Une nouvelle saison s’ouvre pour l’équipe de France féminine, une saison un peu particulière puisque les Bleues ne disputeront pas de Mondiaux lors de l’exercice 2026-2027. Particulière également puisque trois joueuses ont rangé les patins : Anaé Simon, Marie-Pierre Pélissou et évidemment la capitaine Lore Baudrit.
Championnes du monde Division 1A au printemps dernier, les Françaises ne disputeront leur Mondial élite qu’en novembre 2027. Tout ce que l’on espère, c’est qu’il n’y ait pas de mauvaise surprise quant à la participation à ce championnat du monde en 2027. Fin juillet, le Conseil de l’IIHF confirmait la poursuite de l’exclusion des équipes nationales russes en tenant compte de plusieurs critères, « la sécurité, la sûreté, la faisabilité opérationnelle et l’intégrité sportive ». Toutefois, l’IIHF a souhaité se donner un délai supplémentaire concernant l’équipe féminine senior de Russie, qui pourrait alors faire l’objet de test. La porte est donc encore ouverte. Cette décision sera prise en novembre, et si la Russie devait connaître une réintégration partielle par le biais des féminines, espérons que la France nouvellement promue n’en fasse pas les frais.
Retour vers le futur
Même sans un Mondial à se mettre sous la dent dans les mois à venir, le programme demeure bien fourni avec les traditionnels tournois, dont celui du mois d’août qui débute ce jeudi. Le programme préparatoire prendra désormais, comme pour les hommes la saison dernière, l’étiquette de « Coupe d’Europe des Nations », histoire de mettre un peu de piment. A l’image de la Coupe d’Europe des Nations masculine, la compétition ponctuera la saison.

Attention toutefois à l’amalgame puisqu’en avril 2027 est prévu le Championnat d’Europe féminin qui fait son retour sur la scène internationale. L’IIHF l’avait en tout cas annoncé en octobre 2025 sans pour autant préciser le format et le nombre d’équipes participantes. Ce tournoi doit permettre plus de visibilité pour les équipes féminines, il doit aussi permettre d’étoffer le calendrier alors que toutes les divisions des championnats du monde seront désormais programmées à l’automne. Toutefois, depuis cette annonce, la fédération internationale n’a depuis partagé aucune information supplémentaire concernant cette nouvelle compétition. Il est vrai que l’IIHF n’est pas une grande communicante concernant les féminines, parfois maladroite ou à l’origine d’informations contradictoires.
Le Championnat d’Europe féminin s’offrirait en tout état de cause une résurrection, après cinq éditions entre 1989 et 1996. La France avait échoué au stade des qualifications en 1989, elle avait manqué de réussite en tombant contre la Tchécoslovaquie, malgré des performances honorables. Les Bleues ont par la suite participé au championnat élite en 1991 (septièmes)… obtenant leur revanche en match de classement contre la Tchécoslovaquie qui jouait à domicile ! Les Françaises ont ensuite disputé trois tournois « Euro B », le second échelon.
La Suisse, nouveau bastion des Bleues
Avant ce Championnat d’Europe, il y a donc cette rentrée en Allemagne. Comme en 2024, les Bleues débutent leur saison à Füssen, elles y affronteront, en plus des Allemandes, la Hongrie et la Norvège. Certaines tricolores font leur retour dans l’alignement, comme Lisa Cedelle et Lucie Turcotte. Pour Turcotte, 23 ans et dont la mère Isabelle a également porté les couleurs de l’équipe de France, elle a récemment signé à Lausanne après quatre années en NCAA, à Stonehill College.
La Suisse est d’ailleurs devenue un point de chute privilégié pour bon nombre de joueuses françaises. La saison 2026-2027 de la PostFinance Women’s League (PFWL) sera pour la deuxième année consécutive particulièrement abondante en représentantes tricolores. Parmi les joueuses convoquées pour ce premier tournoi, sept d’entre elles sont sous contrat en Suisse. Un très bon indicateur, la PFWL étant la deuxième meilleure ligue d’Europe après la SDHL suédoise, et une performance en soit car il est bon de rappeler que les joueuses étrangères sont limitées à quatre en PFWL.
Lucie Turcotte fait partie de l’important contingent de Lausanne, nouvellement promu en PFWL mais avec de grandes ambitions. Turcotte fera équipe avec Lisa Cedelle, Julia Mesplède – également en provenance de NCAA – et la recrue de choix, Clara Rozier. Le duo Rozier / Duvin, qui a sévi à Berne, n’est donc plus. Élue deux fois de suite meilleure joueuse de la ligue – mais hélas détrônée la saison dernière par Lara Stalder – Estelle Duvin disputera sa cinquième saison de suite en Suisse. Cependant, la centre des Bleues a décidé de changer d’air après Berne, puisqu’elle portera désormais les couleurs de Fribourg-Gottéron, elle a d’ailleurs inscrit 4 buts en 4 matchs de préparation, ponctués de 4 victoires. Son contrat inclut une clause pour la PWHL, dans le cas où elle serait invitée puis réussirait les camps de la ligue professionnelle féminine. Avouons qu’un peu de compagnie à la gardienne Alice Philbert, d’ores et déjà sous contrat avec la nouvelle franchise de Détroit, honorerait le hockey français.

De son côté, Chloé Aurard-Bushee, arrivée en janvier à Zurich, a prolongé son contrat d’un an. Sophie Leclerc a quant à elle rejoint Léa Villiot à Ingolstadt – sous la direction de Marion Allemoz – et Lucie Quarto, après trois années à Lindenwood University , a fait le choix de la Suède et Malmö. Très en vue la saison dernière, la jeune et talentueuse Clémence Boudin (18 ans) découvrira la Finlande et l’Auroraliiga en rejoignant Helsinki et Sehana Galbrun ainsi que son ancienne coéquipière en U18 Maéli Moussier.
L’équipe de France est également nourrie d’un cercle toujours important d’expatriées au Canada, dans les rangs collégiaux et universitaires. Seules trois des vingt-trois convoquées évoluent en France, c’est donc une équipe de France plus internationalisée que jamais qui entame sa rentrée en Allemagne.


































