Les Tchèques vont aborder le championnat du monde avec un staff en fin de mandat. L’entraîneur Radim Rulík a choisi de retourner travailler en club et a convenu avec la fédération d’annoncer son départ très tôt. Son successeur a ainsi pu être déjà désigné (Zdeněk Moták). En revanche, le manager Jiří Šlégr n’avait pas décidé de s’en aller. Le président de la fédération Alois Hadamczik l’a prévu pour lui avec cette phrase lâchée au quotidien Blesk : « Le comité exécutif a changé d’avis. Il ne veut personne qui soit lié à un club. » Ce choix exclut Šlégr, qui travaille pour son club de toujours Litvínov. L’intéressé s’est dit surpris d’apprendre sa non-prolongation… par la presse !
La République tchèque avait la deuxième équipe la plus âgée aux Jeux olympiques et elle a enfin gagné des médailles chez les juniors ces dernières années. Le rajeunissement est donc omniprésent dans le débat national. Rulík a compris qu’on attendait de lui qu’il le prépare déjà. Il a convoqué quatre débutants. Le plus observé est le défenseur de 20 ans Tomáš Galvas, considéré comme un des plus sûrs espoirs du pays. Les trois autres forment un même trio offensif (Jakub Konečný – Marcel Marcel – Adam Měchura).
Mais voilà, les champions du monde de « Pragano 2024 » n’ont pas dit leur dernier mot pour autant. Rulík en a regroupé trois sur le premier trio (Jakub Flek, David Tomášek et Daniel Voženílek)… et ce sont eux qui mettent les 5 buts du premier match contre l’Allemagne après de très belles circulations collectives de palet. Le plus vieux de l’équipe, Jakub Flek (33 ans), inscrit un doublé sur deux déviations dans le slot.
Pour le second match du lendemain, un débutant supplémentaire est introduit : Adam Brízgala, le gardien de Kladno. Il fait bien meilleure impression que son collègue Petr Kvaca, qui a encaissé trois buts dont un très moyen (le tir de Loibl qui a traversé entre les bottes). Les Tchèques se détachent encore plus nettement, avec quatre nouveaux buts dont deux pour les inévitables Flek et Voženílek, laissés trop seuls dans le slot. Jaromir Pytlik avait aussi ouvert le score de près. Le dernier but tchèque de Kantner – son premier en équipe nationale – résulte d’une échappée, conclue dans le trou un peu trop béant entre les bottes de Jenike.
Le jeune défenseur Tomáš Galvas réussit à se montrer à dix minutes de la fin avec un geste plein d’audace, un tir entre ses jambes depuis le haut du cercle ! Une étonnante tentative un peu ratée puisqu’il se fait un croc-en-jambe à lui-même ! Alors que les Tchèques se laissent un peu aller avec ce genre d’action et que les tribunes font la ola, Brízgala – déjà deux fois sauvé par son poteau sur des tirs de Preto et Klein – perd son blanchissage inaugural à deux minutes de la fin en se faisant trouer à mi-hauteur sur un tir en angle fermé. C’est le capitaine Daniel Fischbuch qui sauve ainsi l’honneur allemand, après avoir signé une passe décisive la veille sur un beau tour de cage.

Les débutants en équipe d’Allemagne n’ont pas pointé non plus. L’un (Samuel Dove McFalls) retenait l’attention plus que les trois autres (Rayan Bettahar puis Thomas Heigl et Johannes Krauss au second match). Âgé de 29 ans, Dove McFalls n’est pas un jeune joueur mais un double national dont la grand-mère a émigré au Canada. Ce n’est pas un naturalisé de circonstance. Il parle allemand presque son accent, son père professeur a même reçu la « Bundesverdienstkreuz » – l’équivalent de la légion d’honneur en Allemagne – pour ses études sur l’Allemagne de l’Est. Papa a longtemps habité Berlin où Dove a joué un an au hockey dans sa jeunesse.
Surtout, Dove McFalls, en plus de ses qualités d’attaquant défensif, a mis 24 buts cette saison pour Nuremberg, plus qu’aucun autre joueur à passeport allemand en DEL. Il n’a pas défloré son compteur, mais il a signé plusieurs actions dangereuses le second jour et son entraîneur le nomme joueur du match.
Dans le camp tchèque, trois champions du monde de plus (Michal Kempný, Ondřej Beránek et Michael Špaček) remplaceront Ticháček (laissé une semaine au repos), Pytlík et Konečný (retranchés) pour la semaine prochaine où il y aura une double confrontation face à l’Autriche.
Commentaires d’après-match :
Tomáš Galvas (défenseur de la Tchéquie) : « Nous sommes satisfaits des deux victoires. Nous avons même mieux maîtrisé la seconde rencontre, presque de bout en bout. […] Jakub Flek en particulier m’a conseillé, mais ce sont les entraîneurs qui ont le meilleur point de vue et qui me conseillent le plus avec leur expérience. Marek Židlický veut que je joue davantage avec le palet, que j’aie confiance en moi. Il essaie de m’aider à gérer la zone défensive, où j’ai parfois un peu de réticence. [sur son tir entre les jambes] Je ne l’avais pas trop essayé en match, donc je dois y aller doucement. Mais je me suis dit que je voulais tester. La plupart des joueurs ont ri sur le banc, ils n’avaient probablement jamais vu ça. C’était d’assez loin, mais à 4-0, je pense que je pouvais me le permettre. […] Il est clair qu’il y aura des adversaires plus coriaces, mais je ne sais pas si je les affronterai. Chaque semaine, il y a ura des joueurs éliminés et je ferai de mon mieux pour aller le plus loin possible. »
Jakub Flek (capitaine de la Tchéquie) : « C’est un peu spécial pour moi. J’ai passé douze ans de ma carrière ici [à Karlovyu Vay], et je n’ai que de merveilleux souvenirs de la ville et du club. Ma femme est d’ici, nos familles vivent ici, et nous venons souvent. […] Je doute que quiconque participe au Championnat du monde dès sa première saison. Moi, j’étais seulement au stage, je n’avais même pas participé à un match. J’étais déjà très heureux d’être invité et de pouvoir m’entraîner avec les gars. […] Galvi [Tomáš Galvas], c’est un vrai fauve ! Je l’aime beaucoup, c’est un jeune gars culotté. Bien sûr, il fait parfois des erreurs, surtout avec son style de jeu, mais c’est tout à fait normal. C’est un super gars, toujours souriant. »
Harold Kreis (entraîneurs de l’Allemagne) : « Ces 120 minutes contre les Tchèques ont été instructives. L’engagement de l’équipe a été exemplaire du début à la fin et nous avons vu la volonté de tous les joueurs. J’ai aussi eu l’impression aujourd’hui que nous voulions parfois trop en faire avec le palet au lieu de chercher la solution simple. Nous retenons que ce fut une expérience enrichissante pour beaucoup de joueurs, qui leur a permis de comprendre le peu de temps dont on dispose au niveau international et l’importance de chaque décision sur la glace. »
Match 1
Tchéquie – Allemagne 5-3 (1-0, 1-2, 3-1)
Jeudi 17 avril 2026 à 17h30 à Karlovy Vary. 3526 spectateurs.
Arbitres : Jan Hribik et Lukáš Květoň assistés de Miroslav Lhotský et Jiří Svoboda (TCH).
Pénalités : Tchéquie 4’ (4’, 0’, 0’) ; Allemagne 8’ (4’, 2’, 2’).
Tirs : Tchéquie 25 ; Allemagne 23.
Évolution du score :
1-0 à 17’36” : Flek assisté de Kubalík et Ticháček (sup. num.)
2-0 à 23’12” : Voženílek assisté de Pyrochta et Ticháček
2-1 à 30’19” : Blank assisté de Fischbuch
2-2 à 35’37” : Loibl
3-2 à 41’03” : Tomášek assisté de Voženílek et Ticháček (sup. num.)
4-2 à 55’14” : Flek assisté de Voženílek et Tomášek
4-3 à 56’52” : Leonhardt
5-3 à 59’14” : Tomášek (cage vide)
Joueurs du match 1 : Jakub Flek pour la Tchéquie et Stefan Loibl pour l’Allemagne.
Match 2
Tchéquie – Allemagne 4-1 (2-0, 1-0, 1-1)
Vendredi 18 avril 2026 à 17h00 à Karlovy Vary. 5280 spectateurs.
Arbitres : Luděk Pilný et Jakub Šindel assistés de Tomáš Gerá et Stanislav Hnát (TCH).
Pénalités : Tchéquie 6’ (2’, 2’, 2’) ; Allemagne 6’ (0’, 4’, 2’).
Tirs : Tchéquie 25 (8, 10, 7) ; Allemagne 18 (6, 8, 4).
Évolution du score :
1-0 à 01’55” : Pytlík assisté de Cibulka et Pavlík
2-0 à 09’26” : Voženílek assisté de Tomášek et Král
3-0 à 26’48” : Flek assisté de Voženílek et Ticháček (sup. num.)
4-0 à 40’53” : Kantner
4-1 à 57’42” : Fischbuch assisté de Brunnhuber et Preto
Joueurs du match 2 : Adam Brízgala pour la Tchéquie et Samuel Dove-McFalls pour l’Allemagne.
Composition des équipes
République tchèque
Attaquants :
Daniel Voženílek (+4) – David Tomášek (+5) – Jakub Flek (C, +3)
Dominik Kubalík (A, -2, 2′) – Matyáš Filip (-3) – Matyáš Kantner (-1)
Radovan Pavlík (+1, 2′) – Kevin Klíma [blessé] puis au match 2 Jiří Černoch (+1) – Jaromír Pytlík (+1)
Marcel Marcel (-1) – Jakub Konečný (-1) – Adam Měchura (-1)
Défenseurs :
Jiří Ticháček (-1) – Filip Pyrochta (A, -1)
Filip Král (+1) – Libor Zábranský (+2, 2′)
Tomáš Cibulka (+2) – Martin Jandus (+3, 2′)
Tomáš Galvas (-1) – Jan Sčotka (-1, 2′)
Gardien :
Petr Kváča puis au match 2 Adam Brízgala
En réserve : Jan Kavan (G).
Allemagne
Attaquants :
Elis Hede (-3) – Stefan Loibl (A, -1) – Danjo Leonhardt puis au match 2 Tim Fleischer (-2)
Alexander Blank – Samuel Dove-McFalls – Daniel Fischbuch (C, +1)
Philipp Krauß (-1, 2′) – Julian Chrobot (-1, 2′) – Tim Fleischer puis au match 2 Johannes Krauß (-1)
Nino Kinder puis au match 2 Thomas Heigl – Tim Brunnhuber (+1, 2′) – Nico Krämmer (+1)
Défenseurs :
Marcus Weber (-1) – Julius Karrer (+1, 4′)
Philip Preto (2′) – Leon Hüttl (A)
Adrian Klein (-1) – Fabrizio Pilu (-1)
Arkadiusz Dziambor (-1, 2′) – Rayan Bettahar (-1)
Gardien :
Match 1 : Leon Hungerecker [sorti à 57’14”] (remplaçant : Niklas Treutle)
Match 2 : Andreas Jenike (remplaçant : Leon Hungerecker)











































