C’est le grand jour : l’équipe de France entame son Mondial de division 1A, avec l’ambition de remonter immédiatement en élite mondiale. Pour cela, il faudra s’emparer de l’une des deux premières places. C’est à Sosnowiec, en Pologne, que les Bleus ont rendez-vous avec des adversaires qu’ils côtoient moins fréquemment depuis quelques années. En guise de hors-d’oeuvre, le Japon, dans une arena peu garnie en ce samedi midi.
Yorick Treille a du renouveler son effectif suite à de nombreuses blessures, et quelques retraites (Bellemare, Sacha Treille). On ne trouve ainsi que 12 joueurs présents aux Jeux olympiques en février, et six novices en tournoi officiel.
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La France entame avec un échec-avant efficace de sa quatrième ligne. Le pressing de Kévin Bozon provoque tout de suite un dégagement interdit, et les Bleus s’installent dans la foulée. Un beau jeu de Louis Boudon ouvre la porte à Jordann Perret, seul devant le gardien Narisawa Yuta, qui gagne son duel.
Ce jeu vers l’avant continue. Toutefois, une montée de Floran Douay est contrée et le palet prend un contre favorable dans la neutre pour Suzuki Madoka. Il s’avance au cercle gauche et Antoine Keller ferme la porte. Le jeu reste pour autant dominé par l’équipe de France, dominatrice en possession de palet. Les récupérations par de bons jeux à la crosse et des relances appliquées ouvrent des lignes de tirs, à l’image d’un slap de Kévin Dusseau de la bleue.
Les actions offensives s’enchainent, avec encore un tir de Flavien Dair, un lancer lointain d’Enzo Cantagallo ou une action de Valentin Grossetête. La France joue vers l’avant, séduisante, attaque la cage et gratte des palets en zone offensive.
Cette pression manque de payer sur une nouvelle action près du but, mais provoque deux minutes pour une crosse haute d’Osawa Yuto. Jules Boscq défend bien un contre et profite du changement de ligne japonais pour envoyer Bruche en échappée. L’attaque tricolore feinte… et le disque échoue sur le poteau. Le jeu de puissance se termine sans résultat, mais les joueurs de Yorick Treille se rapprochent… et reçoivent un nouvel avantage grâce à un surnombre adverse.
Installée, l’équipe spéciale décale Gallet dans l’axe et le gardien s’impose. Tomas Simonsen tente ensuite sa chance du cercle droit. A la toute fin de la supériorité, Boudon cherche la déviation de Perret devant le but, sans réussite. Pénalité finie, mais les Bleus restent en attaque et Takebe Taiki est pris de vitesse : encore deux minutes !
Gallet mène le jeu au centre et écarte immédiatement pour la volée de Simonsen, sauvée. L’attaquant de Rouen est encore à la réception d’un gros jeu collectif dans les bandes, qui libère Boudon. Le capitaine décale Simonsen et c’est la mitaine du gardien ! Pénalité encore effacée, et les Bleus insistent. Un bloc de Flavian Dair lance un contre avec Valentin Grossetête et nouvel arrêt sur le slap de Dusseau qui suit : c’est le 19e tir français, à… 1 seul côté japonais.
Le 20e est finalement le bon… et ce n’est même pas vraiment un tir. La récupération contre la bande profite à Guillaume Leclerc, qui tente un centre en pivot. Le palet trouve une crosse japonaise sur sa route et surprend le gardien (0-1).
Les dernières secondes défilent et offrent deux chances : un tir croisé de Suzuki sorti difficilement par Keller et sur le dégagement en profondeur, Perret parvient à récupérer et solliciter le gardien au buzzer. La France mène 1-0 à la pause, 21-2 au tir.
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Les Bleus commencent doucement ce tiers médian et concèdent un premier tir de Sato Yu. Puis, ils reprennent leur maîtrise du palet et enchainent quelques séquences offensives, qui aboutissent à une faute de Hayata Seiya. Ce nouveau jeu de puissance ne donne rien malgré les efforts de Simonsen, qui déniche une belle passe vers Perret seul devant le but… la déviation s’écrase sur le poteau.
Faure de conclure cette intense domination, la France se fait piéger à la mi-match lorsque Takagi Kenta dévie juste devant Keller un lancer lointain de Miura Yuki (1-1).
Vexés, les joueurs de Yorick Treille repartent à l’abordage et confisquent le palet. Une longue séquence offensive se termine par une faute de Yoneyama Koki, qui charge Jordann Bougro dans le dos. Cette fois, le jeu de puissance s’installe proprement. Boudon, sur le côté, fixe, et ouvre vers Guebey au centre. Le défenseur, arrivé tard la veille au soir, écarte sur sa gauche sur Simonsen au cercle. La volée croisée prend de vitesse le gardien (1-2).

Un but juste avant la pause qui fait un bien fou… avec 35-9 au tir, la France a bombardé Narisawa Yuta, qui tient son équipe dans le match.
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Le schéma ne change pas à la reprise. Simonsen, intenable, se heurte encore au gardien. Mais la France desserre son étau. Peu après, un tir excentré de Hanzawa Chikara se termine sur la barre de Keller, petit rappel sans conséquence que le score n’est pas acquis. Et Suzuki le rappelle encore plus fort en égalisant d’un tir en angle fermé, sur lequel Keller couvre très mal son poteau (2-2).
Les Bleus repartent… mais cafouillent. Perte de palet de Perret, et Sato Yu file seul au but, met Keller au sol et place le Japon en tête (3-2).
Le sentiment d’urgence est visible chez les Tricolores, qui repartent fort vers l’avant, avec une intensité physique accrue. Guebey et Miura sont même sanctionnés pour un échange excessif… Simonsen déborde à gauche et lance, puis Boudon cherche à dévier un tir de Dusseau, lequel tente encore un autre slap peu après. Les Bleus canardent dans tous les sens, et font face à un festival de blocs des défenseurs japonais.
Les minutes défilent, avec beaucoup d’implication des joueurs français, qui grattent des palets au fond, mettent du trafic devant le but… sans résultat. 42-15 au tir à l’approche des cinq dernières minutes… Deux minutes passent encore et Yorick Treille pose son temps mort et sort Keller.
Un choix payant puisqu’à 2’22 de la sirène, Perret enfonce la défense et, en déséquilibre, trompe le gardien japonais, malgré un faire trébucher (3-3, photo).

La France est soulagée… et ce n’est pas fini. Un bon travail au fond de Simonsen permet de trouver Perret, oublié au marquage. Le capitaine finit le travail d’un tir spontané en hauteur avec l’aide de la barre (3-4). Temps mort japonais…
Les Bleus tiennent le choc dans les derniers instants et s’échappent de justesse avec les trois points !
Dominateurs dans le jeu (46-16 au tir), les Français ont pêché par manque de réalisme, et n’ont pas réussi à se mettre à l’abri. Piégés en début de troisième tiers, ils ont su trouver les ressources pour faire résonner la première Marseillaise de ce mondial et garder en vie leurs chances de remonter en élite mondiale.
Commentaires d’après-match :
Jules Boscq (défenseur de la France) : « Nous avons eu beaucoup d’occasions au premier tiers mais nous n’avons pas réussi à marquer, leur gardien a été très bon. Nous n’avons pas su être efficaces, et leurs défenseurs ont bloqué beaucoup de tirs, un peu comme s’ils faisaient le match de leur vie. Il faudra s’améliorer là-dessus, quand on contrôle le match comme ça, il faut trouver le moyen de se sécuriser plus tôt, sinon ça devient chaud. Un premier match, c’est toujours compliqué, on a peut-être trop cherché le jeu parfait au lieu de prendre nos chances de loin et chercher les rebonds. Ce match sert de petit rappel, il faut jouer soixante minutes à fond, quel que soit le niveau, sinon il y a le risque de se faire prendre. Au final, c’est toujours une victoire de prise, on a montré beaucoup de caractère avec deux buts dans les trois dernières minutes. Nous sommes une équipe jeune, et nous cherchons à conserver les valeurs des anciens : ne rien lâché tant que le match n’est pas fini. »

Tomas Simonsen (attaquant de la France) : « Oui, ça fait plaisir de marquer mon premier but au Mondial. J’ai beaucoup essayé au premier tiers, mais le gardien japonais a été très bon. J’ai réussi à le surprendre sur ce tir. On auraitdu tuer le match avec les nombreux power-play au début, mais ils ont bien défendu, bloqué des tirs. On a beaucoup essayé et ça n’a pas fonctionné, il faudra travailler là-dessus pour la suite. Le troisième tiers, in a vu que le Japon montait son niveau de jeu dans les cinq-six premières minutes alors que nous avons baissé de pied, et on se fait punir. Il faudra en tirer les leçons. »
Jordann Perret (attaquant de la France) : « Nous faisons un gros premier tiers, avec beaucoup de bonnes choses offensivement, mais nous manquons de réussite. Cela aurait pu donner 1-0 comme 4-0. Mais on savait comment jouait le Japon. Ils donnent tout, ils bloquent des tirs, leur gardien est chaud… Nous n’avons pas paniqué, respecté le système et montré notre caractère. A 2-3 on y croit, on est là pour gagner tous les matchs. Il y a une bonne ambiance dans l’équipe, de bons gars, qui ont tout donné. On aurait pu tuer le match plus tôt c’est sûr, après on sait aussi qu’il n’y aura aucun match facile et qu’il faudra s’améliorer à chaque fois. C’est un honneur de porter ce « C » mais ça ne change pas la personne que je suis. Je vais continuer à montrer la voie et je suis fier des gars. Demain contre la Pologne ça sera un très beau match, on s’attend à une grosse ambiance. Il n’y a aucun match facile et il faudra sortir le bleu de chauffe. »
Yorick Treille (entraineur de la France) : « Trois points, ouf oui ! On a fait ce qu’on voulait au début du match, avec l’intensité, les situations, les occasions. On doit trouver les solutions pour mettre le palet derrière la ligne. Nous risquons de revoir ce type de match dans la suite du tournoi en terme de possession. Pour les joueurs, c’était une première expérience en groupe B. Nous, entraineurs, l’avons vécu et parfois perdu ce genre de matchs. C’est positif que nous ayons trouvé la solution aujourd’hui, collectivement. Même si ce n’est pas exactement selon le plan, nous avons trouvé des solutions en tant qu’équipe. Maintenant, il faut analyser les dangers, les situations que nous avons eu. Il y a un travail aux Jeux olympiques et depuis sur trois axes. L’aspect mental en est un, avec le physique et la tactique. Grandir collectivement, face à une adversité réelle. Y-a-t-il eu un peu de relâche après le premier tiers ? Car on ne peut pas se relâcher une seule seconde dans ce tournoi. On doit travailler sur cette entrée en zone en première intention, entrer en contrôler et amener le danger avant qu’un mur de cinq joueurs ne se forme et que ça ne devienne bouché. La Pologne, ce sera un match différent sur le plan physique, donc il faut d’abord axer sur la récupération et analyser les choses. Aujourd’hui, nous avons failli nous brûler, c’est un bon apprentissage. Même si nous avions laissé filer celui-ci, nous aurions encore notre sort en mains, et nous allons prendre les choses un jour à la fois. Là, c’est un coup de chaud, mais on le met derrière. »

Japon – France 3-4 (0-1, 1-1, 2-2)
Samedi 2 mai 2026 à 12h30 à la Sosnowiec Winter Arena de Sosnowiec (Pologne). 391 spectateurs.
Arbitres : Michal Baca (POL) et Logan Gruhl (USA) assistés de Daniel Konc (SVQ) et Junseo Lim (COR).
Pénalités : Japon 12’ (6’, 4’, 2’) ; France 4’ (2’, 0’, 2’).
Tirs : Japon 16 (2, 7, 7) ; France 46 (23, 12, 11).
Récapitulatif du score :
0-1 à 18’55” : Leclerc assisté de Gallet
1-1 à 32’42” : Takagi assisté de Miura et Kimura
1-2 à 38’35” : Simonsen assisté de Guebey et Boudon (sup. num.)
2-2 à 42’46” : Suzuki F. assisté de Keller J. T. et Kimura
3-2 à 43’28” : Sato assisté de Nakajima et Hanzawa
3-3 à 57’38” : Perret assisté de Leclerc et Guebey
3-4 à 58’29” : Perret assisté de Simonsen et Dusseau
Japon (2’ pour surnombre)
Attaquants :
Sato Yu – Nakajima Teruto (C, -2) – Hanzawa Chikara
Hirano Yushiroh (A) – Isogai Sota (+3) – Irikura Taiga (A)
Osawa Yuto (2’) – Miura Yuki (2’, +1) – Takagi Kenta (-1)
Suzuki Fuji – Suzuki Madoka (+1) – Keller Jordan Taichi (+1)
Kobayashi Tohi.
Défenseurs :
Yoneyama Koki (2’) – Murakami Ray
Hayata Seiya (2’) – Halliday Jiei (-1)
Otsu Yusei – Takebe Taiki (2’)
Kimura Shunta (+2).
Gardiens : Narisawa Yuta puis Otsuka Issa à 50’01” [sorti de sa cage à 58’55”].
Réserviste : Tomita Kai (G)
France
Attaquants
Jordann Perret (C, +1) – Louis Boudon (A, +1) – Tomas Simonsen (+1)
Valentin Grossetete – Jordann Bougro (+1) – Guillaume Leclerc (+1)
Kevin Bozon – Nicolas Ritz – Floran Douay
Aurelien Dair (-1) – Fabien Colotti (-2) – Flavian Dair (-1)
Baptiste Bruche (+1)
Défenseurs
Enzo Guebey (4’, +2) – Hugo Gallet (A, +1)
Jules Boscq (-2) – Enzo Cantagallo (-2)
Kevin Dusseau (+1) – Charles Schmitt
Thomas Thiry (-1).
Gardien : Antoine Keller [sorti de 57:02 à 57:38].
Remplaçant : Quentin Papillon (G).
Réserviste : Martin Neckar (G).


































