La DEL présente en demi-finale les quatre plus puissantes organisations d’Allemagne et les plus financièrement « outillées ». Ce soir, nous nous dirigeons à Cologne. Le leader de saison régulière a subi au match 1 à l’extérieur (3-6) la loi de Berlin qui revient en grande forme. L’entraîneur Kari Jalonen peut pourtant compter sur des joueurs offensifs efficaces comme Louis-Marc Aubry et Gregor MacLeod qui comptent tous deux un but et trois assistances. Ce sont Nate Schnarr et Patrick Russell qui possèdent le plus grand nombre de buts pour Cologne en séries.
À Berlin on est vigilant et déterminé à l’image d’Andy Smith qui relève l’importance de ce match n°2 : « Il nous faut une victoire à l’extérieur pour remporter la série. Nous devons capitaliser sur nos bonnes performances. Cologne aura certainement beaucoup de pression après sa défaite lors du dernier match. Nous devons être prêts dès le coup d’envoi. Les cinq à dix premières minutes peuvent être cruciales. Comme mercredi, ce sera assurément un match physique. Mais c’est généralement le cas en play-offs ; les matchs sont encore plus intenses. Ce style de jeu fait partie de notre ADN et nous y puisons notre énergie. »
Mais avant d’aborder ce match, il est important de présenter le duo d’arbitres qui officient ce soir. La DEL a dépêché des arbitres nord-américains pour apporter un haut niveau d’arbitrage. Si la ligue a fait venir Jackson Kozari, un Américain ayant officié en AHL, elle a également invité un tout jeune retraité des arbitres NHL, Ghislain Hébert, originaire de Bathurst au Nouveau-Brunswick. Ce Canadien est rompu au plus haut niveau de hockey, avec les défis physiques de la NHL. Et s’il a longtemps vécu les bagarres avec plus de 1000 matchs à son compteur, il revient sur son expérience dans la meilleure ligue du monde : « En NHL, les bagarres font partie du spectacle, du package, entre superstars, hamburgers et boissons gazeuses. La priorité, c’est la protection des joueurs. Mais souvent, les gars qui s’affrontent sont classifiés comme batailleurs. On leur laisse faire leur job et quand ils ont terminé, on leur donne une petite tape sur les fesses et chacun part de son côté. Parfois, par provocation, par défi aussi, une vedette est chatouillée, par exemple, lorsqu’une star se fait provoquer par un jeune qui veut se montrer. On fait très attention, on intervient rapidement car la situation peut vite tourner à l’escalade. »
C’est donc sous les yeux de ce duo arbitral de très haut niveau et d’une Lanxess arena à guichets fermés que les Berlinois prennent possession de la zone offensive dès le coup d’envoi. Le premier shoot est l’œuvre d’Eric Hördler. Les deux équipes sont bien en place et attentives. Le rythme n’est pas non plus effréné. Cologne s’appuie sur un défi physique important et multiplie les charges. L’équipe de Ty Ronning, le meilleur pointeur berlinois (5 buts et 6 assists), multiplie les shoots. Pourtant la première véritable alerte est l’œuvre de Moritz Müller qui passe juste devant la zone du gardien et place un revers sur le portier (7’50). Parker Tuomie conclut l’offensive à ras glace mais le gardien Jonas Stettmer se jette au sol pour couvrir le palet de son corps (12’00).
Berlin réagit et se procure un temps fort avec le palet qui tourne autour de la cage de Janne Juvonen. Ce pressing provoque une erreur de relance de Louis-Marc Aubry qui perd le palet. Yannick Veilleux est à l’affût et récupère la rondelle qu’il propulse à la cage. Le palet frotte le corps de Juvonen et rentre dans les filets (0-1). La suite de la période présente un jeu prudent et sérieux des deux équipes qui ne veulent pas laisser d’espaces. Stettmer et sauvé par sa barre et Juvonen fait l’arrêt devant Wiederer à bout portant. Maxi Kammerer est pénalisé en fin de tiers.
La pénalité se poursuit en deuxième période et Cologne défend parfaitement la situation. Au retour à cinq, le tir de Louis-Marc Aubry en entrée de zone trouve la barre des cages (21’40). Le pressing continue et les joueurs de Jalonen s’installent en zone offensive. Patrick Russell décoche un lancer monstrueux de la bleue qui transperce le trafic (1-1).
Le temps fort se poursuit, le public se lève et frappe dans les mains et Berlin doit affronter une totale pression. Ryan MacInnis trouve lui aussi la barre. Le public pousse encore plus fort. Les Eisbären passent un sale quart d’heure. Le jeune Moritz Kretzschmar cède à la pression vec un mauvais geste avec sa crosse. Il rejoint le banc des pénalités. Juhani Tyrväinen crée le danger avec sa présence dans le slot, mais Jonas Stettmer repousse le tir (27’35). C’est à nouveau Patrick Russell qui fait preuve de précision dans son tir à mi-distance, cette fois (2-1).
À peine le temps de sortir la tête de l’eau pour Berlin que Dominik Bokk profite d’un revirement. Il reçoit un palet gagné lors d’un duel perdu par les blancs durant leur attaque, s’échappe et efface Smith et Kretzschmar pour arriver devant Stettmer. Bokk place finement le palet entre le gardien et le poteau (3-1). C’est la folie dans le public « rouge ».
Face à cette tornade, seul Leo Pföderl crée un danger. L’attaquant berlinois honore ce soir son 100e match de play-offs en DEL mais ne score pas, car Juvonen, mitaine en avant, capte le palet. Une nouvelle contre-attaque est mise en orbite. Les rouges évacuent rapidement leur camp et Louis-Marc Aubry défie Jonas Stettmer. Le gardien ne peut constater les dégâts… Le palet est passé comme une fusée sous sa botte (4-1).
L’efficacité des attaquants de Cologne a fait très mal et Stettmer sort dépité, remplacé par Jake Hildebrand. En situation d’infériorité numérique, le jeu défensif fonctionne également pour repousser le palet en dehors de la zone. En toute fin de période, Bokk crée une nouvelle alerte avec son revers, juste devant la zone du gardien (39’35). Tout le monde rentre au vestiaire et Serge Aubin doit éteindre l’incendie.
En troisième période, le KEC ne se repose pas sur ses lauriers et attaque la cage dès le début. Les Berlinois reprennent des couleurs avec une nouvelle offensive qui se reconstruit mais c’est la même sentence que leur portier subit. En deux contre un, Mac Leod place un tir rapide qui file entre les jambes de Hildebrand (5-1).
Eric Hördler est sanctionné pour son coup de crosse et donne une occasion à Patrick Russell en supériorité. Aubin a remonté son équipe qui ne lâche pas et un tir d’Erik Mik frappe la transversale. Ensuite, le gardien local Janne Juvonen fait le métier et ne laisse aucun rebond. La partie se délite avec de nombreux arrêts de jeu et autres coups de sifflets. Les arbitres ont du travail pour siffler les pénalités et séparer les joueurs à chaque altercation. Tyrväinen envoie Erik Mik contre le poteau de la cage et Leo Pföderl en profite avec un superbe one-timer décoché à pleine vitesse. Là encore, Juvonen utilise une mitaine solide (52’08). Après cette séquence d’unité spéciales, Andreas Eder vient au pressing sur le gardien de Cologne et on sort la boîte à gifles. Yannick Veilleux vient s’en mêler et repart en prison. La partie finit de se détériorer sur un nouveau mauvais geste, une violente charge dans le dos avec la crosse de Veilleux qui projette Tyrväinen contre la bande. Le match se termine un peu dans la confusion mais le public de Cologne est en joie.
Clairement, ce soir les Haie ont été les plus forts et ont su prendre de vitesse Berlin. L’équipe s’est appuyée sur un gardien solide et une attaque à l’efficacité foudroyante.
Réactions d’après match :
Serge Aubin (entraîneur de Berlin) : « Nous avons bien joué en première période. Nous étions prêts, nous nous sommes créé de nombreuses occasions de marquer et nous en avons concédé très peu. Ensuite, cependant, nous avons baissé de régime. Respect à Cologne, qui a bien résisté. Mais à partir de la deuxième période, nous n’avons pas fait le nécessaire. Nous tirerons les leçons de ce match et nous préparerons pour le prochain, dimanche. »
Kari Jalonen (entraîneur de Cologne) : « En séries éliminatoires, il est important de progresser match après match. Aujourd’hui, nous avons été meilleurs au niveau du patinage, de la tactique et des duels pour la rondelle que lors du premier match mercredi. Ce sont des aspects que nous voulons continuer à améliorer lors des prochains matchs. »
Gregor MacLeod (attaquant de Cologne) : « Berlin a bien entamé la rencontre et a pris l’avantage. À partir de la deuxième période, nous avons trouvé notre rythme, comme c’est le cas depuis le début de la saison. Nous avons gagné, et c’est ce qui compte le plus au final. »
Cologne – Berlin 5-1 (0-1, 4-0, 1-0)
Vendredi 10 avril 2026 à 19h30 à Lanxess Arena. 18 600 spectateurs.
Arbitres : Ghislain Hébert (CAN) et Jackson Kozari (USA) assistés de Kai Jürgens et Dominic Kontny.
Pénalités : Cologne 8’ (2’, 2’, 4’+5’) ; Berlin 10’ (0’, 2’, 6’+5+10’).
Tirs : Cologne 33 (7, 15, 11) ; Berlin 34 (15, 6, 13).
Évolution du score :
0-1 à 14’39” : Veilleux assisté de Vikingstad
1-1 à 21’57” : Russell assisté de Müller et MacLeod
2-1 à 28’42” : Russell assisté de Sennhenn et Tuomie
3-1 à 29’04” : Bokk assisté de Storm et Austin
4-1 à 33’53” : Aubry assisté de Bokk et Sennhenn
5-1 à 43’34” : MacLeod assisté de Russell et Vittasmäki
Kölner Haie
Attaquants :
Maximilian Kammerer (4’) – Juhani Tyrväinen (2’) – Kevin Niedenz (-1)
Fredrik Storm (+1) – Louis Marc Aubry (+1) – Dominik Bokk (+2)
Tanner Kero (+2) – Gregor MacLeod (+3) – Patrick Russell (+3)
Parker Tuomie (+1) – Ryan MacInnis – Robin Van Calster
Défenseurs :
Brady Austin – Oliwer Kaski (+1)
Valtteri Kemiläinen (+2, 2’) – Veli-Matti Vittasmäki (+1)
Jan Luca Sennhenn (+2, 2’) – Moritz Müller (+2)
Maximilian Glötzl
Gardien :
Janne Juvonen
Remplaçant : Felix Brückmann (G). Absents : Nate Schnarr (blessé), Markus Nutivaara (étranger surnuméraire), Dominik Uher (surnuméraire).
Eisbären Berlin
Attaquants :
Ty Ronning (-2) – Jean Sébastien Déa (-2) – Frederik Tiffels (-2)
Liam Kirk (-2) – Andreas Eder (-3) – Les Lancaster (-2)
Yannick Veilleux (2’+5’+10’) – Markus Vikingstad (+1) – Lean Bergmann (2’, +1)
Eric Hördler – Manuel Wiederer (2’) – Leo Pföderl (-1)
Défenseurs :
Jonas Müller – Kai Wissmann
Erik Mik (-2) – Markus Niemeläinen (-2)
Moritz Kretzschmar (-2) – Adam Smith (-2)
Lennard Nieleck
Gardien :
Jonas Stettmer puis à 33’53” Jake Hildebrand
Absents : Korbinian Geibel (opéré de l’épaule), Mitch Reinke (haut du corps), Blaine Byron (jambe), Patrick Khodorenko (genou), Marcel Noebels (surnuméraire)














































