Bulletin NHL: Ces défenses qui marquent des buts

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Chaque semaine, nous faisons un point sur la situation dans la NHL et revenons sur les nouvelles de la ligue. Pas forcément les grands titres qui n’auront échappé à personne, mais plutôt des informations plus subtiles mais tout aussi importantes.

 

Le point sur la ligue

Définition de FUN dans le dictionnaire : N.Y Rangers, équipe pour qui défendre est optionnel et ne vit que pour l’attaque… Voilà plusieurs années que la troupe d’Alain Vigneault joue sur ce créneau mais c’est toujours impressionnant à voir. 2e attaque mais de loin la pire défense pour les buts anticipés. Et pour l’instant la balance est légèrement négative. Si en plus Lundqvist ne fait pas de miracle…

Kudos à la défensive des Flyers. Seules Dallas et St Louis accordent moins de tentatives de tirs et les Flyers sont également 5e pour les buts anticipés accordés. La paire Travis Sanheim et Radko Gudas est la plus appliquée sur ce sujet. La suspension de 10 matchs à Gudas, encore coupable d’un geste terrifiant, pourrait faire mal aux Flyers qui laissent trop de points échapper en prolongation.

Si en plus Tampa devient bon dans le jeu… Le Lightning se déplace tranquillement vers la droite du graphique en améliorant son taux de buts anticipés. Le match de mercredi soir contre Chicago (victoire 3-2 en prolongation) a bien illustré une équipe qui parvient à se passer de Stamkos-Kucherov. De bonne augure pour la suite. St Louis impressionne toujours par la solidité de sa défense et l’opportunisme des attaquants. Columbus est désormais sur un rythme de croisière et Toronto s’est relancé cette semaine. Bonnes performances de Philadelphie et Vegas, qui améliorent leur jeu alors que, malheureusement, la réussite retombe sur terre.

Pittsburgh n’y arrive pas. Son PDO est même redescendu cette semaine ! Plus inquiétant, les faiblesses de l’équipe paraissent vraiment et les défaites s’accumulent. Les Pens ont d’ailleurs quitté le podium de la Métropolitaine. Ça ira mieux quand la réussite reviendra. C’est ce que se disent Montréal et Edmonton, à nouveau dans une impasse. Edmonton a peut-être repris sa marche en avant en atomisant Détroit mercredi soir. Pour les habs, deux bons matchs serrés à Dallas et Nashville n’ont ramené qu’un petit point. Victoire impérative samedi contre les pauvres Sabres.

 

Une division Atlantique très faible.Montréal, qui, contrairement à Edmonton, peut cependant compter sur une division Atlantique très faible. Derrière Tampa et Toronto, la 3e place qualificative pour les séries semble ouverte aux quatre vents. Difficile de croire que Détroit pourra s’accrocher longtemps, Boston a des qualités mais un effectif ravagé, Ottawa se fissure (voir plus bas) et la Floride a un vrai problème de profondeur. Prédisons qu’une chaude lutte fera rage entre Boston et Montréal jusqu’en avril.

« The system » d’Ottawa est-il en train de craquer ? L’énigme des Senators, spécialistes du « j’ai vu de la lumière alors je suis entré » se fissure. Nous n’avons jamais caché nos doutes sur l’équipe de Guy Boucher, bien capable d’arracher des points et des victoires au forceps mais dont le talent pur laisse grandement à désirer. Les Sens sont certes 5e dans l’Atlantique, à 1 petit point de la 3e place avec deux matchs en main, mais la fiche de l’équipe traduit bien le fait que sa survie ne tient qu’à un fil. Avec seulement 8 victoires en temps réglementaire, Ottawa est 27e de la ligue, en compagnie de la Floride, Montréal ou Edmonton… Par contre, nulle autre équipe n’a autant arraché de points en prolongation, avec 6 défaites au-delà des 60 minutes de jeu. Des points qui comptent au classement, certes, mais la dynamique risque d’être légère sur 82 matchs. Les Sens sont 21e pour la possession, 20e pour les buts anticipés, ont le 23e power play, la 20e infériorité numérique… et comme d’habitude, la Karlsson dépendance bat son plein. Si avec leur capitaine, les Sens assurent un solide 54% de possession du palet, sans lui l’équipe plonge à 47%… Craig Anderson ne fait pas de miracle, au contraire, et l’ensemble est donc bien friable. Et en 6 matchs avec l’équipe, Matt Duchene n’a aucun point, a été sur la glace pour 3 buts des siens mais 9 encaissés. Il lui faut peut-être un peu de temps pour s’habituer au nouveau système de jeu mais on se doute que le rendu ne sera pas à la hauteur des espérances.

 

Des défenseurs offensifs

Dans la NHL moderne, le rôle des défenseurs en tant que soutien de l’attaque est avéré. Des profils très offensifs tels que Erik Karlsson, Brent Burns ou PK Subban ont ainsi trusté les trophées Norris. Pour autant, toutes les équipes ne sont pas logées à la même enseigne.

En tête de classe, on retrouve les Blues de St. Louis. En date du 23 novembre, ils comptent 21 buts en provenance de leur base arrière, Pietrangelo (7) et Edmunson (6) en fers de lance. Les deux hommes mènent ainsi la ligue en buts parmi les défenseurs, juste devant Brandon Montour (Anaheim) et Zach Werenski (Columbus), 6 chacun. Un total qui représente la bagatelle de 28% des buts de St. Louis ! Le bon classement de la franchise du Missouri provient sans aucun doute de ce soutien, symbole d’une équipe globalement en réussite.

Autres équipes défenso-dépendantes, Nashville (17 buts sur 66, 26%), Anaheim (14 sur 58, 24%), Columbus (13 sur 61, 21%), Ottawa (14 sur 63, 22%), Montréal (11 sur 53, 21%).

Les quatre premières disposent toutes d’un joli panel de défenseurs mobiles, bons patineurs et disposant d’un bon tir. Pour Ottawa et Montréal, cela traduit plutôt la difficulté des attaquants à trouver des solutions par eux-mêmes.

A l’autre bout du spectre, la traversée du désert de Brent Burns (premier avec 84 tirs, cequi le met au 6e rang de la ligue !, mais 0 buts) place les défenseurs des Sharks en bien mauvaise posture : 3 buts sur 49, soit 6% des buts de l’équipe. Mais il y a bien pire.

Vancouver (3 buts sur 59, 5%) et Detroit (4 sur 60, 7%) ne reçoivent guère de support de la part de leurs défenseurs.

Et que dire de Buffalo ? Aucun défenseur n’a trouvé la cible après 22 matchs, sur 52 buts au total. Et si le chantier des Sabres commençait là ?

 

La face sombre des médias

Ce début de saison nous offre deux équipes canadiennes, que l’on croyait vouées au podium de leur division respective, dans les bas-fonds du classement. Montréal et Edmonton ne semblent pourtant pas irrémédiablement perdues car le niveau de jeu global est plus qu’acceptable. Mais les circonstances (réussite en berne, gardiens à la rue, problèmes de profondeur, etc.) ont entraîné des défaites et levé un ouragan médiatique trop bien connu dans ces deux villes. Montréal comme Edmonton ont la fâcheuse habitude d’osciller dans les extrêmes suivant les résultats de l’équipe. Quand ça va mal, c’est le désastre, quand ça va bien la vie est merveilleuse. Cette vision à très court terme appelle malheureusement à trouver des explications concrètes à des problèmes bien plus complexes qu’ils en ont l’air, quand ils existent réellement tout court. La multiplication des médias a également fait que chacun tente d’attirer l’audimat par tous les moyens et a, il ne faut pas se le cacher, dilué la qualité journalistique. Les dernières semaines ont ainsi vu Montréal relayer en boucle des rumeurs sur la vie personnelle de joueurs (que nous ne répéterons pas ici) pour expliquer leurs performances, jusqu’à pousser la famille du joueur à démentir publiquement. On cherche la théorie du complot et les secrets inavoués. Un climat délétère plus ou moins entretenu, il faut le dire, par l’opacité incroyable de la communication des habs. Un silence et des non-dits qui poussent certains à imaginer bien des choses…

La recherche du bouc-émissaire est également un passe-temps à la mode à Edmonton, surtout après tant d’années de misère. Et comme souvent, ce sont les joueurs stars qui sont mis en cause. Connor McDavid (oui oui) est accusé de négligences, d’être une machine à revirements. Oscar Klefbom d’être en-dessous de tout et Cam Talbot est pointé du doigt. Il est légitime de critiquer objectivement les performances des joueurs, mais la force avec laquelle les médias d’Edmonton ont l’habitude de le faire, et sa proportion à cibler les stars de l’équipe, est impressionnante. Des médias qui avaient ces dernières années désigné Taylor Hall ou Jordan Eberle comme des responsables des déroutes. Des joueurs qui ont plié bagage depuis…

 

Le plafond salarial continuera d’augmenter

La récente réunion des DG de la ligue a donné lieu à une nouvelle prédiction optimiste des revenus pour la présente saison, entre 4.5 et 5 milliards de $. Selon les prédictions de la ligue, cela pourrait signifier un plafond à 80 millions l’an prochain, contre 75 cette année. Une bonne nouvelle pour les équipes coincées ou avec des envies dépensières, et pour les joueurs agents libres…

 

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