La défaite d’entrée face à la Slovaquie a déjà plongé la Russie dans la crise face à une pluie de critiques. L’entraîneur Oleg Znarok a réagi en modifiant toutes ses lignes, sans épargner ses leaders. Kovalchuk et Datsyuk sont séparés, et le deuxième centre Vadim Shipachyov est renvoyé en tribune comme le défenseur Marchenko.
Le seul qui est épargné, c’est le gardien Vassili Koshechkin. Il a certes encaissé deux buts en quatre tirs en première période contre les Slovaques, mais il a aussi arrêté deux breakaways. En revanche, la Slovénie a changé de portier après son exploit face aux Américains. Grošelj cède sa place à Luka Gračnar, le gardien de Salzbourg. La rotation slovène a probablement plus pour objectif de gérer les organismes pendant ce tournoi court et intense : les « vieux » Aleš Kranjc et David Rodman sont au repos.
Les Russes appliquent les probables consignes. Ils ne sont pas indolents et n’essaient pas se compliquer la vie, comme cela peut leur arriver. Ils donnent des mises en échec et envoient des palets dans l’enclave pour mettre la pression sur Luka Gračnar. Mais les Slovènes ne donnent pas leur part au chien, ils savent eux aussi presser dans les bandes. Le score de 0-0 tient donc pendant 18 minutes, jusqu’à une crosse haute de Repe.
Cette première supériorité numérique est une aubaine pour Sergei Mozyakin, arme fatale socialement couvée pour le powerplay. Les Slovènes lui laissent trop de champ : son premier boulet de canon à la ligne bleue est arrêté, mais il s’avance jusqu’à mi-distance pour le second. Un pareil slap en lucarne est impossible à arrêter pour Gračnar. Dans la foulée, à cinq contre cinq, un tir du poignet d’Ilya Kovalchuk à la ligne bleue est dévié par la palette du malheureux Urbas (2-0). En 22 secondes, le match est plié.
La Russie ne commettra pas la même erreur qu’au premier match et ne se laissera pas remonter son avance de deux buts. En deuxième période, Jeglič fait trébucher Zubarev derrière la cage russe. Sur une attaque de front à trois avec passes horizontales, Aleksandr Barabanov amène avec son le palet du patin avant de marquer à ras glace (3-0). Le déplacement de Gračnar n’était pas complet jusqu’à son poteau.
Ilya Kablukov part en échappée trente secondes plus tard, mais est fauché par Podlipnik. Il obtient un tir de pénalité, sans réussite puisqu’il frappe le poteau. Nouvel entrant après avoir passé le premier match en tribune, Kablukov aura quand même droit à son but, offert par un festival d’Ilya Kovalchuk : le vétéran a dribblé toute la défense et l’a attirée derrière la cage pour mieux servir en retrait son collègue. Le temps mort de Kari Savolainen ne sert à rien. Une belle passe diagonale de Nikita Gusev trouve ensuite Kirill Kaprizov qui sait profiter du petit angle disponible pour le 5-0.
Ce n’est guère mieux quand les Slovènes sont en avantage numérique : une passe transversale d’Anže Kuralt en zone défensive offre même le palet face au but à Nikolaï Prokhorkin, face à qui Gracnar sauve le sixième but. Mais au moment où les équipes reviennent à cinq contre cinq, l’Amiénois Kuralt se rattrape en gagnant une bataille avec deux joueurs dans la bande. Miha Verlič peut alors passer en retrait du revers à Jan Muršak qui a devancé Prokhorkin dans le slot (5-1). La deuxième période s’achève par une séquence collective magnifique de la nouvelle première ligne russe qui fait circuler le palet à très haute vitesse : passe du revers d’Andronov pour Kalinin qui remet pour le lancer de Kovalchuk (6-1).
La Russie change de gardien au dernier tiers-temps pour faire rentrer Ilya Sorokin. Dans les buts slovènes, Luka Gračnar est toujours présent, malheureusement pour lui. Kirill Kaprizov se saisit d’un rebond et le convertit en passant derrière la cage et en tirant derrière les bottes du gardien (7-1). L’espoir de 20 ans Kaprizov complète ensuite un triplé personnel avec un but strictement identique à son premier : en angle fermé à droite, sur une passe d’Artyom Zub cette fois (8-1).
Ilya Sorokin ne peut guère exploiter sa chance de prouver sa capacité à récupérer sa place de titulaire envisagée depuis deux ans. Il n’a aucun arrêt à effectuer pendant plus de dix minutes. Il n’arrête pas le seul tir en sa direction, celui de Miha Verlič qui termine sur le poteau. En fin de match, un dégagement hors zone de Voïnov laisse la Slovénie à 4 contre 3 puis 5 contre 4. La Russie est revenue au complet quand Žiga Pance, à la dernière minute, décoche un tir qui passe sous le bras de Sorokin, masqué (8-2).
La Russie s’est pleinement rassurée avant la confrontation alléchante de demain contre son ennemi historique, celui qu’elle considère comme la cause de tous ses maux y compris olympiques : les États-Unis. Elle apparaît capable de gagner, avec même une volonté d’être écrasante que l’on ressent dans les propos de Znarok. Une victoire qui pourrait donner la première place de poule et la qualification directe à l’inattendue Slovaquie… Mais c’est une autre histoire dans ce tournoi imprévisible.
Commentaires d’après-match
Oleg Znarok (entraîneur de la Russie) : « Nous devons croire dans le staff et dans l’équipe, croire que nous allons réussir. Le premier match n’a pas fonctionné, donc nous avons changé les lignes. Tout le monde peut jouer avec tout le monde. Je souhaite qu’il n’y ait pas d’euphorie. Nous avons un plan, nous avons fait des camps d’entraînement, nous devrions jouer normalement deux rencontres de suite. Il y a encore des erreurs. Je suis satisfait à 60%. […] Les Américains ont été défaits par les Slovènes, que nous avons largement battus. Donc, quel sera le score demain ? »
Russie – Slovénie 8-2 (2-0, 4-1, 2-1)
Vendredi 16 février 2018 à 16h40 au Centre hockey Gangneung. 6018 spectateurs.
Arbitrage de Mark Lemelin (USA) et Daniel Stricker (SUI) assistés de Lukas Kohlmüller (ALL) et Hannu Sormunen (FIN).
Pénalités : Russie 8′ (0′, 2′, 6′), Slovénie 6′ (2′, 2′, 2′).
Tirs : Russie 34 (14, 12, 8), Slovénie 15 (5, 3, 7).
Évolution du score :
1-0 à 18’23 : Mozyakin assisté de Datsyuk et Gusev (sup. num.)
2-0 à 18’45 : Kovalchuk assisté de Yakovlev et Andronov
3-0 à 26’00 : Barabanov assisté de Grigorenko et Kalinin (sup. num.)
4-0 à 28’48 : Kablukov assisté de Kovalchuk et Zub
5-0 à 30’02 : Kaprizov assisté de Gusev et Kiselevich
5-1 à 33’31 : Muršak assisté de Verlič et Kuralt
6-1 à 37’16 : Kovalchuk assisté de Kalinin et Andronov
7-1 à 41’15 : Kaprizov assisté de Datsyuk et Kiselevich
8-1 à 47’12 : Kaprizov assisté de Zub et Gusev
8-2 à 59’27 : Pance
Athlètes olympiques de Russie
Attaquants :
Ilya Kovalchuk (A, +2) – Sergei Andronov (A, +2) – Sergei Kalinin (+2, 2′)
Kirill Kaprizov (+3) – Pavel Datsyuk (C, +3) – Nikita Gusev (+3, 2′)
Aleksandr Barabanov – Nikolai Prokhorkin (-2) – Sergei Shirokov (-1, 2′)
Mikhail Grigorenko (-1) – Ilya Kablukov (+1) – Ivan Telegin
Sergei Mozyakin
Défenseurs :
Vladislav Gavrikov – Vyacheslav Voynov (+1, 2′)
Nikita Nesterov (+2) – Bogdan Kiselevich (+3)
Artyom Zub – 28 Andrei Zubarev (+1)
Yegor Yakovlev (+1)
Gardien :
Vasili Koshechkin puis à 40’00 Ilya Sorokin
En réserve : Igor Shestyorkin (G), Aleksei Marchenko, Vadim Shipachyov.
Slovénie
Attaquants :
Jan Urbas (-1) – Jan Muršak (C) – Miha Verlič
Robert Sabolič (-2) – Rok Tičar (A, -3) – Žiga Jeglič (-4, 2′)
Žiga Pance (+1) – Marcel Rodman – Bostjan Goličič
Anže Kuralt – Aleš Musič (-1) – Ken Ograjenšek (-2)
Andrej Hebar (2′)
Défenseurs :
Mitja Robar (A, -2) – Blaž Gregorc (-1)
Matic Podlipnik (-1) – Sabahudin Kovačevič (+1)
Luka Vidmar (-3) – Jurij Repe (-2, 2′)
Žiga Pavlin
Gardien :
Luka Gračnar
Remplaçant : Gašper Krošelj (G). En réserve : Matija Pintarič (G), Aleš Kranjc, David Rodman.