madie Leidt et Réka Hiezl. Après vingt minutes, la Hongrie menait 14-4 aux tirs, sans pour autant tromper Margaux Mameri, alignée cette fois-ci.
Les Magyares ont finalement trouvé la faille à la mi-match. Le salut est venu de Taylor Baker, absente de la sélection depuis un an, dont l’occasion en deux temps a déjoué Mameri, Míra Seregély prolongeant la trajectoire au fond des filets. La France a toutefois égalisé dans la foulée, quelques secondes plus tard, par Manon Le Scodan poteau droit, bien servie à l’opposé par Julia Mesplède (1-1).
La troisième période a été particulièrement disputée avec de bonnes occasions hongroises de Leidt, Baker et Pázmándi. Mais à six minutes de la fin, les Bleues ont fait la différence en supériorité numérique : du rond droit, Clara Rozier a réalisé un superbe lancer lucarne opposée (1-2), un but gagnant pour les Tricolores. Il s’agissait d’une quatrième victoire de la France lors des six dernières confrontations contre la Hongrie.

La Norvège surclassée
Samedi en fin de matinée, la Norvège était ensuite au menu pour un troisième match en trois jours. Après Philbert et Mameri, Grégory Tarlé et son staff ont aligné la troisième gardienne puisque Violette Pianel-Couriaut a gardé à son tour la cage française.
La jeune gardienne de Villard-de-Lans a rapidement été sollicitée mais tenu bon. Et à la 11e minute, Julia Mesplède, servie après une récupération de Manon Le Scodan au forecheck, a ouvert le score (1-0). Quatre minutes plus tard, c’est Le Scodan, sur le rebond, qui est devenue à son tour buteuse, sa troisième réalisation du tournoi (2-0).
Au début de la seconde période, la Norvège a réduit le score, Tea Løkke Nyberg, présente dans le slot, marquant en deux temps (2-1). Mais les Bleues sont parvenues à creuser l’écart dans ce second tiers. Clara Rozier a profité du rebond après une belle action entre Estelle Duvin et Manon Le Scodan (3-1). Trois minutes plus tard, la France a même fait la différence alors qu’elle évoluait en infériorité numérique : une longue passe de Gabrielle de Serres a lancé en break Margot Huot-Marchand qui a battu la gardienne adverse, Marthe Kongstorp (4-1). Chloé Aurard-Bushee a ajouté un cinquième et dernier but en troisième période, avec de la réussite après avoir manqué son premier lancer (5-1).
Deux victoires en trois matchs et une courte défaite d’entrée contre l’Allemagne, la France a terminé deuxième du tournoi, avec beaucoup de satisfaction à l’arrivée. Prochain rendez-vous pour les Bleues en septembre à l’occasion d’une nouvelle trêve internationale, elles seront en déplacement en Hongrie pour y affronter les Hongroises ainsi que le Japon et la Slovaquie.
Alignement de la France
Attaquantes :
Clara Rozier (A) – Estelle Duvin (C) – Clémence Boudin
Chloé Aurard-Bushee – Julia Mesplède – Manon Le Scodan
Anaïs Peyne-Dingival – Marleen Origlio – Margot Huot-Marchand
Emma Nonnenmacher – Lucie Turcotte – Lisa Cédelle
Maëli Moussier
Défenseures :
Sophie Leclerc (A) – Gabrielle de Serres
Léa Villiot – Elina Zilliox
Lucie Quarto – Léa Berger
Clara Piazzon
Gardiennes :
Alice Philbert
Margaux Mameri
Violette Pianel Couriaut


































