En juin dernier, la bureau directeur de la fédération tchèque a démis de ses fonctions l’entraîneur finlandais Kari Jalonen, à qui on reprochait un style de jeu trop ennuyeux malgré des résultats corrects. L’expérience étrangère étant terminée, le nouveau sélectionneur Radim Rulík a été engagé pour mettre en place un hockey offensif. Il n’a pas eu recours à la solution de facilité pour cela puisqu’il a notamment renoncé au meilleur marqueur du championnat Lukáš Radil (expliquant qu’il n’a pas besoin d’essayer ce trentenaire qui connaît son style mais l’attend en forme à partir de février).
Le 5-1 en Suède constituait donc un très bon début. Mais jouer la Finlande chez elle, une équipe qualifiée de « forteresse » avant-hier par l’entraîneur suisse, c’est un défi encore plus sérieux. Cinq changements sont opérés dans la formation tchèque. Parmi les nouveaux, tous les yeux se tournent vers Jiří Ticháček, grande révélation du début de saison d’Extraliga tchèque : le joueur de Kladno est premier des défenseurs avec 16 points. Le gardien n’a en revanche pas changé. Après avoir lui-même débuté en équipe nationale jeudi, Jakub Malek peut enchaîner dans les cages puisqu’il a eu un jour de repos entre-temps (il sait d’avance qu’il sera remplaçant dimanche). Cette seconde sélection est encore plus spéciale pour Malek car le gardien d’Ilves joue dans sa patinoire de club !
Cette fois, Malek a tout le public de Tampere contre lui. Mais il a très peu de travail en début de match. Il voit au contraire de loin, ses coéquipiers assaillir la cage du pauvre Roope Taponen, dont c’est le tout premier match international (tout comme l’attaquant Ville Koivunen). Dès la quatrième minute, sur le premier avantage numérique, Tomáš Filippi centre devant le but pour la reprise de Daniel Voženílek sous les bottes du gardien. Puis le missile du haut d’enclave de Matěj Stránský ne laisse aucune chance au gardien. Et ce n’est pas tout. Laissé étonnamment seul dans le slot par le deuxième bloc finlandais, Voženílek reçoit une passe de Galvas et, après un premier tir, a encore le temps de prendre le rebond et de dribbler le gardien.
0-3 en treize minutes, la Finlande ne peut pas laisser passer une telle humiliation. Dans la minute qui suit, Niko Huuhtanen répond à ras glace en situation de 2 contre 1. Efficacité maximale des deux côtés sur chaque occasion ! Les Leijonat ont ensuite dû se révolter dans leur vestiaire car ils sont déchaîner au retour sur la glace. Auteur d’un triplé jeudi, Antti Suomela ajoute un but supplémentaire en concluant une nouvelle contre-attaque juste entre les jambes du gardien. Deux minutes plus tard, Jääskä passe en retrait à Eemil Erholtz qui égalise d’un tir précis au-dessus de la botte gauche de Malek.
Après avoir remonté trois buts, la Finlande semble en passe de renverser le match. Mais cet élan est brisé par une crosse haute de Laaksonen, qui aura pris les deux seules pénalités de son équipe… et coûté deux buts. Filippi réussit une nouvelle passe magnifique en powerplay, cette fois pour une reprise parfaite de David Tomášek sous la barre transversale. Et une minute plus tard, Ondřej Kovařčík – dernier appelé de la sélection tchèque comme substitut et débutant – signe son deuxième point du match en passant du revers dans son dos à Matěj Stránský pour le 3-5 en lucarne.
Rien à faire pour la Finlande soudain paralysée face à ces Tchèques qui jouent – et jouent très bien. L’écart se creuse encore au troisième tiers-temps. Sedlák, échappé, se fait enlever le palet au moment de tirer par un superbe retour défensif de Huuhtanen. Mais après un effort combatif de Lenc et Kousal, Tomášek a suivi et conclut avec un peu de réussite, en lob, après un entrechoquement de crosses (photo ci-dessous). Jukka Jalonen essaie bien de sortir son gardien très tôt, à sept minutes et demie de la fin, cherchant à profiter d’une crosse haute de Kubik pour jouer à 6 contre 4. Mais quand la pénalité s’achève, Lenc envoie le palet en cage vide depuis sa zone défensive.
12 buts en deux rencontres : le hockey offensif voulu par Rulík a fonctionné au-delà de toutes les espérances. Les Tchèques sont déjà certains de remporter ce tournoi Karjala avant même le dernier match. Ce n’est pas un début, c’est un triomphe. Mais le mandat se son prédécesseur a montré combien l’opinion tchèque – ou au moins celle des instances dirigeantes – pouvait vite se retourner.
Désignés joueurs du match : Eemil Erholtz pour la Finlande et Daniel Voženílek pour la Tchéquie.
Commentaires d’après-match :
Roope Taponen (gardien de la Finlande) : « Oui, j’étais plus nerveux que pendant un match normal de championnat. Peut-être que mon premier match de championnat me vient à l’esprit, il y avait un peu la même excitation. Mais quand on est nerveux, on prend soin de ça. Les Tchèques étaient efficaces et ont vraiment de bons joueurs. Quand on voit la qualité de leurs tirs, c’est différent de la Liiga. C’est un honneur de représenter mon pays. Ce n’était pas mon meilleur match, mais j’ai savouré chaque seconde que j’ai eue à jouer. C’est passé et ça ira mieux ! »
Radim Rulík (entraîneur de la Tchéquie) : « Nous avons encore fait un excellent départ. Mener 3-0 à l’extérieur, cela n’arrive pas tous les jours. Les Finlandais étaient poussés par une patinoire pleine, il y a eu des moments où ne sommes pas vraiment allés dans leur zone. Mais nous avons survécu. Ce que j’ai le plus apprécié, c’est d’avoir pu retourner le match de notre côté à 3-3. Nous avons inclus des joueurs qui ont été productifs en début de saison, ils l’ont confirmé, ils sont arrivés de leurs clubs avec de l’aisance. »
photos : Jan Beneš, Český hokej
Finlande – Tchéquie 3-7 (1-3, 2-2, 0-2)
Samedi 11 novembre 2023 à 17h00 à la Tampere Areena. 11 159 spectateurs.
Arbitrage de Riku Brander et Stefan Hürlimann assistés d’Anders Nyqvist et Gustav Jonsson.
Pénalités : Finlande 4′ (2′, 2′, 0′), Tchéquie 8′ (2′, 2′, 4′).
Tirs : Finlande 17 (4, 9, 4), Tchéquie 27 (8, 9, 10).
Évolution du score :
0-1 à 03’55 : Voženílek assisté de Filippi et Záborský (sup. num.)
0-2 à 10’42 : Stránský assisté de Sedlák et Kovařčík
0-3 à 12’45 : Voženílek assisté de Galvas et Jandus
1-3 à 13’34 : Huuhtanen assisté de Björninen
2-3 à 25’10 : Suomela assisté de Repo et Oksanen
3-3 à 27’15 : Erholtz assisté de Jääskä et Ju. Mattila
3-4 à 36’34 : Tomášek assisté de Filippi et Voženílek (sup. num.)
3-5 à 37’38 : Stránský assisté de Kovařčík
3-6 à 51’03 : Tomášek assisté de Kousal et Lenc
3-7 à 54’43 : Lenc (cage vide)
Finlande
Attaquants :
Ahti Oksanen – Antti Suomela (A) – Sebastian Repo
Kristian Vesalainen (-3) – Henrik Borgström (-3) – Jerry Turkulainen (-4)
Ville Koivunen (+1) – Hannes Björninen (C, +1) – Niko Huuhtanen (+1)
Juha Jääskä – Julius Mattila – Eemil Erholtz
Défenseurs :
Juuso Riikola (A, -1) – Vili Saarijärvi (-2)
Niklas Friman (-1) – Sami Niku (-3)
Otto Leskinen (+1) – Oskari Laaksonen (+2, 4′)
Veli-Matti Vittasmäki – Jesper Mattila
Gardien :
Roope Taponen [sorti de 52’25 à 54’43]
Remplaçant : Christian Heljanko (G). En réserve : Mikael Seppälä, Petteri Lindbohm (D), Janne Kuokkanen, Anton Levtchi, Joona Ikonen (A).
Tchéquie
Attaquants :
Matěj Stránský (+2) – Lukáš Sedlák (+2, 2′) – Ondřej Kovařčík (+2)
Jakub Flek (+1) – Lukáš Jašek (+1) – Daniel Voženílek (A, 2′)
Pavel Kousal (+1) – David Tomášek (+1) – Radan Lenc (+1)
Jan Ordoš (-2) – Tomáš Filippi (-2) – Adam Kubík (-1, 2′)
Défenseurs :
Jan Košťálek (+1) – Tomáš Dvořák
Ronald Knot – Jiří Ticháček (+1)
Petr Zámorský (A, -1, 2′) – Filip Pyrochta
Martin Jandus (+2) – Jakub Galvas (+1)
Gardien :
Jakub Málek
Remplaçants : Dominik Pavlát (G), Petr Kodýtek (A). En réserve : Dominik Mašín, Libor Zábranský (D), Michal Řepík, Michael Špaček (A).