La date limite des échanges 2017 a livré son lot habituel de surprises, de déceptions et d’incompréhensions pour les fans et observateurs de tous bords. Bilan de ces derniers jours alors que peut maintenant s’amorcer le sprint final vers les playoffs.
Par Thibaud Chatel @batonsrompus
Nous en avions parlé ici, les Directeurs Généraux attendent rarement le dernier jour pour acquérir les meilleures prises. Le faible nombre de vendeurs avait également rapidement fait monter les prix et, avec la perspective d’un repêchage très moyen cette année, les équipes voulant agir vite n’ont pas hésité à bazarder les choix comme des petits pains.
En bref
Les gagnants : Washington est le grand gagnant pour avoir attiré celui qui était de loin le meilleur joueur disponible, Kevin Shattenkirk. Les Caps sont plus que jamais favoris pour la coupe cette année alors que les autres favoris n’ont pu ajouter que de la profondeur à leurs effectifs. Dans un registre différent, Tampa Bay et son Directeur Général Steve Yzerman ont réussi le tour de force de se donner de l’air en termes de salaire pour l’an prochain, de résoudre la problématique Bishop et de s’assurer de pouvoir protéger toutes leurs vedettes lors du prochain repêchage d’expansion de Las Vegas. Un vrai coup de maître. Enfin, Vancouver est parmi les vendeurs celui qui a reçu les meilleurs retours en termes d’espoirs, ce qui manquait cruellement à des Canucks amorçant enfin leur reconstruction.
Les perdants : St Louis est le seul des prétendants au titre à avoir perdu gros, devant laisser partir Shattenkirk sans rien ajouter en retour. Ottawa a une fois de plus dépensé choix et espoirs pour des vétérans sans grand impact, rien pour donner une nouvelle dimension à l’équipe.
Les frustrés : Pour Montréal, le statu quo est une sorte d’échec. Les habs ont brassé beaucoup d’air pour pas grand-chose au final. À la recherche d’un attaquant de premier plan et d’un défenseur pouvant jouer avec Weber, ils n’ont accumulé que des joueurs de 4e trio et des défenseurs de 3e paire. Sûrement le prétendant le plus frustré par son effectif actuel même si l’arrivée de l’entraîneur Claude Julien reste assurément pour eux le mouvement le plus stratégique de ce mois-ci. Au moins les habs n’ont échangé aucun choix majeur ni espoir de premier plan.
Ils ont déménagé
Kevin Shattenkirk à Washington
Avec Pheonix Copley en retour d’un choix de 1ere ronde 2017, un choix de 2e ronde 2019 conditionnel, Zach Sanford, Brad Malone + 2 choix additionnels si Washington échange ses droits avant le 1er juillet.
La grosse prise de cette date limite des échanges ne s’est pas faite à la dernière minute. Agent libre sans restriction cet été, le défenseur-vedette américain avait lourdement dicté ses conditions depuis le début de l’année. St Louis ne pouvant guère le resigner à cause du plafond salarial, les Blues cherchaient un partenaire d’échange prêt à mettre le prix pour acquérir Shattenkirk et son engagement de signer un contrat avec cette équipe. Acquérir Shattenkirk à long terme aurait alors rapporté très gros à St Louis. Mais exigeant 7 millions par an sur 7 ans, le défenseur a ainsi fait capoté des échanges avec Edmonton l’an dernier (contre Hall) ou encore Tampa récemment, n’acceptant pas les modalités de son futur contrat avec eux. C’est cependant un secret de polichinelle que le natif du Connecticut souhaite être libre comme l’air au 1er juillet prochain et pouvoir signer ainsi avec son équipe de cœur, les Rangers de New-York.
Devant l’impossibilité d’échanger Shattenkirk et un futur contrat, les Blues n’ont pu donc l’échanger que comme un joueur de location. À ce petit jeu-là, c’est Washington qui a enchéri le plus fort, apportant un atout de poids à leurs ambitions royales du printemps. C’est en réalité un peu surprenant de voir les Caps obtenir Shattenkirk car ceux-ci ont déjà une brigade défensive bien en place (avec Carlson et Niskanen à droite) qui va devoir être chamboulée pour lui faire de la place. Reconnu pour sa grande efficacité en power play, Shattenkirk sera-t-il également cantonné à la deuxième vague étant donné que la paire Carlson et Ovechkin (en pointe pour l’occasion) mène la première vague d’une main de maître ? Des problèmes de riches pour les Caps qui paraissent plus que jamais les favoris pour la Coupe et qui ont peut-être aussi intentionnellement coupé l’herbe sous le pied des Penguins de Pittsburgh, ce qui, en soi, était une raison de plus de faire cet échange.
Martin Hanzal à Minnesota
Avec Ryan White et un choix de 4e ronde en 2017 en retour d’un choix de 1re ronde 2017, un choix de 2e ronde 2018, un choix de 4e ronde en 2019 conditionnel et Grayson Downing.
Considéré comme l’attaquant le plus convoité sur le marché, Hanzal a rapporté gros aux Coyotes – autant que Shattenkirk ! Minnesota est une autre équipe prête à tous les sacrifices pour aller chercher la coupe cette année. Avec Hanzal, ils acquièrent un colosse capable de jouer tous les rôles et qui viendra épauler une sacrée ligne de centres derrière Koivu et Staal. Avec nombre d’espoirs talentueux cognant aux portes de la NHL (Joel Eriksson-Ek, Kirill Kaprisov, Luke Kunin ou Jordan Greenway), le Wild pouvait bien se permettre de dépenser des choix qui ne lui serviront pas pour gagner la coupe dans l’immédiat. C’est cher payé mais l’espoir du titre n’a pas de prix. Minnesota obtient en plus le bouillant Ryan White, qui a, par le passé, livré des prestations très intenses en playoffs malgré un talent limité. Une boule d’énergie pure qui va ravir les fans.
Ben Bishop à Los Angeles
Avec un choix de 5e ronde 2017 en retour de Peter Budaj, Erik Cernak, un choix de 7e ronde 2017 et un choix conditionnel 2017.
Anticipé comme une bataille des plus acharnées, le marché des gardiens a fait un flop monumental faute d’acheteurs. Les équipes ayant de sérieux problèmes à ce poste ont en effet soit repris confiance (St Louis, Calgary) soit n’iront pas en playoffs (Dallas). À ce petit jeu-là, Tampa a écouté la première offre qui leur est parvenue pour Bishop, dont les jours avec le Lightning étaient comptés en raison de son contrat finissant et de la peur de le perdre pour rien au repêchage de Vegas. Après avoir manqué toute la saison, le titulaire des Kings, Jonathan Quick, revenait enfin au jeu ce week-end mais l’équipe souhaite certainement se donner une assurance en la personne d’un titulaire bis d’expérience. Même s’il a tenu l’équipe à flot, le vétéran Peter Budaj ira donc finir l’année sur le banc de Tampa, lui qui n’a jamais réellement connu les playoffs, Montréal préférait même faire jouer son gardien d’AHL plutôt que lui après la blessure de Price en finale de conférence 2014… Si cet échange a suscité beaucoup d’interrogations, il faut garder à l’esprit que les Kings voient leur « fenêtre d’opportunité » de gagner la coupe se refermer à mesure que les piliers Doughty, Quick, Kopitar, Carter, Gaborik & co vieillissent. Il n’est dès lors pas étonnant de les voir prendre une assurance dans les buts, pour un prix plus que raisonnable qui plus est.
Thomas Vanek en Floride
En retour d’un choix de 3e ronde 2017 et Dylan McIlrath
Vanek a été échangé 3 heures avant la date limite et marquait le véritable début de cette dernière journée de transactions. Son prix, un simple choix de 3e ronde signifiait aussi que face à l’urgence grandissante de vendre, les prix des joueurs de location étaient vraiment à la baisse. Vanek, 33 ans, n’est plus ce qu’il était mais enfile encore 20 buts par saison, tant qu’il ne lui est pas demandé de défendre… Ce spécialiste de l’avantage numérique est certainement un plus pour la Floride qui n’a que le 25e powerplay de la ligue et les Panthers ne payent pas grand-chose en retour. Si Dylan McIlrath fut choisi au 10e rang du repêchage 2010, sa valeur n’a cessé de baisser. Il était même passé par le ballotage sans être réclamé cette année.
Mark Streit à Tampa Bay… puis à Pittsburgh
À Tampa en retour de Valtteri Filppula, d’un choix de 4e ronde 2017 et un choix de 7e ronde 2017 conditionnel
De Tampa à Pittsburgh en retour d’un choix de 4e ronde 2017
Mark Streit était l’un des défenseurs recherchés cette semaine. Le vétéran suisse reste solide en avantage numérique et a toujours permis une bonne relance par sa qualité de passe. Philadelphie récupère en échange un attaquant solide dans les deux sens de la glace en Valtteri Filppula. Tampa lui avait demandé de lever sa clause de non-échange et libère surtout 5 millions de $ pour l’an prochain, alors que Johnson, Palat et Drouin doivent être signés. De plus, cette clause de non-échange obligeait Tampa à le protéger de l’expansion de Vegas. Son départ permet donc à Yzerman de protéger un autre attaquant à la place.
Et ce diable d’Yzerman n’avait pas fini car il a refilé Streit aux Penguins de Pittsburgh une heure plus tard, alors qu’à l’origine les Flyers ne voulaient pas envoyer le défenseur chez le rival historique… Pittsburgh, dont les défenseurs Letang, Määtta et Daley sont à l’infirmerie, s’est évertué à repeupler sa ligne bleue cette semaine et obtient en Streit du bon renfort pour les playoffs.
Ron Hainsey à Pittsburgh
En retour d’un choix de 2e ronde 2017 et Danny Kristo
Un des premiers échanges de la semaine. Pittsburgh a payé le prix fort pour le vétéran Hainsey mais les multiples blessures parmi ses défenseurs ne lui laissaient guère le choix.
Frank Corrado à Pittsburgh
En retour de Eric Fehr, Steve Oleksy et un choix de 4e ronde 2017
Corrado vient justement compléter les ajouts défensifs des Penguins. Âgé seulement de 23 ans, cet espoir des Leafs n’avait pas réussi à faire sa place du côté de Toronto et avait demandé un échange durant la saison. S’il ne deviendra jamais un joueur élite, son potentiel reste un bon pari. Donné en échange, Fehr n’avait plus sa place dans l’alignement avec le poids des ans et Oleksy est du niveau AHL.
Brian Boyle à Toronto
En retour de Byron Froese et un choix de 2e ronde 2017
Boyle était agent libre sans restriction cet été et Tampa, dont la participation aux playoffs est toujours plus qu’incertaine, savait qu’ils obtiendraient un bon retour pour le vétéran. Son expérience et son engagement défensif vont assurément aider les jeunes Leafs alors qu’il tiendra le centre du 4e trio. Le Lightning reçoit un beau choix de 2e ronde et un bon joueur de Ligue Américaine.
Alex Burrows à Ottawa
En retour de Jonathan Dahlen
Ottawa cherchait à rajouter de l’expérience dans leur vestiaire, et a payé le prix fort pour l’obtenir. Alex Burrows, 35 ans, n’a plus marqué 20 buts en une saison depuis 2012 et son impact sur le jeu de son équipe n’a cessé de décroître. Les Sens lui ont quand même accordé dans la foulée un contrat de 2 ans. Ottawa possède un sacré historique de bazarder des espoirs contre de l’aide immédiate alors que l’équipe n’est en aucun cas un prétendant au titre. L’impulsif propriétaire des Sens, Eugene Melnyk, n’est pas reconnu pour sa patience et la présence actuelle de son équipe en séries a sûrement éveillé son appétit. Après Jakob Silfverberg ou Mika Zibanejad, c’est Jonathan Dahlen, un centre suédois de 19 ans, qui quitte ainsi le giron de l’équipe. Sans en faire une future star, le jeune homme a un point par match en ligue 2 suédoise, ce qui augure de très bonnes choses pour lui. Le temps dira si Ottawa peut vraiment s’en mordre les doigts mais cet échange pose une nouvelle fois des questions sur le management des Sens.
Viktor Stålberg à Ottawa
En retour d’un choix de 3e ronde 2017
Même type d’échange que Burrows pour Ottawa qui ajoute un vétéran pour son fond d’alignement à l’attaque. Caroline continue sa reconstruction en engrangeant un autre choix, eux qui auront 3 choix de deuxième tour et 3 autres de troisième tour en juin prochain !
Jannik Hansen à San José
En retour de Nikolay Goldobin et un choix de 4e ronde 2017 conditionnel
Hansen est un ailier vétéran ayant passé toute sa carrière à Vancouver. À 30 ans et en fin de contrat, il a marqué 16 et 22 buts les deux dernières saisons. San José ajoute ainsi de la profondeur à son attaque. Par contre, Vancouver peut se réjouir d’obtenir Goldobin, choix de première ronde des Sharks en 2014 et qui carbure à presque un point par match en AHL depuis 2 ans. Vancouver, dont la banque d’espoirs était bien pauvre, vient d’ajouter deux bons éléments en Goldobin et Dahlen.
Patrick Eaves à Anaheim
En retour d’un choix de 2e ronde 2017 conditionnel
Patrick Eaves, 32 ans et agent libre sans restriction cet été, connaît sa meilleure saison en carrière avec déjà 21 buts et il paraissait évident que Dallas, ayant tiré un trait sur les playoffs, devait le monnayer au plus offrant. Sautant sur la première offre alléchante d’un marché encore cher quelques jours avant la date limite, Dallas a soutiré un bon choix de 2e ronde. Pas mal du tout pour un joueur de 3e trio.
Pierre-Alexandre Parenteau à Nashville
En retour d’un choix de 6e ronde 2017
Le seul mouvement des Predators, qui remontent doucement au classement après un début d’année difficile, fut d’ajouter une belle profondeur en attaque avec Parenteau. À 33 ans, l’ailier, éternel sous-estimé, est encore capable de marquer 20 buts par saison, un luxe sur un 3e trio, parfait pour une équipe aspirante à la coupe. Même si son jeu reste assez unidimensionnel et faible en défense, ne payer qu’un choix de 6e ronde alors que bien des équipes ont donné plus pour des plombiers est un bon coup des Preds.
Drew Stafford à Boston
En retour d’un choix de 6e ronde conditionnel 2018
Stafford était agent libre sans restriction cet été et Winnipeg n’aura certainement pas les moyens de le resigner. À 31 ans, il est loin de sa saison de 31 buts, 52 points de 2010-11 et n’a que 4 buts, 13 points en 40 matchs cette saison. Boston ne prend tout de même pas trop de risque en l’ajoutant à une équipe dont le manque de réussite face au but à coûter sa place à Claude Julien. Le choix de 6e ronde risque toutefois de se transformer en choix de 4e ronde si Stafford joue la moitié des matchs restant en saison régulière.
Brendan Smith aux New-York Rangers
En retour d’un choix de 2e ronde 2018 et d’un choix de 3e ronde 2017
Si Détroit avait espéré resigner le défenseur de 28 ans, agent libre cet été, les discussions n’ont pas abouti et les Wings n’ont pas hésité à dire oui à l’offre généreuse des Rangers, à une heure où les prix étaient encore très élevés. L’impact de Smith devrait être positif pour le côté droit de la défense de New-York et le club aurait même exprimé un intérêt pour lui donner un contrat cet été. Les Rangers ont ainsi sagement évité de donner choix et espoirs pour 4 mois de Shattenkirk alors que celui-ci semble venir gratuitement de son plein gré le 1er juillet prochain…
Jarome Iginla à Los Angeles
En retour d’un choix de 4e ronde 2018 conditionnel
Le vétéran en est certainement à ses derniers tours de piste. Après des saisons de 30 et 29 buts en 2014 et 2015, la saison dernière ne l’a vu secouer les filets qu’à 22 reprises et il n’a que 8 buts en 61 matchs cette année. Los Angeles rajoute un joueur peut-être capable de redonner du mordant à une attaque en manque de réussite depuis 2 ans, eux qui sont encore bloqués aux portes des playoffs avec 20 matchs à jouer. Colorado voulait tenter d’obtenir quelque chose pour le vétéran malgré son gros contrat de 5,3 millions de dollars, dont les Avs gardent la moitié dans cette transaction. À noter que si Los Angeles ne se qualifie pas pour les playoffs ni ne resigne Iginla pour la saison prochaine, le choix de 4e ronde disparaît tout simplement et Iginla n’aura rien coûté… Le DG de l’Avalanche Joe Sakic ne devait pas avoir d’autre preneur.
Jordie Benn à Montréal
En retour de Greg Pateryn et un choix de 4e ronde 2017
Montréal ajoute de la profondeur en défense avec le frangin Benn, qui peut notamment jouer des deux côtés. Sous contrat pour les deux prochaines saisons à seulement 1,1 million de $, il a joué une bonne partie de l’année un rôle de top-4 à Dallas et est un spécialiste de l’infériorité numérique. Dallas avait notamment peur de le perdre pour rien dans le repêchage d’expansion de Las Vegas et obtient en retour le jeune mais très solide Pateryn. Celui-ci avait demandé un échange, insatisfait de son temps de jeu avec les habs. Un bon potentiel de défenseur 5-6 sur qui on peut compter.
Johnny Oduya à Chicago
En retour de Mark McNeill et d’un choix de 4e ronde 2018 conditionnel
Oduya retrouve ses anciennes couleurs chez les Blackhawks où il avait gagné 2 coupes. Agent libre cet été, le vétéran est encore capable de remplir intelligemment des missions défensives ciblées même si le temps de lui faire affronter les meilleures lignes adverses aux côtés de Niklas Hjalmarsson est peut-être révolu. Les deux semblaient en tous cas réunis lors du premier entraînement de Chicago, qui mise une fois de plus sur ses vieilles recettes pour agrandir leur dynastie, car oui, gagner 3 coupes à l’ère du plafond salarial est une dynastie.
Tomas Jurco à Chicago
En retour d’un choix de 3e ronde 2017
Chicago prend un joli pari avec Jurco, seulement âgé de 24 ans mais n’ayant pas réussi à convaincre encore en NHL. Choix de deuxième ronde en 2011, le Slovaque avait pourtant régalé en AHL après une carrière prolifique en junior. Qui sait si une équipe reposant sur le talent et la vitesse comme Chicago ne pourrait pas le faire éclore.
David Desharnais à Edmonton
En retour de Brandon Davidson
Le centre québécois était, disons-le, orphelin de son ex-entraîneur Michel Therrien qui lui vouait une adoration presque sans limite, au point de lui donner pendant des années le centre de la première ligne des habs au détriment de Tomas Plekanec ou d’Alex Galchenyuk. En perte de vitesse dans un effectif plus talentueux, Desharnais a encore du potentiel sur un 3e trio mais les Canadiens avaient surtout besoin de libérer des dollars afin d’acquérir d’autres joueurs dans la journée. Selon bien des observateurs, notamment ceux d’Edmonton, Montréal sortirait de plus gagnant de cet échange car le jeune défenseur Davidson, 25 ans, est largement méconnu et sous-estimé au milieu des jeunes stars des Oilers. Des journalistes l’avaient même nommé « le seul rayon de soleil » des Oilers au milieu de la déception de l’an passé. Efficace et facteur de possession lorsqu’il est sur la glace, il pourrait devenir une pièce intéressante à Montréal dans les années futures alors que Desharnais sera agent libre cet été.
Dwight King à Montréal
En retour d’un choix de 4e ronde 2017 conditionnel
De la profondeur en 4e ligne pour les Canadiens, peu impressionnés par les performances récentes des Flynn, Mitchell, MacCarron, Andrigettho & co. King est un spécialiste de l’infériorité numérique et avait quand même obtenu 8 pts en 20 matchs en séries en 2012 et 11 pts en 26 matchs 2014, fournissant un apport offensif du fond d’alignement nécessaire pour aller chercher la coupe. Dommage que certains jeunes n’aient pas plutôt eu leur chance, comme Charles Hudon, attaquant prolifique qui végète en AHL depuis plusieurs saisons. Montréal prend ainsi davantage le pari de la taille et du physique sur la finesse. Le DG Marc Bergevin a toujours aimé les joueurs qui supposément ont des tripes, une notion vieille-école vénérée dans certains milieux.
Steve Ott à Montréal
En retour d’un choix de 6e ronde 2018
Steve Ott est bon sur les mises en jeu et joue en infériorité numérique. Autrement, c’est tout simplement l’un des pires joueurs de la ligue et un des derniers dangers ambulants à une époque où les goons ont disparu… L’entraîneur-adjoint à Montréal Kirk Muller l’a coaché à St Louis et aura sûrement eu son mot à dire. Bergevin a ainsi cité les notions intangibles apportées par Ott, son leadership et son expérience. Montréal sous Claude Julien semble dédier sa 4e ligne à des spécialistes des tâches ingrates, dont le temps de jeu sera limité autrement. L’entraîneur avait fait cela à Boston par le passé.
Andreas Martinsen à Montréal
En retour de Sven Andrighetto
La logique du jour continue alors qu’à une heure du gong Montréal échange Sven Andrigettho, un jeune ailier petit mais au potentiel offensif contre un monstre de 1m91 pour 100 kg venu de Norvège. Andrighetto avait déjà passé le ballotage cette année sans être réclamé et le DG Bergevin déclara après coup que d’autres joueurs lui étaient désormais supérieurs dans l’organisation (Hudon et Terry). C’était donc le moyen d’obtenir un petit quelque chose en échange. En termes de talent, Colorado sort ainsi largement gagnant alors que les Habs continuent d’ajouter du poids et des cm à défaut de régler les vrais problèmes, même s’il est peu probable que Martinsen joue au final. Et surtout, si près de la deadline, cet échange mettait fin aux rumeurs de Duchene ou Landeskog à Montréal. Sinon, pourquoi faire 2 deals séparés ?
Kyle Quincey à Columbus
En retour de Dalton Prout
De la profondeur et de l’assurance en cas de blessure pour Columbus et cela arrange New Jersey qui avait besoin d’un défenseur de plus sous contrat NHL pour atteindre le nombre minimum exposés à l’expansion de Vegas.
Lauri Korpikoski à Columbus
En retour de Dillon Heatherington
Columbus a payé un peu cher pour Korpikoski, qui apporte peu autrement qu’une solution de rechange aux lignes d’attaque bien garnies des Jackets. Le jeune défenseur Heatherington, 21 ans, est une belle prise pour Dallas. Sans grande perspective de débouchés vu la jeunesse et le talent de la bridage défensive à Columbus, il constitue une possibilité de plus pour l’avenir des Stars dans ce domaine.
Curtis Lazar à Calgary
Avec Mike Kostka en retour d’un choix de 2e ronde 2017 et de Jyrki Jokipakka
Choisi 17e au total du repêchage 2013, Lazar peinait à trouver sa place chez les Sens à sa troisième saison dans la NHL avec une toute petite assist en 33 matchs cette saison. S’il est certainement capable de mieux, Ottawa lui a permis de changer d’air moyennant un choix de 2e ronde. À voir s’il retrouve son élan chez les Flames.
Ils ne bougent pas
Matt Duchene et Gabriel Landeskog restent au Colorado
Le plus gros objet de discussions (et de fantasmes), Matt Duchene, finira finalement la saison chez l’Avalanche. Toujours sous contrat la saison prochaine, Colorado ne risque pas de perdre les deux joueurs pour rien cet été et n’était pas obligé de vendre à rabais. Leurs noms seront de nouveau sur la table en juin.
Radim Vrbata reste en Arizona
Le jeune DG des Coyotes Chayka ne se laisse pas marcher sur les pieds. N’ayant pas obtenu le prix désiré pour Vrbata, pourtant l’un des attaquants les plus sérieux disponibles avec 47 pts en 62 matchs et agent libre cet été, il a préféré ne pas l’échanger du tout.
Marc-André Fleury reste à Pittsburgh et Ryan Miller à Vancouver
Le marché des gardiens était au point mort comme nous l’avons expliqué pour Ben Bishop. À ce jeu-là, mieux valait garder Fleury en cas de blessure de Matt Murray pendant les playoffs, les Penguins devant mettre toutes les chances de leur côté alors qu’une autre coupe est possible. Il sera toujours temps d’échanger Fleury avant le repêchage de Vegas ou de laisser ceux-ci le choisir. Dans le même modèle, Vancouver a rapidement avoué ne pas trouver preneur pour Ryan Miller. Un candidat potentiel, San José, s’est senti finalement confortable à l’idée d’aborder les playoffs avec Aaron Bell en remplaçant derrière Martin Jones.
Les autres rumeurs évoquant Jordan Eberle, Evander Kane ou Claude Giroux n’ont jamais débouché mais comme le révélait un excellent article de Sportsnet racontant les coulisses d’une date limite des échanges, pour chaque transaction complétée, une centaine tombe à l’eau…