Pour conserver un espoir de se qualifier pour les quarts de finale, la Lettonie a franchi un premier pas par son succès historique face aux Tchèques avant-hier mais doit réussir un sans-faute dans les trois rencontres face aux « petits », avant d’affronter la Suisse pour finir. Première étape cet après-midi face à une Norvège soulagée de sa victoire hier contre la Slovénie, petite par le score (1-0) mais très importante comptablement pour durer dans l’élite.
Les deux équipes font confiance à leurs gardiens titulaires Arturs Silovs et Henrik Haukeland. La Lettonie a inscrit son attaquant réserviste Renars Krastenbergs car il ne sert plus à rien d’attendre Teodors Blugers, qualifié en finale de conférence Ouest de NHL avec Vegas. Si les précédents matches de la Lettonie s’étaient joués le soir, celui-ci, joué l’après-midi, se distingue par la présence de nombreux enfants dans les tribunes.
La Lettonie tue facilement deux pénalités en début de match. Une faute de carre du défenseur Ralfs Freibergs le fait chuter et laisse Sondre Olden seul face au but, contraignant Roberts Mamcics à un cinglage pour l’empêcher de tirer. Sur cet avantage numérique, Silovs laisse un rebond axial sur un one-timer d’Ole Einar Andersen mais le tir d’Eirik Salsten est alors contré au départ par une crosse. La faute offensive sifflée contre Oskars Batna n’a pas plus de conséquence car la Norvège ne s’installe jamais.
À la onzième minute, Isak Hansen effectue sa première présence du tournoi. La première fois qu’il était entré en jeu, c’était pour un pénalty – manqué – contre le Kazakhstan. La seconde fois qu’il monte sur la glace, c’est pour… partir aussitôt en prison parce qu’il retient Kaspars Daugavins (image de gauche). Depuis le banc des punitions, Le jeune défenseur doit être soulagé de voir son collègue Max Krogdahl lancer une contre-attaque et provoquer la faute de Daugavins pour remettre les équipes à 4 contre 4. Ole Einar Andersen et Håvard Salsten se livrent à une contre-attaque dangereuse pendant la petite séquence à 5 contre 4. Hansen, quant à lui, ne réapparaîtra jamais sur la glace…
Si la Lettonie a concédé les principales occasions de cette première période, c’est donc par indiscipline. Elle a eu trop peu de temps pour développer son jeu à 5 contre 5. Juste avant la sirène, Krogdahl entre dans la zone du gardien et provoque une bagarre. Il part en prison avec Indrasis qui a réagi violemment.
Au retour des vestiaires, les joueurs en grenat passent la vitesse supérieure. Ils mettent le feu dans la zone norvégienne, où Thomas Berg-Paulsen fait trébucher Balcers. On joue alors pendant un court moment à 4 contre 3, et l’incendie couve sur le but de Haukeland : Martins Dzierkals bute à bout portant sur le gardien, puis Roberts Bukarts manque le cadre sur le rebond.
C’est à 5 contre 5 que la Lettonie va faire la différence, mais en contre-attaques. Le défenseur norvégien Emil Lilleberg monte bien très haut en voulant mettre en échec Balinskis et fait défaut au repli face à une attaque bien construite : petit mouvement de hanche de Daugavins pour éviter Eirik Salsten en entrée de zone, contrôle du patin et passe en retrait de Rudolfs Balcers pour Rodrigo Abols qui lance côté plaque (1-0). Sur une nouvelle attaque rapide, Toms Andersons – image de droite – reprend dans le cercle gauche la passe transversale de Ronalds Kenins (2-0).
Une fois menée au score, la Norvège souffre et accumule les fautes. Eirik Salsten donne un coup d’épaule au menton de Daugavins, dont l’arête du nez s’ouvre et saigne en heurtant sa visière. Les arbitres font appel à la vidéo mais l’attaquant de Storhamar s’en sort avec seulement deux minutes. Thomas Olsen met sa crosse entre les jambes de Dzierkals et la Lettonie est à 5 contre 3 pour 1’42. Le gardien Haukeland s’en sort avec une bonne dose de réussite : un lancer de Daugavins est dévié sur sa crosse près du bouclier et heurte son masque, puis un puissant one-timer frappe le poteau sans qu’il ait même pu le voir partir (il poussait Dzerins qui lui masquait la vue).
La Norvège ne voit pas le jour et sera dominée 17 tirs à 1 dans ce deuxième tiers-temps. Sauf que son unique tir est un but… Le défenseur Kārlis Čukste monte le long de la bande vers un palet qu’il n’atteint pas, car Håvard Salsten le devance et lance un 2 contre 1. Ludvig Hoff fait croire à la passe et place son tir juste au-dessus de la botte droite de Silovs (2-1).
Andreas Martinsen réussit un retour défensif important en revenant contrer Indrasis qui s’apprêtait à tirer entre les cercles, mais il prend aussi une pénalité inutile pour un coup en zone neutre. Pour la seconde fois de la soirée, la Lettonie annule sa supériorité numérique par une pénalité, en l’occurrence une obstruction de Balinskis pour faciliter le passage de la ligne bleue.
L’écart est bien maigre pour la Lettonie après vingt minutes d’archi-domination. Au troisième tiers-temps, elle est moins souveraine et s’efforce surtout à protéger ce score. Elle peut y parvenir si elle ne fait pas de bêtises, mais Deniss Smirnovs commet une faute en zone offensive en passant le bras devant Kåsastul à la chasse au palet. Il souffle un grand coup en prison quand le gardien Henrik Haukeland va jouer un palet pour une relance rapide… et le dégage directement au-dessus du plexi ! Une pénalité rare pour un gardien, qui annule le problème.
À trois minutes de la fin, c’est encore Andreas Martinsen qui prend une mauvaise pénalité, une crosse haute à la ligne bleue offensive. Mais pour la troisième fois du match, la Lettonie est sanctionnée alors qu’elle joue en avantage numérique. À ce moment du match – exactement 1’59 avant la fin ! – c’est encore plus grave de la part de Kristaps Zile, qui accroche Berg-Paulsen en zone neutre sur une action anodine. Tobias Johansson utilise bien évidemment son temps mort afin de jouer à 5 contre 4 puis à 6 contre 4 sans gardien. Les Baltes font les efforts qu’il faut en infériorité numérique, ils se sacrifient pour contrer les tirs et Silovs bloque les palets qui viennent jusqu’à lui.
Un succès acquis dans la douleur, alors que la Lettonie était capable de s’épargner de telles frayeurs. Elle est supérieure à la Norvège, qui n’a plus actuellement les moyens de se mêler à la course aux quarts de finale. Le suspense aura en tout cas tenu en haleine le public balte, qui ne ménage pas ses applaudissements pour saluer son équipe.
Désignés joueurs du match : Rodrigo Abols (image de droite) pour la Lettonie et Max Krogdahl pour la Norvège.
Commentaires d’après-match :
Ludvig Hoff (attaquant de la Norvège) : Je crois que nous étions trop excités. Nous avons essayé de gagner des palets en zone offensive en étant le troisième homme à monter haut et nous avons laissé des contres surnuméraires. »
Kaspars Daugavins (capitaine de la Lettonie) : « Nous avons commencé par des erreurs de négligence qui leur ont donné des contre-attaques. Dans le vestiaire, nous avons parlé de rejouer notre hockey d’avant-hier, simple et puissant. Contre les Tchèques, nous avons élevé la barre au niveau où nous voulons jouer. C’est ce que nous voulons faire par la suite. Cela n’arrivera pas toujours, mais nous voulons essayer. Nous avons combattu pour chaque mètre carré, avec solidarité. Nous avons construit une avance 2-0, mais encaissé un but. Dans ces moments, il est important d’avoir du caractère. Nous avons dû bloquer 15 palets en troisième période. Trois points dans la poche. […] Ce n’est pas pour rien qu’Abols est un des meilleurs joueurs du championnats suédois. Il est au sommet de sa carrière. C’est agréable de jouer avec un partenaire qui peut créer une occasion de nulle part. Je lui fais confiance, si je gagne un duel et que je lui donne le palet, je sais qu’il créera une occasion. Je dois prendre plaisir au hockey dans le temps qu’il me reste. »
Lettonie – Norvège 2-1 (0-0, 2-1, 0-0)
Mercredi 17 mai 2023 à 16h20 à l’Arena Riga. 6872 spectateurs.
Arbitres : Adam Bloski (CAN) et Andre Schrader (ALL) assistés de Jake Davis (USA) et Tommi Niitylä (FIN).
Pénalités : Lettonie 14′ (8′, 2′, 4′) ; Norvège 16′ (4′, 8′, 4′).
Tirs : Lettonie 32 (9, 17, 6) ; Norvège 21 (9, 1, 11).
Évolution du score :
1-0 à 23’14 : Abols assisté de Balcers et Daugavins (sup. num.)
2-0 à 23’53 : Andersons assisté de Kenins
2-1 à 34’20 : Hoff assisté de H. Salsten
Lettonie
Attaquants :
Rudolfs Balcers (-1) – Rodrigo Ābols (A, -1) – Kaspars Daugaviņš (C, -1, 2′)
Roberts Bukarts (A) – Oskars Batņa (2′) – Mārtiņš Dzierkals
Toms Andersons (+1) – Deniss Smirnovs (+1, 2′) – Ronalds Ķēniņš (+1)
Rihards Bukarts – Andris Džeriņš – Miks Indrašis (2′)
Renars Krastenbergs
Défenseurs :
Kristaps Zīle (2′) – Uvis Jānis Balinskis (2′)
Jānis Jaks – Roberts Mamčics (+1, 2′)
Ralfs Freibergs (+1) – Kārlis Čukste (-1)
Oskars Cibuļskis (-1)
Gardien :
Artūrs Šilovs
Remplaçant : Kristers Gudļevskis (G). Réservistes : Ivars Punnenovs (G), Dans Ločmelis (A).
Norvège
Attaquants :
Thomas Berg-Paulsen (2′) – Markus Vikingstad – Thomas Olsen (2′)
Sondre Olden – Mathias Trettenes (A) – Andreas Martinsen (4′)
Michael Haga (-1) – Ken André Olimb (C, -1) – Eirik Salsten (-1, 2′)
Petter Vesterheim (+1) – Håvard Salsten (+1) – Ludvig Hoff (+1)
Défenseurs :
Emil Martinsen Lilleberg (-1) – Mattias Nørstebø (-1)
Johannes Johanessen (A) – Ole Einar Engeland Andersen
Max Krogdahl (+1) – Christian Kåsastul (+1, 2′)
Isak Hansen (2′)
Gardien :
Henrik Haukeland (2′)
Remplaçants : Jonas Arntzen (G), Noah Steen (A). Réservistes : Tobias Normann (G), Ole Julian Bjørgvik-Holm (D), Philip Granath (A).