Des palets aux pouvoirs (1re partie) : l’Amérique du Nord

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John Kerry HockeyDébut des années 60, dans l’institution St.Paul à Concord dans le New Hampshire. Le hockey sur glace est une activité cruciale et les résultats de l’équipe sont scrutés avec intérêt. Mais la génération manque de talent, ce qui amènera d’ailleurs certains à dire que cette équipe aura été la plus faible de l’histoire de l’école. Parmi les joueurs qui surnagent, un brillant élève qui s’avère être un attaquant tenace : John Forbes Kerry (en photo avec son équipe en 1960). Grand passionné de politique, le camarade de classe fait un peu moins l’unanimité dans le vestiaire. Il est affublé du surnom de “JFK” : pour ses propres initiales, celles du président de l’époque, sauf qu’il s’agit ici en fait du diminutif de “Just For Kerry”, en raison de son jeu individualiste et de sa difficulté à faire la moindre passe sur la glace. 

Le futur candidat démocrate à l’élection présidentielle de 2004, qu’il perdra contre le président sortant George W. Bush, n’aura pas percé dans le hockey sur glace. Il aura tout de même pratiqué toute sa vie en loisirs et apparaitra d’ailleurs début 2012, à l’occasion de la cérémonie de remise de la Coupe Stanley aux Bruins de Boston à la Maison Blanche, avec les yeux noircis et un nez cassé, suite à un match joué peu de temps auparavant.

Mais d’autres joueurs, parfois intronisés au temple de la renommée, ont embrassé une carrière politique après (voire pendant) leur carrière sur la glace. Première partie aujourd’hui avec les principaux exemples en Amérique du Nord.

Ken Dryden :

Peut-être le plus notable. Le gardien de but aux masques iconiques a connu un début de carrière tonitruant dans le hockey. Recruté par Boston puis échangé rapidement à Montréal, il brille dès sa première saison (1970-1971) en prenant part à six rencontres de saison régulière (six victoires), puis en étant tout simplement impérial en play-offs, remportant le trophée Conn-Smythe du meilleur joueur des éliminatoires et artisan majeur de la coupe Stanley porté par le Canadien.

Cela lui vaudra l’originalité de remporter un trophée de séries avant les trophées de saison régulière, comme le Calder de la meilleure recrue l’année suivante, ou encore cinq trophées Vézina du meilleur gardien (sur huit saisons) au cours des années 70. À titre collectif, six coupes Stanley couronneront sa carrière, portée au plus haut niveau de reconnaissance en 1983 avec son intronisation au temple de la renommée NHL.  

Ken DrydenAyant étudié le droit (ce qui lui valut d’ailleurs une saison blanche en 1973-1974 pour compléter son barreau), Dryden fit son apparition sur la scène politique canadienne en 2004, après plusieurs saisons passées dans l’organisation des Maple Leafs de Toronto. Il est en effet l’un des candidats-vedettes du parti Libéral conduit par le premier ministre Paul Martin à l’élection fédérale canadienne. Il remporte l’élection dans la circonscription de York-Centre (au nord de Toronto, dans l’Ontario). Dans le même temps, Paul Martin fait de lui son ministre du Développement social, poste qu’il occupera deux ans. Dans cette fonction, il a la charge notamment des dépenses de santé, de soutien aux personnes atteintes de handicap et aux retraités, mais il ne néglige pas totalement le sport pour autant et se voit l’occasion de s’opposer à une proposition demandant à ce que les hockeyeurs québécois représentent le Québec, et non le Canada.

En circonscription, il est réélu à l’occasion de la 39e législature en 2006. C’est pourtant en décembre de cette même année que le gagnant Dryden (pas une saison à plus de 10 défaites dans la NHL) va subir son premier revers politique. Il avait candidaté à la direction du parti Libéral, mais il fut distancé au premier tour en cinquième position avec 4.9% des voix. Sa participation au deuxième tour le plaça en dernière position avec 4.7%. Eliminé de la course, il a appelé à soutenir Bob Rae pour le troisième tour, puis Stéphane Dion au quatrième, Dion qui sera d’ailleurs élue avec 54.7% des voix devant Michael Ignatieff.

Après un troisième mandat de député en 2008, il demeure candidat pour un quatrième en 2011. Mais le Parti Libéral poursuit sa chute au Canada en devenant la troisième force du pays (passant de 40,85% en 2000 à 18,91% en 2011), et à l’échelle locale Dryden concède une défaite (face au Conservateur Mark Adler).

Depuis, le natif d’Hamilton s’est éloigné de la vie politique. Il fut honoré cette année de l’Ordre du Hockey au Canada et suit l’évolution de ses deux gardiens de petits-fils, qui ont préféré les traces du grand-père à celles de leur mère, l’ancienne attaquante médaillée d’or aux JO et double championne du monde Tammy Shewchuk-Dryden.

Georges Laraque :

George Laraque 4Big Georges” est un personnage qui ne laisse pas indifférent. Le natif de Montréal a connu une bonne carrière junior en LHJMQ, bien que souvent pénalisé (651 minutes en 173 parties). Il termina chez les jeunes avec succès puisqu’il remporte la saison régulière et la coupe Mémorial en 1996 avec les Prédateurs de Granby. Dans la grande ligue, il peine au départ à s’imposer auprès des Oilers d’Edmonton, puis devient un rouage important de l’effectif comme ailier droit de contrôle. Il perd toutefois aux négociations avec l’organisation en 2006 alors qu’il désirait un contrat longue durée, et prend alors la direction de Phoenix, où il ne termine pas la saison.

À la clôture du marché, il rejoint les Penguins de Pittsburgh. La saison suivante (2007-2008) il se hisse jusqu’à la finale de la coupe Stanley qu’il perdra contre les Red Wings. Retour ensuite au pays puisqu’il signe un contrat de trois saisons avec le Canadien, et décide alors de faire entendre sa voix entre Internet et sa représentation dans l’association des joueurs de la ligue nationale de hockey (NHLPA). Il sera libéré par Montréal en janvier 2010 et prendra du recul avec le jeu (qui l’aura vu totaliser plus de 1 100 minutes de pénalité en NHL), alors que sort son premier livre.

S’il fera un retour de deux rencontres en mars 2015 en troisième division norvégienne (une offre effectuée par le président du club… sur Facebook !), Laraque est surtout devenu un touche à tout, féru des réseaux sociaux, et qui présente lui-même son activité comme “conférencier, motivateur et véganiste”. Souhaitant porter ses convictions, il a rejoint moins d’un mois après son éviction du CH le Parti Vert du Canada, un parti fédéral écologiste de gauche, crée en 1983. Il prend position sur les sujets de l’aide humanitaire, l’environnement ou encore la défense des droits des animaux. Ambitieux dans sa démarche “plus humaniste que politique”, il devient rapidement chef adjoint du parti, et nourrit l’espoir de devenir député dans la circonscription de Bourassa (sur l’île de Montréal), ancien fief de Denis Coderre qui a laissé le siège vacant pour se consacrer à sa campagne aux élections municipales de Montréal.

Mais en octobre 2013, Laraque se voit finalement contraint de retirer sa candidature et de démissionner de son rôle de leader adjoint du parti. L’ancien joueur essuie en effet des accusations de fraude de la part de Marc Filion, un ancien associé d’affaires, et d’un client. Afin de ne pas troubler la campagne, la direction du Parti Vert a pris la décision de ne pas le présenter, et Laraque de se concentrer ainsi pleinement sur sa défense devant les tribunaux.   

Depuis lors, il n’est pas réapparu dans le paysage politique. Son année 2020 sera essentiellement marqué par la Covid-19 qu’il a contractée en avril.

Frank Mahovlich et Red Kelly :
Frank MahovlichD’origines croates, Frank Mahovlich (à droite sur la photo) est né dans l’Ontario. C’est là qu’il fit son circuit junior, chez les St. Michael’s Majors de Toronto. Il rejoint naturellement les Maple Leafs en 1957 pour quelques bribes de matchs (mais en inscrivant un but), puis s’installe dès la saison suivante en remportant le trophée Calder de la meilleure recrue. Cet ailier gauche aura joué chez les Leafs jusqu’en 1968, avant de rejoindre les Red Wings de Detroit puis les Canadiens de Montréal où évolue déjà son frère cadet, Pete. Ce joueur plutôt prolifique (1 103 points en 1 181 rencontres de saison régulière dans la grande ligue) quitte la NHL en 1974 en ayant remporté six coupes Stanley.

À l’occasion du centenaire de la ligue (en 2017), il est nommé parmi les cent plus grands joueurs de la NHL (comme Ken Dryden, cité auparavant). “Big M” termine sa carrière en WHA pour les Toros de Toronto et Bulls de Birmingham.

Entre 1960 et 1967, il était le coéquipier de Leonard « Red Kelly” sous le maillot bleu. Défenseur dans les premières années passé centre en 1960 (il fut d’ailleurs partenaire de ligne de Mahovlich, dont il était de onze ans l’aîné), Kelly est également un produit de l’institution St.Michael’s. C’est chez les Wings qu’il débute en NHL, en 1947. Il y évoluera treize saisons, en sera le capitaine entre 1956 et 1958 et remportera quatre coupes Stanley. Il en soulèvera quatre autres suite à son transfert à Toronto où il termine sa carrière en 1967. À titre personnel, il a remporté le trophée de Norris du meilleur défenseur en 1953-1954 et quatre trophées Lady Byng pour sa sportivité. Comme Mahovlich, il sera nommé parmi les cent meilleurs joueurs de la ligue, et intronisé au temple de la renommée. Gary Bettman dira de lui qu’il était “un homme dont la carrière fut tellement riche et distinguée qu’elle ne pourra jamais être reproduite”.

Les deux anciens coéquipiers partagent également la politique en point commun. Frank Mahovlich est retourné au civil après sa carrière de joueur, distingué pour ses exploits (temple de la renommée du hockey en 1981, du sport canadien en 1990, et membre de l’ordre du Canada en 1994). Personnage apprécié, le premier ministre Jean Chrétien pense à lui et décide de le nommer sénateur en 1998. Ce sera une longue carrière puisqu’il restera à la Chambre Rouge jusqu’en 2013. Le sénateur libéral Mahovlich est très discret, d’aucuns diraient “trop discret”, et quand il quitte ses fonctions on salue plus facilement l’ancienne légende du hockey que l’homme politique. N’ayant jamais connu la moindre élection, il n’est guère en première ligne sur les sujets sociétaux mais fut actif sur quelques débats à propos de l’achat d’avions de chasse par l’armée royale de l’air canadienne ou encore des missions en Afghanistan.

1959 60 Red KellyRed Kelly n’a pas le même parcours, puisqu’il fit partie des rares joueurs à s’être investis en politique en étant toujours joueur de hockey sur glace. Deux ans après son arrivée à Toronto, ce qui constituait un retour aux sources pour cet autre natif de l’Ontario, il est élu à la chambre des Communes en remportant le district ouest de York (désormais Humber River-Black Creek) lors de l’élection fédérale de 1962, sous la bannière libérale. Un premier succès politique notable puisqu’il bat le député sortant conservateur John Hamilton (les Libéraux ont depuis toujours conservé le district). Il apparait à la télévision dans l’émission politique To tell the truth le 29 octobre 1962, et son discours est apprécié puisqu’il récolte le plus de votes dans le concept de cette émission-débat. Il remporte également la 26e législature l’année suivante dans un duel contre le progressiste-conservateur et futur agent dans la NHL Alan Eagleson.
Mais cette position de joueur-député est délicate. Au cours du grand débat parlementaire sur le drapeau canadien, il soutient l’idée du chef des Libéraux de l’époque Lester Pearson de remplacer le “Red Ensign” (le pavillon rouge) par la feuille d’érable. Parmi les opposants, Conn Smythe… le propriétaire des Maple Leafs de Toronto où évoluait encore Kelly. Cela a peut-être joué un rôle dans sa décision en 1965 de ne pas se représenter. Toujours est-il que son parcours politique ne reprit pas, et il devint entraîneur dans la NHL en 1967, à l’issue de sa carrière de joueur (poste occupé à Los Angeles, Pittsburgh puis Toronto jusqu’en 1977).

Red Kelly est décédé le 2 mai 2019, à l’âge de 91 ans.

Bob Kilger :

La carrière du hockeyeur Bob Kilger est quelconque. Après des débuts prometteurs à Cornwall dans le hockey midget, il a joué deux saisons dans le circuit mineur de l’Ontario pour les Generals d’Oshawa entre 1963 et 1965. Bien qu’il fut au contact des équipes-écoles et qu’il prit part à un camp d’entrainement des Maple Leafs, il n’a jamais joué dans la NHL et quitte vite le statut de joueur. Son implication dans le hockey sur glace est manifeste à d’autres postes. Il se dirige vers l’arbitrage et officie d’abord comme juge de ligne dans les ligues mineures avant de gravir les échelons jusqu’à la ligue nationale. Alors qu’il se développe dans la vie civile comme un homme d’affaires, il prend un nouveau virage dans le sport en devenant en 1980 entraîneur en chef des Royals de Cornwall, alors en LHJMQ.

L’équipe remporte sa troisième coupe Memorial et rejoint la ligue de l’Ontario la saison suivante. Avant cela, Kilger est désigné comme sélectionneur des U20 Canadiens pour les Mondiaux Juniors de 1981 en Allemagne. Le résultat est décevant avec une élimination au premier tour. Il entraîne les Royals jusqu’en 1983 puis on le retrouve dans le circuit pee-wee local. Son fils Chad a joué en NHL.

KilgerPour le coup, l’homme est surtout connu pour son engagement politique. En 1988, il se présente aux élections fédérales dans le district de Stormont-Dundas (à l’est de l’Ontario) et les remporte. Libéral, il succède au progressiste-conservateur Norman Warner. Bob Kilger devient un député important, tant localement qu’au sein du parti. Dans le désormais district de Stormont-Dundas-South Glengarry, il officie pour quatre législatures, entre 1988 et 2004. Il est alors battu par le conservateur Guy Lauzon.

Au sein de l’organisation, le premier ministre Jean Chrétien fait de lui en 1996 le “Chief Government Whip”, fonction dont le plus proche équivalent français serait le porte-parole gouvernemental  en lien avec les différentes chambres, qu’il occupera jusqu’en 2001. Il est alors promu à la tête des commissions plénières de la chambre des Communes, cédant sa place le 27 avril 2004 en perdant la députation.

Il s’investit dès lors sur la scène locale en se présentant comme maire de Cornwall aux élections municipales de 2006. C’est une victoire pour Kilger (49,4% des voix) dans sa ville de naissance qui compte 46 000 habitants. Celui qui devient alors son principal adversaire politique est un progressiste-conservateur qui démarre du bas de l’échelle, Leslie O’Shaughnessy. S’il l’emporte en 2006 puis se faire élire à nouveau en 2010, il perd la mairie en 2014 au profit d’O’Shaughnessy pour 1000 voix.

Son mandat aura été notamment marqué par une controverse linguistique autour d’un hôpital bilingue, un sujet récurrent dans cette partie francophone de l’Ontario.

Brandon Bochenski :

Le plus récent de tous les exemples, dont Hockey Archives s’était fait l’écho dans ses anecdotes en janvier et juin. Bochenski est né à Blaine, dans le Minnesota. Il y apprend le hockey, performe au lycée et rejoint l’Université du Dakota du Nord. En 2001, il est repêché au septième tour de draft par les Senators. Son parcours en NCAA est convaincant, avec 154 points en 120 matchs. Il débute en 2004 en AHL, mais l’entrée en grande ligue est délicate et n’aboutit jamais complètement : jusqu’en 2010 il est une monnaie d’échanges ce qui l’emmène d’Ottawa à Tampa Bay en passant par Chicago, Boston, Anaheim ou Nashville. À chaque fois, ses saisons se partagent entre quelques apparitions en NHL et du temps de jeu acquis en AHL. Il participe tout de même aux Mondiaux de 2007 avec la sélection américaine. C’est en 2010 qu’il décide de donner une autre orientation à sa carrière.

Il rejoint le club kazakh du Barys Astana qui évolue en KHL. Sportivement, ce choix est payant. Il s’y installe jusqu’en 2019 et devient le capitaine de l’équipe. Comme d’autres nord-américains, il obtint la nationalité kazakhe en 2015 et représente ce pays aux Mondiaux Elite et Division 1A. Parmi les meilleurs marqueurs étrangers de la ligue, il décida de prendre sa retraite une première fois à l’issue de 2016-2017, mais revint sur sa décision pour la saison 2018-2019.
Bochenski

Comme indiqué sur le site précédemment, Bochenski a été élu maire de Grand Forks, dans le Dakota du Nord le 9 juin avec 49,6% des voix devant le maire sortant, le docteur Michael Brown (31,8%), en poste depuis vingt ans. L’ancien joueur NHL a déclaré : « je pense que la ville était prête pour un changement. Nous allons relancer les affaires, relancer l’économie, et recentrer le rôle des impôts afin que le fardeau soit partagé par tout le monde ».

Avec la crise de la Covid à gérer dans la ville pour premier dossier, Bochenski se retrouve tout de suite plongé dans le grand bain.

Les exemples marquants sont détaillés mais la liste n’est pas exhaustive. Nous pouvons citer également :

Howie Meeker : comme Red Kelly, Meeker fut député alors qu’il était toujours joueur (et lui aussi chez les Maple Leafs de Toronto). Cet ailier à la longue carrière (1939-1969) entre la NHL (1946-1954) et de nombreuses ligues mineures se présente en juin 1951 dans le district sud de Waterloo, suite au décès du sortant Karl Homuth. Progressiste-conservateur comme le défunt, Meeker remporte l’élection avec 42.24% des suffrages. Deux ans plus tard, il décide de ne pas se représenter pour la 22e législature. Plus tard, il apparaitra à la télévision comme analyste pour “Hockey Night in Canada” mais aussi dans “Howie Meeker’s Hockey School”, une émission diffusée de 1973 à 1977 et consacrée à ses camps d’entraînement.

ConacherLionel Conacher : celui qui était surnommé « the Big Train » était un athlète complet : boxeur, lutteur, joueur de baseball, de Lacrosse, de football canadien mais il brillait plus encore au hockey sur glace. En provenance du circuit junior de l’Ontario (vainqueur de la coupe Memorial en 1919), il fit son entrée en 1925 pour les Pirates de Pittsburgh. Il y jouera pour divers clubs (New York Americans, Chicago Blackhawks, Montréal Maroons) jusqu’en 1937. C’est alors qu’il se lance en politique en étant directement élu à l’assemblée législative de l’Ontario. Douze ans plus tard, il accède à la chambre des communes du Canada, en étant député Libéral du district de Trinity, dans l’Ontario. Il est réélu en 1953 mais décède une année plus tard.

Dugger McNeil : Douglas Charles « Dugger » McNeil était un joueur de ligues mineures canadiennes, entre 1948 et 1955. En 1963, il se présente en tant que progressiste-conservateur dans le district ouest d’Halifax, et remporte l’élection. Quatre ans plus tard, la circonscription est devenue Halifax St.Margaret’s (aujourd’hui Timberlea Prospect). McNeil est de nouveau élu et siégera jusqu’en 1970. Il fut également membre actif du Parti Progressiste-Conservateur de Nouvelle-Écosse.

Syl Apps Sr. : ancien perchiste olympique et joueur NHL chez les Maple Leafs de Toronto (1936-1948). Candidat progressiste-conservateur à l’élection fédérale de 1940 dans le district de Brant. Il perd face au libéral sortant George Wood, mais devient membre du parti progressiste-conservateur dans l’Assemblée législative de l’Ontario entre 1963 et 1975. Il fait alors partie du “ministère du solliciteur général”, qui s’occupe de la sécurité publique et de l’organisation dans les centres de détention de la province ontarienne.

Jacques Demers : il ne fut pas joueur mais a officié avec brio comme entraîneur principal dans la NHL. Sa carrière sur le banc démarre en 1974 en WHA avec les Cougars de Chicago, pour se terminer en 1999 au Lightning de Tampa Bay. Il a remporté une coupe Stanley en 1993 avec Montréal et fut désigné deux fois entraîneur de la saison NHL (en 1987 et 1988). Il devient consultant à la télévision après sa carrière de coach puis le 27 août 2009, le premier ministre Stephen Harper le nomme sénateur de Rigaud, au Québec. D’orientation conservateur puis indépendant, Demers exercera jusqu’à la retraite obligatoire, le 29 juin 2019.

Brian Propp : cet ailier gauche a connu une solide carrière, ayant joué en NHL de 1979 à 1994 (1 016 matchs de saison régulière). Il fut également international et a terminé à la troisième place des Mondiaux de 1982. Il a terminé sa carrière sur la Côte Basque en rejoignant Anglet et la deuxième division française en 1994-1995. Il fut entraîneur-joueur et a inscrit 51 points en 27 matchs. En 2007, il se présente chez les Républicains dans le 7e district de Burlington County, pour rejoindre l’Assemblée du New Jersey. Il échoue à la 3e place (22%) derrière les Démocrates Herb Conaway (28,2%) et Jack Conners (28%).

Bruce Hood : joueur anonyme, Bruce Hood s’est fait connaître comme arbitre dans la NHL, où il officia entre 1963 et 1984. Il était l’un des arbitres phares de l’époque, mais sa dernière saison fut extrêmement compliquée, avec de gros reproches adressés suite au match de play-offs entre Montréal et Québec le 20 avril 1984 qui tourna en pugilat. D’autres problèmes furent rencontrés dans le match 2 opposant Minnesota à Edmonton, avec un but controversé accordé à Jari Kurri. Politiquement, il a tenté l’investiture libérale dans l’assemblée de l’Ontario en 1987 (Halton North), puis à l’occasion de l’élection fédérale de 1993 (district d’Oakville-Milton). Il s’est incliné les deux fois. Nouvelle tentative dix ans plus tard, dans le nouveau district de Wellington-Halton Hills. Il échoue cette fois-ci de peu face au candidat Conservateur Michael Chong (38,21% contre 42,81%).

Thomas Steen : certes européen, mais investi politiquement au Canada. Formé au Grums IK et champion SHL avec Färjestad, le Suédois arrive à Winnipeg en 1981 et y joue jusqu’en 1995 en devenant une légende de l’équipe manitobaine. Seul Bobby Hull et lui eurent leur numéro retiré dans la franchise. Après avoir terminé sa carrière de joueur en Allemagne, il revient s’installer au Canada. En 2007, il apparaît comme soutien à la candidature d’Hugh McFadyen, un progressiste-conservateur qui promettait de ramener les Jets à Winnipeg s’il était élu aux élections générales du Manitoba. L’année suivante, il représente le Parti Conservateur à l’élection fédérale du district d’Elmwood-Transcona (à l’est de Winnipeg). Avec 40,5%, il échoue à la seconde place derrière le candidat du Nouveau Parti Démocratique Jim Maloway.

Jean Béliveau : ce monument du hockey de Montréal aurait pu s’ajouter à la liste s’il l’avait décidé. Multi-récompensé individuellement et collectivement avec le Canadien, l’ancien joueur est sollicité à deux reprises au début des années 1990 par le premier ministre Brian Mulroney, afin d’obtenir un poste de sénateur. Il déclina en arguant que selon lui, ces postes devaient passer par des élections. Le successeur de Mulroney, Jean Chrétien, proposa à Béliveau le poste du Gouverneur Général du Canada en 1994. Mais une fois encore, « le Gros Bill » opposa un refus en expliquant qu’il souhaitait se rendre totalement disponible pour sa fille et ses deux petites-filles, dont le père s’était suicidé.

Mike Richter : il s’ajoute à la liste au regard de son implication, plutôt qu’une carrière politique qui n’a jamais vraiment débuté à ce jour. On ne présente plus le gardien NHL, figure de la ligue dans les années 1990 avec les Rangers de New York. Il y remportera la coupe Stanley en 1994 et compte plusieurs sélections avec les États-Unis aux Mondiaux ou aux Jeux Olympiques. Après sa carrière, il a suivi un cursus universitaire à Yale, dont il fut diplômé en éthique, politique et économie, avec une spécialisation en politique environnementale. À plusieurs reprises, il a fait connaitre son intention de se lancer en politique en visant la course au Congrès chez les Démocrates américains dans le 4e district du Connecticut et l’élection spéciale de 2009 dans le 20e district de New York. Il ne fut finalement pas retenu par le directoire des Démocrates. Il fait désormais vivre son engagement différemment, très investi dans les causes environnementales. Il fait partie de l’exécutif de nombreuses organisations à ce sujet.

Mike Richter

Dans une seconde partie à venir prochainement, nous nous tournerons vers les joueurs européens qui ont également suivi une trajectoire politique.

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