Grenoble – Bordeaux (Ligue Magnus 2017/18, 34e journée)

Grenoble tout en maîtrise

202

Les Brûleurs de Loups avaient connu un début de semaine impressionnant en enchaînant deux écrasantes victoires à Lyon (11-0) et face à Épinal (8-0). Ils sont retombés sur terre à Mulhouse, pris au piège des Scorpions (5-3). Une défaite inattendue face au promu qui avait permis à Rouen de recoller à hauteur des Grenoblois en tête de la Ligue Magnus. Du côté de Bordeaux, rien ne va plus. Battus sur leur glace par Mulhouse (4-2), les Boxers espéraient se refaire en menant à 4-0 à Gap… avant de perdre 5-4. Et dans la foulée, Rouen est allé s’imposé à Meriadeck 4-2. Les Boxers pouvaient avoir la tête aux demi-finales de la coupe de France qu’ils disputaient à domicile face à Lyon. Mais un revers 2-1 en prolongation a ruiné les espoirs girondins d’une finale à Bercy. Dur pour le moral avant ce déplacement à Pôle Sud où ils s’étaient inclinés une première fois (6-5) et sans leur coach Philippe Bozon, suspendu.

Les Bordelais montrent d’entrée leurs intentions avec notamment une grosse présence en zone offensive de leur deuxième ligne, ponctuée par plusieurs tirs venant notamment d’Antti Jaatinen. Grenoble réagit avec un contre rapide d’Hordelalay qui fait le tour de la cage mais butte sur la botte de Quemener. Le jeu est équilibré jusqu’à une contre-attaque rapide de Grenoble : Giroux déborde sur la gauche et centre pour Goličič qui manque sa reprise mais le palet échoue sur Rodman qui laisse en retrait à Hardy dont la déviation trompe Quemener (1-0, 05’45’). Un but un poil heureux mais tout en finesse qui permet à Grenoble de prendre les devants au tableau d’affichage.

Les Brûleurs de Loups continuent sur leur dynamique avec notamment une bonne récupération de Dame-Malka en zone offensive qui glisse le palet pour Champagne dont le tir quasi instantané est capté par Ronan Quemener vigilant. Le portier bordelais sauve une nouvelle fois ses coéquipiers sur un contre de Le Blond qui lance le palet à la cage : Quemener relâche le palet devant Hordelalay mais se rattrape en détournant la reprise à bout portant du Grenoblois. Le portier bordelais multiplie les arrêts, notamment sur une reprise instantanée de Legault suite à un bon décalage de Bisaillon.

Les débats deviennent plus physiques et Terrier se fait pénaliser pour avoir accroché Kara. La première supériorité numérique grenobloise est globalement bien gérée par le box play bordelais qui n’accorde qu’un lancer de Dame-Malka en fin d’infériorité. À cinq contre cinq, Grenoble domine les débats avec un nouveau lancer de Giroux bloqué par Quemener. Bordeaux a du mal à sortir de sa zone défensive mais arrive à se montrer dangereux sur certaines situations de contre-attaque par Terrier notamment. Mais l’efficacité est grenobloise : sur un palet récupéré à la ligne bleue, David Rodman fausse compagnie à Paquin trompe Quemener d’un subtil tir du revers en lucarne (2-0, 16’52’). Du grand art !

Les Boxers n’ont plus le choix et tentent de limiter l’écart en fin de période. Une pénalité est appelée contre Kara et Bordeaux arrive à jouer le surnombre à six contre cinq pendant une minute… Et il faut un arrêt réflexe d’Horak face à Jaatinen pour finalement que la pénalité soit sifflée juste avant la pause.

En supériorité numérique en début de deuxième période, les Bordelais ont du mal à s’installer et les Brûleurs de Loups passent deux minutes relativement tranquilles. De retour à cinq contre cinq, Bordeaux tente de garder l’initiative du jeu mais les Brûleurs de Loups sont rarement en danger. Et toujours redoutables en contre-attaque : Le Blond déboule sur l’aile gauche, centre pour Hardy dont la déviation devant la cage est repoussée par Quemener mais Baylacq est le premier à se saisir du palet laissé libre devant la cage pour le pousser au fond (3-0, 24’19’).

Mal en point, les Boxers n’arrangent pas leurs affaires lorsque Guillaume fait trébucher Hordelalay. Mais le power-play grenoblois ne donne rien malgré une bonne circulation du palet. À égalité numérique, les Boxers reprennent vie avec une succession de tirs, pour la plupart non cadrés. Alors que les débats deviennent plus intenses, Tartari est sanctionné pour un cinglage. En supériorité, Bordeaux tente beaucoup avec des lancers lointains de McEachen et Sauvé notamment. Les esprits s’échauffent en fin de tiers : Rambelo est sanctionné pour un « ippon » sur Hardy mais la supériorité numérique sera écourtée par une faute de Baazzi qui neutralise Paquin sur une contre-attaque grenobloise. Le tiers s’achève sur une nouvelle pénalité de Jaatinen mais le score n’évolue pas malgré notamment un gros lancer de Hordelalay bien repoussé de la jambière par Quemener et un double arrêt de ce dernier face à Hardy.

Le troisième tiers débute à quatre contre quatre mais au moment où Grenoble peut évoluer une minute en supériorité numérique, Champagne se fait sanctionner pour un faire trébucher accidentel en zone offensive. Retour à quatre contre quatre, donc, puis à cinq contre cinq alors que les deux équipes se neutralisent.

Les minutes défilent au profit des Brûleurs de Loups qui semblent maîtriser les débats en imposant un faux rythme du quel les Boxers n’arrivent pas à sortir. Ils ont peu d’occasions d’inquiéter Horak à cause du pressing haut exercé par les hommes d’Edo Terglav. Horak reste quand même vigilant sur un palet perdu en zone défensive ou sur une accélération de Desrosiers mais il en faut plus pour surprendre le portier grenoblois dans un très bon soir. Bordeaux y croit toujours et les batailles pour le palet sont âpres dans les bandes. Sur un palet perdu à la ligne bleue, la défense bordelaise se fait peur avec un 2 contre 1 entre Goličič et Giroux mais ce dernier rate sa feinte face à Quemener.

Les Boxers se découvrent et Grenoble profite des espaces avec quelques bonnes occasions sur la cage bordelaise qui obligent Quemener à s’employer. Offensivement, les visiteurs semblent à court d’idées pour venir porter durablement le danger sur la cage grenobloise. Dominik Kramar se blesse sur un mouvement en zone défensive et doit regagner les vestiaires prématurément. Kunnas réalise un poke-check parfait pour neutraliser une contre-attaque de Desrosiers avant que les débats ne s’enveniment vraiment suite à une grosse charge contre la bande de McEachen sur Kara. Sans grande conséquence sur la suite du match. Une faute de Terrier sur Baylacq provoque tout de même une dernière supériorité numérique pour Grenoble qui en profite pour faire dérouler le chrono. Lessard essaie encore mais trouve le poteau, symbole du manque d’efficacité bordelais face à la cage.

Les Brûleurs de Loups ont fait preuve d’une grande maîtrise pour signer leur troisième blanchissage en quatre rencontres, faisant oublier leur déconvenue à Mulhouse où ils avaient encaissé 5 buts. C’est surtout sur le plan défensif que les Grenoblois ont impressionné en limitant Bordeaux à 26 lancers cadrés et en parvenant à maîtriser la puissante offensive bordelaise tout au long du match. Et qui dit bonne défense, dit bon gardien avec un excellent Lukáš Horák qui a encore fait le job ce soir. Ce fut également le cas de son vis-à-vis Ronan Quemener, le meilleur Bordelais sur la glace ce soir. Mais ce dernier n’a rien pu faire en trois occasions, notamment par la crosse de David Rodman dont l’aisance technique a encore fait la différence ce soir : avec un but et une assistance, il a construit le succès grenoblois et consolide sa place de meilleur compteur de la Ligue Magnus. Si Grenoble s’est rapidement relevé, ce n’est pas le cas de Bordeaux qui enchaîne une nouvelle déconvenue. Les Boxers auront l’occasion de se refaire rapidement avec la venue de Nice dimanche à Mériadeck. Une bonne occasion d’essayer d’enrayer une série de cinq défaites consécutives….

Désignés meilleurs joueurs du match : Lukáš Horák (Grenoble) et Ronan Quemener (Bordeaux)

(Photos Philippe Crouzet)

Commentaires d’après-match :

Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « C’est le match où l’on a donné le moins d’occasions. Les gars jouaient bien devant Lukas. C’est important que tout le monde respecte le plan de jeu, de la même façon. Dans le vestiaire, on parle beaucoup de jouer les uns pour les autres. Il ne faut pas trop s’enflammer en pensant trop loin devant. Mais cette équipe est intelligente. On a tellement travaillé depuis quatre semaines. »

Aziz Baazzi (défenseur de Grenoble) : « La défense, c’est là où on peut encore progresser. Car on sait que devant, on a le talent pour. Les séries ? On y pense. Mais on n’oublie pas que la première place n’est pas encore acquise. »

Grenoble – Bordeaux 3-0 (2-0, 1-0, 0-0)
Vendredi 12 janvier 2018 à 20h la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3169 spectateurs.
Arbitrage de Geoffrey Barcelo assisté de Joris Barcelo et Anne-Sophie Boniface
Pénalités : Grenoble 35′ (2’, 4’, 4’+5’+20’), Bordeaux 37’ (2’, 6’, 4’+5’+20’)
Tirs : Grenoble 36 (18, 10, 8), Bordeaux 26 (10, 7, 9)

Évolution du score :
1-0 à 05’45’ : Hardy assisté de Rodman et Goličič
2-0 à 16’52’ : Rodman assisté de Giroux et Bisaillon
3-0 à 24’19’ : Baylacq assisté de Le Blond et Hardy
Grenoble

Attaquants :
Alexandre Giroux – Boštjan Goličič – David Rodman
Gabin Ville (2’) – Joël Champagne (A) (2’) – Vincent Kara (2’)
Pierre-Charles Hordelalay – Matthieu Le Blond – Julien Baylacq
Maxime Legault – Sébastien Rohat – Mathias Arnaud
Adel Koudri

Défenseurs :
Kyle Hardy (C) – Sébastien Bisaillon
Christophe Tartari (A) (2’) – Olivier Dame-Malka
Joona Kunnas (5’+20’) – Aziz Baazzi (2’)

Gardien :
Lukáš Horák

Remplaçant : Antoine Bonvalot (G). Absents : Guillaume Leclerc (commotion), Teddy Trabichet (commotion), Jean-Philippe Côté (blessé)

Bordeaux

Attaquants :
Jonathan Lessard – François Paquin – Spencer Edwards (5’+20′)
Antti Jaatinen (2′) – Maxime Sauvé – Olivier Labelle (A)
Julien Desrosiers – Matthias Terrier (4′) – Peter Valier
Lionel Tarantino – Julien Guillaume (2′) – Vincent Cadren

Défenseurs :
Benjamin Dieudé-Fauvel – Jonathan Janil
Patrick McEachen (2′) – Dominik Kramar
Nicolas Besch (A) – Maxime Moisand (C)
Aina Rambelo (2′)

Gardien :
Ronan Quemener

Remplaçant : Victor Goy (G). Absents : Clément Fouquerel (genou), Adam Hughesman (genou), Felix Petit (blessé), Mathieu André.

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