Notre dernière équipe-type de saison régulière est consacrée au mois de février, plus la dernière journée jouée le 1er mars. Un poste a été absolument indiscutable : celui de gardien. Evan Cowley a en effet obtenu trois blanchissages en six rencontres et arrêté 97% des tirs dans cette séquence. Il a ainsi permis à Angers de finir meilleure défense de Ligue Magnus. Déjà l’an passé, il avait obtenu sa première désignation… et enchaîné en play-offs. Signe que le gardien nord-américain réserve souvent ses meilleures performances pour cette phase décisive de la saison.
L’équipe-type fait cette fois la part belle à deux défenseurs défensifs, en l’occurrence les deux meilleures fiches +/- de la Ligue Magnus. Même si Vincent Llorca est dominant dans la ligue avec +34, cette excellence statistique était parfois relativisée parce qu’il la partageait avec son éternel partenaire Neil Manning. Mais Jason O’Leary a changé récemment les appariements de ses lignes arrières. Manning, désormais avec Manavian, a parfois des fiches négatives. Llorca a donc distancé son ex-collègue car il n’en a connu aucune ce mois-ci aux côtés du plus offensif Ross. L’Auvergnant a même fini le match décisif pour la deuxième place face à Grenoble (3-1) en marquant lui-même le but gagnant et en étant sur la glace pendant les trois buts (pour une fiche parfaite de +3 à l’arrivée). C’est le quatrième défenseur angevin différent récompensé pendant la saison régulière ! La dernière fois que c’était arrivé, c’était avec Rouen en 2018/19 (Brodeur, Roy, Langlais et Chakiachvili) mais les Dragons avaient perdu le titre au match 7 de la finale.
Dans les rangs rouennais cette saison, on avait mis en lumière deux hommes à deux reprises, l’offensif Florian Chakiachvili (qui a aussi reçu samedi le trophée Denis Perez du défenseur de l’année) et le défensif Emil Kristensen, malheureusement blessé au poignet lors du match à Bordeaux. L’absence du Danois renforcera encore le rôle crucial de l’international letton Kristaps Sotnieks, deuxième fiche sur la saison (+29) et première sur le mois (+8). Le Letton est très propre dans tout ce qu’il fait, la solidité et la régularité incarnée.
Un dicton éculé dans le hockey dit que les défenses gagnent les championnats. De quoi décourager Grenoble qui n’a que la quatrième défense, derrière les deux autres favoris et a solide équipe Marseille (dont le coach Luc Tardif a reçu le trophée de meilleur entraîneur) ? Une stat-cadeau pour redonner espoir aux Isérois. Le dicton cité ne se vérifie pas tellement sur les derniers championnats, une fois sur trois seulement. On remarque en revanche une autre constante. En 2019 et en 2022, Grenoble comptait en ses rangs les deux meilleurs marqueurs de la saison régulière (et même les trois en 2019) et avait fini champion. En 2023, c’est Rouen qui disposait des deux premiers compteurs… et qui avait fini champion. Et qui occupe es deux premières places cette année ? Deux Brûleurs de Loups, Alexandre Lavoie – dominant au début de saison – et Nicolas Deschamps, centre technique qui a retrouvé sa capacité à faire basculer un match.
Mais si Deschamps a retrouvé la régularité qui lui faisait défaut et vu comme son compère Damien Fleury ses stats grimper en flèche, il le doit aussi à un joker russe arrivé à leurs côtés. Roman Lyubimov reprend un peu le rôle qu’avait autrefois Poukkula sur cette ligne. Il a un apport essentiel dans cette reformation d’un vrai premier trio grenoblois. L’ex-international russe – en photo en fin d’article – est physique, souvent très bien placé pour marquer, et c’est aussi un très bon passeur.
On parle encore beaucoup des trois grosses équipes, qui semblent parfois sur une autre planète. Parmi les cinq clubs de bas de tableau, quatre n’auront jamais eu aucun sélectionné dans l’équipe-type, c’est vrai. Mais le cinquième de ces clubs, Briançon, en compte un pour la seconde fois (après Robin Colomban en octobre). Voilà un nouveau signe de la renaissance des Diables Rouges, qui ont enfin quitté la dernière position du championnat (même si le classement est si serré avec Anglet et Gap que la poule de relégation s’annonce épique). Les Briançonnais ont obtenu cinq succès dans le mois, et quatre d’entre eux portent directement la patte de Nils Carnbäck. L’ailier suédois a inscrit les buts décisifs contre Chamonix et Angers, a été impliqué sur les deux buts à Marseille et a inscrit le pénalty qui a renversé la série à Bordeaux. Et encore n’a-t-il pas toujours été récompensé de ses actions car il est clairement à la baguette dans le jeu offensif. Briançon a enfin mis la main sur un renfort étranger pleinement performant.
L’équipe-type de février(/mars) : Evan Cowley (Angers) / Kristaps Sotnieks (Rouen) – Vincent Llorca (Angers) / Roman Lyubimov (Grenoble) – Nicolas Deschamps (Grenoble) – Nils Carnbäck (Briançon).
La page 2023/24 de la Ligue Magnus










































