Doigts d’honneur et point d’honneur

Pourquoi cette haine s’est-elle finalement reportée sur le Yunost, et non sur le Dynamo dont l’inscription en KHL a précipité cette réduction du nombre de clubs ? Parce qu’il lasse, comme tout club trop dominateur, mais aussi parce que son attitude hégémonique. Si le Dynamo happe les forces des autres clubs, il représente quand même le pays, bon gré mal gré. Le Yunost, lui, suce le sang de ses rivaux… pour les battre !

Mais les adversaires nationaux ont eux aussi tiqué, car derrière ces prêts se dissimulent des transferts plus définitifs. En effet, les deux joueurs n’ont pas caché qu’ils souhaiteraient rester au Yunost (et empocher un titre de champion au passage). Et même s’il est prévu qu’ils rentrent dans leurs clubs à la fin du week-end, Zakharov a éventé le fait qu’il les considère déjà comme engagés pour la saison prochaine.
Ces deux renforts rendent le Yunost plus solide défensivement. Plus discipliné aussi, ce qui avait été son défaut à Grenoble l’an dernier. Ce sont les Biélorusses qui bénéficient des premiers avantages numériques, parce qu’ils mettent la pression en zone offensive et poussent l’adversaire à la faute par leur talent. Néanmoins, leur powerplay qui dévaste le championnat national est moins à l’aise face à une adversité plus forte.

SønderjyskE revient plus agressif en deuxième période et inquiète enfin le gardien finlandais Mika Oksa. Un tir en bonne position de Mick Jensen est aussi dévié par un défenseur. Mais pendant un changement de ligne des Danois, l’un des leurs prend un lancer contré par Bashko. Yaroslav Chupris peut alors délivrer une longue passe vers Aleksandr Kitarov à la ligne bleue pour le 2-0 en lucarne.
Dejan Matejic tente d’organiser la révolte scandinave en créant deux bonnes actions pour Rasmus Damgaard et Nichlas Carlsen. À deux minutes de la fin de la deuxième période, Christoffer Kjærgaard gagne l’engagement, va à la cage pour essayer de dévier un tir de la bleue de Steffen Frank, et finalement fait le tour de la cage pour lever le palet au-dessus de l’épaule du gardien (2-1).

Un pas supplémentaire est franchi lorsque Simioni sorte son gardien Michaud. Il reste quarante secondes au chronomètre quand Fredrik Storm, un des Danois les plus actifs, échoue en tirant dans les jambières d’Oksa alors qu’il est complètement seul face à la cage située devant les pom-pom-girls locales. Encore tout retourné d’avoir échappé à l’égalisation qui aurait annulé le caractère décisif de son but, Kitarov en manque la cage vide.
Désignés joueurs du match : Mika Oksa pour le Yunost Minsk et Alfie Michaud pour SønderjyskE.
Commentaires d’après-match
Mario Simioni (entraîneur de SønderjyskE) : « Je suis très fier de mon équipe. Nous étions nerveux en première période, Minsk était plus fort et nous ne sommes pas habitués à un tel niveau. Durant la pause, j’ai dit que nous étions capables de jouer contre cette équipe en jouant à notre niveau. Nous avons eu une grande occasion d’égaliser et d’aller en prolongation, c’est dommage. Nous sommes ici pour essayer de gagner le tournoi, donc nous tenterons demain de battre Salzbourg. Au fait, je voudrais m’excuser d’avoir assisté à l’entraînement du matin du Yunost. Je ne savais pas que c’était interdit. »
Mikhaïl Zakharov (entraîneur du Yunost Minsk) : « Le premier match est toujours le plus difficile. L’an passé en France, nous l’avions perdu [contre Salzbourg]. Il ne fait pas l’ombre d’un doute que SønderjyskE est une bonne équipe. Nous l’avions étudiée en vidéo. Je suis content de la victoire, mais notre powerplay n’a pas bien fonctionné. À la dernière minute, Kitarov a mal joué. Il n’avait qu’à tirer dans la cage vide, mais… peut-être est-ce un manque d’expérience. S’il y avait eu [les retraités] Kovalev ou Andryushchenko à sa place, ils auraient conduit le palet jusqu’à la fin. »
(photos de Nicolas Platel)
Yunost Minsk – SønderjyskE 2-1 (1-0, 1-1, 0-0)
Vendredi 14 janvier 2011 à 19h00 à la Minsk Arena. 8810 spectateurs.
Arbitrage de Tom Laaksonen (FIN) et Aleksei Ravodin (RUS) assisté d’Anton Semionov (EST) et Petr Blümel (TCH).
Pénalités : Minsk 2′ (0′, 2′, 0′), SønderjyskE 8′ (6′, 0′, 2′).
Tirs : Minsk 30 (13, 9, 8), SønderjyskE 22 (5, 10, 7).
Évolution du score :
1-0 à 18’50 » : Zadelenov assisté de Klochkov et Senkevich
2-0 à 26’36 » : Kitarov assisté de Chupris et Bashko
2-1 à 37’55 » : Kjærgaard assisté de Frank et Jensen
Yunost Minsk
Gardien : Mika Oksa.
Défenseurs : Sergei Sheleg (-1) – Aleksei Deniskin (-1) ; Andrei Bashko (+1) – Aleksandr Ryadinski (C, +1) ; Ivan Usenko (+1) – Aleksei Baranov (+1) ; Sergei Erkovich (+1) – Andrei Karev (+1).
Attaquants : Oleg Timchenko (-1) – Aleksandr Borovkov (-1) – Aleksandr Materukhin (-1) ; Konstantin Zakharov (+1) – Oleg Shafarenko – Yaroslav Chupris (+1) ; Andrei Stepanov – Aleksandr Kitarov (+1) – Maksim Slysh ; Artyom Senkevich (A, +1) – Sergei Zadelenov (A, +1) – Vladislav Klochkov (+1).
Remplaçant : Maksim Malyutin (G).
SønderjyskE
Gardien : Alfie Michaud [sorti à 58’48 »].
Défenseurs : Daniel Villadsen (4′) – Daryl Andrews (A) ; Dustin VanBallegooie (-2) – Rasmus Damgaard (-1) ; Matt MacDonald – Joachim Holten Møller (+1).
Attaquants : Steffen Frank (-1) – Christoffer Kjærgaard (A) – Mick Jensen ; Frederik Storm – Jason Guerriero (-1) – Niclas Carlsen (-1) ; Dejan Matejic – René Holm (2′) – Kim Lykkeskov (C, 2′).
Remplaçants : Christian Møller (G), Mads Lund, Kenneth Müller, Mads Nielsen, Daniel Madsen.







































