Quatorze ans après avoir quitté la D1, les Lynx retrouvaient le deuxième échelon national devant leur public. Il n’aura fallu que 34 secondes à Morzine pour faire taire le Polygone. Louis Bailleul a traversé toute la défense valentinoise pour ouvrir le score, et à partir de là, les visiteurs ont dicté le rythme pendant une bonne partie de la soirée. Valence a retrouvé de la vie en supériorité numérique et n’a jamais lâché, mais à cinq contre cinq, Morzine a globalement mieux maîtrisé la rencontre.

Après ce but éclair, Morzine ne multiplie pas immédiatement les occasions franches, mais n’en a pas besoin. Son forecheck et la pression exercée sur le porteur perturbent les passes et la possession de Valence, qui a du mal à s’installer en zone offensive et à se procurer des tirs dangereux. Les locaux s’améliorent au fil de la première période, mais dans les batailles le long des bandes, Valence ne parvient pas assez souvent à faire lâcher le palet aux joueurs de Morzine. Les visiteurs prolongent ainsi leurs possessions, tandis que les Valentinois peinent à dégager le palet de leurs coins. À 1’37 de la fins, un turnover valentinois à la ligne bleue est puni : Valtteri Virtanen trompe Topias Rovio côté jambière gauche pour faire 0-2.
En deuxième période, Morzine maintient la pression. Moins de deux minutes après la reprise, les visiteurs gardent le palet en zone et Casper Andersson, trouvé avec de l’espace, porte le score à 0-3. La défense valentinoise n’arrive pas à trouver ses attaquants à la relance, ce qui rend difficile la construction d’une pression durable. Valence trouve enfin la faille en supériorité numérique : Aleksei Baskov réduit l’écart à 1-3 après un cinglage de Gaëtan Villiot. Valence obtient une deuxième supériorité en fin de période, conserve le palet et se crée quelques occasions, sans parvenir à marquer.

Morzine rétablit son avance de trois buts après seulement 48 secondes de jeu en troisième période, quand Gaëtan Villiot, derrière la cage et légèrement décalé sur le côté, trouve Patrik Machac. Valence répond 32 secondes plus tard par Rinalds Vutkevics, mais Oscar Conil écope ensuite d’une pénalité pour obstruction, et Marcus Karlsson en profite pour faire 2-5. Charles-Olivier Ouimet réduit l’écart à 1’48 de la fin en supériorité numérique, après un joli mouvement collectif, mais c’est trop peu, trop tard.

Analyse
Le cinq contre cinq a fait la différence
Valence a été plus efficace en supériorité numérique (2 sur 3, contre 1 sur 3 pour Morzine). Mais à cinq contre cinq, Morzine l’a emporté 4 buts à 1. C’est là que la différence s’est réellement construite. Morzine a été plus efficace dans le jeu à cinq contre cinq, notamment dans la récupération du palet et dans sa capacité à transformer la pression en occasions.

Le tournant du match
Morzine a marqué dans les deux premières minutes de chacune des trois périodes, mais le vrai tournant est arrivé au début de la troisième. En répondant 32 secondes après le 1-4, Vutkevics a offert une ouverture à Valence : deux buts d’écart, plus de 18 minutes à jouer et un Polygone qui pouvait de nouveau y croire.
C’était le moment de construire un peu de momentum. Moins de trois minutes plus tard, l’obstruction d’Oscar Conil a tout coupé, et Karlsson n’a eu besoin que de 29 secondes en supériorité numérique pour faire 2-5. La dynamique valentinoise s’est brisée d’un coup : au lieu d’un match relancé, Valence se retrouvait de nouveau à trois buts, avec un quart d’heure à jouer.

Le problème du « one and done » (un tir et puis s’en va)
Valence a pourtant tiré 27 fois, contre 30 pour Morzine. Le volume n’était donc pas le problème. Valence n’a été devancé que de trois tirs, mais les secondes chances étaient trop rares. Dans les séquences observées, les tirs ne se transformaient pas assez souvent en pression prolongée, et Morzine parvenait régulièrement à récupérer le palet après la première tentative. C’est une différence importante entre simplement tirer et véritablement maintenir une présence offensive. Un tir peut terminer une séquence ; une deuxième récupération peut en créer une nouvelle.
Les mises au jeu
Valence a remporté la bataille des mises au jeu (30 contre 28), avec un Ouimet solide (14 sur 25) et un Baskov presque parfait (7 sur 8). Le palet, Valence l’avait au départ ; c’est ensuite qu’il le perdait.
La relance
Le principal souci de Valence a été la connexion entre sa défense et ses attaquants. Sans passes de sortie propres, impossible d’attaquer la défense de Morzine en vitesse, et l’offensive valentinoise a souvent dû compter sur des initiatives individuelles. Morzine, à l’inverse, a davantage réussi à transformer ses récupérations en séquences offensives. C’est notamment ce qui a permis aux Pingouins de maintenir la pression après leurs buts.
La profondeur
Cinq buteurs différents pour Morzine, et 14 joueurs sur 18 apparaissent avec au moins un tir dans les statistiques individuelles. Cette production répartie sur plusieurs joueurs a obligé Valence à défendre contre davantage de menaces. À Valence, seuls huit joueurs ont un tir cadré. Owen Gilhula, Arnaud Lazzaroni et Ouimet apparaissent chacun avec cinq tirs, tandis que le trio Ouimet-Baskov-Lazzaroni a participé à deux des trois buts valentinois. Quand une partie de la production offensive repose sur quelques joueurs, l’adversaire peut plus facilement concentrer son attention sur eux.
Le travail défensif de Morzine
Morzine a régulièrement dépossédé les porteurs du palet valentinois et fermé les lignes de passe. Deux de ses buts, le deuxième et le troisième, sont venus de séquences où la pression morzinoise a pesé sur la défense valentinoise.

Les Pingouins n’ont pas seulement attendu les erreurs : ils ont contribué à les provoquer. Au final, Morzine a remporté la première période sans jamais laisser Valence gagner les deux suivantes. Une période gagnée, aucune perdue : sur 60 minutes, cette constance a fait la différence.
(Illustrations : Charlotte Ezdra (comm’charlie) )
Valence – Morzine 3-5 (0-2, 1-1, 2-2)
Samedi 3 octobre 2026 à 20h30 au Polygone. 1 072 spectateurs.
Arbitres : Florian Baudry et Jérémie Douchy assistés d’Enzo Pysniak et Guillaume Barthe.
Pénalités : Valence 6’ (2’, 0’, 4’) ; Morzine 6’ (0’, 4’, 2’).
Tirs : Valence 27 (8, 10, 9) ; Morzine 30 (13, 6, 11).
Évolution du score :
0-1 à 00’34” : Bailleul assisté d’Alvau et Machac
0-2 à 18’23” : Virtanen assisté de Garrido
0-3 à 21’55” : Andersson assisté de Garrido et Virtanen
1-3 à 32’49” : Baskov assisté de Lazzaroni et Ouimet (sup. num.)
1-4 à 40’48” : Machac assisté de Villiot
2-4 à 41’20” : Vutkevics assisté de Klyuev
2-5 à 44’48” : Karlsson assisté d’Andersson et Bailleul (sup. num.)
3-5 à 58’12” : Ouimet assisté de Lazzaroni et Baskov (sup. num.)
Valence
Attaquants :
Nikita Klyuev – Charles-Olivier Ouimet (A) – Owen Gilhula (2’)
Sébastien Delemps (A) – Aleksei Baskov – Rinalds Vutkevics (2’)
Vincent Delcroix – Alexis Hermant – Maxence Bortino
Arille Dupont
Défenseurs :
Pavel Pchalin – Alvan Rodriguez
Lydéric Puravet – Sam Riffard
Arnaud Lazzaroni (C) – Oscar Conil (2’)
Loris Chauvin
Gardien :
Topias Rovio [sorti à 57’53”]
Remplaçants : Nans Blanc (G), Sofian Lahssini (D). Absents : Rudi Maarni et Franck Amouriq.
Morzine-Avoriaz
Attaquants :
Valtteri Virtanen – Casper Andersson – Clément Garrido (A)
Louis Bailleul – Patrik Machac – Gautier Alvau
Gaëtan Villiot (2’) – Adam Maheut (2’) – Thibaut Delale
Joseph Lechevin – Candide Petit – Robin Lebrun Gilbert
Défenseurs :
Marcus Karlsson – Tom Combaz (C)
Hugo Metzentzeff – Germain Premat (A)
Mahé Forestier – Alix Bellanger (2’)
Gardien :
Jiri Blazek
Remplaçant : Arthur Comte (G). Absents : Maksim Zyuzyakin (?), Côme Laprun et Allan Rech (appelés par Chamonix).

































