Les deux adversaires présentent les mêmes trios offensifs qu’hier (hormis le test du jeune talent Vesterheim du côté norvégien) et ont donc semble-t-il trouvé la bonne formule. La Norvège a modifié ses paires défensives et cherche à l’évidence le meilleur équilibre. L’équipe de France le fait aussi pour permettre de l’entrée de Florian Chakiachvili, qui est la bonne nouvelle du jour parce qu’il en faut une. Lorsqu’une équipe joue son dernier match de préparation, elle aligne en général son équipe-type et son gardien numéro 1. Cela signifie que Sebastian Ylönen semble désigné pour ce rôle par Philippe Bozon.
Le portier de Cergy-Pontoise a rapidement du travail car la Norvège prend la possession et impose de longues séquences en zone offensive. Dominés, les Français concèdent la première pénalité, un cinglage de Valentin Claireaux sur Engebråten. Elle n’aboutit qu’à un tir dangereux, envoyé par Mattias Nørstebø dans le trafic et détourné de l’épaule gauche par Ylönen. Au retour au complet, le trio Bozon-Addamo-Texier signe la première bonne présence de la France, une trop rare oasis dans le désert.
Les Bleus cafouillent leurs relances, sont battus dans les duels et sont bien en dessous du niveau affiché lors de leur victoire 4-3 hier. Après un quart d’heure très décevant, la fin de période est meilleure. Nicolas Ritz intercepte un palet en zone neutre et le travail en fond de zone de ses ailiers lui offre la dernière occasion avant le retour aux vestiaires : placé entre les cercles, il enchaîne contrôle du patin et tir, mais Henrik Haukeland détourne.
Ce second match est moins emballant que celui d’hier et les actions d’éclat sont rares. Les entraîneurs se satisferont que leurs équipes soient bien en place. Après dix minutes très mornes, Jordann Perret vient percuter le gardien norvégien. Pendant la pénalité, Haga n’arrive pas à dévier devant le but un centre de Trettenes… et sur la contre-attaque, c’est Kevin Bozon qui se retrouve en breakaway, un peu embarrassé avec le palet à l’approche du but adverse. Aucune illumination technique aujourd’hui, vraiment…
Eirik Salsten met en échec Kevin Dusseau derrière le but tricolore et passe en retrait pour Ludvig Hoff dans l’enclave, mais cette meilleure occasion norvégienne est bloquée par Ylönen. La domination territoriale de l’équipe locale ne produit finalement… qu’une erreur fatale : la passe en retrait de Philip Granath est interceptée par Jordann Perret qui met le turbo et file seul au but. Pour l’arrêter, le défenseur Ole Einar Andersen choisit en dernier recours… la cravate. C’est un tir du pénalité. L’occasion de voir à l’œuvre Alexandre Texier, qui décoche un beau tir du poignet, à mi-hauteur côté bouclier (0-1). La réjouissance des jeunes Français en tribune ne dure que deux minutes, même si leurs « Allez les Bleus » continueront de couvrir tout le public norvégien pendant tout le match. Un slap d’Emil Lilleberg frappe la botte droite d’Ylönen, Eirik Salsten devance Thiry sur le rebond et égalise du revers (1-1).
À trente secondes de la seconde pause, une passe transversale douteuse d’Emil Lilleberg dans sa zone donne le palet face au but à Kévin Bozon. Dommage que ce soit tombé sur lui, car l’attaquant d’Ajoie n’est vraiment pas le plus précis des Bleus face au but… Plus fâcheux encore est ce qui se passe ensuite. Håvard Salsten – le frère d’Eirik – remonte toute la glace via un une-deux avec Sander Vold Engebråten, prend de vitesse Vincent Llorca (qui en vient même à gêner le repli de Dylan Fabre tellement plus rapide que lui) et place le palet au premier poteau, sous le bras droit de Sebastian Ylönen (2-1). Un but faible qui fait très mal, huit secondes avant de rentrer aux vestiaires…
La Norvège creuse un peu plus l’écart au retour sur la glace. Après un lancer de Trettenes, le rebond part sur la gauche pour Sondre Olden qui a la cage ouverte avec un angle fermé. Son tir est à vrai dire manqué, légèrement en retrait et non vers le cadre… Malheureusement, Ylönen envoie le palet dans ses propres filets en se replaçant (3-1).
Une passe de derrière la cage de Louis Boudon trouve un Anthony Rech décidément en manque de réussite qui tire sur le poteau de la cage ouverte ! Rech rate encore la cible sur une autre passe en retrait de Llorca… La précision dans le dernier geste fait défaut à tous les Français, comme le montrent la reprise rasante peu dangereuse de Nicolas Ritz sur un excellent centre de Fabre ou bien le tir hors cadre de Gallet servi en retrait par Treille. Le long temps fort français n’est donc pas récompensé.
La Norvège se procure encore des occasions, notamment une succession de rebonds pour Andreas Martinsen. Eirik Salsten intercepte du patin à la ligne bleue une relance de Lucien Onno et dribble Pierre Crinon avant de voir l’accès du but barré par Ylönen.
La domination tricolore reprend avec un tir de Chakiachvili dévié par Texier sur le poteau (le quatrième poteau français en deux jours !). Pas de regret, le but n’aurait pas été accordé car les arbitres indiquent que Texier a gêné le gardien (il a été poussé), l’engagement est effectué hors de la zone offensive. Après une altercation entre Boudon et Haga qui sont envoyés en prison, Philippe Bozon sort son gardien pour jouer à 5 contre 4. Le siège de la zone norvégienne dure plus de deux minutes, en vain. Un palet perdu en zone neutre par Charles Bertrand arrive sur Håvard Salsten qui conclut en cage vide (4-1). Et un troisième but au crédit de la troisième ligne norvégienne (celle des frères Salsten) qui a livré un gros match.
Si la France a montré ses capacités offensives hier, ce match met un bémol. Les Bleus l’ont joué crescendo, ce qui est un bon point, mais la rencontre s’est transformée en festival d’occasions manquées. Cela tombe d’autant plus mal que les examens menés pendant cette excursion norvégienne ont révélé que Pierrick Dubé souffre d’une petite fracture de la malléole (Valier a été rappelé à sa place). Dubé était justement un pur buteur, et ce match a bien montré pourquoi il aurait pu être utile aux Français.
Désignés joueurs du match : Hugo Gallet pour la France et Håvard Salsten pour la Norvège.
Norvège – France 4-1 (0-0, 2-1, 2-0)
Samedi 6 mai 2023 à 16h00 à la Varner Arena d’Asker. 1902 spectateurs.
Arbitres : Petter Bjerkan Bakken et Marcus Vardeberg Wannerstedt assistés de Niklas Aldar Wilhelmsen et Herman Kruse Johansen (NOR).
Pénalités : Norvège 4′ (0′, 2′, 2′) ; France 6′ (2′, 2′, 2′).
Tirs : Norvège 38 (11, 16, 11) ; France 34 (10, 11, 13).
Évolution du score :
0-1 à 35’01 : Texier (tir de pénalité)
1-1 à 37’07 : E. Salsten assisté de Lilleberg et Hoff
2-1 à 39’52 : H. Salsten assisté d’Engebråten
3-1 à 41’58 : Olden assisté de Trettenes et Krogdahl
4-1 à 59’37 : H. Salsten (cage vide)
Norvège
Attaquants :
Michael Haga (2′) – Ken André Olimb (C) – Petter Vesterheim
Sondre Olden (+1) – Mathias Trettenes (A, +1) – Andreas Martinsen (+1)
Eirik Ostrem Salsten (+3) – Håvard Ostrem Salsten (+3) – Ludvig Hoff (+3)
Thomas Berg-Paulsen – Markus Vikingstad – Thomas Olsen
Philip Granath
Défenseurs :
Emil Martinsen Lilleberg (A, +2) – Mattias Nørstebø
Ole Julian Bjørgvik-Holm – Johannes Johanessen (+1)
Ole Einar Andersen (+1, 2′) – Max Krogdahl (+2)
Sander Vold Engebråten (+2)
Gardien :
Henrik Haukeland [sorti de 06’58 à 07’19]
Remplaçant : Jonas Arntzen (G). En tribune : Tobias Normann (G), Christian Kåsastul, Isak Hansen (D), Noah Steen, Christoffer Karlsen (A).
France
Attaquants :
Tim Bozon (-1) – Justin Addamo – Alexandre Texier (-1)
Dylan Fabre (-1) – Valentin Claireaux (A, -2, 2′) – Jordan Perret (-1, 2′)
Anthony Rech (-1) – Louis Boudon (-1, 2′) – Charles Bertrand (-2)
Sacha Treille (C, -2) – Nicolas Ritz (A, -1) – Kévin Bozon (-1)
Défenseurs :
Jules Boscq – Hugo Gallet
Pierre Crinon – Lucien Onno
Florian Chakiachvili (-3) – Vincent Llorca (-2)
Kévin Dusseau (-1) – Thomas Thiry (-1)
Gardien :
Sébastian Ylönen [sorti de 56’41 à 57’02 et de 58’00 à 59’37]
Remplaçant : Quentin Papillon (G). En tribune : Julian Junca (G), Enzo Guebey (D), Guillaume Leclerc (A).