Après presque 6 mois de diète estivale, les supporters des deux équipes allaient enfin pouvoir reprendre l’habitude du match de hockey de fin de samedi après-midi. Les deux adversaires commencent à se connaître et visent sensiblement le même objectif, à savoir une place en play-offs. L’effectif des Titans colmariens a quasiment été reconduit, hormis la venue de Philippe Achard pour remplacer Tristan Thévenot dans les buts, de Linus Kaistila pour renforcer la défense, et de trois venues surprises à découvrir quasiment seulement en cette fin de soirée.
Les Graoullys messins ont eu connu une petite révolution puisque la présidence est récemment revenue à deux anciens supporters et bénévoles, en remplacement de Christophe Fondadouze aux manettes depuis 10 ans. Leur objectif, clairement annoncé, est d’accéder aux podium du tournoi final de la division, rien que ça ! Pourtant, l’effectif, quoique remanié, semble encore lacunaire, du moins au niveau quantitatif. On allait ainsi voir ce soir si Tristan Thévenot, récent transfuge des Titans vers les Graoullys, allait permettre aux visiteurs d’asseoir leur (revendiquée) supériorité sur leurs hôtes alsaciens.
La cinquième minute n’est pas encore passée que le jeune portier laisse pourtant déjà sa place à son remplaçant, la faute à une mauvaise blessure lors des premiers tirs (et buts) des locaux. Il faut dire que ce tiers a débuté de façon débridée et pour le moins rock’n’roll. Les joueurs ne sont pas encore chauds, les passes et les placements pas vraiment précis. C’est ainsi que Ludwig Thellström intercepte une relance plein axe bien approximative et hasardeuse de la défense locale (On rabâche pourtant dans toutes les écoles de hockey « jamais plein axe »). Le Suédois tire à mi-distance et ça fait mouche (0-1 à 0’37”). Pas le temps de profiter de cet avantage que Nicolas Thos allume à bout portant Thévenot (1-1 à 1’11”). Eloi Lenner lance de la bleue à ras la glace dans un angle mal bouché par Thévenot (2-1 à 4’58”).
On connaît la suite : l’ancien portier titan laisse sa place à son alter-ego, non pas par vexation d’un début de match tendu mais par blessure, lequel sera rapidement mis à contribution sur ce break de Miroslav Krivochtchekov (6’00”). Les boys de Genya Kouznetsov poussent haut, ce qui est appréciable pour le spectacle. Cependant, pas avares de boulettes lors de relances approximatives, ils vont progressivement se mettre tout seuls en difficulté face aux Lorrains en attente de riposte. Lukas Zeliska envoie un premier avertissement quand, libre de marquage, il fixe Philippe Achard et lui décoche un tir victorieux (2-2 à 7’34”). La partie est restée agréable à regarder car vive et sans temps morts, avant de basculer progressivement vers un cap plus rugueux et incluant l’intimidation verbale et physique. Metz y trouve son compte, toujours par Zeliska, désespérément providentiel pour les visiteurs, sur un missile décoché de la bleue (2-3 à 15’05”). Lors d’un break turbo en infériorité, le Suédois volant Thellström sert son comparse Enzo Lebouché accouru en renfort (2-4 à 18’46”). D’aucuns appelleront ça du hockey réaliste, tant la troupe mosellane a avant tout su, durant ce premier vingt, exploiter à son actif les flottements, passivités et déconcentrations haut-rhinoises.
Le retour des vestiaires va se trouver relativement douché par le fait que les Graoullys se sont resserrés façon compacte dans leur zone. Colmar mettra ainsi plusieurs minutes à reprendre ses esprits avant de perforer une première fois par Romain Schmitt, lumineusement lancé par Aurélien Klessmann (3-4 à 25’59”). Le but revigore l’arène et ses gladiateurs, le poteau de Jeanmichel résonne sur l’essai de Jonathan Boehrer (28’05”). Renaud Studer donne l’égalité sur une remontée collective de son alignement (4-4 à 30’43”). Les locaux, requinqués, vont alors pousser sans toutefois exploiter leurs essais, qu’ils soient collectifs comme sur ce break à trois pourtant raté (31’18”), ou ce bazar innommable devant la cage lorraine au bout duquel Joan Koenig rate son bout portant (32’01”). Et pour une énième fois, c’est dans ces moments de domination marquée que le dominé sort un coup fourré et plante son hôte. Krivochtchekov, certes rapide mais en panne de finition, vient d’échouer devant la cage adverse (34’50”) que la contre-attaque messine décentre Yannick Hamri esseulé au second poteau (4-5 à 35’07”). Les blanc et grenat peuvent souffler, quoique pas bien longtemps puisque Koenig, en embuscade, prolonge le rebond d’une belle transversale de Linus Kaistila (5-5 à 37’14”), avant que Romain Piazzon ne trompe de la bleue Lucas Jeanmichel par un tir qui ricoche sur la crosse de Matéo Bonhomme pour tromper ensuite à mi-hauteur son portier (6-5 à 39’07”).
Colmar revient donc des vestiaires plus confiant, mais serait bien inspiré de se mettre rapidement plus à l’abri de leurs réalistes adversaires, notamment en exploitant les nombreux rebonds offerts par la doublure messine. Ils se contenteront surtout de tenir le match en pressant haut les Graoullys. Ce qui ne les épargnera pas de sueurs froides lors d’épisodes d’infériorité ou double infériorité concédées en fin de match. C’est alors Fort Alamo devant la cage d’Enak Sturm mais le portier alsacien repousse vaillamment les essais adverses, lesquels perdent progressivement en lucidité. Bastien N’Guiamba pense avoir trouvé la faille (52’54”) mais permet ainsi en retour une nouvelle riposte lorraine, au final bloquée. Les locaux ont beau acculer de nouveau les visiteurs dans leur zone, le chrono n’en finit pas de tourner sans encore sonner la fin. On arrive dans la dernière minute, Zeliska part une dernière (?) fois en break, poursuivi par Klessmann. L’ancien Mulhousien, un poil trop court, s’allonge désespérément sur la glace et ratisse le palet avec sa crosse… Seulement le palet ? L’arbitre en juge autrement et accorde la pénalité, permettant aux Graoullys un dernier engagement dans la zone locale (59’14”). Mais même face un sixième joueur de champ, la troupe colmarienne se cramponne devant sa cage et la garde au final inviolée.
Match de rentrée, encore bien brouillon de part et d’autre du glaçon, mais déjà quelques enseignements à tirer. Metz reste encore bien (trop) tributaire du rendement d’une seule ligne, et ce même si l’apport du défenseur suédois Thellström est évident, du moins au niveau de ka relance offensive. En parallèle, l’effectif reste limité, du moins ce soir, au niveau quantitatif. L’interrogation sera de vérifier si le retour au bercail de Thévenot permettra de prendre un peu plus de sérénité devant la cage. La tenue d’un match et de son résultat sur la totalité du temps imparti, sans en pâtir physiquement, risque donc d’être sujette à caution pour les Lorrains, au regard des objectifs initialement et publiquement clamés.
De son côté, Colmar a une nouvelle fois mis en avant ses qualités habituelles, à savoir la générosité et la persévérance dans l’effort… Mais aussi ses non-moins habituels défauts que sont imprécisions et perte de concentration, ce qui peut paraître surprenant quand on note que la présence de la doublette Klessmann-Kaistila (champions de France de division 3 avec Mulhouse il y a deux saisons) devrait au contraire apporter un peu plus de rigueur derrière. On peut se rassurer en pensant que l’effectif pourra compter sur une ligne défensive et offensive supplémentaire. Le poste de gardien méritera, lui aussi, d’être surveillé.
Colmar – Metz 6-5 (2-4, 4-1, 0-0)
Samedi 3 octobre 2026 à 19h30 à la patinoire municipale de Colmar. 300 spectateurs.
Arbitres : MM. Nicolas Bergeron et Clément Tognan.
Pénalités : Colmar 20’ (8’, 4’, 8’) ; Metz 10’ (8’, 2’, 0’)
Tirs : Colmar 35 (15, 12, 8) ; Metz 33 (14, 5, 14)
Évolution du score :
0-1 à 00’37” : Thellström
1-1 à 01’11” : Thos assisté de Koenig
2-1 à 04’58” : Lenner* assisté de Boehrer (sup. num.)
2-2 à 07’34” : Zeliska assisté d’Upitis
2-3 à 15’05” : Zeliska assisté de Thellström et Upitis (sup. num.)
2-4 à 18’46” : Lebouché assisté de Thellström (inf. num.)
3-4 à 25’59” : Schmitt assisté de Koenig
4-4 à 30’43” : Studer assisté de Morlet et Boehrer
4-5 à 35’07” : Hamri**
5-5 à 37’44” : Koenig assisté de Kaistila
6-5 à 39’07” : Piazzon assisté de Boehrer
* et non Boehrer / ** et non Lebouché (corrections par rapport à la feuille de match)
Colmar
Attaquants :
Renaud Studer (A) – Jonathan Boehrer – Timéo Morlet
Joan Koenig (A) – Romain Schmitt – Nicolas Thos
Miroslav Krivochtchekov – Edouard Alves – Bastien N’Guiamba
Défenseurs :
Aurélien Klessmann, Linus Kaistila, Eloi Lenner, Lucas Maurer (C) et Romain Piazzon en rotation
Gardien :
Philippe Achard puis à 20’00” Enak Sturm
Metz
Attaquants :
Antonin Lagoguey (A) – Lukas Zeliska – Jan Upitis
Enzo Drouet-Bernardini – Valentin Poncelet – Enzo Fremiot
Yannick Hamri (C) – Romain Stablo – Enzo Lebouché
Défenseurs :
Matéo Bonhomme, Nathan Casula, Maxime Preudhomme, Ludwig Thellström et Baptiste Pacheco en rotation
Gardien :
Tristan Thévenot puis 04’58” Lucas Jeanmichel [sorti à 59’37”]

































