Cette série a décidément hérité d’une dramaturgie que seuls les plus fous auraient pu anticiper. Alors que Grenoble s’est offert un premier palet de match en s’imposant 3-1 sur sa glace, ce match 6 se déroule sans Matija Pintaric, devenu père plus tôt dans la journée. C’est donc Jakub Stepanek qui aura la lourde tâche de tenter de faire aussi bien que son coéquipier, face à une équipe qui lui a peu réussi cette saison (8 buts encaissés).
Grenoble démarre ce match 6 pied au plancher et occupe la zone offensive dès les premières secondes. Le premier lancer de Christophe Boivin est détourné. Conscient de l’enjeu sur les épaules d’un jeune homme de 22 ans, le public de l’Iceparc clame le nom d’Elliot Lévêque, qui arrête son premier palet (01’30). Les Angevins sortent peu à peu de leur zone mais ne parviennent pas à inquiéter Jakub Stepanek sur les premières vagues de la marée bleue qui se veut montante. Si propre et efficace au cours des 5 derniers matchs, Antoine Fertin se rend coupable d’un retenir (03’32). Le jeu de puissance d’Angers s’avère payant 9 secondes plus tard : l’engagement est remporté par Halley puis par Centazzo qui glisse le palet à Archambault côté opposé. Le top scorer angevin analyse le jeu et renverse pour Donaghey qui envoie un tir passe dans l’enclave. Le palet est dévié par Centazzo en tête de cercle et bat Stepanek côté bouclier (1-0 à 03’41). Un côté bouclier qu’exploite à son tour Philippe Halley à la conclusion d’une attaque placée (2-0 à 04’04). Les choses ne s’arrangent guère pour les Isérois avec une obstruction de Nicolas Deschamps (04’39). Pénalité rendue vaine grâce aux efforts du quatuor grenoblois, solidaire et appliqué dans la coupe des lignes de passe. De retour à cinq contre cinq, les débats s’équilibrent et les hommes d’Edo Terglav poussent pour revenir au score.
Jordan Hervé, chassé pour une projection contre la bande, offre aux Isérois une première occasion de revenir (10’43). Elliot Lévêque, peu mis à contribution jusqu’ici, doit s’employer pour repousser la salve de tirs qui s’abat sur son but. S’il repousse les premières tentatives, il plie face à Christophe Boivin, qui s’offre sa troisième réalisation en 2 matchs d’un tir pleine lucarne (2-1 à 11’23). La tension monte d’un cran lorsque Rudy Matima manque sa charge sur Jonathan Charbonneau. Téo Sarliève monte au créneau pour son coéquipier et lâche les gants. Les deux hommes vont s’asseoir deux minutes pour charge incorrecte et dureté (12’12). Une pénalité substituée qui profite à des BDL qui poussent encore et encore. Toutefois, Elliot Lévêque, bien aidé par sa défense, oppose sa mitaine sur chaque palet qui vient à lui. Les minutes défilent, les deux gardiens entrent peu à peu dans leur match et, alors que l’on approche du KO d’un côté comme de l’autre, Nicolas Ritz porte l’estocade. Une longue phase de possession en zone offensive iséroise se transforme en une attaque rapide. Trouvé dans la profondeur, Ritz, exilé sur le côté droit, alerte Jakub Stepanek une première fois. Sa tentative, à mi-hauteur entre la jambière et le bouclier, est repoussée difficilement. Dans sa course, l’attaquant angevin hérite de son propre rebond et bat le gardien de ce même côté (3-1 à 19’18). Angers inscrit en vingt minutes autant de buts que lors de ces trois sorties à Polesud et vire en tête dans un match qui s’extirpe de la narrative défensive de cette série.
Narrative qui ne retrouve pas d’encre dans ce tiers médian : Angers initie d’entrée une longue possession. Les changements en zone offensive se succèdent, l’ambiance grandit à mi-chemin entre encouragements et sifflets à l’encontre de M. Crinon, mais les tirs se font rares. Jakub Stepanek, alerté à 10 reprises dans le premier tiers selon les statistiques de la Ligue, en stoppe cinq de plus au fil des cinq premières minutes de la période. Toutefois, le momentum engrangé s’arrête net. Alors que Grenoble parvient à remettre la crosse sur le palet, le score se réduit. Un bon arrêt de Lévêque sur Nolan Zajac profite à Alexandre Mallet qui, fidèle à ses œuvres, libère l’espace pour François Beauchemin qui, après s’être mis en position de tir, ajuste la lucarne angevine pour remettre les siens à portée de tir (3-2 à 26’26).
Les BDL tentent de pousser mais ils sont une fois de plus sanctionnés. Philippe Halley, parti seul au milieu de trois Grenoblois, chute. M. Crégut annonce que Andrius Kulbis-Marino l’a fait trébucher (26’56). À l’instar du match 4 remporté par les Ducs, il ne faut guère attendre avant de voir les Angevins répondre. En l’absence de Fredric Weigel, blessé par un patin au cours du match 5, Philippe Halley semble plus à l’aise aux engagements et l’emporte une fois de plus. Olivier Archambault, qui lutte avec François Beauchemin pour le titre de meilleur marqueur de ces séries, fait parler sa technique. Après avoir fait circuler le palet, il feinte un retour à droite pour renverser à gauche sur Cody Donaghey qui, depuis la zone que l’on pourrait presque qualifier comme étant son bureau (NDLR : dans le cercle d’engagement gauche) allume la mèche et trouve le fond du filet de Stepanek, côté mitaine (4-2 à 27’33).
Le tiers se déroule à un rythme soutenu au cours duquel les deux équipes se rendent coup pour coup, arrêt pour arrêt, sacrifice pour sacrifice. Alors que l’on se dirige vers un second retour aux vestiaires, les coéquipiers de Sacha Treille poussent inlassablement sans parvenir à trouver le filet angevin. Toutefois, le capitaine isérois étant aux prises avec Lucien Onno, ce dernier se rend coupable d’une obstruction (38’19). Le danger, d’ores et déjà plus proche que jamais sur le but local, se précise. Boivin et Beauchemin, grands artisans des succès des leurs face aux Angevins, s’essaient tour à tour mais butent tantôt sur Lévêque, tantôt sur le trafic. Sur un tir de Boivin, dévié par Mallet puis Lévêque, Sacha Treille se retrouve seul face au but vide mais son but est refusé, le capitaine grenoblois l’ayant inscrit d’un coup de patin. La dernière occasion du tiers est au crédit de Christophe Boivin qui bute sur la mitaine miraculée du gardien angevin (39’58).

Le retour des vestiaires est marqué par la pénalité rapidement sifflée contre Andrius Kulbis-Marino pour obstruction (43’47). Le bloc BDL opte pour une défense plus agressive, montant sur le porteur du palet de manière à gêner la transmission du disque. Si cela marche au fil de la première minute, les Angevins adaptent leur plan de jeu et Jonathan Charbonneau trouve la mire. Placé sur la ligne de but, il se retourne et fusille Stepanek à bout portant (5-2 à 45’07). Mais dans la minute qui suit, tout bascule. Jordan Hervé est chassé pour une crosse haute (45’38), suivi par le dernier buteur Charbonneau qui accroche un Grenoblois tentant d’entrer en zone offensive (46’28). À cinq contre trois, les BDL déroulent et initient un retour aux affaires : Nolan Zajac d’abord (5-3 à 47’09), Guillaume Leclerc ensuite (5-4 à 48’11) remettent Grenoble dans le match grâce à, une nouvelle fois, deux buts inscrit dans la partie supérieure de la cage.
S’ensuit alors, logiquement, une occupation iséroise de la zone offensive, à la recherche de ce cinquième but qui pourrait faire pencher la rencontre en leur faveur. À ce petit jeu, Sacha Treille se fait oublier par la défensive adverse et se retrouve seul face à Lévêque. Il approche de la cage et se place sur le revers mais c’est bien suivi par Lévêque qui repousse et la possession demeure Grenobloise. Seulement voilà, à l’instar des Ducs dans le tiers médian, les possessions prolongées en zone offensive engendrent leur lot d’erreurs. Pierre Crinon, acculé à la bleue, tente d’envoyer un palet dans le trafic. Palet intercepté par Jordan Hervé qui satellise un Jonathan Charbonneau qui s’échappe, seul face à Stepanek. Pourchassé par Crinon et Rautanen, il fixe Stepanek et l’ajuste côté mitaine (6-4 à 49’32). Grenoble pensait avoir fait le plus dur en revenant à une petite longueur, voilà qu’ils concèdent le set.
Les deux équipes alternent les phases de possession, les occasions franches et les mises en échec sans jamais prendre le dessus. La guerre de tranchées s’installe et l’on tente de marquer les esprits adverses. Grenoble concède une échappée, Orrin Centazzo tente de résister au retour de Valentin Grossetête avant d’allumer le but de Stepanek mais de manquer le cadre. Les deux hommes en viennent aux mains et écopent de 2’+10’ (55’42). Grenoble abat sa dernière carte en sortant Stepanek pour ajouter un attaquant supplémentaire, en vain. À défaut de trouver le chemin du cadre, ils travaillent leur jeu à six et forcent Angers à multiplier les sacrifices corporels pour s’éviter une frayeur. Un tir bloqué par Jere Rouhiainen profite à Romain Gutierrez qui sort le palet de la zone et parvient à trouver Téo Sarliève. Ce dernier tente de prendre le dessus sur son défenseur mais passe proche d’un revirement dangereux. Bien qu’en contrôle fragile du palet, le néo-international français trouve le fond du but désert (7-4 à 58’05). Les débats s’enveniment après le coup de sifflet mais le corps arbitral rappelle à l’ordre les acteurs et tente de fermer la porte à tout débordement. Stepanek demeure devant le filet et s’offre un dernier arrêt face à Halley tandis que l’Iceparc célèbre comme il se doit la prolongation de la série.
Angers profite de l’absence de Matija Pintaric pour s’offrir un match 7. Grenoble, qui n’a concédé que trois buts en trois matchs à domicile face à ces mêmes Ducs, connaît la recette qu’il devra suivre pour rejoindre les Boxers de Bordeaux en finale. Reste à savoir si Matija Pintaric, fraîchement papa et/ou Jacob Smith, dont l’état s’améliore de jour en jour, seront de retour pour conclure une série qu’ils ont animée d’une main de maître.
Élus hommes du match : François Beauchemin (Grenoble) et Elliot Lévêque (Angers)
Angers – Grenoble 7-4 (3-1, 1-1, 3-2)
Lundi 6 avril 2026 à 20h30 à l’Iceparc – 3 586 spectateurs
Arbitres : Nicolas Crégut et Rayan Pernoussi assistés de Joffrey Yssembourg et Pierre Mercier-Landry
Tirs : Angers 27 (10, 12, 5) Grenoble 30 (10, 9, 11)
Pénalités : Angers 22’ (4’, 2’, 16) Grenoble 22’ (6’, 2’, 14’)
Évolution du score :
1-0 à 03’41” : Centazzo assisté de Donaghey et Archambault (sup. num.)
2-0 à 04’04” : Halley assisté de Charbonneau et Archambault
2-1 à 11’23” : Boivin assisté de Beauchemin et Zajac (sup. num.)
3-1 à 19’18” : Ritz
3-2 à 26’26” : Beauchemin assisté de Mallet et Zajac
4-2 à 27’33” : Donaghey assisté de Archambault et Halley (sup. num.)
5-2 à 45’07” : Charbonneau assisté de Donaghey et Archambault (sup. num.)
5-3 à 47’09” : Zajac assisté de Beauchemin et Boivin (double sup. num.)
5-4 à 48’11” : Leclerc assisté de Boivin et Treille (sup. num.)
6-4 à 49’32” : Charbonneau assisté de Hervé
7-4 à 58’05” : Sarliève assisté de Gutierrez et Rouhiainen (cage vide)
Angers
Attaquants :
Olivier Archambault – Philippe Halley (A) – Jonathan Charbonneau
Kale Kerbashian – Nicolas Ritz – Orrin Centazzo
Téo Sarliève – Romain Gutierrez – Jordan Hervé
Cédric Di Dio Balsamo – Marius Serer – Robin Gaborit (C)
Daniel Viksten
Défenseurs :
Neil Manning – Vincent Llorca
Jere Rouhiainen – Lucien Onno
Ethan Cap – Cody Donaghey
Gardien :
Elliot Lévêque (26 arrêts)
Remplaçant : Loïs Gonnard (G).
Grenoble
Attaquants :
Christophe Boivin – François Beauchemin – Alexandre Mallet
Valentin Grossetête – Adel Koudri – Sacha Treille (C)
Guillaume Leclerc – Nicolas Deschamps (A) – Aurélien Dair
Maxime Toukmatchev – Hugo Nogaretto – Rudy Matima
Défenseurs :
Nolan Zajac – Andrius Kulbis-Marino
Antoine Fertin – Pontus Englund
Juho Rautanen – Axel Prissaint
Pierre Crinon
Gardien :
Jakub Stepanek (22 arrêts)
Remplaçant : Cebald Debiak (G).









































