La double réception de la Lettonie présentait un double enjeu pour les Suisses : d’une part il s’agit d’un adversaire de la même poule qu’ils devront battre dans moins de deux semaines aux championnats du monde, d’autre part leur place dans la composition finale se joue sur ces deux jours. La concurrence assure la motivation, et pourtant les tribunes ne se sont pas remplies pendant ces deux soirs en Romandie. Les spectateurs étaient même moins nombreux vendredi à Genève que samedi à Neuchâtel, ville sevrée de hockey de haut niveau.
Avec le même rituel d’avant-match que lors de toute la saison de Genève-Servette (le vol de l’aigle Sherkan), le public des Vernets s’est vite soulevé de son siège pour applaudir un petit bijou d’Anders Ambühl : une entrée de zone à pleine vitesse sur l’aile droite, un passage derrière la cage puis une magistrale passe du revers offrant l’ouverture du score à Denis Hollenstein. Mais très vite, c’est le portier Robert Meyer – finalement élu homme du match – qui s’est retrouvé en évidence sur la glace où il évolue toute l’année. Deux minutes plus tard, le nouveau numéro 2 de la sélection (derrière Berra) a remporté un face-à-face avec Roberts Bukarts.
Un duel à distance se livre alors entre les deux gardiens, une sorte de revanche de la demi-finale de LNA remportée le mois dernier par Elvis Merzlikins, le Letton de Lugano. En deuxième période, celui-ci arrête notamment une déviation de Samuel Walser sur un tir précédé d’une belle feinte de Schneeberger. Et comme en fin de premier tiers sur un essai de Hofmann en avantage numérique, il est aidé à la mi-match par un poteau extérieur sur un tir de Lino Martschini, en 2 contre 1 avec Marc Wieser. Mais deux minutes après cette occasion, le défenseur de NHL Yannick Weber perd le palet dans sa propre zone, ce qui permet à Edgars Kulda de servir Edgars Siksna pour l’égalisation.
La Suisse manque un peu de timing devant la cage, et même quand Sven Andrighetto arrive seul devant le but à quatre minutes de la fin, Merzklikins ferme bien les bottes. C’est finalement un puissant one-timer d’Eric Blum qui force la décision en prolongation, sur une nouvelle passe d’Ambühl. Encore faut-il confirmer en gagnant deux fois de suite, ce que la Nati n’a pas encore fait dans cette préparation.
Le lendemain, Patrick Fischer a laissé au repos sa première ligne et son capitaine Ambühl, ce qui permet d’obliger les autres à prendre les responsabilités, mais aussi d’opérer les derniers choix cruciaux. La Nati maîtrise la première période, au point que la Lettonie ne réussit à cadrer qu’un seul tir (par Galvins depuis la ligne bleue) pendant 3’45” d’avantage numérique ! Mais les rouges ne trouvent pas non plus la faille, un lancer d’Andrighetto finissant sur la barre transversale.
Peu dangereux jusque là, les Baltes marquent les premiers par un tir du poignet d’Andris Dzerins au début du deuxième tiers. Ils résistent en infériorité numérique grâce à un très bon Masalskis, puis sont enfin tranchants en powerplay par Oskars Cibulskis pendant que Haas est en prison pour crosse haute. Mais juste avant le retour aux vestiaires, la Suisse reprend espoir par une belle déviation devant le but de Julian Walker.
Revenue sur la glace à 5 contre 4, la Nati revient à hauteur par une superbe reprise directe de Martschini… mais sur l’action suivante Yannick Weber perd encore un palet dans sa zone face à Kulda, qui donne en retrait à Abols pour le 2-3. Le jeu s’anime et, en situation de 4 contre 4, Grégory Hofmann égalise avec la complicité de Gaétan Haas qui a bouclé la vue de Masalskis.
Le joueur décisif se nomme cette fois Matthias Bieber, qui marque le but vainqueur à trois minutes de la fin à 2 contre 1. Mais ce but ne sera pas suffisant pour sa cause personnelle. Ce dimanche, Bieber a été le seul vice-champion du monde 2013 parmi les cinq joueurs écartés. Autre malheureux, Tristan Scherwey, qui n’a pas su démontrer son apport dans le trio de neutralisation avec Trachsler et Walker, ni d’ailleurs à Neuchâtel avec d’autres partenaires (dont Bertschy lui aussi renvoyé dans ses foyers). Le sélectionneur Patrick Fischer lui aura préféré Dino Wieser dans le rôle d’ailier défensif.
En défense, Romain Loeffel a été septième défenseur les deux jours, même s’il a eu sa chance en supériorité numérique. Néanmoins, l’arrivée demain d’un profil similaire de blueliner droitier (Raphael Diaz) le condamne. Ramon Untersander a aussi été rayé de la liste. Grâce à son engagement physique pendant ce processus de sélection, Noah Schneeberger, l’arrière de Davos, a réussi à créer la surprise et s’imposer pour son premier Mondial.
Désignés joueurs suisses du match : Robert Mayer (vendredi) et Grégory Hofmann (samedi)
Match 1
Suisse – Lettonie 2-1 après prolongation (1-0, 0-1, 0-0, 1-0)
Vendredi 29 avril 2016 à 19h45 à la patinoire des Vernets, Genève. 3278 spectateurs.
Arbitres : Ken Mollard et Marc Wiegand assistés de Nicolas Fluri et Roman Kaderli.
Pénalités : Suisse 4’ (4’, 0’, 0’, 0’) ; Lettonie 4’ (2’, 0’, 2’, 0’).
Tirs : Suisse 34 (10, 14, 8, 2) ; Lettonie 23 (7, 6, 8, 2).
Évolution du score :
0-1 à 09’xx″ : Hollenstein assisté d’Ambühl
1-1 à 31’xx″ : Siksna askisté de Kulda
2-1 à 62’51″ : Blum assisté d’Ambühl et Weber
Match 2
Suisse – Lettonie 4-3 (0-0, 1-2, 3-1)
Samedi 30 avril 2016 à la patinoire du Littoral, Neuchâtel. 3520 spectateurs.
Arbitres : Ken Mollard et Marc Wiegand assistés de Nicolas Fluri et Roman Kaderli.
Pénalités : Suisse 18’ (6’, 2’, 10’) ; Lettonie 54’ (6’, 4’+10’, 4’+10’+20’).
Tirs : Suisse 33 (12, 11, 10) ; Lettonie 23 (4, 5, 14).
Évolution du score :
0-1 à 21’xx″ : Dzerins assisté de Bukarts
0-2 à 38’19″ : Cibulskis assisté de Redlihs et Bukarts (sup. num.)
1-2 à 39’38″ : Walker assisté de D. Wieser et Schneeberger
2-2 à 41’11″ : Martschini assisté de Loeffel et Andrighetto (sup. num.)
2-3 à 41’47″ : Abols assisté de Kulda et M. Sirokovs
3-3 à 46’xx″ : Hofmann
4-3 à 57’08″ : Bieber
Compositions des équipes
Suisse
Attaquants au match 1 :
Denis Hollenstein (+1) – Andres Ambühl (C, +2) – Marc Wieser (+1)
Grégory Hofmann – Gaëtan Haas – Simon Moser
Reto Schäppi (-1) – Samuel Walser (-1) – Sven Andrighetto
Tristan Scherwey – Morris Trachsler – Julian Walker
Lino Martschini
Attaquants au match 2 :
Dino Wieser – Morris Trachsler (+1, 2’) – Julian Walker (+1, 4’)
Grégory Hofmann (-1) – Gaëtan Haas (-1, 2’) – Simon Moser (-1, 2’)
Matthias Bieber (+1) – Reto Schäppi (2’) – Sven Andrighetto (+1, 2’)
Tristan Scherwey – Samuel Walser (+1) – Christoph Bertschy
Lino Martschini
Défenseurs :
Eric Blum (-1, 2’) – Yannick Weber (-1)
match 1 : Patrick Geering (+1) – Félicien Du Bois
Robin Grossmann (+1, 2’) – Noah Schneeberger (+1)
match 2 : Ramon Untersander – Christian Marti (+1, 2’)
Romain Loeffel (+2, 2’)
Gardien au match 1 : Robert Mayer (remplaçant : Sandro Zurkirchen)
Gardien au match 2 : Reto Berra (remplaçant : Sandro Zurkirchen)
Lettonie
Attaquants :
Kaspars Daugaviņš (C, -1, 10’+20’) – Zemgus Girgensons (-3) – Gints Meija (-2)
Roberts Bukarts (-1, 2’) – Andris Džeriņš (-1) – Mikelis Rēdlihs (+1)
Edgars Kulda (+2, 2’) – Māris Bičevskis (+1) puis au match 2 Arturs Ozolinš (+1) – Rodrigo Ābols
Gunārs Skvorcovs (-1) – Aleksejs Širokovs (-1, 2’) – Vitālijs Pavlovs (+1)
Jānis Andersons puis au match 2 Kaspars Saulietis (2’)
Défenseurs :
Edgars Siksna (-1) – Guntis Galviņš (-3)
Kristaps Sotnieks (-1, 4’) – Oskars Cibuļskis (-1)
Ralfs Freibergs (+2) – Maksims Širokovs (+1, 6’)
Arturs Ozolinš puis au match 2 Kristiāns Rubīns (-1)
Gardien au match 1 : Elvis Merzļikins (remplaçant : Edgars Masaļskis)
Gardien au match 2 : Edgars Masaļskis (10’) puis à 53’20″ Elvis Merzļikins [sorti de sa cage à 59’08″]