Suède : coups de génie et coups à la tête

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Une vingtaine de matchs ont été disputés en élite suédoise. Voilà quelques informations à retenir en SHL.

Les Lakers boostés par Pettersson

Växjö est l’actuel leader de la SHL. Les Lakers du Småland ont pris les commandes du championnat début novembre et ont aligné huit victoires consécutives. Mais mardi soir, le dauphin des Lakers, Färjestad, a mis fin à cette belle série. Seulement deux points séparent désormais les deux équipes.

Si le champion en titre, HV71, n’est que 6e, que dire du finaliste 2017, Brynäs, 12e du championnat ! On pensait le club de Gävle entre de bonnes mains à la rentrée sous les ordres de Roger Melin, technicien très respecté. Ce dernier a finalement été congédié après à peine un mois d’exercice ! C’est une autre figure respectée du club, Tommy Sjödin, qui lui a succédé et qui devra trouver une solution.

Växjö, champion de Suède 2015, est tout de même encore leader grâce à une défense de fer devant le gardien international Viktor Fasth, mais les Lakers comptent également sur son joyau Elias Pettersson. L’attaquant de 19 ans a été choisi au cinquième rang du repêchage 2017 par Vancouver, et il a tout pour devenir un digne successeur aux patrons suédois des Canucks, les jumeaux Sedin. Sa vitesse et son engagement exceptionnels lui ont permis d’épater la galerie puisque Pettersson était meilleur marqueur de la SHL avec 9 buts et 15 passes en 19 matchs avant la journée de jeudi. Il a été détrôné depuis par Joakim Lindström… malgré un match à 3 points de Pettersson contre Malmö ! Elias Pettersson, qui a accumulé près d’un point par match la saison dernière en Allsvenskan, reconnaît que « la vitesse et les compétences des adversaires sont supérieures » en élite, ce qui ne l’a pas empêché d’impressionner en Suède. Notamment son coéquipier Andrew Calof : « C’est incroyable de voir un jeune homme de 19 ans qui est presque trop bon pour la SHL.« 

Elias Pettersson n’est pas le seul surdoué à éclabousser le championnat de son talent. Quand on ne parle pas de lui, on parle du jeune défenseur de Frölunda Rasmus Dahlin, qu’ont rencontré les Rapaces de Gap en CHL. Le club de Göteborg est peut-être en difficulté, seulement 9e au classement, mais le jeune protégé des Indians s’y épanouit avec 9 points et un ratio vierge, plutôt une bonne performance au vu de son âge et des largesses défensives de son équipe depuis le début de la saison.

En constatant Rasmus Dahlin, les impressions sont les mêmes pour tout le monde : un jeune surdoué, impressionnant de technique et de facilité, capable de gestes remarquables. En voici un exemple :

Une injustice économique

Lors de la dernière présentation du championnat suédois, nous vous avions parlé des exigences de l’élite suédoise en matière de promotion et du juteux contrat TV qui prendra effet dès la saison prochaine. Le groupe de chaînes C-More va en effet verser annuellement un maximum de 4,5 millions d’euros à un club de l’élite, quand une équipe d’Allsvenskan devra se contenter de 300 000 euros.

Cette différence faramineuse de traitement inquiète au plus haut point, en premier lieu les clubs du second échelon. Six clubs de l’Allsvenskan ont d’ailleurs envoyé lundi une lettre commune à l’attention de la SHL et de la fédération suédoise. Les clubs concernés sont Leksand, MODO, AIK, Södertälje, Timrå – qui ont tous connu l’élite ces dernières années – ainsi que Björklöven. Mercredi, c’est une cinquantaine de clubs qui ont apporté leur soutien aux instigateurs du courrier.

Ces clubs ont questionné la fédération sur l’avenir du hockey suédois, souhaitant soit un élargissement de l’élite (qui s’était déjà élargie à 14 en 2016) soit une meilleure répartition du contrat TV. Lésés, certains dirigeants n’hésitent pas à parler de coupes dans le budget pour les sections junior ou féminine, d’autres se verraient carrément créer une ligue commune à d’autres clubs scandinaves. Affaire à suivre…

Sous les coups, la colère

Les mauvais coups, dont ceux à la tête, font régulièrement les gros titres et sont sujet à controverse. Pas plus tard que la semaine dernière, Sebastian Wännström du HV71 a été mis K.O. par Andrew Gordon de Linköping. Tout joueur devrait se passer de ce genre de malheur, en particulier Wännström. L’ailier de 26 ans a beaucoup souffert de problèmes cérébraux ces dernières années, ne disputant que 20 matchs la saison dernière. Heureusement, aucune lésion cérébrale n’a été détectée suite à cette vilaine mise en échec.

Quant au coupable, qui a été puni d’une pénalité de match durant la rencontre, il a écopé d’une amende de 39.100 sek (3930 €) et de cinq matchs de suspension. Gordon, attaquant canadien qui dispute sa troisième saison consécutive en Suède, a pris la mesure de son acte… et jugeait d’ailleurs la punition peu sévère : « Je suis surpris de n’avoir que cinq matchs, mais je suis d’accord à 100% pour une suspension au vu de ce que j’ai fait. Ce n’était pas du tout mon intention de blesser qui que ce soit, mais c’est une mise en échec qui n’appartient pas au hockey. J’accepte la punition.« 

Cet incident rappelle également celui en Champions Hockey League dix jours plus tôt lors de la rencontre entre Brynäs et les Adler Mannheim. Thomas Larkin des Adler avait violemment touché Daniel Paille. La commission de la CHL avait pris alors la décision de suspendre « seulement » quatre matchs Larkin durant la compétition européenne, une décision qui avait choqué le club suédois et le principal intéressé.

Dans un communiqué, Paille, victime d’une commotion et indisponible pour une durée indéterminée, ne mâchait pas ses mots : « Au cours de mes quatorze  années de hockeyeur professionnel, j’ai eu à plusieurs reprises des commotions cérébrales [notamment lorsqu’il jouait à Boston, NDLR]. Un coup direct à la tête est la chose la plus dangereuse que j’ai vécue durant ma carrière. Je suis déçu de la décision de la commission de la CHL. Ils n’ont aucune autorité, ils doivent faire tout leur possible pour en avoir, afin que les joueurs qui jouent en CHL connaissent la même sécurité dans les autres ligues. Par cette décision, il est évident que ni la sécurité des joueurs ni leur intégrité ne sont leur priorité. Je veux m’assurer que ce joueur sera tenu pour responsable et qu’il soit puni pour ces actions, afin qu’il ne puisse pas répéter cette attaque et qu’il ne constitue pas un risque pour les autres joueurs. » Brynäs avait menacé de boycotter la suite de la compétition et Paille a même été entendu par la police de Gävle.

Ce genre d’infortune peut ruiner une carrière. C’est le cas des jumeaux Abbott, Cam et Chris, fratrie canadienne bien connue des glaces suédoises, en particulier à Luleå. Tous deux ont dû mettre fin prématurément à leur carrière. Cependant, les jumeaux baignent encore dans le hockey suédois puisqu’ils ont trouvé de l’embauche à Ängelholm. En pleine crise, le club local, Rögle, a congédié son entraîneur, Anders Eldebrink, et son directeur sportif, Anders Carlsson, quittera son poste à la fin de la saison. Chris prendra la succession de ce dernier et Cam est désormais le nouveau coach. Un changement qui a transformé la lanterne rouge, vainqueur d’Örebro 6-1 mardi soir après neuf défaites consécutives. Un bon début pour les frangins inséparables, qui veulent désormais oublier les commotions pour de nouveaux défis.

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