Dans une patinoire Nathalie Péchalat à guichets fermés pour l’ouverture des demi-finales, le premier acte a vite tourné vinaigre. Le leader de la saison régulière, Rouen Hockey Elite 76, est tombé sur plus réaliste que lui. Et ce sont les Boxers de Bordeaux qui obtiennent le premier point de la série et retourne l’avantage de la glace en leur faveur sans trembler ni fatigue. Victoire (1-4), au terme d’un match parfaitement maîtrisé dans les moments clés et lors duquel ils ont élever leur niveau de jeu et de patinage, tout l’inverse des Dragons méconnaissables.
Rouen avait pourtant plutôt pris le match par le bon bout. Plus de possession, une première supériorité numérique obtenue rapidement, et l’impression d’imposer son rythme. Mais déjà, un mal récurrent apparaissait : une incapacité à transformer ses temps forts. Et en play-offs, cela ne pardonne pas.
Sur leur première véritable opportunité, les Girondins ont frappé. Baptiste Bruche profitait d’un palet mal maîtrisé par Mac Carruth pour ouvrir le score en supériorité (0-1 à 13’28). Un but évitable si on nettoie le net, mais qui a changé la dynamique. Derrière, le gardien rouennais devait s’employer à plusieurs reprises pour éviter le break, repoussant notamment Rambelo (15’36), William Pelletier (17’38) et Quentin Tomasino (19’16).

Le deuxième tiers allait confirmer que cette rencontre ne se jouerait pas sur la domination, mais sur l’efficacité. Rouen pensait avoir fait le plus dur lorsque Alexandre Lavoie, profitant d’une mésentente défensive bordelaise, et d’un travail de Gresock s’échappait pour égaliser avec sang-froid (1-1 à 21’17). Une étincelle… sans lendemain car l’amadou des locaux était bien peu épais.
En cinq minutes, tout s’est écroulé. Loik Poudrier redonnait l’avantage aux siens sur une échappée conclue d’un tir puissant (1-2 à 24’03), avant que William Pelletier, opportuniste, ne creuse l’écart dans le slot (1-3 à 29’15). Deux séquences, deux erreurs, et une impression de fébrilité défensive côté normand.
Rouen, lui, continuait de s’entêter sans réellement inquiéter Quentin Papillon qui aura passer une soirée très tranquille. Le power-play rouennais, notamment, restait désespérément stérile (0/5), symbole d’une attaque trop prévisible, trop lente, désemparée comme si l’attaque à cinq n’avait jamais été travaillé en pratique alors que nous sommes rendu en mars, et finalement rarement dangereuse dans l’enclave.

Le troisième tiers a rapidement fermé les débats. Tommy Giroux profitait d’un nouveau rebond laissé par Carruth pour inscrire le quatrième but bordelais (1-4 à 41’42). Le reste ne fut qu’une gestion maîtrisée des Boxers, dans un match devenu plus haché, ponctué de pénalités et d’échauffourées à initiative des hommes de Carl Mallette frustrés par leur incapacité (passagère ?).
Malgré quelques mini-tentatives tardives, plus basées sur la méthode Coué que sur la recherche du momentum, même à six contre cinq, les Dragons n’ont jamais été en mesure de passer un message aux Boxers. Trop imprécis, trop inoffensifs dans les zones clés, ils se sont heurtés à un bloc bordelais discipliné et à un Papillon concentré jusqu’au bout.
Au final, ce premier match confirme le peu de constance des Dragons lors de ces play-offs de ligue Magnus. Un coup capables de trouver des solutions pour gagner, celui d’après, incapable simplement de faire travailler l’adversaire et de préparer le match suivant. Frustrant.
Les Boxers, eux, n’ont pas laissé passer leurs occasions et frappent un premier grand coup à l’extérieur. À Rouen désormais de réagir, sous peine de voir cette demi-finale lui échapper plus vite que prévu.
Commentaires (dans Paris-Normandie) :
Carl Mallette (coach de Rouen) :
« Je suis évidemment déçu, déçu du résultat. Je suis un peu déçu de l’exécution. C’est notre première défaite en temps réglementaire à la maison. On leur a donné des buts. Ils ont fait des buts aux bons moments. Le tournant, c’est leur deuxième but. J’ai aimé nos dix premières minutes, on est sorti fort, jusqu’à ce qu’ils marquent le premier but. À 1 à 1, on était de retour dans le match. Puis après ça, sur le 2 à 1, on a joué un peu de malchance et le 3 à 1 fait très mal. Ce soir, c’était leur soirée.
Bordeaux est une équipe qui joue vraiment comme nous. Ils foncent au but, ils sont extrêmement rapides à l’avant. Leurs attaquants n’ont pas eu peur de jouer un vrai match de série.
Ce qui est malheureux, c’est qu’on s’est préparés. C’est une équipe disciplinée de l’autre côté. On a joué un match quand même discipliné. On a montré [aux joueurs] exactement ce qui est arrivé ce soir. Il faut se tenir loin de la prison.
Nos joueurs qui sont supposés faire des jeux, marquer des buts ce soir, ont été, on va dire, corrects. Ils se doivent d’être mieux demain. Au niveau des déchets techniques individuels, ça faisait longtemps que je les avais vu ne pas réussir une passe sur la palette.
La deuxième action n’était pas là ce soir. Des tirs de l’enclave loupée, qu’on passait dans le vide, qu’on lançait dans la baie vitrée. C’est une soirée à oubliér.
Sur un avantage numérique, si tu veux marquer tu dois payer le prix devant le but. Tu dois aller au but et non te tenir en périphérie. Nous n’avons pas su prendre le rythme avec notre avantage numérique. Notre meilleur avantage numérique, c’était le dernier avec Pier-Olivier Roy à la pointe, qui a été notre meilleur joueur ce soir.
Il y a deux excellents gardiens aussi. Il ne faut pas négliger la performance de Papillon ce soir. Il a fait des gros arrêts quand c’était le temps. Il a déjà joué à Rouen. Donc, il sait quand déplacer son filet. Je ne dis pas qu’il a fait exprès, mais il a déjà joué ici. Le troisième tiers était vraiment, vraiment, mais vraiment long. Mais je vais lui donner crédit. Il a été très, très solide.
Il n’y avait pas assez d’émotion en début de match. Sans émotion, tu ne peux pas gagner au hockey. Tu ne peux surtout pas gagner une série. On sort d’une série émotive. Est-ce que ça va prendre un match ou deux des fois de se remettre dedans en espérant que ce n’est qu’un match. On a deux joueurs qui ont essayé de réveiller leurs coéquipiers en troisième période. On a tous de l’expérience. On a tous fait des 4 de 7. Donc, c’est loin d’être terminé. »
Olivier Dimet (entraîneur de Bordeaux) :
« Oui, c’est le début idéal. C’est important de venir prendre une victoire ici. On savait que ça n’allait pas être facile. On a eu un début de match difficile. Je pense que le fait de ne pas jouer depuis une semaine, ça s’est senti au niveau de notre intensité.
C’est le premier but qui nous a donné des ailes et on s’est senti mieux dans le match.
On savait que par rapport à Marseille qui nous attendait beaucoup, on risquait d’avoir une équipe qui avait plus la possession. Donc il fallait être bien en place défensivement et exploiter de la meilleure des façons les contres. On a été en réussite sur nos contre-attaques.
Aujourd’hui, notre transition et notre capacité à se projeter vers l’avant assez rapidement. est une de nos qualités. On a été efficaces ce soir, donc c’est une bonne chose.
Ce n »est qu’une victoire, donc on ne s’enflamme pas. Demain, c’est un autre match. Je sais que Carl [Mallette] va faire en sorte d’analyser ça et de proposer un système pour nous contrer. On va continuer de jouer de la bonne façon parce que de toute manière, on n’a pas le choix. Si on veut battre Rouen, il faut jouer notre meilleur hockey. Ce soir, ça n’a pas été le match parfait, mais en tout cas, ça a été le match qu’il fallait faire pour gagner.
Ce sont des matchs de haut niveau, qui se jouent souvent sur des détails. Le moindre relâchement peut se payer cher à la fin, même si on mène au score. On sait qu’avec une équipe comme Rouen, on ne peut pas se permettre justement de se relâcher et de leur donner le momentum. Même s’ils ont poussé fort à la fin, on a été solides défensivement et Quentin [Papillon] a fait un gros match dans la cage. »

Rouen – Bordeaux 1-4 (0-1, 1-2, 0-1)
Vendredi 27 mars 2026 à 20h00, à la patinoire Nathalie Pechalat. 3029 spectateurs.
Arbitres : Cyril Debuche et Julien Peyre assistés de Pierre Mercier-Landry et Joffrey Yssembourg
Tirs : Rouen 29 (9, 9, 11) ; Bordeaux 31 (14, 7, 10)
Pénalités : Rouen 18′ (4′, 2′, 12′) ; Bordeaux 22′ (2′, 4′, 16′)
Supériorités : Rouen 0/5 ; Bordeaux 1/3
Évolution du score :
0-1 à 13’28 : Bruche assisté de Giroux et Lamarche (sup.num.)
1-1 à 21’17 : Lavoie assisté de Gresock
1-2 à 24’03 : Poudrier assisté de Puffer
1-3 à 29’15 : Pelletier assisté de Pompei et Leborgne
1-4 à 41’42 : Giroux assisté de Tomasino et Boscq
Rouen
Attaquants :
Anthony Rech – James Phelan (A) – Tommy Perret
Simon Lafrance – Michael Regush – Tomas Simonsen
Loïc Lampérier – Alexandre Lavoie – Chase Gresock
Rolands Vigners – Robin Colomban – Vincent Nesa
Arrières:
Florian Chakiachvili (A) – Patrick Holway
Pier-Olivier Roy – Gustav Bouramman
Dylan Yeo – Charles Schmitt
puis Noa Goncalves-Nivelais à 11’55
Gardien :
Mac Carruth (27 arrêts)
Remplaçant : Lucas Mugnier (G). Absents : Julien Tessier (blessé).
Bordeaux
Attaquants :
Craig Puffer – Loik Poudrier (C) – Baptiste Bruche
Tommy Giroux – Pierre-Olivier Morin – Quentin Tomasino
Kaylian Leborgne – William Pelletier – Mathieu Pompei
Aina Rambelo – Julien Guillaume (A) – Loïc Farnier
Arrières :
Kevin Dusseau (A) – Maxim Lamarche
Jules Boscq – Jeremy Beaudry
Jakub Kindl – Nicholas Pageau
Gardien :
Quentin Papillon (28 arrêts)
Remplaçant : Ewan Barrier (G) et Tom Guidoux. Absents : Alex Dubeau (étranger surnuméraire), Ulysse Tournier (?) et Enzo Carry (blessé).








































