Après avoir participé au match d’ouverture du tournoi et au match d’ouverture de la phase finale, les États-Unis ouvrent encore le bal lors des quarts de finale. Face à eux se dresse la République Tchèque qui s’est qualifiée directement sans passer par les barrages. Surprenants vainqueurs du Canada, les Tchèques ont toutefois dû batailler pour battre la Corée du Sud et la Suisse. Les Américains, eux, restent sur une prestation convaincante face à la Slovaquie. Ainsi, si les Tchèques partent légèrement favoris, le match est tout de même très ouvert. Néanmoins, un dernier facteur important est à prendre en compte : les joueurs outre-Atlantique ont joué la veille tandis que les Européens ont pu profiter de deux jours de repos.
Pour ce quart de finale très important entre deux nations prétendantes au podium final, aucun changement n’est à noter côté américain. Côté tchèque, le défenseur Ondřej Vitásek remplace poste pour poste Michal Jordán. Les gardiens titulaires restent inchangés, Ryan Zapolski pour les États-Unis et Pavel Francouz pour les Tchèques.
La physionomie de cette rencontre est implantée dès l’entame : la République Tchèque a le contrôle du palet grâce à sa discipline tactique tandis que les Américains utilisent leur combativité et leur vitesse pour profiter de contre-attaques explosives. Lors d’une des rares incursions américaines en zone offensive, Jordan Greenway concède une très mauvaise pénalité. Les Tchèques sont dangereux à 5 contre 4, mais Ryan Zapolski garde sa cage inviolée.
De retour à forces égales, Troy Terry amorce une contre-attaque, rentre en zone offensive, applique les freins et donne en retrait à Ryan Donato. Le jeune attaquant d’Harvard décide alors de tirer dans une position éloignée et excentrée. Il n’y a pas de présence américaine devant le but, mais Ondřej Vitásek masque son gardien qui ne voit pas venir le tir de Donato (0-1). Suite à ce but, les Américains profitent à leur tour d’une supériorité numérique, sans connaître plus de réussite que leur adversaire.
De retour à 5 contre 5, la République Tchèque domine la rencontre. Deux tirs de Roman Červenka constituent les premières alertesi. Sur l’engagement qui suit, le palet parvient à Jan Kolář à la ligne bleue qui décoche un tir surpuissant que Zapolski parvient à toucher, mais pas à arrêter (1-1). La fin du premier tiers se résume à un échange de pénalités. Martin Erat est chassé deux minutes, mais les Américains n’en profitent pas. John McCarthy, sur l’une des rares présences du 4e trio américain, est pénalisé après la sirène annonçant la fin du tiers à cause d’une charge bien inutile.
Heureusement pour McCarthy, son équipe tue la pénalité sans trop de peur. Néanmoins, la République Tchèque domine ce début de deuxième tiers et les États-Unis concèdent une nouvelle pénalité évitable. Une nouvelle fois, le jeu en infériorité numérique américain est solide, mais, de retour à 5 contre 5, les choses se compliquent pour les joueurs de Tony Granato. L’échec-avant de la République Tchèque est extrêmement efficace et les Américains sont incapables de sortir proprement le palet de leur zone. Les présences se rallongent alors pendant que le danger se rapproche. Sur un nouveau palet trop rapidement perdu par les joueurs de la bannière étoilée, Ondřej Vitásek rentre en zone offensive sur la droite et envoie une passe forte devant la cage que Tomáš Mertl dévie sur le poteau de Zapolski. Une trentaine de secondes plus tard, le palet n’est toujours pas ressorti de la zone offensive et les Américains sont hors de position. Tomáš Kundratek a alors tout le temps d’ajuster un tir frappé extrêmement précis qui fait mouche grâce au bon travail de Tomáš Mertl pour voiler la vue de Zapolski (2-1).
Après ce but, les Tchèques continuent d’exercer une pression constante et provoquent une nouvelle pénalité à l’encontre des Américains. Les États-Unis souffrent, mais résistent encore. Mieux, Brian O’Neill parvient à trouver un espace pour partir en contre-attaque et lancer Jim Slater vers la cage adverse. Celui-ci profite du laxisme défensif d’Ondřej Vitásek pour prendre un lancer croisé qui trompe Francouz (2-2). Sur leur première occasion de la seconde période, les Américains égalisent.
Ce but rééquilibre totalement les débats. Après avoir subi pendant 10 longues minutes, les Américains semblent revivre. Ils obtiennent une supériorité numérique qui leur permet de se montrer dangereux. Brian Gionta redirige une passe de Broc Little, mais Francouz frustre le capitaine américain qui est toujours à la recherche de son premier but dans la compétition. Le tiers se finit ainsi et les Américains peuvent s’estimer chanceux de cette égalité à la marque.
Le troisième tiers est plus équilibré, mais les occasions se font rares. Tomáš Mertl obtient la première en reprenant un palet libre dans le slot, mais Zapolski reste solide. Les Américains bénéficient ensuite d’une supériorité, mais n’en profitent pas. Dans la seconde partie de cette 3e période, la plupart des occasions sont tchèques. La plus grosse est certainement celle de Martin Růžička qui finit sur le poteau. À 2 minutes et 40 secondes de la fin du match, c’est au tour de Brian O’Neill de toucher la barre transversale lors d’une descente à 2 contre 1. Avec ce lancer, l’atmosphère se tend : chaque occasion est vue comme étant une balle de match. Dans ce contexte, les Tchèques vont se mettre à la faute. Vojtech Mozík est chassé à moins de deux minutes du terme du temps réglementaire. Mais, malgré un nouveau poteau touché par les Américains, les Tchèques résistent et le match s’en va en prolongation.
Pour les phases finales, le format de la période de prolongation est le suivant : 10 minutes de jeu à 4 contre 4. La période débute donc à 4 contre 3 puisque Mozík purge toujours sa punition. Néanmoins, les Tchèques tuent la pénalité sans trop de difficultés.
Les temps forts de chaque équipe s’enchaînent et les gardiens sont très sollicités, mais restent solides. Néanmoins, le K.O. est tout proche en fin de match lorsqu’un tir de Bobby Sanguinetti touche le bouclier de Pavel Francouz puis passe dans son dos. Heureusement pour les Tchèques, leur portier contrôle le palet dans un deuxième temps, envoyant alors les deux formations aux tirs au but.
La Tchéquie commence. Martin Růžička voit sa tentative repoussée, tout comme Chris Bourque de l’autre côté. Petr Koukal marque ensuite en glissant la rondelle entre les jambes de Zapolski. Ryan Donato tente lui aussi une belle manœuvre, mais la jambière de Francouz fait barrage. Les tirs de Jan Kovář, Mark Arcobello, Dominik Kubalík et Troy Terry sont ensuite tous stoppés par le gardien adverse. Tomáš Kundratek a alors l’occasion de sceller la rencontre, mais ne le fait pas. Bobby Butler, le dernier tireur américain, est alors dans l’obligation de marquer. Il ne parvient pas à le faire. La République Tchèque s’impose au bout du suspense et rejoint le dernier carré de la compétition.
Plutôt dominateurs sur l’ensemble de la rencontre, les Tchèques se sont fait peur, mais ont réussi à assurer l’essentiel. Leurs qualités tactiques et techniques font d’eux des candidats sérieux au titre.
Trop inconstant, le match des Américains était à l’image de leur tournoi, une succession de périodes contrôlées et de belles actions, mais aussi de passages à vide et d’erreurs grossières. Au final, cette équipe des États-Unis était certainement trop hétérogène pour produire un effort constant. Toutefois, à l’heure du premier bilan, il ne faut pas oublier les points positifs et les belles choses entrevues comme la paire de jeunes composée de Ryan Donato (5 buts et 1 assistance) et Troy Terry (5 assistances).
Commentaires d’après-match
Pavel Francouz (gardien de la République Tchèque) : « Avant les pénaltys, je me suis dit que c’était exactement ce à quoi on jouait enfant quand on s’amusait derrière la maison. Je pensais que les Américains tireraient plus, mais ils sont partis dans des feintes. Ils m’ont surpris et j’ai étiré à peu près tous mes muscles. Le palet est resté devant la ligne, c’est le principal. Nous sommes en demi-finale, c’était notre rêve. »
Petr Koukal (attaquant de la République Tchèque) : « J’ai déjà fait l’expérience d’un pénalty où j’étais désinhibé et ça s’est mal passé. À Moscou [en quart de finale des Mondiaux 2016 contre les Américains], j’avais foncé comme si j’avais 13 ans et je ne le referai plus. Je me le suis juré. Je suis difficilement arrivé à la cage, mes jambes étaient dures, et le pénalty a eu l’air affreux. La pression est grande, ces situations n’arrivent pas tous les jours. Je comprends les footballeurs qui tirent un pénalty en finale de coupe du monde. Je ne suis pas le genre de joueur qui change quoi que ce soit pendant qu’il se dirige vers la cage. Avant de prendre le palet, je me dis ce que je veux faire et je me concentre dessus. Tirer entre les jambes est un peu risqué, je suis content que ça ait réussi. »
Josef Jandač (entraîneur de la République Tchèque) : « À certains moments nous étions nerveux. L’importance du match liait nos mains. Nous n’avons pas réussi en powerplay. Nous défendons bien mais nous marquons encore trop peu. La Russie est la favorite du tournoi et nous avons un bilan négatif contre elle, mais il est temps de le changer. »
Ryan Zapolski (gardien des États-Unis) : « Être aux Jeux Olympiques, c’est une expérience incroyable pour nous tous et nous devons être tous fiers de ça. Je pense que dans 10 ou 15 ans, quand nous regarderons en arrière, nous nous dirons que c’est certainement le meilleur moment de nos carrières. »
Ryan Donato (attaquant des États-Unis) : « C’est difficile de voir tout le travail accompli s’effondrer à cause d’un but en fusillade, mais c’est le hockey. À à la fin de cette journée, nous aurons engrangé de l’expérience et ça fera de nous de meilleurs joueurs de hockey ».
République Tchèque – États-Unis 3-2 (1-1, 1-1, 0-0, 0-0, 1-0)
Mercredi 21 février au Centre hockey Gangneug. 2948 spectateurs.
Arbitrage de Linus Öhlund (SUE) et Olivier Gouin (CAN) assistés de Roman Kaderli (SUI) et Hannu Sormunen (FIN).
Pénalités : République Tchèque 10′ (4′, 2′, 4′, 0′), États-Unis 8′ (4′, 4′, 0′, 0′).
Tirs : République Tchèque 28 (9, 8, 9, 2), États-Unis 20 (7, 6, 4, 3).
Évolution du score :
0-1 à 6’20 : Donato assisté de Terry
1-1 à 15’12 : Kolář assisté de Kovář
2-1 à 28’14 : Kundratek assisté de Růžička et de Mozík
2-2 à 30’23 : Slater assisté de O’Neill (inf. num.)
Tirs au but :
République Tchèque : Růžička (arrêt), Koukal (réussi), Kovář (arrêt), Kubalík (arrêt), Kundratek (arrêt).
États-Unis : Bourque (arrêt), Donato (arrêt), Arcobello (arrêt), Terry (arrêt), Butler (arrêt).
République Tchèque
Attaquants :
Dominik Kubalík – Jan Kovář (A, +1) – Martin Erat (C, 2′, -1)
Roman Červenka (+1) – Tomáš Mertl (+1) – Martin Růžička
Jirí Sekác – Petr Koukal – Lukáš Radil
Michal Birner – Roman Horák (-2) – Michal Řepík (-1)
Défenseurs :
Adam Polášek (2′) – Jakub Nakládal
Jan Kolář (A, 2′, +1) – Vojtech Mozík (2′, +2)
Ondřej Vitásek (-1) – Tomáš Kundratek
Ondřej Němec (-1)
Gardien :
Pavel Francouz
Remplaçant : Dominik Furch (G), Tomáš Zohorna. En réserve : Patrik Bartošák (G), Michal Jordán, Michal Vondrka
États-Unis
Attaquants :
Broc Little – Garrett Roe – Brian O’Neill (+1)
Chris Bourque (-1) – Jordan Greenway (2′, -1) – Brian Gionta (C, -1)
Ryan Donato – Mark Arcobello (2′, +1) – Troy Terry (2′, +1)
Ryan Stoa – John McCarthy (2′, -2) – Bobby Butler
Jim Slater (+1)
Défenseurs :
Ryan Gunderson (+2) – Bobby Sanguinetti (+2)
Noah Welch (A, -1) – Matt Gilroy (A, -1)
Chad Billins (-1)– Jonathon Blum (-1)
James Wisniewski
Gardien :
Ryan Zapolski
Remplaçants : Brandon Maxwell (G). En réserve : David Leggio (G), Will Borgen, Chad Kolarik. ans